mercredi, 29 octobre 2014

Vie Sauvage [Cinéma/Critiques]

vie sauvage

Adapté de l'Affaire Fortin, Vie Sauvage de Cédric Khan raconte en premier lieu la déchirure d'un couple, puis l'existence en marge de Paco, le père, et de ses deux enfants jusqu'à l'âge adulte alors que faisant fi de la décision de justice, il décide de les emmener avec lui hors des sentiers battus, à tous points de vue.

Mathieu Kassovitz n'a aucun mal a convaincre dans le rôle de ce père pétri de convictions, qui, se sentant acculé, décide de mettre la loi au pied du mur, quitte à se faire loi lui-même et à l'imposer jusqu'au bout, ce qui ne sera, bien sûr, pas sans conséquence, ni pour lui, ni pour sa famille.

L'interprétation juste de tous les comédiens suscite une vive émotion que les évènements soient porteurs d'espoir et d'une beauté euphorisante ou qu'ils soient de nature plus violente et dramatique.

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En fait dès les première minutes du film, le réalisateur prend le parti d'aller à l'essentiel et en allant ainsi dans le vif du sujet nous implique efficacement sans jamais nous lâcher en cours de route. On est rivé à chaque personnage dont le destin nous interpelle, nous révolte, nous émeut, mais jamais ne nous indiffère. On ne s'étonne donc pas de retrouver les frères Dardenne au générique en tant que producteurs, eux qui se sont spécialisés dans le cinéma vérité.

On comprend que l'idéal que cette expérience peut représenter au départ finit par ressembler à toute autre : un mélange intime d'enfer et de paradis, de délivrance et de résignation qui n'est jamais que le reflet de l'esprit humain altéré inéluctablement par le temps qui passe.

Malgré toutes ses qualités indéniables, le film de Cédric Khan peut souffrir cependant de deux lacunes heureusement relatives : une ellipse quant à l'apparition et la disparition de Céline dans la vie de Paco, même si dans le deuxième cas une scène particulièrement poignante laisse deviner facilement la suite des évènements. Et aussi et surtout le point de vue de Nora, la mère, pendant toutes ces années où elle a été privée de ses deux fils. On se dit que peut-être d'un point de vue cinématographique c'était un compromis à faire ou bien les informations à ce sujet n'étaient pas assez nombreux et/ou pertinents. Le livre "Hors Système, Onze ans sous l'étoile de la liberté" écrit par Xavier Fortin et ses deux fils, Shai Yena et Okwari, apportent peut-être d'intéressants éclairages même si encore une fois la narration provient du côté paternel.

On ne peut en tout cas s'empêcher de songer que le fait que Nora ait elle-même enlevés les enfants à leur père au tout début lui a valu d'être punie au centuple. Le dénouement n'en est que plus bouleversant lorsqu'on imagine ce qu'elle a pu endurer. Impossible de ne pas y être sensible.

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La loi et la justice sont régulièrement remises en question au long du film dans le discours plutôt pertinent de Paco que reprendront d'ailleurs ses enfants à un moment fatidique. Si certaines règles sont essentielles pour préserver la sécurité, il est évident qu'elles ne peuvent s'appliquer à tous les cas de figure et que le libre-arbitre est mis à mal dans une société qui se veut pourtant démocrate. La scène où Paco dénonce la suprématie du carré dans un monde où naturellement il est banni sert facilement d'illustration. Mais en dépit de sa sagesse, on constate que Paco flirte très souvent entre liberté et dictature. Il lui arrivera d'ailleurs plus d'une fois d'être lui-même en contradiction avec ses principes.

Au-delà du cas véridique et exceptionnel que le film dépeint avec une force et une simplicité exemplaires, c'est aussi l'occasion pour chacun(e) de réfléchir sur les choix que ses propres parents ont fait dans l'intérêt de leurs enfants ou dans le leur, ce qui n'est pas si facile à démêler, même avec le recul qui s'impose. Et évidemment amène aussi à s'interroger sur les choix que nous pouvons faire à notre tour en tant que parents.

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L'enfance, quel qu'elle soit, est le ciment qui façonne le futur d'un être humain. C'est une responsabilité qui amène forcément des sacrifices et se souvenir que le modèle de vie dont on rêve n'est pas forcément celui de tous ceux qui nous entourent est primordial pour préserver la justice au sein de sa propre famille. Montrer l'éventail de choix, mais ne jamais en imposer un seul, reste sans doute l'attitude la plus sage à adopter. Une question plus que jamais d'actualité à l'heure où notre société est en pleine mutation.

 

 

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mardi, 28 octobre 2014

Game Lover : Jeux Vidéo et Handicap [Jeux Vidéo]

jeux vidéo et handicap

Quand on est joueur et qu'on a aucun souci pour jouer, on oublie facilement que ce n'est pas le cas de tout le monde.

Les handicaps étant divers et variés, il est dès lors très compliqué de pouvoir adapter les jeux en fonction d'eux, même si des progrès sont faits dans ce domaine. Il s'avère souvent plus facile de trouver des astuces personnelles ou de se rabattre sur des jeux plus accessibles.

Ces questions, le site Game Lover a décidé de les aborder de plein pied.

Si vous êtes concerné de près ou de loi n'hésitez donc pas à échanger avec ses auteurs et les différents intervenants, joueurs ou non joueurs. Et si vous êtes comme moi et que vous n'avez aucun handicap, vous pouvez toujours leur faire de la pub, c'est la moindre des choses.

Je leur souhaite en tout cas plein de bons contacts et je salue cette belle initiative qui fera très certainement des heureux. Car même si cela ne règle pas le problème du handicap, le simple fait de se sentir moins seul dans ce domaine et pouvoir partager avec d'autres peut aider à mieux vivre.

 

 

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La Plume de la Création [Dessins/Illustrations]

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Phénix de l'Inspiration,

brûlant de la flamme créatrice

se vidant de son sang,

mais toujours renaissant

l'encre sur le papier

accouche d'une idée

et de la plume naît l'oeuf

source d'espoir d'un rêve neuf

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lundi, 27 octobre 2014

Gouttelettes dans la Brume [Photos]

Dans deux mois c'est Noël et comme pour l'annoncer à sa façon, Dame Nature, dans sa grande inspiration, nous offre ce fabuleux spectacle qu'elle seule pouvait imaginer et réaliser. Cadeau !

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Nous regarderons avec une candeur retrouvée

les gouttes de pluie briller sur les toiles d'araignée

glisser et rouler sur ces fragile réseaux

comme autant de perles nues pêchées du ruisseau

(Extrait de La Résurrection des Fleurs)

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BONUS

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Ce sont ces toiles d'araignée qui ont déclenché mon enthousiasme. Oui, de la vraie dentelle !

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Quand j'ai pensé faire des photos avec en vedette cette brume matinale, j'ai immédiatement espérer que les cygnes feraient leur apparition pour sublimer le tout. Mon voeu a été exaucé ! 

 

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Terminator Renaissance [Cinéma/Critiques]

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Terminator Renaissance porte bien son nom à plus d'un titre. Après un troisième épisode sympathique, mais poussif à bien des égards et surtout beaucoup trop proche du 2 dans sa structure, il était grand temps de relancer la saga sur de nouveaux rails.  L'occasion était enfin donné aux fans de pouvoir être témoin de la lutte des humains contre les machines, cette fois dans le futur, là où finalement tout a commencé.

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"Ici John Connor, si vous écoutez ce message, vous êtes la Résistance !" Christian Bale se glisse sans problème dans la peau du leader de la Résistance contre les machines de Skynet. Sa connaissance du passé et du futur qui en découle sera un don autant qu'une malédiction. La ferveur de ses fidèles ne sera pas de trop.

C'est à McG (Charlie et ses Drôles de Dames 1 & 2, Target) qu'est revenu l'honneur de relever ce défi de taille : poursuivre l'oeuvre de James Cameron quelque peu malmenée et définir de nouveaux enjeux. Un choix qu'on peut estimer de prime abord assez inquiétant compte tenu de la filmo du réal. Mais c'est sans compter l'estime que l'intéressé porte à l'univers et le savoir-faire de l'équipe qui va le seconder efficacement sur ce projet.

En découvrant le nom de Christian Bale (The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Equilibrium, The Prestige) dans le rôle très convoité de John Connor, les esprits échauffés se sont immédiatement apaisés. Connu pour ses prestations dans de nombreux film de genre très estimés (les Batman de Nolan en tête), sa présence au casting était déjà un bon gage de qualité. La venue de Bryce Dallas Howard (Le Village) finira sans doute de faire taire les mauvaises langues.

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Entre John Connor et Marcus Wright ça souffle le chaud et le froid.

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Bryce Dallas Howard (la sirène de La Jeune Fille de l'Eau) interprète Kate Connor, une infirmière jouée par Claire Danes dans Terminator 3. Même si elle n'agit pas sur le terrain, son action n'en est pas moins indispensable puisqu'elle est le soutien moral de John et l'autre moitié de sa conscience dans les moments de doute. Et dans une guerre comme celle-là, autant dire qu'il y en a souvent. On retrouvera la comédienne à l'affiche de Jurassic World.

Et puis question valeur ajoutée, il y a bien sûr Sam Worthington (Le Choc des Titans) tout droit venu de son Australie natale. C'est James Cameron lui-même qui l'a chaudement recommandé alors que le comédien venait de passer avec succès les essais pour Avatar.

Dans Terminator Renaissance, il impose dès le départ son charisme naturel dans la peau d'un homme en quête de rédemption et l'on s'attache immédiatement à son personnage. Ca tombe bien, car il va connaître pas mal d'épreuves qui ne le laisseront pas indemne. Mais le fait est que tous les nouveaux personnages (et ils sont nombreux) suscitent d'emblée la sympathie du spectateur. Petite revue en détails :

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Pas un nouveau personnage, mais un nouveau visage : c'est à Anton Yelchin (Star Trek) que revint la lourde tâche de succéder à Michael Biehn dans le rôle iconique de Kyle Reese. Le jeune acteur s'en sort plus que bien. Déjà très débrouillard, mais encore vulnérable, il va découvrir en Marcus un professeur tout désigné qui va parachever son apprentissage.

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La toute jeune Jadagrace ne démérite nullement aux côtés des hommes aguerris. Muette, la petite Star a malgré cela plus d'un tour dans son sac : son silence vaut d'ailleurs régulièrement de l'or, surtout lorsqu'il annonce un danger imminent que personne n'avait venu venir.

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Dans sa quête, Marcus va croiser la route de Blair Williams, une pilote courageuse sous les ordres de John Connor. Entre eux va naître une idylle qui entraînera des conséquences inattendues pour tout le monde. La comédienne Moon Goodblood s'était déjà illustré dans un film de genre avec Pathfinder.

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Barnes, incarné par Common (Wanted) est un soldat fidèle à Connor et aux idéaux de la Résistance qui sera comme beaucoup endeuillé par les atrocités de la guerre.

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Michael Ironside interprète le Général Ahsdown, lequel ne va pas toujours être en accord avec la stratégie décidée par Connor. L'acteur est bien connu des amateurs de SF puisqu'il s'est illustré auparavant dans des références telles que la série V, Total Recall (avec Schwarzy) et Starship Troopers. Un vétéran du genre, quoi !

La mission de Connor de détruire Skynet et celle de Marcus pour comprendre ce qui lui est arrivé vont finir par se rejoindre. On apprécie énormément les plans (post)-apocalyptiques ainsi que la construction du scénario qui parvient à nourrir une intrigue originale tout en respectant les ingrédients et thèmes récurrents de la série sans oublier quelques clins d'oeil et liens logiques vers les épisodes précédents, mais toujours en bonnes proportions.

On regrette d'autant plus que la dernière partie du film souffre d'un manque d'inspiration et de cohérence en alignant notamment beaucoup trop de similitudes avec les deux premiers épisodes dans sa scène d'action finale au point de ressembler à une sorte de best of mal déguisé. Ce n'est pas désagréable en soi, cela fonctionne même, mais le fan-service ne doit pas servir non plus de prétexte pour déguiser une certaine paresse créative. Est-ce que le film méritait pour autant cet injuste échec ? Certainement pas. Son audace s'est au final retournée contre lui et c'est ainsi que le prochain épisode, baptisé Genysis, ne continuera pas sur la même voie. Schwarzy sera de retour, condamnant l'une des plus populaire sagas de SF à servir de sponsor au comédien. Car finalement, le plus grand mérite de Terminator Renaissance n'a-t-il pas été de prouver qu'un film Terminator pouvait fonctionner sans l'ex gouverneur et que s'obstiner à ne pas l'en dissocier pour assurer le succès était une bêtise sans nom ? Terminator, c'est d'abord et surtout un univers, il ne faudrait quand même pas l'oublier. De là à dire que le public s'est rendu complice de ce forfait ne serait pas que pure spéculation de ma part.

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Les motos Terminator, l'une des grandes nouveautés de cet épisode, sont brillamment mises en scène lors d'une longue séquence d'action particulièrement jouissive de par son évolution. Particulièrement inspirés dans leur design et leur comportement, les amateurs apprécieront le fait que le fabricant Ducati a participé à leur création.

 

 

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dimanche, 26 octobre 2014

Predator [Cinéma/Critiques]

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Les années 80 ont représenté pour moi l'âge d'or d'Hollywood. Evidemment, c'est purement subjectif. Le cinéma de divertissement trouvait un souffle nouveau qui initia d'ailleurs la formule si chère aux blockbusters d'aujourd'hui. Donc objectivement parlant, y a du pour et y a du contre. Parallèlement aux productions Spielberg, nous avions droit régulièrement aux exploits de Stallone/Schwarzenegger et consorts (qu'ils tentent vainement de réitérer aujourd'hui !). Autant dire qu'on ne restait jamais sur notre faim.

Mais au-delà de la qualité des films de cette époque, ce dont chacun reste seul juge, il y a un élément indéniable qui a ajouté grandement à leur valeur : la patience dont il nous fallait faire preuve avant de pouvoir les déguster. Bah oui, années 80 obligent, aller au cinéma était encore un luxe, surtout pour les familles modestes, et comme internet n'existait pas, il fallait attendre un certain temps avant de pouvoir les découvrir en K7 VHS (un investissement là aussi) ou à la télé sur les grandes chaines publiques, parce que Canal + étant aussi un luxe, autant dire qu'on les voyait une éternité plus tard alors que le film était passé de mode depuis longtemps. Mais tout ce processus faisait grandir le désir et nourrissait la passion autour de l'univers dudit film. L'attente faisait partie intégrante du plaisir cinématographique. Et l'un des meilleurs exemples pour moi dans ce domaine a été Predator.

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Une belle bande de mâles Alpha !

Predator conjugue à merveille les qualités d'un plaisir coupable (l'attaque du camp, les répliques) en cultivant allègrement l'aspect Badass de ses personnages à l'ambiance viscérale d'un pur film fantastique. Le réalisateur John Mc Tiernan (Last Action Hero, Le Treizième Guerrier) nous offrira Piège de Cristal un an après, révolutionnant le film d'action en huit-clos et lançant la carrière de Bruce Willis. Rétrospectivement, ça augurait du meilleur pour ce qui n'était alors que son premier gros film de studio !

Dans une première partie on suit ce commando semblant revenu de tout se frayer un chemin dans la jungle afin d'accomplir une mission qui a tout d'un voyage de plaisance. Bien évidemment, et on s'en doute, ce sera loin d'être le cas. Seulement, eux ne le savent pas, et sont très loin de se douter que la découverte de la véritable nature de leur opération ne sera que le cadet de leur souci quand ils comprendront (beaucoup trop tard sinon c'est pas drôle) qu'ils ont un plus gros chat à fouetter. Enfin c'est plutôt l'inverse !

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Considéré comme un intrus, Dillon devra essuyer la méfiance du groupe et prouver qu'il est digne de confiance. Après s'être frité avec Stallone sur un ring, Carl Weathers titille Schwarzy dans la jungle. C'est ce qui s'appelle varier les plaisirs !

Un peu à l'image de Une Nuit en Enfer de Rodriguez (qui produira comble de l'ironie le désastreux Predators), le film prend ensuite un virage à 90° pour nous offrir donc une toute autre ambiance. Les enjeux ne sont alors plus les mêmes tout en continuant de nous passionner. Et c'est là l'une des grandes réussites du film : on a droit à deux films en un, deux intrigues qui, loin de se nuire, se fondent parfaitement, se sublimant respectivement.

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Billy est le seul qui parvient à percevoir la présence du Predator. Cela le sauvera-t-il ?

Predator aurait pu se contenter d'aller jusqu'au bout de son idée première, à savoir un film viril et décomplexé à la gloire de schwarzy comme dans Commando. Mais l'idée de génie des deux scénaristes (Jim et John Thomas) est d'avoir déconstruit ensuite toute cette mécanique savamment orchestrée. Et le fait est que ces mercenaires, plutôt attachants au demeurant, symboles de puissance, voire d'invulnérabilité, vont susciter chez le spectateur une sympathie toute particulière lorsqu'il assistera, impuissant, à leur extermination en bonne et due forme. Massacrés comme du simple bétail par un ennemi indéterminé, mais visiblement très déterminé, un frisson nous parcourt inévitablement l'échine. On a pas encore vu un poil de la bête et on sait déjà la menace qu'elle représente. Car pour s'attaquer à une vraie bande de crache-la mort (dixit Aliens), faut quand même en avoir une sacrée paire...

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Elpidia Carillo incarne Anna, la seule femme du film. Sa présence au sein du groupe est accidentelle, mais rien n'arrive par hasard. Au départ peu coopérative, elle finira par démontrer sa valeur : le Predator n'est pas un parfait inconnu pour elle !

L'apparition du Predator est tout d'abord très intelligemment mise en scène puisque très progressive, attisant la curiosité et faisant monter la tension crescendo. Un procédé cinématographique repris par quantité de films de série B (et Z) sans jamais l'égaler. Qui n'a pas tenté, souvent en vain, de déceler l'extraterrestre camouflé dans la jungle ? La première vision qu'on en a est particulièrement originale puisqu'il s'agit simplement de sa main vue à travers ses propres yeux si l'on peut dire, cette fameuse vision thermique que l'on associera à la créature à l'instar de nombreux autres gadgets et effets sonores eux aussi iconiques.

Le fait même de voir régulièrement les personnages avec ce spectre limité de couleurs permet moins de s'identifier au Predator que de mesurer à quel point il est maître de la situation. S'il n'attaque pas, c'est qu'il l'a décidé. Une nouvelle preuve de sa supériorité. Le Predator aime la chasse, mais pas n'importe comment. Il y a des codes, des rituels que l'on comprendra au fur et à mesure et qui feront pour beaucoup dans son succès en plus de son design inspiré, crée par le grand Stan Winston (Jurassic Park) qui, un an auparavant, avait déjà terrifié les cinéphiles avec la reine Alien d'Aliens. A noter que le faciès même du Predator (les mandibules) lui a été suggéré par James Cameron en personne.

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Le Predator met longtemps à se montrer, mais on est pas déçu. Chacune de ses interventions est jubilatoire. Malgré sa discrétion, la créature a une vraie présence. La première fois que je l'ai vu, je me souviens que je trouvais son casque super cool et j'étais convaincu que c'était son visage en quelque sorte, qu'on en verrait pas davantage. Lorsqu'il se découvre à la fin du film, ça été comme d'ouvrir un oeuf Kinder après en avoir mangé le chocolat : une grosse surprise en prime ! Faut dire qu'à l'époque, sans Internet, on avait beaucoup moins de chance d'être spoilé ! A noter que le Predator a été incarné dans les deux premiers opus par Kevin Peter Hall (le grand noir de la série Superminds), malheureusement décédé depuis. A l'origine, c'est Van Damme qui devait endosser le costume. Mais le confort et le design n'étant pas aussi efficaces, la production a dû revoir ses plans.

Vient le moment où fatalement Schwarzy se retrouve seul face à sa Némesis. En même temps c'est le combat qu'on fantasme depuis un moment, ça aurait été dommage de s'en passer. Et là, le film de sombrer à nouveau dans une autre ambiance, crépusculaire, une sorte de retour à l'âge primitif. Le Major Dutch Shaeffer doit redevenir une bête pour pouvoir affronter la bête et sa technologie. La thématique est d'autant plus intéressante qu'elle était totalement inattendue. On passe d'un film gonflé à la testostérone pour ados boutonneux à un docu-fiction philosophique sur l'homme et les vertus de son instinct animal. Autant vous dire que le final est à la hauteur de nos espoirs. 

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Avant d'être purement physique, le duel est avant tout psychologique, chaque adversaire piégeant l'autre, le provoquant, le poussant dans ses retranchements avant le fatidique face à face qui sera vite à l'avantage de l'un des deux guerriers.predator-arnold.jpg Film d'action, film fantastique, film de SF, Predator c'est la quintessence du cinéma, un modèle qui encore aujourd'hui se savoure avec le même plaisir. Le blockbuster complice du spectateur qui ne le prend pas en otage et surtout le respecte. Un film comme ça forcément ça prend encore plus de valeur avec les années, comme un bon vin !

BONUS

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Contaaaaaaaaaaaaaact !!!

La musique de Alan Silvestri (La trilogie Retour vers le Futur, Abyss, Forrest Gump) est évidemment pour beaucoup dans la qualité de l'ambiance de Predator. Mêlant très habilement hymnes pêchus, sonorités tribales et thèmes d'action intenses, des premières images aux dernières, elle épouse la narration à la perfection. Tour à tour subtile, empreinte de mystère et sortant l'artillerie lourde aux bons moments, elle transcende chaque scène et insuffle l'émotion recherchée. Le Predator étant quasi muet, la BO est son principal langage et à ce titre elle assure méchamment !

 

 

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samedi, 25 octobre 2014

Dans 1000 ans...De l'Humanité à l'Ame-Unité

De l’Humanité à l’Ame-Unité

 

Dans 1000 ans, les êtres humains cesseront de croire aux vertus de la technologie et du système monétaire. Ils voudront s’en affranchir. Définitivement.
Ils exploiteront enfin le plein potentiel de leur esprit.
Ils découvriront que par l’intermédiaire des rêves et de la méditation, ils peuvent connecter leurs esprits, leurs âmes mêmes et se révéler réellement tels qu’ils sont, pour mieux s’accepter et accepter les autres. Une nouvelle forme de communication et d’échange  apparaîtra.
On pourra partager son expérience, ses émotions avec une rapidité et une efficacité révolutionnaires. La connexion sera pour tout le monde de très haut débit.
Chacun aura de la valeur pour tous les autres. Un être humain ne sera plus son équivalent en euros ou en dollars. Il sera le fruit de ses erreurs et de ses victoires qu’il pourra enseigner.
L’Humanité franchira un pas décisif dans son évolution, mais il lui restera des combats à mener. Elle acquerra une énorme liberté dans son inspiration et son imagination qu’elle devra cependant apprendre à contrôler.  De mauvaises idées, de noires pensées – les Spâmes – feront leur apparition.  Les hommes développeront alors un esprit de ruche à la manière des fourmis et parviendront ainsi à rétablir un équilibre.  Cette grande victoire donnera d’ailleurs lieu à d’autres grands bonds en avant.
Les vivants pourront communiquer avec les personnes dans le coma et même les morts. La notion même de mort disparaîtra et avec elle nombre de superstitions, de peurs et d’idées reçues.
Cet internet de l’esprit sera baptisé Evolo (du latin s’envoler).
Les hommes finiront par pouvoir naître et vivre sans corps physique. Ils pourront dès lors explorer l’espace en toute sérénité et aller de planète en planète à la rencontre d’autres civilisations comme aujourd’hui nous surfons sur le net.

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Illustration extraite de l'histoire Le Combat du Papillon

J'ai écrit ce texte dans le cadre d'un concours lancé par Bernard Werber. Je n'ai pas gagné, à mon grand regret, mais cela m'a permis de synthétiser des croyances et désirs personnels.

 

 

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mercredi, 22 octobre 2014

Top of Trailers [Cinéma]

On le sait depuis longtemps, les bandes-annonces ou trailers sont le véritable fer de lance du marketing hollywoodien, leur influence sur les entrées est si importante qu'elles requièrent des professionnels et un langage bien spécifique qui a ses codes et son rôle à jouer vis à vis du public. Certaines sont même considérées comme des oeuvres à part entière, parfois supérieures au film qu'elles vendent de par l'émotion qu'elles suscitent.

Certains groupes orchestraux très connu sur le net, comme Immediate Music, sont d'ailleurs spécialisés dans l'élaboration de la musique visant à illustrer les images choisies et montées selon un rythme stratégique qui aujourd'hui est devenu passablement banal car très uniforme. 

Retour sur quelques-unes de ces petites perles qui m'ont fait forte impression et que je me plais toujours à revoir.

Novateur à l'époque de sa sortie puisque mélangeant animation traditionnelle et images de synthèse, Titan A.E. (pour After Earth) fut un (injuste) échec commercial cuisant qui entraîna la fermeture du studio d'animation de la Fox. Parmi les scénaristes on retrouve un certain Joss Whedon qui connaîtra heureusement la consécration avec Buffy, puis Avengers. A noter que la chanson Higher du groupe Creed qui illustre la bande-annonce ne fait pas partie de la BO officielle du film, mais je l'ai pourtant totalement associé au film tant elle le met en valeur sur ces images, et vice versa.

Sur une BO de Danny Elfman, extraite de Evil Dead III l'armée des Ténèbres, le film L'Ile aux Pirates fait bonne figure, mais concrètement il assurait aussi. Cela ne l'a pas empêché, lui aussi, de bider méchamment et de provoquer lui aussi la fermeture d'un studio, en l'occurrence, Carolco. Appréciez le fait qu'on entende aucun dialogue, aucune voix virile martelant quelque slogan alléchant : seulement des bruitages savamment placés : une autre époque, quoi ! Aujourd'hui le DVD est tellement rare qu'il s'arrache à prix d'or sur le net ! Le paradoxe !

J'ai découvert ce trailer à la télé à l'époque où les dinosaures étaient encore une de mes passions et autant vous dire qu'avec de telles images et la musique grandiose de James Newton Howard par-dessus, ça m'a foutu des frissons partout ! D'ailleurs le film m'a comparativement procuré beaucoup moins de sensations. Le fait est que dans le trailer les dinosaures ne parlent pas et l'immersion s'en ressent forcément !

 

Bien que me considérant comme un détracteur de Michael Bay et de son cinéma, il y a deux films de ce réalisateur qui trouvent grâce à mes yeux : The Island et Pearl Harbor, sans doute parce que l'histoire et les personnages arrivent à dépasser le spectacle codifié et imposé. Le trailer de Pearl harbor vend particulièrement bien le film : la musique mélancolique extraite du film The Crow, le plan de la bombe (un money shot imaginé par Bay longtemps auparavant) et le montage bien sûr.

La Planète des Singes de Tim Burton est l'exemple même de la bande-annonce qui se serait suffit à elle-même. Bourré de clichés hollywoodiens, le film met à mal l'esprit de la saga et l'intégrité artistique du réalisateur et ne vaut finalement que pour les maquillages de Rick Baker. Je me souviens avoir guetté et enregistré cette bande-annonce à la télé lors de la sortie du film en la regardant en boucle après, la musique et le montage provoquant chez moi une euphorie démesurée. L'effet d'un bon clip en somme !

BONUS

Le trailer de l'adaptation d'un classique de la fantasy qui a enchanté mon adolescence. Pas encore trouvé de vidéo de bonne qualité à intégrer directement sur mon blog donc c'est : ICI

 

 

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mardi, 21 octobre 2014

La Crise est salutaire [Méditations]

La Crise est salutaire

La crise est devenu un mot à la mode. On l'emploie à toutes les sauces comme pour l'apprivoiser, comme pour mieux accepter son existence au sein de notre quotidien qu'elle bouscule, parfois, sans crier gare. C'est un fait qu'elle n'a jamais été aussi [im]populaire.

Quand je parle de crise, je parle autant de celle qui semble paralyser le monde entier que celle qui survient à l'échelle de chaque individu. Parce qu'au final, les enjeux sont les mêmes. S'adapter ou mourir.

Le libre-arbitre, cette précieuse capacité qui nous a été offerte, révèle alors toute son importance de même que notre aptitude à prendre du recul sur les évènements et sur nous-mêmes.

Car qu'est-ce qu'une crise sinon l'occasion de faire un bilan digne de ce nom que nous n'aurions peut-être jamais fait autrement, l'occasion de se remettre en question, de s'interroger sur nos priorités, que nous soyons ou non à l'origine de ladite crise ?

Comme je l'ai dit, nous avons le choix de la manière de réagir face à la violence d'un changement qui ébranle nos convictions, nos habitudes, mettant en péril notre confort, qu'il soit matériel, physique, social, psychologique voire spirituel, quand il ne remet pas en cause tout cela à la fois.

Nous pouvons le nier, l'ignorer et même s'y opposer en se résignant à vivre comme avant en dépit des conséquences. Mais on se rend assez vite compte que cela nous mène droit dans une impasse. Nous sommes faits pour évoluer, premier message véhiculé par la crise.

La souffrance n'est jamais gratuite, elle est formatrice

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La Crise ? Connais pas !

Nous pouvons faire la politique de l'autruche, c'est à dire l'ignorer, attendre que la crise passe comme une tempête passagère. Après tout, les tempêtes ne durent pas, il y a toujours une accalmie. C'est un fait. Mais ce n'est en vérité qu'une illusion. Car quelle expérience tirerons-nous de cette épreuve si nous refusons qu'elle nous traverse pleinement ? L'accepter ce n'est pas seulement se plaindre, ce n'est pas simplement s'apitoyer sur son sort, même si c'est notre droit le plus stricte.  Comme dit si bien le proverbe : "Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres". Ce n'est pas dans un livre que je l'ai lu, mais dans un jeu vidéo : Dragon's Dogma (et pan ! pour les détracteurs !)

Accepter ce tsunami dans nos vies c'est décider qu'il nous entraînera au fond de l'eau ou au contraire qu'il nous servira de bouée et même de tremplin pour atteindre des rivages jusque-là inexplorés, à savoir développer des ressources intérieures insoupçonnées et la capacité de les exploiter le moment venu lors de drames ultérieurs.

Je ne vois pas de meilleur exemple qu'une expérience très personnelle pour illustrer cet apprentissage de la vie.

Le coeur a ses raisons...qui nous font bien du tort.

A l'âge de 21 ans, je suis tombé fou amoureux d'une jeune femme avec laquelle je n'ai pu partager cet amour passionné. J'en ai souffert pendant des années tellement mes sentiments étaient forts.. Par ce chagrin sentimental j'ai expérimenté pour la première fois la notion de deuil, le mot n'est pas trop fort, lorsque j'ai compris que je ne la reverrai plus, j'ai même ressenti une sensation de perte physique. J'ai connu par la suite une grosse dépression et un sentiment de solitude très douloureux.

Ce qui m'a sauvé :

- Une forme d'espoir inexpliqué, même si à l'époque je ne le formulais pas ainsi. J'en profite pour rappeler que le suicide n'est pas une preuve de courage ou de lâcheté, c'est seulement la preuve d'un désespoir abyssal. Garder de la rancune envers quelqu'un qui en a été à cette extrémité indique seulement que le travail de deuil n'est pas achevé.

J'ai eu à cette période les pensées les plus noires de mon existence, il n'y avait véritablement rien pour me raccrocher à la vie et pourtant je suis resté, sans pouvoir l'expliquer. Je compris plus tard que par une forme d'intuition, dont nous pouvons tous être possesseurs, que c'est parce que j'avais au fond de moi la conviction que j'avais encore de belles choses à faire en ce monde et qu'elles étaient plus importantes au final que mon mal-être présent.

A cette période également, ma souffrance m'a fait expérimenté des niveaux de rêve différents, supérieurs en quelque sorte (sans aucun usage de drogues je tiens à le préciser) qui m'ont sans doute aidé, inconsciemment, à aiguiser cette intuition, ce lien avec mon futur, alors qu'ils ne représentaient pour moi à ce moment-là que mon unique échappatoire. Les rêves ont un pouvoir encore insoupçonné et il me tarde qu'il soit reconnu à sa juste valeur. Même le sommeil nous guérit de bien des tourments. Constatez les bienfaits d'une sieste alors que vous étiez  ô combien triste, contrarié et/ou confus juste avant. La nuit porte conseil, dit-on et c'est on ne peut plus vrai, que l'on dorme en plein jour ne change, bien heureusement, rien à ce constat.

Ce qui m'a sauvé aussi :

- L'art a prouvé a cette période de crise toute sa puissance thérapeutique. Tout d'abord exutoire, mes histoire, écrites, dessinées, m'ont permis d'enrichir un don naturel pour créer et raconter (à vous de juger sur l'étendue de ce blog); L'art et le rêve, deux bouées de sauvetage auxquelles je me suis accroché comme un forcené et qui ont donné naissance à bien des oeuvres dont mon roman graphique Dans l'Esprit de Morphée. (Cf aussi les illustrations). Je ne peux m'empêcher de songer que c'est un peu pour moi l'équivalent de The Crow pour James O'Barr, pas dans la forme, cela va de soit, mais en termes de valeur thérapeutique et d'expression artistique.

- Et puis il y a le temps, fatalement, encore faut-il en gagner suffisamment pour qu'il agisse sur nous et dans cette entreprise, l'entourage, les amis, la famille, est essentiel. A lui de trouver la bonne distance, le bon langage. Ce qui peut constituer un travail de longue haleine, chacun devant trouver le rôle qui est le sien afin de compléter celui des autres.

Un professionnel est bien sûr tout indiqué, car on ne s'improvise pas thérapeute. Il existe différentes méthodes qui ont prouvé leur valeur comme l'EMDR. En tous les cas bien choisir le thérapeute peut s'avérer vital afin qu'il mette en place un cadre adapté autour du patient. Car dans une phase de dépression, on est fragilisé et tous nos vieux démons n'attendront qu'une occasion pour se manifester et nous terrasser puisque nous n'avons jamais été aussi vulnérable.

Pendant longtemps j'en ai voulu à la vie de m'avoir permis d'éprouver des sentiments aussi beaux sans pouvoir les partager avec l'être qui me les avait inspirés. Mais j'ai fini par comprendre qu'un amour, ou un évènement quel qui soit, a parfois une finalité qui nous échappe, cela ne signifie pas pour autant qu'il doit être vécu comme une malédiction. C'est ce que j'ai exprimé dans ma nouvelle Le coeur dans les Etoiles.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus...vivant !

Pour en revenir aux faits, neuf ans plus tard, en décembre 2008, ma soeur Lado, dont j'étais très proche, met fin à ses jours suite à une dépression (la dépression fera l'objet d'une méditation tant elle est devenu elle aussi familière à nos vies). C'était la personne la plus proche de moi, plus qu'une soeur, plus qu'une amie, elle était la parfaite synthèse des deux. Vous imaginez la perte que j'ai pu ressentir. Et pourtant ma souffrance, mon deuil ont été de courte durée. Le deuil, on le sait, est pourtant un long cheminement qui requiert de passer par plusieurs étapes bien définies. Et bien, le deuil sentimental que j'avais expérimenté auparavant m'a permis, si je puis dire, de brûler les étapes de celui-ci. En gros je ne me voyais pas signer une seconde fois pour plusieurs années de souffrance et de solitude. C'était inconcevable. J'ai eu véritablement le sentiment d'avoir le choix, la liberté de mon avenir, chose qui n'était pas à ma portée la première fois, parce que je n'avais tout simplement pas acquis l'expérience. Et le fait est que si je n'avais pas connu ce drame personnel auparavant, la perte de ma soeur aurait peut-être pu m'emporter à mon tour. Je dis peut-être car l'intuition dont j'ai déjà parlé aurait pu encore une fois jouer son rôle. Mais on ne peut faire que des suppositions. Ce dont je suis convaincu, c'est que mon premier deuil m'a quasiment épargné le second. C'en est presque miraculeux.

L'Enfer c'est les autres...que l'on ignore

Plus récemment, j'ai connu quelqu'un qui a perdu sa soeur dans des circonstances particulièrement pénibles. Immédiatement j'ai su, de par mon expérience, que j'avais un rôle à jouer, rôle que j'ai pris très au sérieux et qui m'a fait comprendre encore un peu plus que si nous dépassons nos traumatismes, ils nous donneront à long terme le pouvoir d'aider les autres à dépasser les leurs. Notre vigilance vis à vis de nos proches comme d'inconnus dans le besoin deviendra alors instinctive.

S'il y a donc une leçon, à mon sens, à tirer de tout ça, c'est que les crises ne sont pas faites pour nous anéantir, bien au contraire, elles sont faites pour nous élever. Je crois qu'elles sont là aussi pour nous rappeler que c'est bien dans l'union avec les autres que naît la force de nous construire de meilleurs lendemains. La crise est faite pour nous éloigner non pas des autres, mais de l'isolement. Elle est faite pour nous rapprocher car nous sommes tous connectés. (cf le film Cloud Atlas). Et si le monde va si mal, c'est bien parce que nous n'avons pas encore pris cela au pied de la lettre et que nous avons encore tous du pain sur la planche dans ce domaine.

 

Note : merci à cet intervenant à la radio (dont hélas j'ignore le nom) qui a initié l'écriture de cet article.

 

 

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lundi, 20 octobre 2014

E.T. L'Extraterrestre [Cinéma/Critiques]

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De l'aveu même de Spielberg, E.T. est un film sur le divorce de ses parents. C'est dingue ce que les drames personnels peuvent inspirer comme belles histoires !

La trentaine bien entamée, on pense que revoir une énième fois E.T. nous fera doucement sourire, au mieux éveiller un brin de nostalgie. Evidemment on se trompe. Parce que revoir E.T. ce n'est pas seulement se reconnecter à son passé de cinéphile, c'est ni plus ni moins retrouver l'enfant qui survit toujours en nous et que l'on avait perdu de vue au fil du temps.

En assistant une nouvelle fois à la rencontre miraculeuse entre Elliott et le gentil bonhomme de la lune (dixit Gertie), on réalise à quel point les doux ronronnements d'E.T. nous sont familiers et combien ils nous ont manqué, de même que son faciès simiesque, sa voix enrouée, sa démarche pataude, sa silhouette difforme, ratatinée, presque pathétique. Mais il suffit que E.T. dresse son long cou et ouvre grand ses grands yeux pour qu'il nous rappelle son incroyable noblesse, avant même que son coeur-lumière n'éclaire le film d'un espoir sans commune mesure.

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Seul un enfant pourrait accueillir comme il se doit un être venu d'un autre monde. Dans E.T. les hommes, les adultes sont présentés comme l'espèce intrusive, menaçante (cf la scène surréaliste des cosmonautes dans la maison). L'humanité est préservée tant qu'Eliott et E.T. leur survivent. La relation fusionnelle qu'ils partagent trouve son point d'orgue lors d'une scène cruciale. Lorsque Eliott dit "Je t'aime" à E.T. il ne fait pas qu'exprimer un sentiment, il transmet l'amour directement en lui, sans doute lui fait-il découvrir un sentiment inconnu sur sa planète au point que cela le tire de son odieux sommeil comme par magie. Oui, beau à pleurer !

Sur un plan plus technique, Spielberg nous régale constamment d'ambiances soignées, de plans inspirés où la lumière est souvent reine. Mais sa mise en scène n'hésite pas à s'affranchir des codes qu'elle semble avoir adoptés comme lors de cette scène anthologique où Elliott embrasse sa blonde dulcinée et que comme sous l'effet de ce baiser innocent, les grenouilles destinées à une autopsie en règle se voient libérées de leur sombre destin. Victoire !

Victoire de l'imagination également lorsque les enfants à vélo échappent à la police avec ce plan mythique s'il en est de leur silhouette en ombre chinoise portée sur le disque immaculé de la lune. L'enfance c'est l'imagination et l'imagination c'est la liberté absolue, l'un des messages de Spielberg (Jurassic Park, Indiana Jones et le Temple Maudit, Tintin : Le Secret de la Licorne) à travers ce plaidoyer et ce n'est sans doute pas pour rien que le temps d'une scène on entend la mère d'Elliott lire un extrait de Peter Pan que le cinéaste adaptera lui-même dans Hook avec le trépidant Robin Williams (RIP).

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Peter Coyote (Sphere) montre tardivement son visage pour entretenir le suspense sur son identité. Au départ présenté comme un méchant, il s'avère au final être un allié pour les deux héros, avouant lui-même avoir rêvé depuis longtemps d'un tel évènement et se félicitant qu'Elliott ait été choisi pour le vivre de manière si intime. Ce personnage incarne donc parfaitement l'adulte que le spectateur est devenu. 

Nous reviennent alors inévitablement des souvenirs inestimables de cette période chérie où à l'âge béni d'Elliott, nous rêvions, nous aussi, d'une telle Rencontre du Troisième Type, nous y croyions dur comme fer au point d'en faire une activité à temps plein : la culture de la magie, le goût du merveilleux, luxe suprême aujourd'hui terrassé par les préoccupations d'un monde adulte dominé par la peur. A ce titre, le film fait office de véritable cure de jouvence et on comprend encore mieux pourquoi un réalisateur tel que J.J. Abrams lui a offert un vibrant hommage à travers son Super 8.

E.T. c'est l'aventure suprême, celle qu'on a tous rêvée de vivre un jour, qui continue de manquer à notre vie et la rendra inachevée quoique l'on fera pour la remplir. 

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Bon cette fois, je ne chialerai pas, je ne chialerai pas, je ne chialerai pas, je ne...Bouuuuh ! Merde, vite, un mouchoir, fais chier !!!

La Trahison

A l'instar de son ami George Lucas sur Starwars, Spielberg a cédé à la tentation "d'améliorer" E.T. afin de coller à sa vision première. Si l'intention est louable sur le papier (effets spéciaux dernier cri, scènes supprimées réintégrées), on voit vite les revers du procédé. Entre une VF incontestablement inférieure (les intonations, le rythme) malgré des voix proches des originales, des effets numériques trop présents et la fameuse disparition des armes durant le prologue au profit de lampes torches, on grimace, on rage et on a au final qu'une seule envie : revoir et conserver la version de 1982, avec tous ses défauts qui sont autant de chances de garder intacte la magie unique de ce chef-d'oeuvre.

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- Dis, Papa, pourquoi tu m'as fait ça ?

 BONUS


E.T. ne serait bien évidemment pas E.T. sans la bouleversante musique qui lui donne vie. A l'image d'Elliott et d'E.T., Steven Spielberg et John Williams forment un duo en parfaite symbiose. Résultat : deux artistes au sommet de leur art !

 

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