Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 06 juillet 2015

Collision [Cinéma/Critiques]

collision.jpg

par le réalisateur de Puzzle/Third Person

Chaque décision entraîne des conséquences pour soi et pour les autres...

Los Angeles. En l'espace de quelques jours, plusieurs hommes et femmes vont influencer leur destin, directement ou indirectement, parfois jusqu'au drame, mais parfois aussi jusqu'au miracle. 

Sur fond de racisme omniprésent, le réalisateur/scénariste oscarisé Paul Haggis brosse le portrait d'une société américaine sur le fil du rasoir, où la haine et la frustration peuvent embraser l'âme et le coeur à la moindre étincelle.

Personne n'est ni tout blanc, ni tout noir. Au sens propre comme au figuré, pourrait-on dire en découvrant la complexité des personnages luttant autant contre les autres que contre eux-mêmes dans une jungle urbaine qui encourage facilement la loi du talion.

Mais malgré les difficultés à se préserver et à respecter l'autre, il y a toujours l'espoir de se découvrir meilleur qu'on ne le pensait. A ce titre la scène de l'accident de voiture offre un moment d'émotion d'une intensité rare.

Paul Haggis choisit des situations délibérément précises, inhabituelles pour titiller là où ça fait mal, n'hésitant pas à malmener ses héros dans ce qu'ils ont de plus intime et aussi de plus destructeur : leur égo.

Car tout vient de là au final, qu'on parle de guerre, de bagarres de rue, de terrorisme ou encore de conflits domestiques, c'est toujours de là que vient le mal : cet égo, démesuré, insatiable qui nous fait devenir monstre et voir les autres comme des ennemis, instinct primaire du barbare conquérant qui perçoit le monde de manière binaire : si tu n'es pas comme moi, si tu ne penses pas comme moi, alors tu es contre moi.

L'égo et l'argent, nos deux némésis, parfois si intimement liés, deux amants maudits, deux cadeaux empoisonnés dont il nous faudra trouver nécessairement le remède pour (re)trouver notre humanité.

Avec Sandra Bullock (Gravity), Brendan Fraser (La Momie, Endiablé), Matt Dillon, Thandie Newton (Mission Impossible 2, Les Chroniques de Riddick), Michael Peña (Gangster Squad), Ludacris (La saga Fast and Furious), Ryan Phillippe (Franklin), Jennifer Esposito, William Fichtner (Contact), Tony Danza (Don Jon),...

A noter que Terrence Howard et Don Cheadle ont incarné le même personnage à savoir le Lieutenant-Colonel Jim Rhodes, le premier dans Iron Man, le second dans Iron Man 2.

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

samedi, 04 juillet 2015

Girl Power, Fast and Furious and Expendables [Cinéma]

Girl Power, Fast and Furious and Expendables

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

On attend toujours une suite spirituelle à Haywire (Piégée) qui ne se contentait pas de miser sur les compétences martiales de Gina Carano, mais lui offrait également un vrai personnage au service d'une vraie histoire. Par la suite elle a tourné dans le médiocre In the Blood de John Stockwell (Christine) qui a lui-même mis en scène Paul Walker aux côtés de Jessica Alba dans Bleu d'Enfer.

Il y a encore quelques années les noms de Gina Carano et Ronda Rousey étaient inconnus aux spectateurs. Mais en l'espace de quelques films, ces deux championnes de MMA (Mixed Martial Arts) ont su taper dans l'oeil, au sens propre comme au figuré.

Certes, hormis Piégée de Soderbergh, les deux femmes sont pour l'instant cantonnées à jouer les action-girls dans des grosses productions peu subtiles, mais force est de reconnaître que cela leur a permis à chacune de se mettre en valeur. Où comment allier sensualité, puissance et souplesse devant une caméra complice.

A noter que la série Fast and Furious est paradoxalement le tremplin du Girl Power au cinéma. En premier lieu, elle a permis d'asseoir la popularité de Michelle Rodriguez (Avatar) qui elle-même incarnait une boxeuse dans son premier film Girlfight, film réalisé par Karyn Kusama (Aeon Flux, Jennifer's Body) l'une des rares réalisatrices avec Kathryn - ex Mme James Cameron - Bigelow (Point Break, Strange Days, Démineurs) à faire un cinéma où la femme et l'homme ne sont pas cantonnés à leur archétype primaire. 

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

Dans Fast and Furious 6, Gina Carano joue aux côtés de Dwayne Johnson, la boucle est bouclée, puisque The Rock est lui-même la meilleure reconversion de ces dernières années d'un artiste martial au cinéma.

fast and furious, gina carano, ronda rousey, free fight féminin, girl power

Si le combat final entre Stallone et Van Damme (Expendables 2) et celui contre Mel Gibson (Expendables 3) avaient pu profiter d'autant de chorégraphie cela aurait pu rendre les films en eux-mêmes un peu plus recommandables. Car le combat contre Van Damme, à part miser sur les promesses, n'a absolument rien de mémorable si ce n'est un montage scandaleux pour nous faire croire à un semblant de travail. Si Sly a eu une excellente idée avec ce concept (Le titre Expendables renvoyant au terme "Remplaçable" qu'il s'approprie dans Rambo II) il n'a pas su l'exploiter autrement qu'artificiellement et le succès aidant, l'inspiration a rapidement céder la place au marketing. A noter qu'avec Rounda Rousey, Statham est le seul acteur à intégrer à la fois Expendables et Fast Furious. Il faut dire que sur sur la saga de Stallone c'est lui qui fait le show (heureusement qu'il est là) et le voir en bad guy provoquant la bande à Toretto, était sans doute inévitable même si l'intro du 7ème opus rappelle un peu trop fortement le Transporteur.

Dans Fast and Furious 7 c'est au tour de Ronda Rousey de jouer des pieds et des poings (elle aussi contre Michelle Rodriguez, sacré destin !) après avoir fait parler la poudre dans Expendables 3. On retrouve d'ailleurs aussi Tony Jaa (la trilogie Ong Bak, L'Honneur du Dragon) dans FF7 qui pourrait suivre Jackie Chan et Jet Lee dans une hypothétique carrière aux states...pas forcément une bonne chose quand on voit ce que ça a donné dans la majorité des cas pour les deux susnommés.

fast and furious, gina carano, ronda rousey, free fight féminin, girl power

Et pour couronner le tout, Gal Gadot, Gisèle dans la série Fast and Furious, fort de sa renommée accède au rôle très convoité de Wonder Woman pour le crossover très attendu opposant Batman et Superman. Le rôle de la super amazone a par ailleurs échu pendant un temps à Gina Carano, sous forme de fantasme tout du moins, dans l'esprit de certains fans (au hasard, moi !).

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

On peut penser ce qu'on veut de cette série qui comme toute série connait des hauts et des bas, mais force est de reconnaître qu'elle a le don de mener ses participants en haut de l'affiche.

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

En matière de Girl Power au cinéma, on peut dire que Angelina Jolie (Wanted, Salt) a bien ouvert la voie. L'occasion de rappeler que Marvel la courtise actuellement pour réaliser l'adaptation du comic Captain Marvel avec peut-être Charlize Theron (Mad Max : Fury Road) dans le rôle-titre. On croise les doigts...

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

Les producteurs de la série Expendables espèrent faire du Girl Power un argument commercial majeur. Si le casting complet de Expandabelles (Vous avez le droit de rire) n'est pas encore connu, il devrait réunir des actrices de renom familières du cinéma d'action.  Quant à savoir si elles auront droit à des rôles et un scénario dignes de ce nom, rien n'est moins sûr...Soderbergh, au secours !

fast and furious,gina carano,ronda rousey,free fight féminin,girl power

 BONUS

En Lien

Les Meilleurs Combats du 7ème Art

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

jeudi, 02 juillet 2015

Batman Arkham Knight sur PC [Jeux Vidéo]

Masque Batman.jpg

Dessin réalisé par mes soins à l'occasion d'un concours sur le thème des masques

Warning pour Warner

Je suis joueur console depuis très longtemps, mais étant donné les pratiques de plus en plus intolérables des éditeurs et de Microsoft, j'ai décidé de passer sur PC dès que possible. Et voilà que j'apprends que même les joueurs PC subissent également un total manque de respect.

Le jeu Batman Arkham Knight a été retiré des ventes sur Steam tellement il était buggé et injouable et cerise sur le gâteau : l'éditeur Warner le savait bel et bien et a fait le choix délibéré de le sortir en l'état.

Alors c'est ça la next-gen ? En tous les cas, c'est plus que jamais l'occasion d'enterrer cette ridicule guerre des supports et de se serrer les coudes puisque de toutes façons tous les joueurs sont traités d'égal à égal par les éditeurs : comme de la merde !

 

 En Lien

La Guéguerre des Editeurs

Bilan du jeu Vidéo Janvier 2014

Ubisoft : du Prestige au Préjudice

 360/PS3 : Les Poubelles des Editeurs

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mercredi, 01 juillet 2015

A la Poursuite de Demain [Cinéma/Critiques]

a la poursuite de demain,tomorrow land

Le monde est ce qu'on en fait, le futur aussi.

Après avoir donné un coup de fouet à l'animation (Le Géant de Fer, Les Indestructibles et Ratatouille, excusez du peu !), après avoir fait ses armes sur le cinéma live avec Mission Impossible : Protocole Fantôme (inégal, mais efficace), Brad Bird poursuit sur sa lancée avec le dernier Disney. 

Fort déjà d'un pitch intrigant, de la présence du charismatique George Clooney (Une Nuit en Enfer, Gravity) et donc d'un réalisateur surdoué, A la Poursuite de Demain promettait beaucoup sur le papier. Mais non seulement, il tient ses promesses, mais il les dépasse très largement.

Cela dit, pour apprécier la chose, il faudra peut-être faire le deuil d'un souhait : celui de voir toute l'histoire prendre place dans le monde futuriste dont on ne profitera surtout que l'espace d'un long plan séquence par ailleurs assez ébouriffant. Mais rassurez-vous c'est un mal pour un bien. Car c'est justement de cette apparente privation que va naître le moteur de l'intrigue et la passion du spectateur qui en découlera rapidement.

a la poursuite de demain,tomorrow land

Les enfants sont vraiment épatants, faisant montre d'une énergie et d'une assurance qui participent grandement à la réussite du film. Grâce aux nombreuses cascades et aux interactions avec l'ami George, on oublie rapidement leur âge et leur apparente fragilité. Si A la Poursuite de Demain ne prend pas les adultes pour des abrutis, il ne prend pas non plus les enfants pour des écervelés, qu'ils soient dans le film ou devant. A voir donc impérativement en famille !

Car oui, A la Poursuite de Demain est passionnant et l'on ne peut que s'enthousiasmer de voir Brad Bird à nouveau en pleine possession de ses moyens (co-scénariste) dans un cinéma qu'il maîtrise à la perfection. On retrouve donc dans ce film toutes les qualités observées dans ses réalisations précédentes : pluralité des thématiques qui se complètent et s'entrecroisent avec une fluidité exemplaire, enfants et adultes traités d'égal à égal, maturité du propos, visuel ultra léché, rythme effréné, humour bien dosé et mise en scène inventive.

Mais s'il n'y avait eu que cela, Brad Bird n'aurait fait que se répéter en quelque sorte. Heureusement, et c'est la grande surprise, sous ses allures de divertissement de luxe pour enfants nourris au matérialisme, A la Poursuite de Demain se fait le porte-parole d'un espoir et d'une vision du monde adressés aux spectateurs de 7 à 77 ans.

Si Disney a su dans le passé sensibiliser les plus jeunes sur des sujets graves, avec ce film, c'est comme si le studio prenait enfin pleinement conscience de son influence et par là-même de sa responsabilité. Divertir, c'est bien, émouvoir, c'est bien aussi, mais faire réfléchir, ouvrir l'esprit c'est encore mieux. Et le fond est d'autant plus percutant qu'on ne l'attend pas et que la forme aide grandement à l'assimiler.

a la poursuite de demain,tomorrow land

Pas de remise entre ex-professionnels de la médecine : Hugh Laurie (Dr House) va faire payer cher ses consultations à George Clooney (Urgences).

Plusieurs couches d'intrigue amènent une profondeur insoupçonnée. L'ambition initiale de simplement nous transporter dans un monde imaginaire devient subtilement une véritable ode à la persévérance, au fameux changement tant galvaudé par les politiciens.

Faire que le spectateur se sente (re)devenir subitement citoyen responsable de son propre destin autant qu'acteur du monde est certainement le plus grand effet spécial du film.

Disney inspirant aussi positivement les masses, voilà de quoi se réjouir pour l'avenir !

 

En Lien

La Crise est salutaire

Qu'est-ce qu'être un héros aujourd'hui ?

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

lundi, 29 juin 2015

Puzzle/Third Person [Cinéma/Critiques]

third person film

Tout le monde a droit à une seconde chance.

Pour ceux qui désespéraient de revoir Liam Neeson dans autre chose qu'un film d'action nerveux, Third Person devrait leur apporter satisfaction. D'autant que le personnage complexe incarné par l'acteur n'est pas le seul ingrédient susceptible de combler le spectateur avide d'émotions et de surprises. Loin de là.

third person film,puzzle film,drame

Liam Neeson (Krull) et Olivia Wilde (Cowboys et Envahisseurs, Time Out, Her). L'écrivain et sa muse. Une relation d'amour/haine avec laquelle chacun apprend à composer. Mais pour combien de temps ?

Third Person s'inscrit dans un genre très populaire aux Etats-Unis : le film choral. Intimement lié à la comédie sentimentale, ce type d'histoire se caractérise par plusieurs histoires narrées en parallèle.

third person film,puzzle film,drame

Avant Jupiter Ascending, Mila Kunis (Le Livre d'Eli, Blood Ties) jouait déjà les femmes de ménage esseulées.

Doté d'un casting déjà fort séduisant, Third Person (rebaptisé Puzzle en français...) ne se contente heureusement pas de miser sur son affiche.

Si deux histoires en particulier se détachent rapidement de par leur plus grande exploitation, il vient un moment où l'on comprend que rien n'a finalement été négligé. Sans égaler Cloud Atlas en terme de connexions, ceux qui ont aimé la structure si particulière du chef-d'oeuvre des Wachowski devraient apprécier dans Third Person sa complexité qui se laisse dévoiler lentement et subtilement.

third person film,puzzle film,drame

James Franco (127 Heures) a bien besoin de réconfort pour se remettre d'un drame mettant en cause son ex-compagne. Mais aura-t-il la force de se mettre un peu à sa place ?

Il faut dire que le réalisateur n'est franchement pas un amateur. Scénariste également sur rien moins que Million Dollar Baby, Casino Royale ou encore Terminator Renaissance, Paul Haggis connait son affaire pour ce qui est d'écrire des histoires matures où intensité, réflexion et sensibilité s'équilibrent parfaitement. Il l'avait prouvé avec son premier film, Collision, un drame dans lequel déjà plusieurs personnages se télescopaient, impactant réciproquement leur destin.

third person film,puzzle film,drame

Adrien Brody (Le Village, Predators) et Moran Atlas font banc d'à part. Une rencontre fortuite qui va bouleverser leur existence.

A ce titre, on peut dire que Third Person est l'aboutissement de cette formule. Mais pas forcément comme on s'y attend et c'est ce qui en fait une oeuvre vraiment remarquable.

 Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Cloud Atlas Contagion Men, Women & Children

Les petits mouchoirs

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

dimanche, 28 juin 2015

La French [Cinéma/Critiques]

128118.jpg

Entre Heat et Les Incorruptibles

Le film French Connection et sa suite tournés dans les années 70 mettait en vedette la police américaine dans sa tentative de juguler la fameuse filière d'héroïne aux Etats-Unis dans le premier, à Marseille dans le second.

Dans La French de Cédric Jimenez (Aux Yeux de Tous), on suit cette fois l'enquête côté police française avec rien moins que le célèbre Juge Michel dont la croisade pour démanteler le réseau tentaculaire du parrain Gaëtan Zampa constitue le coeur de l'intrigue.

Jean Dujardin (99 Francs, Lucky Luke, The Artist) et Gille Lelouche (A Bout Portant) sont très amis dans la vie. Jusque-là indirectement réunis à l'écran (Les Petits Mouchoirs, Les Infidèles), une franche collaboration était inévitable et même souhaitable. Et d'avoir choisi d'en faire des ennemis jurés plutôt que les meilleurs potes du monde est déjà en soi une excellente idée.  Les voir chacun évoluer dans leur sphère avec leurs méthodes, leur partenaires, leurs espoirs et leur désillusions devient vite passionnant. (A noter la présence de Eric Collado, complice de Dujardin à l'époque des Nous c'est Nous, dans un contre-emploi intéressant).

A l'instar de Guillaume Canet pour Ne le dis à Personne, Cédric Jimenez parvient à insuffler une dynamique et un esprit typiquement américains dans un cadre 100% français, mariant parfaitement deux visions du cinéma qu'on a trop souvent opposer en pensant qu'il était impossible de faire autrement.

La mise en scène est à la fois épurée et inventive, les personnages attachants et bien croqués, l'action sobre et la tension subtilement placée happent le spectateur du début à la fin sans jamais le lâcher. On rit, on frémit, on verse une larme, le réalisateur et les acteurs nous offrent un vrai moment de cinéma avec tout ce qu'on peut souhaiter y trouver. Mention spéciale à Céline Sallette (Vie Sauvage) qui donne à nouveau beaucoup de corps à un personnage de femme et de mère qui tente de préserver et de se préserver d'une menace latente. On regrettera en revanche le manque flagrant de consistance de Christiane Zampa incarnée par Mélanie Doutey (Madame Lelouche à la ville).

la french,jean dujardin,gille lelouche,polar français,films de gangsters

Costard seventies, accent marseillais, Benoît Magimel (Mon Pote, Les Petits Mouchoirs) se fait visiblement plaisir en jouant les porte-flingues de Zampa.

Si on craint au départ de le voir surjouer et cabotiner, Jean Dujardin surprend et en profite pour enrichir sa filmo avec un rôle très emblématique qu'il endosse avec beaucoup de conviction, jouant de sa légèreté d'une manière inédite puisque son apparente ironie est ici  le complément salutaire de sa formidable persévérance mise régulièrement à l'épreuve face à un système dépassé quand il n'est pas tout simplement corrompu.

Gille Lelouche incarne le grand méchant avec une certaine aisance, mais on ne peut s'empêcher de le trouver incomplet voire même effacé. Napolitain d'origine, ses quelques répliques en italien ne suffisent sans doute pas à nous convaincre même si son face à face avec Dujardin répond plutôt bien aux attentes (renvoyant à celui de Pacino/De Niro dans Heat dans une moindre mesure). Pour autant, il manque de la matière afin de donner à leur relation la profondeur nécessaire et lorsque certains évènements majeurs se produisent, Zampa, malgré quelques coups de colère, n'atteint pas la dimension espérée.

Il aurait d'ailleurs mieux valu creuser davantage le scénario de ce côté plutôt que d'inventer un passé de joueur compulsif à Pierre Michel ce qui n'a d'ailleurs pas du tout été du goût de sa famille qui n'a jamais validé le film. Il est un fait que la relation de Michel avec la jeune Lilly et le destin de celle-ci suffisaient largement à justifier l'investissement du héros dans son travail. Malgré donc toutes les bonnes intentions des producteurs, l'hommage s'est transformé en cadeau empoisonné. Très regrettable.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Blood Ties Mesrine : L'Instinct de mort Mesrine : L'Ennemi public n°1

 Gangster Squad Les Incorruptibles Heat

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mercredi, 24 juin 2015

Microsoft, Maxi Arnaques ! [Société/Technologie]

Un Système d'exploitation

qui n'a jamais aussi bien porté son nom

 

Microsoft, en tant qu'acteur de la transformation numérique en France, aide les individus et les entreprises du monde entier à exploiter pleinement leur potentiel.

- Page d'accueil du site officiel de Microsoft -

Oui Microsoft a beaucoup d'humour. Ou alors il a accidentellement mélanger les mots et altéré le sens de sa définition :

Microsoft, en tant que dictateur de la domination numérique en France, exploite les individus et les entreprises du monde entier afin d'atteindre pleinement son potentiel.

Microsoft annonce actuellement un changement de ses conditions d'utilisation à partir d'août (bien sûr pour le bien de tous). Sachant que comme d'habitude, si vous voulez vous y opposer ce sera à vous de faire le nécessaire. Si vous laissez faire, si vous vous en foutez, si vous oubliez, si vous avez pas le temps, pas le courage de regarder ce que ça va impliquer pour vous, et bien ça voudra dire que vous êtes d'accord, favorable, enthousiaste,...

Pour rappel Microsoft c'est tout ça et tout ce qui s'y rapporte :

  • WindowsWindows
  • OfficeOffice
  • SurfaceSurface
  • Windows PhoneWindows Phone
  • Smartphones et MobilesProduits Nokia
  • XboxXbox
  • SkypeSkype
  • MSN FranceMSN France
  • BingBing
  • Microsoft Store Microsoft Store

Ouais, ça fait beaucoup (trop), un vrai empire financier comme Coca Cola, Disney, Apple et autres Facebook. Une belle vitrine, bien sous tous rapports, faite pour faciliter la vie aux citoyens que nous sommes, épris de confort, de facilité d'accès.

Mais il y a le revers de la médaille, les coulisses, les petites lignes du contrat.

Bah déjà le simple fait de connecter des tas d'offres et de services (listés donc ci-dessus) si cela se présente dans un premier temps comme un sacré avantage, il est permis à Microsoft d'intégrer une ou plusieurs conditions fort déplaisantes pour être paradoxalement assuré que nous ne refuserons pas le nouveau contrat. Bah oui, parce que ça signifie se priver de tous les services dont nous avons l'habitude de profiter. En gros, Microsoft sait pertinemment que l'on préfèrera accepter docilement de se faire embrasser les fesses (pour parler poliment) plutôt que revenir à l'âge de pierre et se couper du monde. Oui un peu comme certains employeurs qui n'ont aucun scrupule à exploiter leurs employés fraichement débarqués qui ont tellement peiné à obtenir un emploi qu'ils n'auront pas la force de se révolter de peur de perdre tous les avantages liés (salaire en tête).

Si vous prenez la peine de lire les nouvelles conditions d'utilisation (je vous le recommande, même si ce n'est qu'en partie) vous lirez entre autres que ça implique l'acceptation de tout un tas de choses pas très explicites auxquelles il faudra là encore accéder en détails pour comprendre à quelle sauce on va être mangé et puis il y aussi les partenaires de Microsoft qui vont se faire un plaisir de récupérer vos infos personnelles en sachant que bien sûr chacun d'eux à ses propres conditions d'utilisation. Microsoft en liste une partie, mais pour avoir les autres, faudra prendre le temps de chercher. Vous voyez le tableau.

En fait on peut résumer la stratégie de Microsoft comme celle de n'importe qu'elle entreprise adepte du capitalisme en une phrase : rassurer et décourager. Rassurer dans un premier temps et même flatter le client/consommateur c'est vital. Microsoft n'a rien d'une association humanitaire, mais elle fera tout pour vous en donner l'impression.

Si vous doutez de sa bonne foi par expérience et/ou lucidité et/ou intuition, alors là Microsoft sort l'artillerie lourde : le labyrinthe de la procédure à l'image de la complexité aliénante du processus administratif (admirablement illustré dans Les 12 Travaux d'Astérix) :

Si je dis tout ça ce n'est pas seulement parce que Microsoft annonce implicitement de nouvelles façons de nous soumettre, c'est aussi parce que je viens d'en subir une.

It's a Live, it's surtout a shame !

Inscrit sur le Xbox live (Console Xbox 360), Microsoft m'a gentiment prélevé 6,99 euros début juin pour un abonnement Gold (accès au multijoueur, offres spéciales) que je n'ai absolument pas demandé. Je ne l'ai tellement pas demandé que je ne m'en suis aperçu que maintenant et accidentellement. J'avais profité du Gold offert de mai, mais pas con j'avais pris soin de désactiver le renouvellement automatique afin que ce cadeau ne devienne pas empoisonné (entre ceux qui ne savent pas et ceux qui oublient, Microsoft s'en met plein les poches évidemment pendant ce temps-là en pouvant prétendre très innocemment que c'est seulement de la faute des joueurs).

Mais ce que je ne savais pas c'est que Microsoft n'a pas attendu le mois d'août pour mettre à jour ses conditions d'utilisation du Xbox Live. A savoir qu'il n'est plus possible d'accéder aux paramètres de son compte depuis l'interface de la console, il faut se rendre sur le site Xbox.com (traduit partiellement en français si vous avez de la chance...décourager...décourager...)

A cause d'un souci d'adresse mail (dont je vous épargne les détails), j'ai déjà peiné (c'est un euphémisme) à accéder à mon compte, mais ce fut pour réaliser au final que si j'ai bien réussi à désactiver le renouvellement automatique, je ne peux en aucun cas supprimer le mode de paiement enregistré (qu'on pouvait supprimer très simplement avant depuis l'interface de la console et ce après n'importe quel achat). Désormais si on veut supprimer un mode de paiement, il faut obligatoirement en donner un autre au préalable (si c'est pas de la dictature !) Donc par exemple si je veux éviter que "l'accident se renouvelle" et que mon compte soit débité d'un certain montant (Heureusement qu'ils m'ont pas débité de l'abonnement annuel de 60 euros), et bien je ne peux pas, c'est impossible comme ils disent très clairement (ça au moins c'est explicite).

Vous me direz, vu que le renouvellement automatique est désactivé, pas de souci. Sauf que comme dit précédemment c'est ce que j'avais fait consciencieusement, mais manifestement la mise à jour de leurs nouvelles conditions (que j'ai du signer en allumant simplement ma console) a reboot le système et réactiver "accidentellement" par défaut le renouvellement automatique. C'est ballot, mais c'est surtout du vol qualifié ! Et encore une fois combien vont réaliser tardivement la manoeuvre, remplissant sans le savoir les caisses de Microsoft de la plus vicieuse manière.

Un peu comme votre banque qui vous ajoute de manière totalement illégale et sans le moindre consentement de votre part des services payants de quelques euros. C'est pas grand-chose quelques euros, mais quelques euros multipliés par le nombre de clients...Et qui va s'en apercevoir, et sur ceux qui s'en apercevront combien vont s'en plaindre ? Oui parce que presque toutes les banques le font justement parce que quasiment personne ne dit rien (oui c'est triste, mais nous les encourageons indirectement à poursuivre leurs méfaits). 

Rassurer et décourager...

 

En Lien

Facebook, Oculus Rift, Kickstater et Internet

Le Capitalisme : une prison pour notre esprit

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mardi, 23 juin 2015

Hommage à James Horner [Musiques/Cinéma]

james horner

Chapeau bas l'artiste...ou plutôt casquette puisque c'était son couvre-chef attitré. En tout cas, je te tire la mienne.

James Horner nous a quitté hier, victime d'un crash à bord de son avion. (Je remercie au passage Two Steps from Hell qui m'a appris la nouvelle depuis sa page facebook).

L'un des plus grands compositeur d'Hollywood s'était fait connaître du grand public grâce à Titanic, mais ses fans (dont je fais partie) connaissaient et appréciaient son travail depuis les années 80.

S'il n'a pas toujours su s'affranchir de ses propres références (son grand défaut), il a su toucher tous les genres et avec le temps son répertoire a pu malgré cela considérablement se renouveler.

On le regrettera beaucoup et on écoutera ses oeuvres dorénavant avec encore plus d'émotions, d'autant que le ciné-concert de Titanic à Paris a lieu vendredi prochain. Un sacré hommage en perspective.

Je prévoyais depuis un moment de lui consacrer un Best Of, malheureusement ce sera en cette occasion :

Sans doute l'une de ses plus belles musiques à mes yeux ou plutôt à mes oreilles sinon la plus belle, impossible de ne pas frissonner et de ne pas avoir les yeux qui brillent. Elle a en outre le mérite de rassembler le grandiose, l'angoisse et le burlesque. Mais c'est également la sonorité de cette oeuvre qui va conditionner énormément, tout comme celle de Titanic, ses oeuvres ultérieures. Paresse ? Manque d'inspiration ? Attachement forcené à son propre travail ? Je vous laisse seul juge.

Le répertoire classique a semble-t-il été aussi pour lui une grande source d'inspiration...

 

J'ai un attachement particulier pour cette musique qui ouvre le film L'Homme Bicentenaire avec Robin Williams (décédé tragiquement lui-même l'année dernière). Elle rompt énormément avec les habitudes de Horner et demeure assez unique de ce point de vue. Tout en nuances, elle évolue avec parfois de brusques changement de rythme et semble s'improviser au fur et à mesure, comme animée d'une volonté propre. J'avoue préférer la musique au film et les dissocier naturellement un peu à la manière de Tron Legacy. A noter une deuxième collaboration après Titanic de James avec Céline Dion sur le titre When You looked at me que je préfère largement à My Heart will go on, surestimé à mon goût. Céline l'a d'ailleurs tellement interprété qu'elle a elle-même confessé son désintérêt pour cette chanson.

Méconnus, Krull et sa BO au diapason élèvent pourtant la Fantasy au firmament. James Horner au sommet de son art ! L'album entier est de la même générosité, ce qui est devenu plus rare au fil du temps à mon sens.

Pas d'orchestre, pas de voix, pas de synthé, ce n'est donc sans doute pas cette musique que les spectateurs ont retenu de Titanic et pourtant c'est probablement celle qui sait le mieux restituer l'intimité du film. On aurait bien aimé qu'elle ait sa place au Ciné Musique.

 

Une association avec Terrence Malick sur Le Nouveau Monde est arrivée à point nommé pour refaire le plein d'inspiration après les très décevants Stalingrad et Troie où le compositeur tournait clairement en rond. Thèmes épurés, minimalistes, Horner renoue avec la musique à l'état pur, n'hésitant pas à intégrer des cris d'oiseaux, ce qui va de paire avec la Nature du film.

Le thème principal du film Cocoon conjugue également à merveille...le merveilleux et l'émotion.

 

Il y a plusieurs thèmes d'Avatar que j'aime, mais j'ai choisi celui-ci pour son caractère progressif et son final épique.

 

Pour continuer en matière d'épique, le début de ce thème d'Aliens est d'autant plus emblématique qu'il n'est pas audible dans le film, mais a été étrangement intégré à la fin de Piège de Cristal (le rebondissement final) tourné deux ans après alors que le compositeur est Michael Kamen. 

On lui doit également les musiques des films suivants :

Aliens le retour Avatar Braveheart

CocoonKrull L'Homme bicentenaire Le Masque de Zorro Le Nouveau monde The Amazing Spider-Man Star Trek II : La Colère de KhanTitanic Willow

Si vous aimez, vous aimerez peut-être :

Mon Top 5 John Powell

My Best of Future World Music

Mon Top 5 James Newton Howard

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

jeudi, 18 juin 2015

Half Life 2 [Jeux Vidéo/Critiques]

urlytyjkydty.jpg

Le visage de Gordon Freeman, le héros, qu'on ne verra jamais dans le jeu (Vue subjective oblige) et Alyx, partenaire sur qui il pourra compter aux moments décisifs.

A l'heure où Microsoft vient d'annoncer une rétrocompatibilité des jeux entre 360 et One (c'est pas dommage !), une bonne occasion de revenir sur un titre majeur rétrocompatible entre Xbox et 360.

Half Life 2 a une place très particulière dans mon coeur de gamer puisqu'il s'agit sans doute du premier jeu qui a su véritablement m'immerger dans un univers et m'impressionner par sa dimension cinématographique.

A ce titre, les première minutes demeurent encore pour moi aujourd'hui un modèle d'introduction que je refais à chaque fois avec le même plaisir.

On arrive en train dans la cité 17 comme un anonyme voyageur et les premiers pas dans cette ville suintant le totalitarisme sont aussi frappants que notre capacité à interagir avec les PNJ et les objets dans un jeu qui se présente tout d'abord comme un simple FPS.
Valve annonce très tôt ses ambitions et ce n'est bien entendu qu'un apéritif.

Notre progression est linéaire, puisque le chemin est balisé, mais l'impression de liberté est très présente et les scripts que l'on déclenche ont le don de nous convaincre que les scènes dramatiques auxquelles on assiste ne sont que le fruit du hasard. Tout ceci renforcé par un système de sauvegarde manuel et souple qui permet de reprendre précisément où l'on sait arrêté. Ou l'art de créer subtilement l'illusion d'un monde ouvert...

Il faut dire que ce second épisode a un ingrédient de taille, un directeur artistique de génie en la personne de Viktor Antonov (Dishnored). Les ambiances se suivent sans jamais se ressembler, renouvelant constamment l'intérêt. On a ainsi le sentiment de passer d'un jeu à un autre, d'un FPS nerveux à un Horror Survival  en passant par un jeu de course, ou encore un jeu d'exploration et d'énigmes à la Tomb Raider.

half-life 2,gordon freeman,valve,dystopie,futuriste,anticipation,sf,fps

On peut faire difficilement plus emblématique comme image : le gravity gun couplé à une lame de scie circulaire. Un plaisir jamais épuisé !

Et bien sûr, grâce à l'exploitation remarquable du gameplay et de la physique (révolutionnaire pour l'époque), on expérimente sans cesse les interactions avec les objets et le décor, ce qui annihile complètement l'aspect linéaire de certains niveaux.

La narration est très mise en avant et la mise en scène attractive sans pour autant envahir le jeu (pas comme aujourd'hui). On salue la performance qui a permis d'obtenir un rendu des visages très réaliste. Même aujourd'hui Half Life 2 n'a pas à rougir.

Mais comme aucun jeu n'est parfait, il faut signaler la rigidité des déplacements et des chargements fréquents qui cassent le rythme.

 

 Bonus :

Alyx et le gravity gun en action et en live

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

lundi, 15 juin 2015

Fallout 4 [Jeux Vidéo/Aperçus]

bethesda,fallout 4,post-apo,post-apocalyptique,sf,anticipation,jeux vidéo monde ouvert,open world,rpg,uchronie

L'ambiance de cette image me rappelle pas mal une course-poursuite dans ma fanfic :

Il n'y aura peut-être pas de véhicule terrestre, mais on pourra voyager en vertiptère (de manière scriptée ou libre, la question reste encore ouverte) et même voler puisque l'armure de la Confrérie de l'Acier inclura un jet-pack !!! Une bonne idée en guise de compromis.

La conférence de Bethesda a eu lieu cette nuit aux environs de 4h du mat' avec en prime plusieurs vidéos de gameplay (non traduites) que je vous laisse le soin de (re)découvrir. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'éditeur présente déjà un contenu effarant, propre à combler les fans de la série et les nouveaux-venus amateurs de liberté. En tout cas, ça donne furieusement envie d'être déjà au 15 novembre de cette année, date de sortie du jeu (sauf report). Si possible je publierai des versions sous-titrées pour ne rien rater des explications de Todd Howard.

Le système de création rappelle un peu celui du personnage multi de GTA V dont l'apparence dépendait de celle que l'on choisissait pour les parents et grands-parents.

bethesda,fallout 4,post-apo,post-apocalyptique,sf,anticipation,jeux vidéo monde ouvert,open world,rpg,uchronie

Vous trouvez pas que l'enquêteur a un air de ressemblance avec Todd Howard, producteur et game designer attitré de Bethesda ?

bethesda,fallout 4,post-apo,post-apocalyptique,sf,anticipation,jeux vidéo monde ouvert,open world,rpg,uchronie

 

Le voilà enfin le tant attendu premier trailer officiel de Fallout 4ème du nom et premier opus à débarquer sur new gen. L'univers est ingénieusement mis en scène avec ce parallèle entre les deux époques. Pas de cinématique qui éclate la rétine, pas de graphismes révolutionnaires, mais on ne peut qu'apprécier de voir enfin ce qui semble être de vraies images in-game, reflet de ce qu'on aura sur nos écrans. Pourquoi pas inventer le upgrade graphique et surprendre le joueur par un rendu meilleur qu'annoncé ? Ca changerait des sempiternelles désillusions. (cf Watch_Dogs et très récemment The Witcher III)


 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

samedi, 13 juin 2015

Jurassic World [Cinéma/Critiques]

jurassic world,jurassic park,film dinosaures

Si le film va se vendre facilement aux quatre coins du globe, l'invasion planétaire des dinosaures, elle, n'est pas encore pour tout de suite !

Pour le moins très attendu après un troisième opus plein de bonnes attentions, mais clairement décevant, Jurassic World débarque dans les salles avec la lourde tâche de s'imposer en digne héritier du premier Jurassic Park (toujours la référence) tout en amenant son lot de nouvelles sensations.

Ma critique comporte quelques spoils plus ou moins explicites.

Dès le début, on sent bien que l'ombre du premier film de Spielberg plane sur ce nouveau chapitre. A peine les héros débarqués sur l'île, le thème principal (inoubliable) de John Williams retentit...sauf qu'il est placé maladroitement et que la mise en images ne suit pas. Hum, ça commence mal. Mais quelque part cela peut résumer le film entier qui parvient à s'inscrire dans la lignée de son prédécesseur, mais pas toujours pour les bonnes raisons et un peu trop souvent à la limite du plagiat.

Heureusement, Jurassic World réserve quand même son lot de surprises comme le rôle tenu par les Velociraptors et les spécificités de la nouvelle espèce (dont une provenant directement du roman Le Monde Perdu de Michael Crichton).

jurassic world,jurassic park,film dinosaures

Chris Pratt incarne Owen Grady, l'homme qui murmurait à l'oreille des Raptors. L'acteur devenu bankable suite au succès des Gardiens de la Galaxie joue sans trop de peine de son charisme et nul doute que le succès du film lui devra en partie. En tout cas, un candidat parfait pour reprendre le flambeau d'Harrison Ford dans un nouvel Indiana Jones. Bryce Dallas Howard (Terminator Renaissance), quant à elle, joue les superviseurs rigides devant s'adapter pour faire face à une situation extrême. Convaincante, mais on lui a connu de meilleurs rôles (Le Village).

Après Sam Neil et Jeff Goldblum, c'est au tour de Chris Pratt d'incarner le premier rôle, la sommité en matière de dinos, mais cette fois dans la peau d'un dresseur de raptors ce qui est déjà assez original en soi. Cet aspect est relativement bien exploité, à quelques exceptions près ou le lien frôle le ridicule, les raptors apparaissant à un moment donné trop humanisés dans leur comportement.

Ceux qui avaient aimé le fond et les problématiques soulevés dans JP seront ravis d'apprendre qu'on les retrouve ici sous une autre forme, avec en prime l'armée qui vient mettre son grain de sel. On aurait apprécié par contre quelque chose de moins cliché, d'autant que le personnage campé par Vincent d'Onofrio rappelle beaucoup l'ingénieur incarné par Hugh Jackman dans Chappie.

jurassic world,jurassic park,film dinosaures

Des dinosaures et des enfants, l'addition idéale pour faire frémir le spectateur.

On retrouve également un binôme d'enfants comme dans le premier, sauf qu'ici ce sont deux frères et la relation est basée sur l'aîné veillant sur le plus jeune. Relation peu développée au final et surtout les deux jeunes visiteurs vont rapidement se sortir des pires situations, écourtant hélas des séquences qui auraient pu rester dans les annales au même titre que les attaques du T-Rex dans le 1 et le 2.

Cela dit les frissons et l'adrénaline sont présents, grâce notamment à l'intervention des soldats qui lorgne carrément du côté d'Aliens niveau ambiance, mais en ce qui concerne l'attaque même des visiteurs du parc et le chaos attendu, on restera clairement sur sa faim (comme les dinos du coup). Les visiteurs sont en effet très rapidement exclus du scénario, du coup l'action se concentre uniquement sur quelques protagonistes et l'immensité du parc est réduite à quelques zones filmées en gros plan, nous privant d'une vue d'ensemble (peu d'espèces valorisées et trop peu de nouvelles) et d'une immersion qui étaient pourtant évidentes vu le postulat de départ. Car hormis quelques attractions vite présentées au début et une séquence très réussie avec le Mosasaure, Jurassic World rate l'occasion de se placer facilement en suite directe de Jurassic Park comme le fantasme enfin concrétisé du projet fou de John Hammond. Au lieu du film-catastrophe espéré légitimement, on retrouve le même contexte exploité par Spielberg en moins haletant. Et même la fin emprunte énormément à celle du premier. On pense aussi à King Kong par rapport à quelques éléments emblématiques mis en avant durant le final. De là à ce que le parc Jurassic devienne une nouvelle Skull Island, il n'y a pas des kilomètres...

jurassic world,jurassic park,film dinosaures

Omar Sy (Intouchables) joue l'assistant de Chris Pratt, un rôle plus important que celui de Bishop dans X-Men Days of Future Past, mais ça reste encore de la figuration de luxe. Sans doute un argument supplémentaire pour attirer le public francophile et tester son succès auprès du public américain en attendant de lui offrir un personnage plus consistant.

En voulant semble-t-il respecter au mieux ce qui a fait le succès de Jurassic Park, Jurassic World oublie d'exploiter son propre matériau et malgré des situations inédites et d'excellentes idées, on a le sentiment de ne pas avoir eu l'expérience épique et dramatique qui s'imposait. Sans oublier une 3D (désespérément régressive) dont on se serait une nouvelle fois allègrement passé étant donné qu'elle a le don de flouter les images dès qu'il y a un peu trop de mouvements à l'écran.

 

Un parc d'attraction qui tourne au fiasco, un terrifiant prédateur livré à lui-même, de la 3D, tout cela ne vous rappelle-t-il pas un autre film ?

 

En Lien

3D Ciné/3D Télé : le Jour et la Nuit !

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

lundi, 08 juin 2015

Le Capitalisme, une prison pour notre esprit ! [Société]

capitalisme,société de consommation

Le plus dur ce n'est pas de sauver le monde,

le plus dur c'est de sauver le monde contre lui-même.

matrix capitalisme,anti-capitalisme,capitalisme,société de consommation,dictature de l'argent

Si seulement on portait tous ces lunettes pour avoir la révélation. Mais ce ne serait pas encore assez...

Remplacez la Matrice par le Capitalisme et Matrix devient un saisissant docu-fiction. Et une question se pose alors : avons-nous jamais été libres ?

 

En Lien

Societé Aveugle

Une Cage Dorée

Best of Tyler Durden

 Le monde entier est alcoolique

Extrait de l'album "Pêcheur de Pierres", un album qui m'est cher car à la base de mon inspiration pour des textes plus engagés.

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air
 

dimanche, 07 juin 2015

Matrix Trilogy/Session par Linkin Park [vidéos/Clips]

Session est un de mes morceaux préférés de Linkin Park, qui a la particularité d'être sans voix, et j'ai toujours regretté qu'il n'ait pas davantage été exploité dans Matrix Reloaded (on n'en entend qu'un extrait durant le générique de fin :-( Visiblement je ne suis pas le seul, en atteste ce clip en hommage à la trilogie des Wachowski (Cloud Atlas) que je suis à même de savourer.

En Lien

matrix trilogie,session linkin park

Une illustration que j'avais faite à l'époque du film et qui montre bien ma frustration. Mais la frustration est une bonne source d'inspiration, il faut dire ce qui est.

 matrix,x-men,neo,agentsmith,trinity,morpheus,wolverine,comics,s-f,futuriste,anticipation,fantastique,fanfic,crossover,super-héros

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

dimanche, 31 mai 2015

Chappie [Cinéma/Critiques]

chappie film,cinéma sf,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Le chaînon manquant entre Short Circuit, le Géant de Fer et Robocop

Après la déception Elysium, on ne savait pas trop si Neil Blompkamp allait rebondir ou au contraire s'enliser davantage. Il faut dire que l'auteur de District 9 nous avait donné beaucoup d'espoir sur son devenir de cinéaste avec une maîtrise et des ambitions qui semblaient le porter comme le porte-étendard du renouveau de la SF et du Fantastique tel un digne héritier du cinéma de genre des années 80.

Le moins qu'on puisse dire c'est que le début ne rassure pas du tout : même intro que District 9 sous des allures de documentaire, même portrait de Johannesburg et de sa criminalité galopante, même contexte initial que le reboot de Robocop.

Heureusement cela ne dure que quelques minutes, comme si Blomkamp comprenait qu'il fallait qu'il s'affranchisse enfin de son propre référentiel afin de ne pas s'y enfermer.

chappie film,cinéma sf,anticipation,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Les deux ingénieurs vont se livrer une guerre sans merci. Daeon (Dav Patel/Slumdog Millionnaire) est le créateur des Scouts, des robots tels que Chappie qui soutiennent les forces de police sur le terrain au grand dam de Vincent (Hugh Jackman/Prisoners) condamné à rester dans l'ombre, lui et son projet martial. Daeon voit beaucoup plus loin en terme d'Intelligence Artificielle qu'un simple renfort policier, ce qui ne fera que renforcer la rivalité entre les deux hommes. S'il peut faire rire avec sa coupe mulet des 80's, Vincent se révèle aussi siphonné que son budget. Hugh Jackman avait déjà tâté du robot avec le très enfantin Real Steel. Dans Chappie il en profite pour casser son image de bon samaritain et ça lui va bien aussi. Entre les histoires de robots, de conscience et le look de l'Original (le robot de Vincent rappelle ed209) impossible de ne pas penser à Robocop 1 & 2.  On peut d'ailleurs dire que d'un point de vue narratif Chappie est un Robocop inversé. On a compris en tout cas que depuis District 9  Blomkemp est un grand fan de robotique, Chappie était de ce fait presque inévitable.

La manière dont se télescopent le destin et les ambitions des différents protagonistes est bien pensée, relançant constamment l'intérêt de l'intrigue et amenant malicieusement le scénario à son paroxysme.

Parce que Chappie se comporte comme un enfant, la réaction de son entourage va radicalement changer.

chappie film,cinéma sf,anticipation,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Ninja (à gauche) voit en Chappie une recrue de choix pour ses futurs délits. Mais pour parvenir à ses fins, il lui faudra étouffer la moralité inculquée par son créateur et l'affection de sa mère adoptive (ci-dessous).

chappie film,cinéma sf,anticipation,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Yo-Landi, une sorte de croisement entre les personnages de Rosanna Arquette (Jody) et d'Amanda Plummer (Yolanda) dans Pulp Fiction. Yo-Landi va découvrir sa sensibilité maternelle au contact de Chappie, ce qui, bien entendu, ira à l'encontre des ambitions de Ninja. A noter que les deux comédiens forment dans le vie le groupe Die Antwoord sous les mêmes pseudonymes.

A ce titre voir les gangsters faire l'éducation de Chappie se classe sans problème parmi les meilleures séquences. Chacun tentant d'en faire un héritier à son image, révélant son humanité, sa nature, la meilleure comme la pire.

Mais parce qu'il est innocent et qu'il a tout à apprendre, Chappie va finir inévitablement par susciter la convoitise et devenir l'instrument d'une bataille, une véritable poule aux oeuf d'or, chacun projetant sur lui ses fantasmes, ses espoirs.

chappie film,cinéma sf,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Comme l'a si bien dit James Dean : "les animaux vous acceptent ou non, mais jamais ils ne vous jugent." Chappie est admirablement mis en scène. Techniquement et visuellement c'est aussi léché et abouti que les deux autres films de Blomkamp. C'est l'acteur Sharlto Copley (Maléfique/héros de District 9, méchant de Elysium et incarnation de Looping dans la version ciné d'Agence Tous Risques) qui a prêté sa gestuelle au robot. Ce n'est pas la traditionnelle motion capture qui a été utilisée. Sharlto était physiquement en présence des autres comédiens sur le tournage, il a été remplacé par la suite par son avatar numérique.

Au départ relativement simple, le film va s'intensifier progressivement en combinant les accents d'une comédie et ceux d'un drame profondément humain.

On ne peut nier une évidente parenté avec District 9, Chappie faisant parfois écho à Wikus dans sa solitude née conjointement de sa nature bâtarde et des enjeux opposés qu'il représente.

Mais malgré cela, le réalisateur parvient à surprendre et à se renouveler brillamment grâce à une dernière partie où émotion et métaphysique subliment les personnages et le récit lui conférant une grande originalité et lui donnant une ouverture insoupçonnée.

chappie film,cinéma sf,anticipation,robots,futuriste,cyborgs,androïdes

Vincent va harceler Michelle Bradley, la patronne des entreprises Tetravaal, afin qu'elle autorise le lancement de son projet et profitera pour ce faire de toutes les opportunités quitte à les provoquer directement. A l'instar de Jodie Foster dans Elysium, on sent que Sigourney Weaver (Avatar) est là surtout pour séduire les producteurs et les cinéphiles. A noter que Blomkamp travaille actuellement sur un Alien 5 (se situant entre Aliens et Alien 3) pour lequel la star se montre déjà très enthousiaste.

On pourra tiquer sur la crédibilité du rebondissement final tout comme on pourra trouver que l'épilogue, à l'instar de District 9, nous laisse sur notre faim, (une suite est très envisageable là aussi), mais au final cette relative frustration est par là même la source d'un égal plaisir. Croisement atypique, mélange étonnant et détonant de genres, de styles et de références, Chappie est un film mutant à découvrir d'urgence pour tout amateur de fantastique et d'anticipation.

Non seulement Blomkemp nous fait totalement oublier la douche froide Elysium, mais il inscrit ce troisième film sur la première marche du podium de sa filmo grâce à la richesse de sa thématique.

Le plus dur sera de poursuivre sur la même voie en ne répétant pas la même erreur que dans le passé. Wait and see !

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Short CircuitLe Géant de fer

RobocopRoboCop

RoboCop 2L'Homme bicentenaire 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

samedi, 30 mai 2015

Kung Fury [Vidéos/Court-métrages]

Une fois n'est pas coutume, le travail d'une équipe de passionnés explose le cinéma d'Hollywood dans tous les sens du terme.  Dialogues, musique et mise en scène, rien n'est laissé au hasard, ça déborde d'humour et d'imagination. Totalement jouissif !!!

En Lien

kung fury,années 80 parodie,sf années 80,sf,humour

A l'époque de Far Cry 3, Ubisoft nous avait déjà offert un pastiche en jeu vidéo bien délire dans le même esprit  et qui a marqué les nôtres. La guest n'était pas David Hasselhoff, mais Michael Biehn (Terminator, Aliens) qui prête sa voix au héros.

 

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mercredi, 27 mai 2015

Furiosa [Fanfics/Cinéma]

mad max fury road,mad max fanfic,fury road fanfic,furiosa fanfic

 

1. Il n’y a pas qu’en enfer que l’on brûle

 

Elle avait suivi le troupeau, malgré elle. Orpheline comme tant d’autres, elle avait décidé avec quelques seniors de quitter la communauté de DryHope devenue trop nombreuse pour en rejoindre un autre, une nouvelle, qui selon une rumeur était en train de s’installer du côté de RedBridge.

Dans un autre temps, porter crédit à une source aussi fiable aurait prêté à rire.

Mais dans le wasteland, où les moyens de communication se limitaient au bouche à oreille, une rumeur était comme une explosion au cœur de la nuit. Impossible de l'ignorer.

Deux voitures et quelques bagages. Les chances de se faire repérer et prendre en chasse par des gangs étaient modérées. Ce qui signifiait optimales. Ils n’avaient qu’à tracer. Les pauses seraient courtes.

Elle regardait la paysage défiler. Paysage était bien entendu exagéré pour qualifier le désert qui les entourait de toutes parts. Mais c’était tout ce qu’elle connaissait.

Elle ne vit pas arriver le danger, pas plus que les autres. Avant même de réaliser ce qui leur arrivait, la voiture avait déjà décollé de la route et enchaîné les tonneaux pour finir par s’immobiliser, en piteux état. L’autre véhicule eut un sort plus enviable. Le réservoir fut touché et il explosa immédiatement.

Elle retrouva rapidement ses esprits. Le goût de son sang lui emplissait la bouche, un goût de rouille, comme si le sang depuis toujours avait su mieux que les hommes que le métal serait tout ce qui leur resterait un jour. Certains en étaient venus à l’adorer comme un dieu sous toutes ses formes : véhicules, armes, jusqu’aux boucles de ceinture. Le moindre rivet pouvait devenir une fortune entre les mains d’un expert.

Nail fut le premier à s’approcher de la carcasse. Pas le plus dangereux, juste le plus curieux. Il était déjà à l’œuvre, remplissant son caddie, récupérant ce qui pouvait l’être et chez un mécano comme lui quasiment tout était récupérable.

LittleRat le repoussa pour s’inquiéter du sort des occupants. Tous morts sauf un qui émergeait doucement. Il sourit. Une excellente prise. Le chef était derrière eux, il avait juste le temps d’en profiter. Il sortit la survivante et sans cérémonie la jeta au sol, histoire de la laisser dans les vaps. Puis à grands coups de lame, il déchira ses vêtements. Malgré son état, elle cria et se débattit quand même. Par pur réflexe, car elle savait très bien qu’elle ne pourrait pas s’opposer à son destin.  Ca ne fit que l'exciter davantage.

Tandis que le sauvage s’appuyait lourdement sur son corps comme pour tenter de rentrer entièrement en elle, comme elle subissait l’un après l’autre la violence de ses assauts de brute écervelée, elle espéra qu’un guerrier de la route solitaire viendrait à son secours, qu’il la délivrerait, qu’il la vengerait, qu’il lui prouverait qu’il subsistait encore une once de justice. Lorsqu’Immortan Joe s’approcha, elle crut un bref instant que son sauveur avait entendu ses prières. Mais en découvrant sa longue crinière blanche et surtout son masque respiratoire rehaussé d’une sinistre bouche de métal, elle sut que le Diable lui-même venait contempler son oeuvre.

D’une poigne de fer il arracha sous sous-fifre à son plaisir avant de planter ses yeux dans ceux de sa victime. Ce qu’Immortan Joe y vit le mit dans une fureur sans nom.

- Elle était vierge !

Du talon de sa botte il écrasa le pénis du sauvage qui hurla à s’en exploser les poumons.

Dans le langage des gangs, une femme vierge était une femme qui n’avait jamais été violée. Peu importait si elle avait déjà couchait avec un homme. Pour eux, ça ne comptait pas.

- C’est moi qui baptise, personne d’autre. Tu le sais !

Recevoir la semence d’Immortan Joe était un honneur. Enfin c’est ce dont Immortan Joe était convaincu.

- Tu m’as volé.

Il porta une main à sa nuque, la seconde d’après il arborait une hache à double tranchant d’un genre très spécial. Le manche était un port d’échappement. Il faisait aussi office d’arme à feu. Fabriqué de main de maître par Nail lui-même, toujours très fier de ses créations surtout quand le chef lui-même s’en servait.

Dans le wasteland, seuls les fous survivaient. Cela incluait les bricoleurs de génie, les rois du recyclage. Comme Nail. Il était sec comme un clou, mais on l’avait surnommé ainsi pour sa faculté à modifier tout et n’importe quoi. Sans cela il n’aurait pas fait de vieux os.

La hache trancha les membres de LittleRat un par un avant de le décapiter.

Sa besogne accomplie, Immortan Joe souleva la femme d’une main et l’obligea à rouvrir les yeux d’une simple claque.

- Ce n’est pas parce que le monde est devenu un enfer qu’il ne faut pas le mériter.

A ces mots, il ôta son masque. Elle porta aussitôt une main à sa bouche.

Il la laissa tomber et elle en profita pour vomir tripes et boyaux.

Nail comprit que son chef la laisserait en vie et qu’ils n’allaient pas s’éterniser. Il le toisa au comble de l’excitation. Il connaissait le rituel par cœur.

- Je lui laisse une arme ?

Elle était tellement sonnée par le traitement qu’elle venait de subir qu’Immortan Joe l’attacha sans peine à la carcasse flambante avec un bracelet de menotte. Le bras gauche seulement.

- Si tu as de la chance, tu auras cinq minutes avant que cette bagnole n’explose.

Il fit un signe de la tête à l’adresse de Nail qui déposa avec soin une hache d’incendie auprès de la femme sans omettre de lui dédier son plus beau sourire édenté.

Son chef ajouta de sa voix d’outre-tombe :

- Tu me retrouveras si tu as suffisamment envie de vivre. Et tu survivras si ta soif de vengeance est assez forte. Car la vengeance, ma belle, c’est tout ce qui te reste, désormais. J’ai déjà hâte de te revoir. Métamorphosée, grâce à moi. Ressuscitée.

Oui il se prenait vraiment pour Dieu-le Père.

Elle aurait voulu lui cracher au visage, mais elle n’avait plus de salive. De force encore moins.

Les deux hommes disparurent dans un énorme vrombissement de moteur et un nuage de poussière aussi volumineux.

 

La voiture n’explosa pas. Mais elle réalisa bientôt que c’était un bien pour un mal.

La nuit tombait déjà. Froide, aussi froide que la journée était brûlante.

Les premiers prédateurs firent entendre leur plainte. Pas des hurlements, pas des grognements, juste des gémissements plaintifs. Mais c’était justement ça qui était terrifiant. Comme s’ils se moquaient de leurs futures victimes en mimant leur peur. Ils étaient tout prêts.

Elle allait devoir rapidement prendre une décision.

Dans d’autres circonstances, elle se serait laissée dévorer. L’instinct de survie lui aurait tout juste permis d’affronter l’arrivée des molosses, la gueule écumante. Mais sa rencontre avec Immortan Joe avait tout changé. Oui, il avait fait d’elle une arme vivante. Elle pouvait sentir un feu brûler en elle. Le feu de la colère, le brasier de la vengeance. Et tout ce qu’elle devrait affronter ne ferait que souffler sur les braises, ajoutant des munitions flambant neuves dans le barillet de son coeur en fusion.

Elle poussa un cri, un râle d’agonie, avant de se sectionner la main à hauteur du poignet.

Les bêtes comprirent que c’était le moment où jamais de passer à l’attaque.

En même temps qu’elle s’était coupé la main toute raison l’avait quitté.

Elle eut tout juste le temps de se confectionner un pansement de fortune. La douleur aurait dû être insupportable, mais elle n'eut pas le luxe de vérifier à quel point.

Brandissant la hache, elle taillada les bêtes se jetant sur elle, des bêtes qui, dans le chaos indescriptible de cette lutte,  enivrées par l’odeur du sang frais, ressemblaient à un croisement entre une hyène et un alligator. Il y en avait quatre. Aucune ne réchappa au massacre.

En contemplant les cadavres à ses pieds, elle comprit que tuer ainsi venait de la remplir de la vie qu’elle avait perdue. Comme une transfusion contre-nature.

- Furiosa.

Elle avait parlé à voix haute. Son premier mot depuis qu’elle avait quitté DryHope.

Elle ne sut pas pourquoi elle avait dit ça. Elle sut simplement qu’elle venait de se trouver un nouveau nom. Un nouveau nom pour assumer sa nouvelle vie.

Elle n'avait pas envie de vivre. Juste besoin de se venger.

mad max fury road,mad max fanfic,fury road fanfic,furiosa fanfic,post-apocalyptique

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mardi, 26 mai 2015

Mad Max : Fury Road [Cinéma/Critiques]

mad max,fury road,post-apo,post-apocalyptique,futuriste

La bonne nouvelle : Charlize Theron est dans le film et elle crève l'écran. La mauvaise : ce n'est pas elle Max. Une petite crête de punk lui aurait été comme un gant !

Moteur bridé, pneus crevés  !!!

Le film commence par une voix off de Max qui d'emblée ne colle pas avec le personnage. Puis des visions au cours de son évasion pour introduire le spectateur dans son esprit torturé. Sauf que ça ne fonctionne pas. Un petit avant-goût de la suite ?

En voyant le poids lourd caparaçonné prendre le large rapidement assailli par un essaim de fous furieux du volant, on pense immédiatement à la course-poursuite qui clôturait de manière spectaculaire le 2ème opus de la saga. Mais l'hommage prend une tournure plus discutable lorsqu'on réalise que la première moitié du film n'est ni plus ni moins qu'une resucée de la séquence finale de Mad Max 2, une sorte de version longue.

Mad-Max-Fury-Road-George-Miller-s-explique-sur-le-masque-terrifiant-d-Immortan-Joe_portrait_w532.jpg

Le masque en jette, on en dira hélas pas autant du reste de Immortan Joe.

Malheureusement il n'y a pas que ça qui dérange. Puisque George Miller nous ressert la même sauce pour la dernière demi-heure avec entre les deux quasiment rien à se mettre sous la dent.

Le méchant qu'on espérait aussi charismatique que son masque n'est pas la hauteur et Tom Hardy quant à lui est vite relégué à un simple faire-valoir, transparent, insipide pour ne pas dire carrément inutile. Pas de quoi faire de l'ombre à Mel Gibson, loin de là.

mad max,fury road

Tom Hardy (Inception) se prendrait-il  encore pour Bane (The Dark Knight Rises) ? En tout cas, il plombe toujours autant l'intérêt et ce n'est pas le canon scié qui change la donne. Faudrait pas que ça devienne une habitude !

mad max,fury road

Y a comme une parenté entre Imperator Furioza et la Helen Ripley de Alien 3. Même physique, même combativité, même fragilité. Après Aeon Flux et Prometheus, Charlize Theron poursuit sa carrière au rayon SF. De plus en plus incontournable !

mad max,fury road

On en dira pas autant de Imperator Furiosa, campée par une Charlize Theron (Blanche-Neige et le Chasseur) très à son aise. En la voyant se battre comme une lionne contre les hommes et les éléments, une évidence nous frappe et on a dès lors qu'une seule question en tête qui ne nous quittera plus : Pourquoi Miller n'en a-t-il pas fait sa seule véritable héroïne, un Mad Max au féminin ? Parce que la plus grande folie c'est bien elle qui la commet et ce, dès le début, en privant Immortan Joe de la crème de son harem, ses plus belles reproductrices destinées à lui donner l'héritier parfait, sain de corps et d'esprit.

mad max,fury road

Encore une tête de zombie pour Nicholas !

Le clan des Warboys est intéressant avec ses castes et ses codes, et voir Nicholas Hoult (X-Men : Le Commencement, Warm Bodies) jouer les albinos cinglés est sans aucun doute l'une des (trop rares) bonnes surprises du film.

Autre coup de génie : les véhicules qui ont fait l'objet d'un soin particulier. Leur design inspiré, croisement parfois improbable de plusieurs modèles, impressionne constamment, que ce soit par leur taille ou leur visuel défiant l'imagination; De véritables monstres, des personnages à part entière qu'on a grand plaisir à voir évoluer dans ce désert sans fin où la poussière et les flammes jaillissent comme pour lui donner vie. Pour autant l'action et la violence attendues demeurent désespérément sages à l'exception de quelques cascades audacieuses et plans décoiffants. Car dès que la mise en scène semble enfin prendre son envol, elle retombe aussi sec, comme si Miller n'avait jamais eu le cran d'enclencher la vitesse supérieure. On attend fébrile, on espère un revirement, mais il faut se rendre à l'évidence : la folie promise n'est pas au rendez-vous. 

mad max,fury road,post-apo,post-apocalyptique,futuriste,sf

L'une des cascades les plus mémorables du film. George Miller affirme avoir eu très peu recours aux effets numériques, privilégiant l'action en live avec un max de sécurité.

mad max,fury road,post-apo,post-apocalyptique,futuriste,sf

Le Joker se tape l'incruste :-)

On se consolera comme on pourra en revisionnant (une énième fois) Mad Max 2 (décidément indétrônable) et en attendant l'adaptation vidéo-ludique concoctée par les créateurs de Just Cause 1 & 2. Ou bien en revoyant ce trailer qui s'impose comme une bien meilleure alternative aussi courte soit-elle, sublimé par le Dies Irae de Verdi :

Avec aussi Zöe Kravitz (Good Kill, X-Men : Le Commencement).

Marrant ça fait un moment que je me dis justement qu'une extension post-apo pour GTA V serait vraiment géniale !

mad max,fury road

Je verrais assez bien Pink aussi en guerrière du futur, elle qui avait incarné une gladiatrice dans un spot pour Pepsi et qui, curieusement, n'a pas encore été associée à un film de genre digne de ce nom. Pour l'anecdote, elle a prêté sa voix à un personnage de Happy feet 2 (Gloria), un film d'animation réalisé par...George Miller ! Tout est possible donc !

 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Mad Max 2  WaterworldDoomsday

pas d'image pas d'image Brütal Legend

mad max fury road,mad max fanfic,fury road fanfic,furiosa fanfic

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

lundi, 25 mai 2015

Les Tortues Ninja [Cinéma/Critiques]

 ACH003586489.1419926436.580x580.jpg

New York va encore morfler pour changer !

Nourries à la culture geek autant qu'aux pizzas, les Tortues Ninja nouvelle génération ont débarqué au cinéma en 2014. Pour le meilleur (pas forcément) et pour le rire (ça c'est certain !)

urlkug.jpg

Non ce n'est pas Hulk qui se trouve à la gauche de Megan Fox !

Si leur aspect massif peut déplaire et à raison, on s'y fait et on s'y fait d'autant plus vite que les quatre bougres ont de la personnalité et les effets spéciaux de qualité leur donne vie autant qu'il est possible. On s'attache vite à ces ados mutants, complices, parfois dans le conflit, mais toujours les premiers pour détendre l'atmosphère. Car l'humour fuse très régulièrement et les gags s'ils ne volent pas toujours haut ont le mérite de faire mouche sans qu'on s'y attende.

ninja-turtles-photo-534410451557a.jpg

Il n'y a pas que la morphologie des Tortues qui est discutable. Un fan a bien illustré cet aspect en collant les visages emblématiques des héros sur leur version finale. Et vous, vous préférez laquelle ?

Megan Fox, quant à elle, ne se sera pas passé longtemps de Michael Bay (The Island). Après avoir décliné Tranformers 3, la voilà de nouveau dans un numéro assez classique de bimbo en détresse qui court et qui crie heureusement enrichi par l'incrédulité qu'elle génère autour d'elle et son lien privilégié avec les héros. En attendant un rôle qui lui permettra enfin de se révéler vraiment.

Les-Tortues-Ninja-Shredder-pointe-le-bout-de-ses-griffes-e1403102611786.jpg

Voilà ce que donne un croisement entre un samouraï et un couteau-suisse !

Michael Bay (à la production) oblige, Shredder ressemble plus à un Transformer qu'à un samouraï en armure. On a droit à également à moult ralentis et des séquences d'action complètement abracadabrantes (le camion, la tour). On aurait évidemment préféré à la place plus de combats chorégraphiés contre les Foots, du coup comme quasiment dans chaque blockbuster on gagne malheureusement en spectaculaire ce qu'on perd en inventivité. C'est d'autant plus regrettable que les Tortues bénéficient d'une excellente animation.

urljfgj.jpg

Le design de Splinter laisse aussi à désirer. Son côté vieillissant est clairement passé à la trappe. C'est pourtant ce qui le caractérisait. Une bonne excuse pour un paquet de suites ?

Le scénario, plutôt expéditif, donne une nouvelle explication à l'origine des Tortues qui servira de fil conducteur. Une occasion de plus pour les fans de la première heure de crier à la trahison.

Mais pour peu qu'on ne soit pas trop habité par la nostalgie,  on passe un bon moment, on s'amuse comme quand on regardait le dessin animé plus jeune. Ni plus, ni moins.

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

vendredi, 22 mai 2015

Interdiction de jeter les invendus alimentaires [Société]

C'est voté depuis hier soir. Les moyennes et grandes surfaces devront désormais distribuer leurs invendus aux associations ou les recycler. Quand on voit le gaspillage notamment pendant les fêtes alors qu'on croise des gens dans la rue qui n'ont pas à manger, ça réchauffe le coeur. Reste à faire le suivi sur le terrain pour que tous les acteurs aient les meilleurs conditions pour appliquer cette nouvelle loi et qu'individuellement nous fassions, nous aussi, un gros effort dans le même sens, y a pas de raison.

 

Article complet : ICI

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

samedi, 16 mai 2015

La dernière fée [Nouvelles]

La dernière fée

 

Je l’appelais ma petite fée.

Elle m’appelait son petit prince.

Tous les matins j’allais à la chasse. Et tous les midis je rentrais pour déguster le savoureux repas qu’elle avait pris le soin de nous concocter. En retour, je lui lisais les poèmes qu’elle et la nature m’avaient inspirés conjointement durant mon périple forestier.

Bien sûr la chasse était un terme ironique, puisqu’en réalité je ne faisais que capturer les rimes soufflées par la beauté des paysages et l’image de celle qui partageait mon existence depuis quelques mois déjà.

On était heureux et on ne s’en lassait pas. Comme si nous nous rappelions constamment sans jamais l’évoquer la dureté de notre passé. Nous méritions cette vie tout comme nous nous méritions l’un l’autre.

Je glissais une plume d’oiseau dans l’or de ses cheveux et j’eus droit à son regard le plus enjôleur. Je n’avais jamais vu des yeux comme les siens. Ils semblaient refléter la lumière alentours si bien que leur couleur pouvait varier du tout au tout. Mais la fascination qu’ils exerçaient sur moi était invariable.

Elle m’avait regardé ainsi des centaines de fois au bas mot, mais ce jour-là je sentis que le moment que nous attendions impatiemment tous les deux allait avoir lieu : la nuit de notre union véritable.

Nous la préparâmes longuement et tendrement à grands renforts de caresses, de mots doux, d’attentions diverses. Ce fut un jeu dans lequel nous excellâmes au-delà de nos propres attentes.

Si bien que le soir quand nous nous mîmes au lit, nos corps furent naturellement les réceptacles de notre amour et de nos désirs les plus intimes. Dans nos étreintes passionnées, c’est à peine si je prêtais attention aux cicatrices de ces omoplates dont elle avait toujours tu l’origine. Un mystère entier que j’avais toujours respecté. Elle ne m’en aimait que davantage et c’était une récompense suffisante pour ne rien y changer. Tandis qu’elle me comblait de bonheur je fus à même d’apprécier à sa juste valeur sa reconnaissance.

 

Je fus éveillé avant elle. Je soufflai tendrement sur sa nuque. Elle dormait encore profondément. Je choisis de ne pas la réveiller et de partir à la chasse. J’étais encore enivré de notre nuit de noces.

Je partis en sifflotant, les oiseaux croisés sur ma route faisant écho à mon chant joyeux.

La nature elle–même semblait comprendre et louer ma béatitude. L’inspiration me vint encore plus facilement que de coutume et ma gibecière se remplit en un rien de temps de poésies dédiées à ma moitié. L’encre finit par me manquer et j’écourtais ma balade à seule fin de pouvoir me réapprovisionner.

 

Je rentrais plut tôt que d’habitude, mais je fus surpris de ne pas trouver ma petite fée occupée aux fourneaux. Peut-être s’apprêtait-elle encore, désireuse de m’apparaître encore plus belle qu’avant, à compter que cela fut possible. 

Je déposais mon équipement sur la table vierge de toute préparation culinaire et explorer notre gentilhommière, le cœur battant, comme étreint par…par un terrible présage. Mon visage se crispa, je m’en aperçus sans vraiment en saisir la cause. Le soleil semblait s’être tout à coup retiré et une ombre froide et étouffante était soudainement descendue sur la maisonnée.

Je sus intuitivement qu’elle était toujours dans la chambre, toujours endormie et je pus le vérifier rapidement. Mais pourquoi une telle angoisse, dans ce cas ? Elle était exactement dans la même position que quand je l’avais quittée quelques heures plus tôt. A cela près que sa peau semblait avoir perdu l’éclat rayonnant qui la caractérisait. L’ombre semblait peser sur elle plus que sur toute autre chose. Je tendais une main tremblante dans sa direction. Je caressais ses longs cheveux d’or maintenant éteints. Ils me restèrent dans les mains. Son corps glissa alors du lit et je poussai un cri déchirant en découvrant ce qu’il m’était forcé de reconnaître comme un cadavre pourrissant.

Une main se plaqua sur ma bouche et une force irrésistible m’emporta à l’extérieur de la demeure. Le souffle coupé je tombais à genoux une fois libéré de la formidable poigne de l’inconnu. Je redressais la tête avec un air ahuri.

Un homme aux allures de sauvage, bâti comme un lion aux muscles saillants et à la longue chevelure d’ébène me toisait avec un inquiétant mélange de mépris et d’admiration. Il portait une large épée ceinte à la taille. Ses nombreuses cicatrices témoignaient d’une existence pour le moins mouvementée.

- Il faut la brûler tout de suite.

Je ne compris pas immédiatement qu’il ne s’adressait pas à moi, mais à un autre personnage resté dans la maison. Mais je ne devinais que trop bien leurs intentions. Et je ne pouvais pas, au nom de mon amour, les laisser commettre un tel forfait sous mes yeux sans je fasse rien pour les en empêcher.

Je me levais, les poings serrés, l’air mauvais. Un simple coup de pied émoussa en un instant ma volonté la plus farouche.

- Laisse tomber, cul-terreux. C’est ce qu’il y a de mieux à faire. T’as déjà fait assez de mal comme ça. Enfin, elle t’a bien aidé, j’imagine.

Cette fois, le barbare s’adressait bel et bien à moi. Mais pour ce qui était de comprendre le sens de ses paroles, c’était autre chose. Mon expression traduisit assez bien ma stupéfaction.

Cela le fit sourire.

- T’as baisé une fée, mon gars. Et la dernière en plus. Tu sais ce que ça veut dire ?

- Quoi ?

Mon esprit était embrumé. Je vivais un vrai cauchemar qui ne paraissait pas vouloir finir. Bien au contraire. Je sus que ce n’était que le début de mes tourments lorsque la gentilhommière fut la proie des flammes et que l’auteur de cette sauvage incinération vint rejoindre son acolyte.

Il n’avait pas ses manières rustres, en cela il était son parfait opposé. Elégant, gracieux même, son visage avait une beauté androgyne. Je remarquai avec un hoquet de surprise ses deux oreilles terminées en pointe. Il me fixa à son tour avec espièglerie.

- Le mal n’est pas venu d’une armée d’orcs ou d’un sorcier maléfique. Les temps changent, semble-t-il.

On venait de me priver de l’amour de ma vie, de ma vie-même et ces deux personnages semblaient rire de mon malheur. C’était insupportable.  Ignorant un probable second coup de pied, je me redressai et hurlai :

- Allez-vous me dire  qui vous êtes et ce qui m’arrive ?

L’elfe ouvrit de grand s yeux avant de se tourner vers son compagnon :

- Tu ne lui as rien dit ?

- Si, j’ai même été très clair. Les métaphores c’est pas mon truc. J’ai déjà eu du mal à retenir le mot…

A nouveau ce sentiment d’être le dindon de la farce.

- Il a l’air vraiment innocent, fit l’autre. Tu me diras, comment approcher une fée autrement.

Le barbare s’esclaffa avec exagération.

- Tu appelle ça approcher ? Il l’a culbuté, oui, et pas qu’un peu.

- Quoi ? Tu as tenu la chandelle, peut-être.

- Si on avait pris mon chemin, ça aurait pu se faire je te signale et on serait peut-être pas autant dans la merde.   

- Un peu tard pour pleurer.

Là c’était sans doute de moi qu’il parlait. La tristesse me tomba dessus sans crier gare. Ma colère ne pouvant apaiser ma douleur, mes yeux versèrent des cascades de larmes à en noyer un troupeau de vaches.

- Et arrête ça tout de suite tu veux.

L’elfe se moqua ouvertement du barbare.

- Dis plutôt que tu es jaloux car tu n’avais jamais su t’émouvoir.

- Vrai et c’est pourquoi je suis toujours debout pour le dire, espèce de danseuse !

Il balança son poing vers l’elfe, mais celui-ci esquiva avec une pirouette de son crû.

- Encore raté !

La seconde d’après il reçut une pointe de botte dans l’estomac qui lui coupa l’envie de renchérir.

Le corps aussi endolori que si j’avais dévalé une falaise, je rampai gauchement vers la gentilhommière en flammes.

L’elfe me désigna du menton.

L’intéressé grogna avant de m’empoigner rudement par le col.

Avant de réaliser ce qui m’arrivait, je me retrouvais sur la croupe d’un cheval, derrière le sauvage et nous partions au galop laissant ma vie se consumer dans la plus totale indifférence.

J’entendis l’elfe élever la voix pour couvrir le tumulte de notre cavalcade :

- Si tu as quelques mots à dire c’est maintenant ou jamais.

Ils me vinrent naturellement. Et je me remis à pleurer en les prononçant :

- Je l’appelais ma petite fée. Elle m’appelait son petit prince.

Ils n’entendirent rien et ce fut sûrement mieux ainsi.

 

Pressentant que le voyage allait être long et monotone, j’ai tenté de m’assoupir. Mes yeux se sont fermés, mais pour ce qui est du sommeil, ce n’en fut que l’ombre. Son visage angélique et la découverte de son cadavre ne cessaient de me hanter. Je sortis épuisé de cette lutte.

Nous ralentîmes. Le jour tombait et comme indifférent à la nature tragique des évènements, le soleil m’offrit son plus beau coucher.  Je retenais mes larmes de crainte de faire l’objet de nouvelles railleries.

Nous finîmes par nous arrêter près d’un vieil arbre racorni qui semblait veiller sur la plaine tel un vigile séculaire. Je ne sentais plus mon postérieur, mais je m’assis quand même contre le tronc.

Experts en campements de fortune, les deux compères firent un feu avec de la mousse et quelques branches mortes glanées à proximité. Je les regardais, totalement détaché, comme perdu entre deux mondes desquels je me sentais dissocié.

Ou plutôt qui m’effrayait autant l’un que l’autre.

L’elfe déposa la carcasse d’un herbivore. Il en retira une flèche aussi belle que mortelle entre ses doigts…je faillis dire de fée.

- Avec tout ça, je n’ai même pas eu le loisir d’apprécier notre rencontre. J’ai toujours pourtant rêvé de me retrouver face à un membre de ton peuple.

Tandis qu’il préparait un breuvage à base de plantes et d’eau croupie, l’elfe se permit son premier sourire. J’en fus ému.

- T’as entendu, le sauvage ? Il a dit peuple en parlant de mon espèce. Lui au moins a du respect.

Seul un grognement lui répondit. Le barbare préféra se concentrer sur le découpage de la viande.

- Comme tu l’auras remarqué, nous avons quelques divergences plutôt tenaces.

Il rit doucement. Son rire sonna cette fois comme le tintement d’une rivière. C’était bel et bien un elfe, malgré la première image peu flatteuse que j’en avais eu.

- Vous n’avez rien en commun, c’est peu dire. Pourquoi une telle association ?

- Nous avons tous deux été affectés à cette mission par nos propres commanditaires. Notre association comme tu dis si bien est le fruit du hasard ou bien la volonté des dieux, comme tu voudras.

Je me rendis compte que parler d’eux m’aidait à oublier mon sort et surtout celui de…

Je secouai la tête pour chasser son souvenir aussi aigu qu’une lame de poignard.

L’elfe me tendit alors une coupe de son mystérieux breuvage.

Confiant, je bus sans le questionner. Je sentis une certaine amertume, mais l’arrière–goût était agréable, et une douce chaleur envahit mon corps et mon esprit. Je me sentis instantanément plus léger, plus libre, mes tourments comme relégués au second plan. Je profitais enfin du moment présent.

- Merci.

- Ne le remercie pas, tonna la voix du barbare. Il a endormi plus d’une catin comme ça à seule fin de perdre son pucelage.

L’elfe sourit tristement.

- Ca n’a jamais marché.

Le barbare se rapprocha et me tendit une belle brochette de viande :

- Mais peut-être que tu sera l’exception, déclara-t-il avec ce que j’espérais être de l’humour. Sauf qu’il ajouta après :

- Il n’est pas très regardant sur le sexe, contrairement à moi.

Visiblement mal à l’aise, l’elfe tenta de sourire pour diminuer son trouble.

- Ne l’écoute pas, il se plait à m’humilier. Il connaît mon inconfort à ce sujet. Mais je connais aussi ses failles alors…

 

La tête appuyée sur sa selle, le barbare mordait à pleines dents dans une cuisse dégoulinante. Je préférai penser que c’était de la sauce plutôt que du sang.

L’elfe ramena du bois.

- J’ai repéré quelques prédateurs qui pourraient venir nous importuner cette nuit. On fera des tours de garde.

Le barbare éructa sans retenue.

- Fais la garde si ça te chante. Moi j’ai besoin de roupiller. Si une chose s’approche de moi je l’empale et j’en fais une brochette.

Je le crus sur parole.

L’elfe me rassura.

- Ne t’en fais pas. Je veillerai sur nous trois.

Le barbare suça l’os avec un bruit écoeurant.

- Fais quand même gaffe à ton cul. Il est chaud comme la braise.

Puis il s’installa pour dormir comme s’il avait lancé une banalité.

L’elfe secoua les épaules, m’incitant à ignorer les attitudes de son compagnon d’une manière générale. Ce que je fis bien volontiers tant elles me répugnaient. Et puis je sentais naître entre l’elfe et moi une complicité qui n’était pas pour me déplaire.

- Tu as parlé de mission tout à l’heure. Tu peux être plus précis ? Vous me cherchiez ?

Il s’assit d’une étrange manière et ferma les yeux.

- C’est la fée que nous cherchions. Nous avons eu vent de la mort de toutes les autres. Si aucune fée ne vit en ce monde, alors notre protection contre le mal est pour le moins fragile. Le problème c’est que le mal est au courant.

Il ne me voyait pas et pourtant alors que je comprenais ma responsabilité dans cette sombre affaire, il ajouta :

- Ne culpabilise pas. Tu ignorais qui elle était vraiment. Elle a tout fait pour te le cacher. Elle a coupé ses ailes et s’est comporté comme une simple humaine.

- A la perfection, complétai-je en même temps que lui, comme dans un état second.

- Mais ce n’est pas le pire, hélas. Elle savait très bien ce qui l’attendait si elle faisait l’amour avec toi. Ca aussi, elle ne t’en a rien dit. Elle a fait ce choix pour elle et je l’espère pour toi aussi. Elle voulait connaître et partager ce bonheur éphémère. Mais en faisant cela, elle a ni plus ni moins lancé une malédiction dont nous allons bientôt tous être victimes si ce n’est pas déjà fait.

N’eut été les propriétés du breuvage et ma position, les bras m’en seraient tombés.

Je n’avais encore rien vu du mal à l’œuvre, mais malgré moi je m’en sentais déjà complice.

J’ouvris la bouche, mais l’elfe fit avorter ma question en posant son index sur ses lèvres.

Je compris qu’il était temps de dormir. Et aussitôt je m’endormis.

 

Je fus tiré de douces rêveries par des bruits de lutte. Je pensais immédiatement aux prédateurs évoqués par l’elfe. Mais j’eu la surprise de voir mes deux compagnons engagés dans un authentique pugilat, leurs piétinements et la poussière qu’ils soulevaient menaçant à tout instant d’éteindre le feu déjà moribond.

- Mais qu’est-ce qui vous prend ? Vous êtes des compagnons !

Comme mon intervention ne parut pas les raisonner, je sortis ma botte secrète :

- Vous êtes des héros !

Pour mon plus grand soulagement, j’obtins l’effet escompté. Ils se figèrent et me dévisagèrent. Mais ce fut pour éclater de rire. Le barbare se tenait même les côtes :

- Des héros ? Elle est bien bonne, celle-là ! Je passe mon temps à empocher de l’or en tuant des inconnus pour le compte de riches salopards et quand je tue des innocents ça me rapporte généralement dix fois plus. Quand à ton ami l’elfe, il tue l’ennui en droguant tout ce qui bouge pour arrondir ses fins de moi et…

- Merci, mais le reste tu l’as déjà dit.

Le barbare grimaça.

- C’est vrai.

La seconde d’après ils se rouaient à nouveau de coups. J’aurais voulu vous dire que l’elfe attaquait et esquivait avec toute l’agilité qui le caractérisait, dansant comme un chat, mais ce n’était pas le cas. Il était ivre de fureur et se battait comme un fauve enragé à l’instar du barbare. Lorsque ce dernier reçut un coup au visage qui le fit saigner du nez, ses yeux faillirent sortir de leur orbite. Il dégaina son épée sans réfléchir pour s’apercevoir qu’une flèche était plantée dans son cou. Il écarta l’elfe d’un vigoureux coup de pied avant de lui trancher la tête sous mon regard horrifié. Il retira la flèche d’un coup sec et grogna en en détaillant la pointe.

- Fumier !

Il tituba et s’affala lourdement contre l’arbre duquel je m’éloignai vivement. La mort semblait se faire un plaisir de ma compagnie. Evidemment ce n’était pas réciproque.

Le barbare me dévisagea gravement. Mais ce n’est pas sa propre fin qui semblait le perturber :

- Tu ne comprends donc pas. Je t’ai sauvé de ses griffes. Je venais de comprendre ses intentions à ton sujet. Il murmure souvent dans son sommeil. Une chance, moi j’ai l’ouïe fine. Il voulait t’amener à son roi pour que tu payes ton crime et ainsi obtenir la main de sa fille. Il était tout sauf désintéressé.

Mes yeux s’embuèrent à cette annonce.

- Tu vas me dire que tu valais mieux que lui, c’est ça ?

J’étais paradoxalement plein d’espoir.

- Non. Mais moi je n’ai jamais essayé de faire croire le contraire.

Il sourit tendrement, puis fut secoué par un violent spasme. Il cracha une grosse giclée de sang avant de s’abattre sur le sol. Sa tête chevelue réanima le feu dans un crépitement sinistre.

Sans réfléchir je saisis une selle et enfourchais l’une des deux montures. Qui m’expédia au sol en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Alors qu’impuissant, j’observai les deux chevaux s’éloigner vers l’horizon, un nouveau tandem des plus insolites fit son apparition : un nain chevauchant un centaure. Dit comme ça, ça peut faire rire, mais ma situation était telle que son comique m’échappa.

Le nain répondait bien à la description fantasmée que je m’en faisais. Petit, mais costaud, recouvert d’une armure toute en dorures et motifs angulaires, la barbe blanche fournie tressée par endroits et une crête hérissant son crâne bruni enjolivé de tatouages symboliques. Une hache à double tranchant ornait son dos.

Le centaure me fit plus forte impression encore. Il était musclé et son torse d’homme prolongeait si naturellement sa partie chevaline que j’avais grand mal à savoir qui de l’un ou de l’autre prenait le dessus. En vérité, c’était inutile. Le centaure était un tout et le meilleur de chaque espèce à ce qu’il semblait. C’est sans doute pour cette raison qu’il portait aussi bien la queue de cheval.

- Dragonstorm, enfin !

Le nain interrompit mes réflexions en sautant à bas de sa monture. Il ramassa l’épée du barbare dont il embrassa la lame encore couverte du sang de l’elfe.

- Ce crétin de Crom n’avait aucune idée de sa valeur sinon crois-moi qu’il aurait fait graver une ou deux runes. Il cracha sur le cadavre du barbare :

- C’est pas grave, tout le plaisir est pour moi !

Il s’esclaffa avant que son attention ne soit retenue par la dépouille de l’elfe :

- Nom de…Butin de merle ! Mais c’est mon jour de chance, Ram !

Il récupéra l’arc en bois jusque-là privé de propriétaire.

- Vifif ! L’arc légendaire qui aurait occis le géant Slag n’a-qu’un-œil.

Le dénommé Ram planta sa javeline dans le sol. Il croisa les bras sur sa poitrine et me fixa avec amusement.

- C’était un cyclope. Tout le monde fait l’erreur.

- C’est une impression où tout le monde se fiche éperdument de moi et du fait que je viens de tout perdre.

L’impression était d’ailleurs si forte que je l’avais émise à voix haute malgré moi.

- Plait-il ? fit le nain.

Il remarqua enfin ma présence et cela m’embarrassa plus que je n’aurais su le dire.

- Vous n’êtes pas là pour moi, je veux dire, vous n’étiez pas à la recherche de la dernière fée ?

Les deux compères se dévisagèrent. J’ai cru qu’ils allaient se mettre à rire, mais ils se contentèrent de hausser les épaules. Le nain brandit l’épée.

- Au risque de te faire perdre tes illusions, ceci était ma seule motivation. On pistait Crom depuis un moment déjà. Quant à ton histoire de fée, et bien, la dernière fois que j’en ai vu une, c’était…

- Dans un pichet de bière, compléta Ram avec un sourire. Je m’en souviens car au même moment je fricotais avec une licorne.

Cette fois ils éclatèrent de rire. Mais c’était plus à l’écoute de vieux souvenirs que dans l’intention de me blesser.

J’eus alors le sentiment d’être victime d’une mauvaise blague. Et ce, depuis le début. C’était une forme de protection contre la dramatique tournure des évènements j’en conviens, mais avouez qu’il y avait de quoi se pendre. Comme je n’avais pas de corde sous la main, dans l’immédiat j’ai préféré prendre ça à mon tour avec légèreté. Et je me suis mis à rire avec eux, c’était nerveux donc forcément au bout d’un moment comme je ne m’arrêtais pas, ils se sont demandés si je n’étais pas fou.

- On devrait peut-être le laisser, suggéra Ram. Il a l’air d’avoir subi un choc.

Le nain sembla approuver avant de considérer les deux armes fraîchement acquises.

- En étudiant la question, je serais plutôt d’avis de l’emmener avec nous. Je ne sais pas s’il a toute sa tête, mais reconnais qu’il nous a sacrément porté chance. Et la chance est une force dont personnellement je ne tiens pas à me passer étant donné son caractère des plus aléatoires.

Le centaure aida le nain à grimper sur son dos avant de me tendre la main :

- On se rend à la cité de Brokenfield. On a des provisions pour la route et le plein de blagues grivoises.

Je ne pouvais décemment pas accepter la compagnie de gredins aux intentions aussi incertaines.

- D’accord, fit ma couardise.

Et voilà comment je me suis retrouvé embarqué dans de nouvelles aventures. Vous me direz, il y a des façons moins originales de faire son deuil.

 

On chevauchait dans une lande rocheuse. Pas âme qui vive. Ca commençait à devenir une habitude. Au moins je pouvais savourer le voyage.

- Au fait, je ne me suis pas présenté. Pik l’Epique et voici Ram de Stolenfish . Et toi ?

- Je m’appelle…

Ma réponse fut couverte par un rugissement formidable au-dessus de nous. Une rafale de vent faillit nous renverser.

- Bord d’aile de merle, Ram ! C’est bien ce que je crois ?

- Oui, Pik, c’est bien ce que tu crois.

- C’est pas un dragon ? fis-je alors que mes yeux se concerter à voix basse pour vérifier l’information.

- Un Crasse-feu, ou un Sanguerre. Vu d’ici, difficile de faire la différence.

Pik se mit à se trémousser.

- Et bien si ça vous dit, je peux aller lui demander. Ca fait un bail que je me suis pas fait un trophée digne de ce nom.

- Euh, c’est pas un peu risqué ?

- Le revoilà !

Ram s’écarta à temps pour nous éviter une incinération prématurée.

Mais il faut croire que le dragon trouva d’autres chats à fouetter car il s’éloigna à tire d’ailes.

Je commençais enfin à réaliser dans quel monde je vivais. Et à dire vrai, ce n’était pas vraiment fait pour me rassurer.

- Dites, maintenant que j’ai retrouvé tous mes esprits, je peux vous poser une question très sérieuse ?

Pik se tourna vers moi :

- Tu sais le sérieux, c’est pas trop notre fort, mais dis toujours.

- Vous êtes quand même au courant pour le mal ? Je veux dire par rapport à la mort de la dernière fée et tout ?

Le silence qui suivit fut assez éloquent c’est pourquoi je me permis une autre question :

- Dites, vous êtes bien des héros ?

- Ah, ça pour sûr, mon gars, t’as pas à en douter !

- Pourquoi ? s’enquit Ram.

- Au cas où j’aurais encore une mauvaise surprise.

- Tu pensais qu’on allait te vendre à un esclavagiste à Brokenshield ?

Pik se râcla la gorge.

- Alors là, franchement, ce serait mal nous connaître. On est peut-être pas des saints, mais de là à profiter d’un innocent fermier.

- D’un innocent fermier ?

- Quoi ? T’es pas innocent ?

- Bah, euh…je…Si, enfin je veux dire, oui, il me semble bien, mais je suis pas vraiment fermier, même pas du tout. J’habitais la campagne et j’étais un peu isolé, c’est tout.

- Bah alors je sais où on va aller en premier une fois arrivé à Brokenshield.

Evidemment ils s’esclaffèrent. Evidemment c’était à mes dépens.

 

Le paysage s’altéra. La végétation environnante annonçait des terres plus fertiles et la proximité d’une civilisation digne de ce nom. Je m’en réjouissais autant que cela m’inquiétait.

Qui sait sur quels énergumènes j’allais tomber dans un futur proche ?

Nous fîmes une halte pour nous reposer et nous restaurer.

Je pensais naïvement que Ram était végétarien du fait de sa double nature. Mais quand je le vis dévorer un steack de cheval, je compris qu’il fallait définitivement que je perde mes illusions. Après un repas fait de viande séchée et de bière, le centaure s’octroya un somme bien mérité et Pik redevint bavard.

- Et tu vivais seul dans ta ferme, enfin dans ta campagne ?

Je me curais les dents avec une esquille d’os.

- Non, j’étais avec ma femme.

- Et pourquoi n’est-elle pas avec toi ?

- Elle est morte récemment.

Cela ne l’émut pas le moins du monde et il ne fit rien pour le cacher.

- Ah ? Et de quoi peut-on bien mourir à la campagne, à part d’ennui ?

Il n’y avait aucune ironie dans sa voix. Il était vraiment curieux.

C’est à cet instant précis que je compris qu’il valait mieux en dire le moins possible sur mon histoire. Je n’ai jamais été partisan du mensonge. Mais cultiver le secret, ça, c’était dans mes cordes. J’avais le sentiment de me protéger tout en restant sincère.

- On peut parler d’autre chose ? C’est encore dur à accepter, tu comprends.

Ce qui était on ne peut plus vrai.

Il  n’avait visiblement jamais perdu un être cher, mais il fit comme s’il comprenait, ce qui me toucha  particulièrement.

A mon tour, je voulus le connaître un peu mieux. Mais il devina mon intention et s'allongea sur sa hache en guise de réponse. Il fallut bien que je me résigne.

à suivre

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air