mercredi, 22 octobre 2014

Top of Trailers [Cinéma]

On le sait depuis longtemps, les bandes-annonces ou trailers sont le véritable fer de lance du marketing hollywoodien, leur influence sur les entrées est si importante qu'elles requièrent des professionnels et un langage bien spécifique qui a ses codes et son rôle à jouer vis à vis du public. Certaines sont même considérées comme des oeuvres à part entière, parfois supérieures au film qu'elles vendent de par l'émotion qu'elles suscitent.

Certains groupes orchestraux très connu sur le net, comme Immediate Music, sont d'ailleurs spécialisés dans l'élaboration de la musique visant à illustrer les images choisies et montées selon un rythme stratégique qui aujourd'hui est devenu passablement banal car très uniforme. 

Retour sur quelques-unes de ces petites perles qui m'ont fait forte impression et que je me plais toujours à revoir.

Novateur à l'époque de sa sortie puisque mélangeant animation traditionnelle et images de synthèse, Titan A.E. (pour After Earth) fut un (injuste) échec commercial cuisant qui entraîna la fermeture du studio d'animation de la Fox. Parmi les scénaristes on retrouve un certain Joss Whedon qui connaîtra heureusement la consécration avec Buffy, puis Avengers. A noter que la chanson Higher du groupe Creed qui illustre la bande-annonce ne fait pas partie de la BO officielle du film, mais je l'ai pourtant totalement associé au film tant elle le met en valeur sur ces images, et vice versa.

Sur une BO de Danny Elfman, extraite de Evil Dead III l'armée des Ténèbres, le film L'Ile aux Pirates fait bonne figure, mais concrètement il assurait aussi. Cela ne l'a pas empêché, lui aussi, de bider méchamment et de provoquer lui aussi la fermeture d'un studio, en l'occurrence, Carolco. Appréciez le fait qu'on entende aucun dialogue, aucune voix virile martelant quelque slogan alléchant : seulement des bruitages savamment placés : une autre époque, quoi ! Aujourd'hui le DVD est tellement rare qu'il s'arrache à prix d'or sur le net ! Le paradoxe !

J'ai découvert ce trailer à la télé à l'époque où les dinosaures étaient encore une de mes passions et autant vous dire qu'avec de telles images et la musique grandiose de James Newton Howard par-dessus, ça m'a foutu des frissons partout ! D'ailleurs le film m'a comparativement procuré beaucoup moins de sensations. Le fait est que dans le trailer les dinosaures ne parlent pas et l'immersion s'en ressent forcément !

 

Bien que me considérant comme un détracteur de Michael Bay et de son cinéma, il y a deux films de ce réalisateur qui trouvent grâce à mes yeux : The Island et Pearl Harbor, sans doute parce que l'histoire et les personnages arrivent à dépasser le spectacle codifié et imposé. Le trailer de Pearl harbor vend particulièrement bien le film : la musique mélancolique extraite du film The Crow, le plan de la bombe (un money shot imaginé par Bay longtemps auparavant) et le montage bien sûr.

La Planète des Singes de Tim Burton est l'exemple même de la bande-annonce qui se serait suffit à elle-même. Bourré de clichés hollywoodiens, le film met à mal l'esprit de la saga et l'intégrité artistique du réalisateur et ne vaut finalement que pour les maquillages de Rick Baker. Je me souviens avoir guetté et enregistré cette bande-annonce à la télé lors de la sortie du film en la regardant en boucle après, la musique et le montage provoquant chez moi une euphorie démesurée. L'effet d'un bon clip en somme !

BONUS

Le trailer de l'adaptation d'un classique de la fantasy qui a enchanté mon adolescence. Pas encore trouvé de vidéo de bonne qualité à intégrer directement sur mon blog donc c'est : ICI

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mardi, 21 octobre 2014

La Crise est salutaire [Méditations]

La Crise est salutaire

La crise est devenu un mot à la mode. On l'emploie à toutes les sauces comme pour l'apprivoiser, comme pour mieux accepter son existence au sein de notre quotidien qu'elle bouscule, parfois, sans crier gare. C'est un fait qu'elle n'a jamais été aussi [im]populaire.

Quand je parle de crise, je parle autant de celle qui semble paralyser le monde entier que celle qui survient à l'échelle de chaque individu. Parce qu'au final, les enjeux sont les mêmes. S'adapter ou mourir.

Le libre-arbitre, cette précieuse capacité qui nous a été offerte, révèle alors toute son importance de même que notre aptitude à prendre du recul sur les évènements et sur nous-mêmes.

Car qu'est-ce qu'une crise sinon l'occasion de faire un bilan digne de ce nom que nous n'aurions peut-être jamais fait autrement, l'occasion de se remettre en question, de s'interroger sur nos priorités, que nous soyons ou non à l'origine de ladite crise ?

Comme je l'ai dit, nous avons le choix de la manière de réagir face à la violence d'un changement qui ébranle nos convictions, nos habitudes, mettant en péril notre confort, qu'il soit matériel, physique, social, psychologique voire spirituel, quand il ne remet pas en cause tout cela à la fois.

Nous pouvons le nier, l'ignorer et même s'y opposer en se résignant à vivre comme avant en dépit des conséquences. Mais on se rend assez vite compte que cela nous mène droit dans une impasse. Nous sommes faits pour évoluer, premier message véhiculé par la crise.

La souffrance n'est jamais gratuite, elle est formatrice

autruche.jpg

La Crise ? Connais pas !

Nous pouvons faire la politique de l'autruche, c'est à dire l'ignorer, attendre que la crise passe comme une tempête passagère. Après tout, les tempêtes ne durent pas, il y a toujours une accalmie. C'est un fait. Mais ce n'est en vérité qu'une illusion. Car quelle expérience tirerons-nous de cette épreuve si nous refusons qu'elle nous traverse pleinement ? L'accepter ce n'est pas seulement se plaindre, ce n'est pas simplement s'apitoyer sur son sort, même si c'est notre droit le plus stricte.  Comme dit si bien le proverbe : "Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres". Ce n'est pas dans un livre que je l'ai lu, mais dans un jeu vidéo : Dragon's Dogma (et pan ! pour les détracteurs !)

Accepter ce tsunami dans nos vies c'est décider qu'il nous entraînera au fond de l'eau ou au contraire qu'il nous servira de bouée et même de tremplin pour atteindre des rivages jusque-là inexplorés, à savoir développer des ressources intérieures insoupçonnées et la capacité de les exploiter le moment venu lors de drames ultérieurs.

Je ne vois pas de meilleur exemple qu'une expérience très personnelle pour illustrer cet apprentissage de la vie.

Le coeur a ses raisons...qui nous font bien du tort.

A l'âge de 21 ans, je suis tombé fou amoureux d'une jeune femme avec laquelle je n'ai pu partager cet amour passionné. J'en ai souffert pendant des années tellement mes sentiments étaient forts.. Par ce chagrin sentimental j'ai expérimenté pour la première fois la notion de deuil, le mot n'est pas trop fort, lorsque j'ai compris que je ne la reverrai plus, j'ai même ressenti une sensation de perte physique. J'ai connu par la suite une grosse dépression et un sentiment de solitude très douloureux.

Ce qui m'a sauvé :

- Une forme d'espoir inexpliqué, même si à l'époque je ne le formulais pas ainsi. J'en profite pour rappeler que le suicide n'est pas une preuve de courage ou de lâcheté, c'est seulement la preuve d'un désespoir abyssal. Garder de la rancune envers quelqu'un qui en a été à cette extrémité indique seulement que le travail de deuil n'est pas achevé.

J'ai eu à cette période les pensées les plus noires de mon existence, il n'y avait véritablement rien pour me raccrocher à la vie et pourtant je suis resté, sans pouvoir l'expliquer. Je compris plus tard que par une forme d'intuition, dont nous pouvons tous être possesseurs, que c'est parce que j'avais au fond de moi la conviction que j'avais encore de belles choses à faire en ce monde et qu'elles étaient plus importantes au final que mon mal-être présent.

A cette période également, ma souffrance m'a fait expérimenté des niveaux de rêve différents, supérieurs en quelque sorte (sans aucun usage de drogues je tiens à le préciser) qui m'ont sans doute aidé, inconsciemment, à aiguiser cette intuition, ce lien avec mon futur, alors qu'ils ne représentaient pour moi à ce moment-là que mon unique échappatoire. Les rêves ont un pouvoir encore insoupçonné et il me tarde qu'il soit reconnu à sa juste valeur. Même le sommeil nous guérit de bien des tourments. Constatez les bienfaits d'une sieste alors que vous étiez  ô combien triste, contrarié et/ou confus juste avant. La nuit porte conseil, dit-on et c'est on ne peut plus vrai, que l'on dorme en plein jour ne change, bien heureusement, rien à ce constat.

Ce qui m'a sauvé aussi :

- L'art a prouvé a cette période de crise toute sa puissance thérapeutique. Tout d'abord exutoire, mes histoire, écrites, dessinées, m'ont permis d'enrichir un don naturel pour créer et raconter (à vous de juger sur l'étendue de ce blog); L'art et le rêve, deux bouées de sauvetage auxquelles je me suis accroché comme un forcené et qui ont donné naissance à bien des oeuvres dont mon roman graphique Dans l'Esprit de Morphée. (Cf aussi les illustrations). Je ne peux m'empêcher de songer que c'est un peu pour moi l'équivalent de The Crow pour James O'Barr, pas dans la forme, cela va de soit, mais en termes de valeur thérapeutique et d'expression artistique.

- Et puis il y a le temps, fatalement, encore faut-il en gagner suffisamment pour qu'il agisse sur nous et dans cette entreprise, l'entourage, les amis, la famille, est essentiel. A lui de trouver la bonne distance, le bon langage. Ce qui peut constituer un travail de longue haleine, chacun devant trouver le rôle qui est le sien afin de compléter celui des autres.

Un professionnel est bien sûr tout indiqué, car on ne s'improvise pas thérapeute. Il existe différentes méthodes qui ont prouvé leur valeur comme l'EMDR. En tous les cas bien choisir le thérapeute peut s'avérer vital afin qu'il mette en place un cadre adapté autour du patient. Car dans une phase de dépression, on est fragilisé et tous nos vieux démons n'attendront qu'une occasion pour se manifester et nous terrasser puisque nous n'avons jamais été aussi vulnérable.

Pendant longtemps j'en ai voulu à la vie de m'avoir permis d'éprouver des sentiments aussi beaux sans pouvoir les partager avec l'être qui me les avait inspirés. Mais j'ai fini par comprendre qu'un amour, ou un évènement quel qui soit, a parfois une finalité qui nous échappe, cela ne signifie pas pour autant qu'il doit être vécu comme une malédiction. C'est ce que j'ai exprimé dans ma nouvelle Le coeur dans les Etoiles.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus...vivant !

Pour en revenir aux faits, neuf ans plus tard, en décembre 2008, ma soeur Lado, dont j'étais très proche, met fin à ses jours suite à une dépression (la dépression fera l'objet d'une méditation tant elle est devenu elle aussi familière à nos vies). C'était la personne la plus proche de moi, plus qu'une soeur, plus qu'une amie, elle était la parfaite synthèse des deux. Vous imaginez la perte que j'ai pu ressentir. Et pourtant ma souffrance, mon deuil ont été de courte durée. Le deuil, on le sait, est pourtant un long cheminement qui requiert de passer par plusieurs étapes bien définies. Et bien, le deuil sentimental que j'avais expérimenté auparavant m'a permis, si je puis dire, de brûler les étapes de celui-ci. En gros je ne me voyais pas signer une seconde fois pour plusieurs années de souffrance et de solitude. C'était inconcevable. J'ai eu véritablement le sentiment d'avoir le choix, la liberté de mon avenir, chose qui n'était pas à ma portée la première fois, parce que je n'avais tout simplement pas acquis l'expérience. Et le fait est que si je n'avais pas connu ce drame personnel auparavant, la perte de ma soeur aurait peut-être pu m'emporter à mon tour. Je dis peut-être car l'intuition dont j'ai déjà parlé aurait pu encore une fois jouer son rôle. Mais on ne peut faire que des suppositions. Ce dont je suis convaincu, c'est que mon premier deuil m'a quasiment épargné le second. C'en est presque miraculeux.

L'Enfer c'est les autres...que l'on ignore

Plus récemment, j'ai connu quelqu'un qui a perdu sa soeur dans des circonstances particulièrement pénibles. Immédiatement j'ai su, de par mon expérience, que j'avais un rôle à jouer, rôle que j'ai pris très au sérieux et qui m'a fait comprendre encore un peu plus que si nous dépassons nos traumatismes, ils nous donneront à long terme le pouvoir d'aider les autres à dépasser les leurs. Notre vigilance vis à vis de nos proches comme d'inconnus dans le besoin deviendra alors instinctive.

S'il y a donc une leçon, à mon sens, à tirer de tout ça, c'est que les crises ne sont pas faites pour nous anéantir, bien au contraire, elles sont faites pour nous élever. Je crois qu'elles sont là aussi pour nous rappeler que c'est bien dans l'union avec les autres que naît la force de nous construire de meilleurs lendemains. La crise est faite pour nous éloigner non pas des autres, mais de l'isolement. Elle est faite pour nous rapprocher car nous sommes tous connectés. (cf le film Cloud Atlas). Et si le monde va si mal, c'est bien parce que nous n'avons pas encore pris cela au pied de la lettre et que nous avons encore tous du pain sur la planche dans ce domaine.

 

Note : merci à cet intervenant à la radio (dont hélas j'ignore le nom) qui a initié l'écriture de cet article.

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

lundi, 20 octobre 2014

E.T. L'Extraterrestre [Cinéma/Critiques]

affet.jpg

De l'aveu même de Spielberg, E.T. est un film sur le divorce de ses parents. C'est dingue ce que les drames personnels peuvent inspirer comme belles histoires !

La trentaine bien entamée, on pense que revoir une énième fois E.T. nous fera doucement sourire, au mieux éveiller un brin de nostalgie. Evidemment on se trompe. Parce que revoir E.T. ce n'est pas seulement se reconnecter à son passé de cinéphile, c'est ni plus ni moins retrouver l'enfant qui survit toujours en nous et que l'on avait perdu de vue au fil du temps.

En assistant une nouvelle fois à la rencontre miraculeuse entre Elliott et le gentil bonhomme de la lune (dixit Gertie), on réalise à quel point les doux ronronnements d'E.T. nous sont familiers et combien ils nous ont manqué, de même que son faciès simiesque, sa voix enrouée, sa démarche pataude, sa silhouette difforme, ratatinée, presque pathétique. Mais il suffit que E.T. dresse son long cou et ouvre grand ses grands yeux pour qu'il nous rappelle son incroyable noblesse, avant même que son coeur-lumière n'éclaire le film d'un espoir sans commune mesure.

5-things-you-might-not-know-about-steven-spielberg-et-30th-anniversary.jpg

Seul un enfant pourrait accueillir comme il se doit un être venu d'un autre monde. Dans E.T. les hommes, les adultes sont présentés comme l'espèce intrusive, menaçante (cf la scène surréaliste des cosmonautes dans la maison). L'humanité est préservée tant qu'Eliott et E.T. leur survivent. La relation fusionnelle qu'ils partagent trouve son point d'orgue lors d'une scène cruciale. Lorsque Eliott dit "Je t'aime" à E.T. il ne fait pas qu'exprimer un sentiment, il transmet l'amour directement en lui, sans doute lui fait-il découvrir un sentiment inconnu sur sa planète au point que cela le tire de son odieux sommeil comme par magie. Oui, beau à pleurer !

Sur un plan plus technique, Spielberg nous régale constamment d'ambiances soignées, de plans inspirés où la lumière est souvent reine. Mais sa mise en scène n'hésite pas à s'affranchir des codes qu'elle semble avoir adoptés comme lors de cette scène anthologique où Elliott embrasse sa blonde dulcinée et que comme sous l'effet de ce baiser innocent, les grenouilles destinées à une autopsie en règle se voient libérées de leur sombre destin. Victoire !

Victoire de l'imagination également lorsque les enfants à vélo échappent à la police avec ce plan mythique s'il en est de leur silhouette en ombre chinoise portée sur le disque immaculé de la lune. L'enfance c'est l'imagination et l'imagination c'est la liberté absolue, l'un des messages de Spielberg (Jurassic Park, Indiana Jones et le Temple Maudit, Tintin : Le Secret de la Licorne) à travers ce plaidoyer et ce n'est sans doute pas pour rien que le temps d'une scène on entend la mère d'Elliott lire un extrait de Peter Pan que le cinéaste adaptera lui-même dans Hook avec le trépidant Robin Williams (RIP).

e-t--1982-64-g.jpg

Peter Coyote (Sphere) montre tardivement son visage pour entretenir le suspense sur son identité. Au départ présenté comme un méchant, il s'avère au final être un allié pour les deux héros, avouant lui-même avoir rêvé depuis longtemps d'un tel évènement et se félicitant qu'Elliott ait été choisi pour le vivre de manière si intime. Ce personnage incarne donc parfaitement l'adulte que le spectateur est devenu. 

Nous reviennent alors inévitablement des souvenirs inestimables de cette période chérie où à l'âge béni d'Elliott, nous rêvions, nous aussi, d'une telle Rencontre du Troisième Type, nous y croyions dur comme fer au point d'en faire une activité à temps plein : la culture de la magie, le goût du merveilleux, luxe suprême aujourd'hui terrassé par les préoccupations d'un monde adulte dominé par la peur. A ce titre, le film fait office de véritable cure de jouvence et on comprend encore mieux pourquoi un réalisateur tel que J.J. Abrams lui a offert un vibrant hommage à travers son Super 8.

E.T. c'est l'aventure suprême, celle qu'on a tous rêvée de vivre un jour, qui continue de manquer à notre vie et la rendra inachevée quoique l'on fera pour la remplir. 

et-saying-goodbye.jpg

Bon cette fois, je ne chialerai pas, je ne chialerai pas, je ne chialerai pas, je ne...Bouuuuh ! Merde, vite, un mouchoir, fais chier !!!

La Trahison

A l'instar de son ami George Lucas sur Starwars, Spielberg a cédé à la tentation "d'améliorer" E.T. afin de coller à sa vision première. Si l'intention est louable sur le papier (effets spéciaux dernier cri, scènes supprimées réintégrées), on voit vite les revers du procédé. Entre une VF incontestablement inférieure (les intonations, le rythme) malgré des voix proches des originales, des effets numériques trop présents et la fameuse disparition des armes durant le prologue au profit de lampes torches, on grimace, on rage et on a au final qu'une seule envie : revoir et conserver la version de 1982, avec tous ses défauts qui sont autant de chances de garder intacte la magie unique de ce chef-d'oeuvre.

e-1-g.jpg

- Dis, Papa, pourquoi tu m'as fait ça ?

 BONUS


E.T. ne serait bien évidemment pas E.T. sans la bouleversante musique qui lui donne vie. A l'image d'Elliott et d'E.T., Steven Spielberg et John Williams forment un duo en parfaite symbiose. Résultat : deux artistes au sommet de leur art !

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

dimanche, 19 octobre 2014

Far Cry 2 [Jeux Vidéo/Critiques]

fire-commando.jpg

Alors que Far Cry 4 sort le mois prochain, revenons en détail sur le deuxième épisode, celui qui a marqué plus d'un joueur, hélas pas pour de bonnes raisons.

Après un premier épisode mémorable tant par sa beauté graphique que par son gameplay, Ubisoft déplaçait la licence Far Cry en Afrique où l'alter-ego du joueur se retrouvait en pleine guérilla, confronté à deux factions antagonistes, avec en fil conducteur la poursuite d'un dangereux vendeur d'armes baptisé Le Chacal aussi insaisissable que manipulateur.

Rapidement on comprend que l'intrigue va nous amener à manger à tous les râteliers, manipulant à notre tour les deux factions rivales en tirant à chaque fois notre épingle du jeu, sans jamais être démasqué. Le concept renvoie à celui de classiques comme Le Garde du Corps d'Akira Kurosawa décliné plus tard en western dans le fameux Quelques Dollars de plus de Sergio Leone avec Clint Eastwood, lui-même adapté à l'époque de la prohibition dans Dernier Recours de Walter Hill avec Bruce Willis ou le but est toujours de mettre le feu aux poudres et d'assister à la curée.

L'idée était donc séduisante. Dans Far Cry 2, l'aspect répétitif des missions ("Va tout faire péter !" ou "Tue untel") allié à une mise en scène minimaliste en réduit malheureusement la portée, du moins dans la première partie du jeu. C'est donc ailleurs que le joueur trouvera son véritable intérêt.

farcry2_3.jpg

La grande originalité de cet épisode : la lecture de la carte se fait en temps réel, la radio servant à repérer la proximité des diamants.

Le plus gros point fort du jeu ne met pas longtemps à se dévoiler : l'ambiance africaine est superbement rendue. Les couleurs chaudes, ambrées sont du plus bel effet, les textures sont propres, que ce soit dans la jungle, la savane ou les marécages, l'immersion est totale, à pied ou en véhicule (conduite grisante) avec des armes très bien modélisées de surcroît, ce qui est évidemment très important pour un FPS. Rien à dire donc sur le plan visuel et ce même encore aujourd'hui au point qu'on trouvera objectivement ce second opus plus beau sur console car techniquement plus homogène (le choix du décor est hors sujet) que ne l'est Far Cry 3 qui montre lui clairement la limite du moteur notamment sur le rendu de la végétation et des personnages. On peut aussi noter que l'effet de propagation du feu est dans Far Cry 2 incontestablement plus saisissant au point qu'on  créera des feux de brousse rien que pour le plaisir des yeux. Le souffle des explosions et l'effet du vent dans les herbes sont également très convaincants. Si de jour, le jeu flatte donc constamment la rétine avec en prime de sublimes soleils levant/couchant, de nuit le constat est plus mitigé, la nuit ayant le don d'affadir considérablement l'ensemble.

Revenons plus en détails sur l'arsenal qui constitue évidemment le nerf de la guerre tout autant que le coeur de la licence. Variées, visuellement très réussies (attendez sans rien faire avec chacune d'elle et vous aurez droit à une sympathique animation) elles procurent également d'excellentes sensations. Les armes se débloquent de deux façons : soit en accomplissant des missions simplistes pour les armuriers, soit en progressant dans le scénario. Une fois disponibles, vous les achetez avec des diamants récupérables dans la nature (dans des mallettes plus ou moins cachées) ou par la réussite des missions principales ou annexes. On peut également acheter toutes sortes d'améliorations qui permettront par exemple de porter plus de munitions, de réparer plus rapidement un véhicule ou de garder une arme intacte plus longtemps. On ne peut pas les customiser, on peut seulement en augmenter la précision. Trois coffres correspondant aux trois catégories d'armes du jeu, placés dans les armureries et les planques, permettent d'échanger des armes usées avec d'autres exemplaires neufs ou d'autres armes de la même catégorie, tout cela laissé à notre discrétion. Outre ce curieux système de téléportation qui casse nettement le réalisme du jeu, même s'il s'avère utile compte tenu de l'obsolescence du matériel, on regrettera que dans une même catégorie soient classées des armes au profil très différent, ce qui ne manquera pas d'occasionner de grosses frustrations. On ne peut porter que trois armes en plus de la machette obligatoire. A noter que cette dernière ne vous permettra pas de réelles attaques furtives comme dans Far Cry 3, au mieux un finish move lorsque votre adversaire est à terre. Elle  servira également à détruire certaines obstacles pour accéder à des diamants. A la différence du 3, l'outil de réparation des véhicules est intégré de base sans être visible dans l'inventaire.

Profitons-en pour aborder les autres points noirs du jeu qui ont beaucoup fâché les joueurs et gâté la réputation du soft, défauts, qui heureusement, ont été en grande partie gommés dans l'épisode suivant.

Les allers-retours : si Far Cry 2 justifie tout à fait son titre de monde ouvert, il est vrai que l'emplacement des objectifs, les routes et la topographie ne font pas toujours bon ménage. Mais plutôt que de subir cette forme de linéarité, le mieux est d'en tirer partie en acceptant que cela fait partie intégrante de l'expérience Far Cry 2. Planifier son itinéraire, exploiter chaque arrêt aux planques, aux armureries et aux arrêts de bus pour changer d'armes et/ou sauvegarder. Sans oublier de pister quelques diamants au passage. Au final, on s'aperçoit que ce qui pouvait être perçu comme ennuyeux et répétitif peut s'avérer plus tactique et ludique qu'on ne l'imaginait. Et puis, ce n'est pas comme si le paysage n'était pas agréable à regarder. C'est pas parce qu'on est pas venu en touriste, qu'il ne faut pas profiter du séjour.

farcry2.jpg

Les balades en bateau sont l'occasion d'apprécier la valeur contemplative du jeu. Dans ces moments-là, rythmé seulement par le bruit du moteur, le dépaysement est absolu !

Les ennemis : entre sa rapidité de respawn et son comportement totalement aléatoire, l'IA  de Far Cry 2 a fait couler beaucoup d'encre. Là, même en y rejouant des années après, le constat est identique : c'est du grand n'importe quoi ! En fait on réalise que l'IA de Far Cry 2 fonctionne à l'envers : plus vous serez discret et dissimulé, plus elle vous détectera et sera agressive et plus vous serez visible plus elle se montrera handicapée. Les dialogues eux-mêmes deviennent hilarants changeant du tout au tout en un instant, rarement, sinon jamais, en adéquation avec la situation. Au point qu'on se croirait dans une parodie ! Cela n'empêche pourtant pas les méchants d'absorber un chargeur de MP5 sans broncher même en mode Facile. On notera aussi une animation défaillante qui verra régulièrement les pilotes apparaître sur le toit (même s'il n'y en a pas) de leur véhicule pour vous canarder. Pour ce qui est des patrouilles mobiles très fréquentes, là encore je leur trouve des circonstances atténuantes puisqu'elles cassent la monotonie des trajets en même temps qu'elles offrent l'opportunité de récupérer un véhicule parfois en meilleur état que le nôtre (on s'abstient ainsi de réparer) et de faire le plein de munitions voire de changer d'arme, en gardant à l'esprit que les armes des ennemis ont une durée de vie très limitée. 

La malaria : si souffrir de la malaria dans un jeu vidéo n'a à priori rien d'insurmontable, appliqué aux mécaniques d'un jeu vidéo où les fusillades intenses sont monnaie courante, c'est une toute autre paire de manches. Sans prévenir, on est victime de tremblements, l'action est figée et il nous faut recourir à une dose de médicaments qui forcément s'amenuisent au fil du temps. Comme tous les joueurs, j'ai gardé un souvenir traumatisant de cette expérience, si bien qu'en me relançant dans l'aventure, j'avais de sérieuses raisons de croire que cet élément pouvait me décourager rapidement de poursuivre. Et bien, je ne sais pas si j'ai été particulièrement chanceux ou si ma mémoire a fortement exagéré cette contrainte, mais le fait est que je n'ai jamais été embêté durant un combat et que les crises ont été suffisamment espacées pour ne jamais s'avérer punitives,  juste assez présentes pour alimenter l'immersion. J'ai par contre bien pensé à me réapprovisionner régulièrement à l'église, condition sinequanon pour ne pas subir un malencontreux game over.

windowslivewriterfarcry2pcreview-66c8farcry2-2008-11-16-14-58-30-77-2.jpg

Les incendies ne se limitent pas à un intérêt purement graphique, ils peuvent jouer aussi un rôle stratégique si vous vous retrouvez encerclé par des ennemis ou si vous voulez transformer les véhicules en bombes.

Un élément de gameplay fort appréciable qui disparaîtra dans le troisième épisode est la présence de partenaires et d'un système de réputation. Loin d'être anecdotique, leur influence  est grande puisqu'elle vous permettra de choisir dans chaque mission principale entre deux objectifs différents et donc deux challenges différents. Si votre choix n'altèrera pas votre rapport avec les deux factions commanditaires, vous ranger du côté de votre partenaire aura pour effet de renforcer votre lien avec lui. En conséquence vos planques seront améliorées et votre acolyte vous sera d'autant plus secourable lorsque vous vous retrouverez en fâcheuse posture allant jusqu'à vous préserver carrément d'un game over. Bien pensé donc. Mais il faut savoir que vos partenaires aussi vous demanderont parfois de l'aide et là le résultat est un peu plus mitigé. Si au début, on les tire facilement d'un mauvais pas, rapidement, ils se révèlent très vulnérables et leur mort apparaîtra comme inévitable malgré tous nos efforts pour l'éviter. Et pourquoi faut-il que notre partenaire nous refile systématiquement un pistolet à la place de l'arme qu'on tenait lorsqu'il vient nous secourir ?

L'artisanat n'est pas présent. On se soignera donc exclusivement avec des seringues dont on renouvellera facilement le stock via les boites à pharmacie.

Les animaux, quant à eux, sont rares, mais c'est paradoxalement ce qui fait que leur présence constitue une valeur ajoutée. Pas de prédateurs au programme du safari, mais de paisibles herbivores (zèbres, antilopes, gnous) qui mènent leur vie insouciante, souvent en troupeaux. Si on peut les tuer, leur dépouille ne vous rapportera rien, l'artisanat étant, comme je l'ai dit plus haut, inexistant. Leur mort sera donc purement gratuite sinon accidentelle.

Je disais qu'il n'y avait pas de prédateur, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Ce fameux Chacal, même s'il est de nature humaine, est loin d'être insignifiant malgré son absence durant quasiment tout le jeu. Disséminés sur la map, plusieurs enregistrements audio révèlent la psychologie du personnage et sa perception sur la nature du monde et des hommes. Et autant vous dire que ça vaut son pesant de diamants. En prenant le temps de les écouter, non seulement on découvre un discours très pertinent sur des sujets aussi variés que la vente d'armes, la morale ou la folie, mais cela enrichit en plus considérablement le background. Ce bougre arrive même à expliquer pourquoi les armes sont si fragiles dans le jeu, c'est pour vous dire !

FC2FP01.jpg

Le Pack Fortune ajoute de nouvelles armes et de nouveaux véhicules. Il est gratuit, autant en profiter !

screenshot2.jpg

En conclusion, si les mécaniques de jeu de Far Cry 2 apparaissent nettement plus rigides et déficientes que celles de son successeur, ses qualités immersives et le sens de l'organisation qu'il implique peuvent tout à fait s'équilibrer avec ses travers et pour peu qu'on ait le recul suffisant, rendre l'expérience beaucoup plus jouissive que la première fois. Personnellement en lui redonnant sa chance, je me suis réconcilié avec le jeu et je ne le regrette vraiment pas !

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mardi, 14 octobre 2014

Le Loup, le Renard et la Belette [Fanfics]

Bannière MERLIN EPISODE 2 bis.jpg

Lien vers l'Episode 1 : La Faute de Merlin

 

 2. Le Loup, le Renard et la Belette

 

Dame Ygerne était assise sur un banc dans les jardins du château. Son visage pensif laissait deviner des tourments intérieurs d’une indicible force. Cet état d’esprit contrastait grandement avec la magnificence du paysage environnant. L’arrivée subite de Jeanne, sa servante, occasionna une trêve pour le moins bienvenue à ses sombres pensées.
- Madame, vous avez reçu une lettre. C’est important. Un cavalier me l’a donnée sous condition de vous la remettre en mains propres.
Sans un mot, l’intéressée prit la lettre, ne sachant si elle devait s’en réjouir ou s’en inquiéter.
En la dépliant, elle remarqua immédiatement qu’elle n’était pas paraphée. Et c’est donc avec une certaine appréhension qu’elle prit connaissance de son contenu :

Dame Ygerne, je connais la vérité. Si vous ne voulez pas que le Duc l’apprenne aussi, déposez 2000 pièces d’or dans la cheminée de la maison en ruines près de l’étang de la Veuve. Alors seulement,  je tairais votre secret. Vous avez trois jours !

Le visage de Dame Ygerne pâlit à vue d’œil. Elle qui espérait un peu de réconfort venait d’atteindre un nouveau palier dans sa tragédie personnelle.
- Qu’y a-t-il, Madame ? Cette nouvelle paraît bien triste.
Dame Ygerne referma bien vite la lettre.
- Elle l’est, Jeanne, elle l’est. Merci. Vous pouvez disposer.
Bien qu’embarrassée de laisser sa maîtresse dans un tel désarroi, Jeanne s’exécuta promptement.
Cédant à la panique, la Duchesse se leva brusquement et scruta les alentours, persuadée d’être épiée. Lorsqu’elle s’aperçut qu’un jardinier l’observait, sa méfiance se transforma en véritable paranoïa. Se sentant beaucoup trop vulnérable, ses craintes se changèrent en colère qu’elle porta sur le domestique :
- Qu’est-ce que vous avez à m’espionner ?
L’intéressé s’inquiéta vivement de cette réaction :
- Tout va bien, Madame ?
Le ton condescendant de l’homme eut le don de restaurer la lucidité de Dame Ygerne. Elle bredouilla une vague excuse avant de s’enfuir en larmes en direction du château.

Une fois rassérénée, l’épouse du Duc s’assit sur son lit et tenta de résoudre posément l’énigme que constituaient cette lettre et son mystérieux auteur. Intérieurement, elle se repassa cette fameuse nuit où tout pour elle avait changé. Alors qu’elle-même avait été incapable de confondre l’usurpateur, qui, sur le camp, avait bien pu découvrir la terrible vérité ?
Bien sûr, il y avait Uther, l’instigateur de cette douce manigance, mais il n’aurait jamais pu parvenir à ses fins sans l’aide d’un puissant mage. Et un puissant mage, Uther en avait justement un à sa botte : Merlin l’Enchanteur ! Ce nom s’imposa comme une évidence dans l’esprit de Ygerne. Mais quel intérêt aurait pu avoir les deux hommes à lui soutirer ainsi la malheureuse somme de deux mille pièces d’or ? Aucun. Ni l’un, ni l’autre n’étaient dans le besoin. Etait-ce simplement un jeu pervers que tentait de lui imposer le Roi afin de satisfaire ses plus vils penchants ? Ou était-ce Merlin qui cherchait un nouveau moyen de l’attirer une fois encore dans les bras de son maître ? Finalement peu importait la réponse : elle se retrouvait dans tous les cas prisonnière de cet odieux chantage. De ce fait, sa décision était prise : elle paierait pour ne pas avoir à porter un fardeau supplémentaire et peut-être ainsi s’amender de sa faute.

Au soir du troisième jour, quelqu’un frappa à la porte de la chambre ducale. Le Duc de Gorlet était absorbé par la lecture de son courrier, tandis que Dame Ygerne brossait, comme à l’accoutumée, ses longs cheveux devant son miroir. Voyant que son époux ne comptait pas bouger le petit doigt, elle prit l’initiative de répondre :
-  Qui est là ?
- C’est Jeanne, Madame. Je suis venu vous prévenir que votre bain était prêt.
- Merci Jeanne, j’arrive tout de suite.
Gorlet daigna enfin lever le nez de ses papiers :
- J’imagine que ça va encore durer des plombes et que d’ici à ce que vous reveniez, je serais endormi depuis belle lurette, comme d’habitude !
Comme d’habitude, Ygerne ne releva pas la remarque désobligeante et sans mot dire, quitta la chambre.
Une fois dans le couloir, Jeanne s’approcha de sa maîtresse et lui murmura à l’oreille :
- J’ai préparé vos affaires dans la salle de bains. Vous n’avez plus qu’à vous préparer. Surtout passez bien par la porte arrière de la cuisine. Les gardes qui surveillent l’entrée du château sont déjà en train de cuver mon vin. Soyez très prudente, Madame. Je m’en voudrais qu’il vous arrive quelque chose.
Dame Ygerne lui adressa un regard empli de gratitude.
- Je vous remercie, Jeanne. Je sais qu’on ne se connaît pas encore très bien, mais sachez que votre soutien dans cette épreuve compte beaucoup à mes yeux et ne sera pas oublié.
Même si sa maîtresse ne lui avait pas révélé le contenu de la lettre, Jeanne avait de bonnes raisons de le lier à cette sortie furtive. Aussi se contenta-t-elle d’un sourire complice avant d’ajouter :
- Je resterai dans la salle de bains jusqu’à votre retour, juste au cas où.
Ce fut donc sans peine que Dame Ygerne gagna la cour. Elle contourna prudemment les gardes complètement ivres et c’est alors qu’un cri aigu la fit sursauter : elle venait d’écraser la patte d’un chat errant.  Elle pesta après l’animal qui détala aussitôt sans demander son reste, puis fut soulagé de constater que tout ce vacarme n’avait éveillé les soupçons de personne.
Après cet incident, la Duchesse quitta enfin l’enceinte du château, sans autre embûche. Le chemin jusqu’à l’Etang de la Veuve lui sembla durer une éternité. Sans doute était-ce dû au poids des deux mille pièces d’or qu’elle transportait. Lorsqu’elle déposa l’argent dans la cheminée de la maison en ruines, elle se sentit soulagée de son premier fardeau. Il lui fallut attendre d’être sur le chemin du retour pour se sentir libérée du second : son maître chanteur.

La semaine qui suivit se déroula sans aucun autre incident notable. Dame Ygerne s’autorisait de plus en plus à vivre sereinement son quotidien au château. L’ombre de la menace, dont elle avait fait l’objet,  semblait s’éloigner de jour en jour pour ne plus paraître qu’un lointain souvenir.
Un jour où elle se sentait particulièrement joviale, la Duchesse prêta main forte au jardinier pour la taille des rosiers. Celui-ci ne savait décidément pas sur quel pied danser devant le tempérament fort lunatique de sa maîtresse. Pour autant, il apprécia pleinement ce moment de partage et de collaboration. L’arrivée soudaine de Jeanne, porteuse d’une nouvelle missive, anéantit instantanément la félicité du moment présent. Voyant le sourire de sa maîtresse se flétrir, le jardinier crut sage de s’éclipser discrètement. A la vue de la mine sombre de sa suivante, le visage de Dame Ygerne se décomposa à son tour. C’est donc d’une voix tremblante qu’elle demanda :
- Un cavalier ?
Jeanne hocha la tête avant de répondre :
- Le même que la dernière fois, j’en ai bien peur.
La Duchesse se saisit de la lettre avant de s’asseoir sur le banc le plus proche. Elle prit alors une profonde inspiration avant de prendre connaissance de son contenu :

Dame Ygerne, je vous remercie pour ce premier versement. Mais comme vous l’aurez sans doute deviné, votre parole est d’argent et mon silence est d’or. Vous ne verrez donc aucun inconvénient à ce que je vous réclame à nouveau la modique somme de 2000 pièces d’or. Comme vous savez déjà où et quand déposer l’argent, je me contenterais de vous dire à très bientôt !

Dame Ygerne comprit que son répit n’avait été qu’une illusion savamment orchestrée par son maître chanteur. De s’être soumise une première fois à sa volonté la condamnait désormais à lui obéir aveuglément sur le long terme. A vie ?
Elle se leva brusquement, comme pour s’opposer à cette terrifiante perspective.
Jeanne lui prit doucement le bras.
- Vous pouvez encore compter sur moi, Madame. Si vous devez sortir cette nuit, je ferai en sorte que nul ne le sache. Avec moi votre secret sera bien gardé.
Dame Ygerne la remercia d’un hochement de tête tout en ne pouvant réprimer un étrange frisson. En regardant sa servante s’éloigner, elle se livra à une inévitable introspection. Tous ces mystères, ces secrets qu’elle se devait de dissimuler, l’épuisaient totalement. Elle ne supportait plus de se sentir ainsi traquée, menacée par des forces invisibles. Il lui fallait trouver une faille dans la stratégie de son adversaire. Il y en avait forcément une. C’était un être humain, après tout, pas un démon. Elle repensa au cavalier, celui-là même qui avait apporté par deux fois les lettres à Jeanne et qu’elle seule avait vu. Ce cavalier n’était peut-être lui-même qu’un intermédiaire, mais il était assurément une piste inestimable pour trouver le misérable qui tirait les ficelles. Un plan commença alors à germer dans son esprit. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était grand temps pour elle de riposter.

Trois jours plus tard, Dame Ygerne apporta la somme convenue à l’endroit désigné. L’aller et le retour furent bien moins pénibles que la première fois. Elle savait que ce n’était que partie remise et cette pensée suffisait à lui insuffler courage et patience.

De par son rang, il fut aisé pour elle de trouver et d’engager un espion renommé. Tant et si bien qu’elle se morigéna de ne pas l’avoir fait plus tôt. La peur n’a pas son égale pour museler le plus vif des esprits. Cependant, elle savait qu’elle avait malgré elle endormi les soupçons sur une probable défense de sa part. Cela ne pourrait que lui être avantageux au moment de confondre son adversaire.
Elle tendit une bourse remplie à l’espion et murmura :
- Vous resterez dans l’enceinte du château et dès que ce cavalier viendra apporter une autre lettre à ma servante, vous le suivrez. Aucune intervention. Je veux juste savoir pour qui il travaille et où se terre son maître.
L’homme s’inclina.
- Très bien. Dès que j’ai l’information, je reprends contact avec vous.
L’espion ajusta sa capuche avant de quitter le prieuré.

Plusieurs jours passèrent. Dame Ygerne avait bien du mal à penser à autre chose qu’à sa future revanche et ainsi galvanisée, elle se surprenait à attendre fébrilement une autre lettre.
Un soir, alors qu’elle prenait l’air avant de retrouver son époux, elle faillit à nouveau écraser le chat errant de l’autre fois.
- Maudite bête, tu es encore là ?
Elle se mit à courir après lui, tentant vainement de l’attraper. C’est ainsi que le hasard voulut qu’elle aperçoive une silhouette familière se glisser furtivement dans la cour. Malgré la pénombre, la Duchesse reconnut rapidement Jeanne. La jeune femme avait une démarche particulière pour son âge, presque claudicante, qui n’appartenait qu’à elle. Intriguée, Dame Ygerne oublia le chat et se camouflant dans l’ombre, suivit des yeux sa servante en maraude. Elle l’observa passer les portes à la barbe des gardes enivrés et sa curiosité n’en fut que plus aiguisée. Où la brave femme pouvait-elle bien aller à une heure aussi avancée ? Ce n’était guère conventionnel. Elle passa les portes à son tour et suivit Jeanne à bonne distance. Elle aurait dû être gênée d’espionner ainsi celle qui la soutenait si bien, mais quelque chose lui disait qu’elle était sur le point de faire une découverte intéressante. Après tout, ce n’était pas si souvent qu’elle s’immisçait dans les intrigues amoureuses des autres. Et puis cela l’aiderait sans mal à occuper son esprit autrement qu’en ruminant sa quête de vengeance.

Après un trajet qui parut interminable à la Duchesse, Jeanne finit par s’arrêter devant une auberge à l’abandon. Elle toqua à la porte selon un code visiblement bien établi.
Cachée derrière un arbre, Dame Ygerne tendit alors le cou.
- La coquine. Elle a un rendez-vous galant !
Le galant en question ouvrit la porte et après avoir regardé brièvement autour d’elle, la servante s’engouffra à l’intérieur du bâtiment.
Dame Ygerne eut tôt fait de s’accroupir sous une fenêtre cassée afin de saisir une conversation prévue pour être secrète.
- Alors ? fit la voix de l’homme. Tout se passe pour le mieux ?
- Absolument, répondit Jeanne. Elle a toute confiance en moi.
- Tant mieux parce que je n’ai pas de bonnes nouvelles. Ils ont changé d’avis. Ils veulent que je paie le reste de mes dettes de jeux avant la fin du mois. Sinon…
- Ca veut dire quoi ?
- Ca veut dire qu’on va lui demander plus la prochaine fois. On a pas le choix.
- Combien ?
- Le double.
Dame Ygerne dut plaquer une main sur sa bouche pour étouffer un hoquet de surprise. Ce n’était pas un rendez-vous galant, loin de là. Sans le vouloir, elle venait de démasquer son maître chanteur ainsi que son complice. Jeanne s’était servie d’elle. C’est elle qui connaissait son secret et qui sans nul doute, pour régler les dettes de son compagnon, avait manigancé une telle fourberie. Pour Ygerne, ce fut comme de recevoir un coup de poignard dans le dos. La douleur de cette trahison atténuée, elle ne fut plus que vengeance, plus encore qu’auparavant.
Elle dut se faire violence pour ne pas pénétrer dans l’auberge et faire éclater sa colère. Mais elle savait que les deux criminels méritaient un sort plus cruel, un châtiment à la hauteur de l’humiliation qu’ils lui avaient fait subir. Elle s’éloigna discrètement du théâtre du complot, le regard débordant d’une haine brûlante.

Le lendemain matin, alors que Jeanne terminait de débarrasser le petit-déjeuner, Ygerne interpella sa servante :
- Je n’ai pas pour habitude de faire ça, mais j’aimerais beaucoup vous avoir à ma table ce midi. Le Duc est parti à la chasse pour la journée, cela nous donnera l’occasion de partager un moment privilégié. Et pour moi, ce sera un bon moyen de vous exprimer ma gratitude pour toute la discrétion dont vous avez fait preuve ces dernières semaines.
Après un bref instant d’hésitation, Jeanne fit une légère révérence :
- Ce serait un honneur, Madame.

Lorsque Jeanne pénétra dans la salle à manger afin de préparer le repas à venir, elle fut stupéfaite de trouver sa maîtresse très occupée à garnir la table de victuailles. Ygerne avait visiblement mis les petits plats dans les grands. En voyant son « invitée » arriver, la Duchesse lui adressa un généreux sourire :
- Aujourd’hui, c’est à mon tour de m’occuper de vous.
Tirant une chaise, elle invita Jeanne à s’asseoir. Abasourdie, tant par l’abondance des plats que par la prévenance de sa maîtresse, la servante s’exécuta machinalement. A son tour, Ygerne prit place à la table et le festin put alors commencer.
La Duchesse remplit un verre de vin qu’elle s’empressa de tendre à Jeanne :
- Tenez, goûtez ceci, vous m’en direz des nouvelles.
La suivante accepta le verre par politesse. Lorsque l’onctueux breuvage coula dans sa gorge, elle comprit qu’il ne servait plus à rien de résister à l’appel des convenances. Ce fut donc avec un plaisir apparent qu’elle se mit en devoir de garnir son assiette. Rillettes et saucissons, pâtés et volailles, rien ne semblait être en mesure de combler son dévorant appétit. De l’autre côté de la table, Ygerne se délectait elle aussi, mais essentiellement de voir sa convive se rassasier de la sorte :
- Je suis ravie de constater que tout cela est à votre goût !
Jeanne, la bouche encore débordante de chair, se permit de répondre :
- Madame, ce repas est tout simplement DI-VIN. Après cela, je peux mourir heureuse.
A ces mots, Ygerne ne put s’empêcher d’esquisser un sourire carnassier.
Effarée, Jeanne contempla son assiette vide :
- Moi qui croyais avoir un appétit d’oiseau, j’ai l’impression d’avoir mangé pour toute une vie !
- Vous m’en voyez ravie, ma chère, déclara Ygerne avec sincérité. Mais j’ose espérer que vous me ferez le plaisir de prendre du dessert.
Joignant le geste à la parole, elle souleva une gigantesque cloche en argent, révélant une alléchante tarte aux myrtilles. Jeanne n’eut pas le temps de réagir : sa maîtresse garnissait déjà son assiette d’une imposante part.
- Régalez-vous de cette délicieuse tarte que je vous ai tout spécialement préparée.
- C’est vraiment tentant, Madame, mais j’ai bien peur que mon ventre n’explose si j’avale encore la moindre bouchée.
- Un soupçon de gourmandise n’a jamais tué personne à ce que je sache. Succombez donc à la tentation.
Devant un dessert si appétissant et une hôtesse si insistante, Jeanne n’eut d’autre choix que de s’exécuter.
Elle porta à sa bouche une, puis deux cuillérées avant de se laisser complètement submerger par sa gourmandise. Tandis que sa servante mangeait goulûment, Ygerne l’observait avec l’attention d’un prédateur guettant sa proie. Elle ne s’émut même pas lorsque Jeanne commença à suffoquer. Celle-ci porta instinctivement ses mains à sa gorge et se leva en renversant sa chaise. Les violentes quintes de toux se succédèrent au point d’alerter Dame Ygerne qui se porta vers sa suivante en difficulté. Mais parvenant enfin à reprendre son souffle, Jeanne l’arrêta d’un geste avant de recracher le morceau de tarte qui lui entravait la gorge. Une fois rassurée sur son état, la maîtresse des lieux déclara d’un ton amusé :
- Quand je vous disais de succomber à la tentation, je ne pensais pas que vous me prendriez au mot !

Ygerne déposa le coffret dans l’âtre et reprit aussitôt le chemin du château. Une heure ne s’était pas écoulée lorsqu’un couple arriva sur les lieux. Les mains avides de l’homme et de la femme enlevèrent le coffret. Leurs yeux s’illuminèrent à la vue des quatre mille pièces d’or. Ils s’éloignèrent à leur tour, mais à peine eurent-ils quitté la zone que quatre malandrins leur tombèrent dessus. Le couple crut évidemment à des bandits de grands chemins. Rapidement neutralisé par ces quatre vigoureux gaillards, le tandem fut conduit devant un bâtiment qu’ils reconnurent au premier coup d’œil. A l’entrée de l’auberge abandonnée, une silhouette encapuchonnée semblait attendre leur venue. Lorsque le couple fut amené devant elle, Ygerne dévoila son visage à la grande stupeur de Jeanne et de son acolyte.
- Madame, je…
Ygerne la toisait avec autant de compassion qu’un chat peut en accorder à une souris.
- Je suppose que vous reconnaissez l’endroit. Moi, c’est ici que j’ai découvert qui vous étiez vraiment. Vous auriez dû faire du théâtre, Jeanne. Mais du théâtre de marionnettes, car vous tirez très bien les ficelles. Je ne veux savoir qu’une seule chose. Comment avez-vous su pour moi ?
Jeanne déglutit. Elle n’était vraiment pas en position de négocier. Malgré cela, elle afficha une certaine assurance. Celle, sans doute, acquise avec l’expérience de sa pratique.
- Promettez-moi que vous me laisserez partir et je vous le dirai.
Son compagnon fit les gros yeux. Il commença à protester, mais Ygerne l’interrompit d’un geste autoritaire, sans même un regard à son encontre. Elle n’avait d’yeux que pour son ex-servante.
- Entendu. Je vous écoute.
- Vous vous souvenez le matin du jour où votre époux est revenu victorieux de la guerre contre les Saxons ?
Ygerne acquiesça.
- Comment l’oublier ?
- Et bien, le Duc a commandé des tartines. Chose qu’il n’avait jamais fait en temps normal. Cela m’avait déjà mis la puce à l’oreille. Lorsque je l’ai vu revenir avec tous les soldats, j’ai compris que l’homme que j’avais servi n’était qu’un imposteur, aussi réussi que pouvait être son déguisement.
- Je dois avouer que le coup des tartines m’a aussi paru étrange. Mais il faut dire qu’avec la nuit que je venais de passer, j’avais le droit d’être un peu distraite. Il faut croire que vous avez été plus maligne que moi. Pour autant, vous auriez dû en rester là. Voilà où vous a mené votre cupidité.
Ygerne arracha le coffret des mains de Jeanne et le remit au chef des esclavagistes.
- Voici la somme convenue.
La servante s’épouvanta en comprenant le sort que lui réservait la Duchesse :
- Mais vous aviez promis…
Ygerne lui fit face, plongeant le venin de ses yeux dans les siens :
- Je dois quand même vous remercier, Jeanne. Vous m’avez appris une chose essentielle : toujours avoir un coup d’avance.
Tandis que les hommes les emmenaient de force, son compagnon et elle, Jeanne hurla en dévisageant une dernière fois celle qu’elle avait eu la faiblesse de croire si soumise.

Sur le bateau qui devait les emmener loin d’ici, le chef des esclavagistes s’intéressa à ses prisonniers. Il jaugea Jeanne comme un vulgaire morceau de viande :
- Je connais un chef Burgonde à qui tu devrais plaire. Me demande pas pourquoi, mais il adore lécher un pied bot après un bon banquet. Tu t’appelles Jeanne, c’et bien ça ?
La jeune femme opina, le visage aussi blême que la lune elle-même.
L’esclavagiste, enjoué,  jeta ensuite son dévolu sur son complice :
- Toi, tu seras parfait pour les galères. C’est quoi ton nom ?
L’homme soupira.
- Venec.
Le marchand pencha la tête et sourit :
- Venec ? C’est chouette comme nom. Tiens, si jamais j’ai un fils, je pense que je l’appellerai comme toi !

Ygerne contempla la lune, aussi calme et rayonnante qu’elle à présent. Elle respira un grand coup. Elle ne s’était jamais sentie aussi libre. Et pas seulement, parce qu’elle avait mis fin à la menace qui pesait sur elle. Elle était consciente d’avoir brisé des chaînes en elle. Cette mésaventure lui avait fait perdre son innocence. La vie n’aurait désormais plus la même saveur car elle se chargerait d’y mordre à pleines dents, sans l’ombre d’un scrupule.
Elle se retourna pour prendre le chemin du château. C’est à peine si elle vit la silhouette encapuchonnée. Un éclair l’aveugla et elle s’écroula aussitôt comme foudroyée…

A suivre :

Episode 3 : L'Enlèvement d'Ygerne

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

samedi, 11 octobre 2014

JB & M [Fanfics Cinéma]

fanfic,fanfic james bond,james bond,james bond oo7,emily deschanel,benedict cumberbatch

Nouvelle vie, nouveau visage et nouveau nom pour 007 et Moneypenny

 

 Après des années de silence, le S.P.E.C.T.R.E. ressuscite. Plus que jamais désireux d'anéantir le MI6, il en kidnappe le véritable directeur à savoir Miss Moneypenny, l'authentique M, les autres n'étant que de simples leurres destinés à tromper l'ennemi. Après moult péripéties, James Bond parvient à la délivrer. Mais le choc émotionnel causé par la véritable identité de la secrétaire de son patron supposé le fait quitter l'agence du jour au lendemain et le plonge dans une profonde dépression. Se sentant coupable et désireuse de vivre enfin au grand jour son amour réel pour 007, Moneypenny démissionne à son tour et part s'installer avec lui.

Désormais, ils font équipe sous le nom de JB & M [prononcé djibi and M], une agence de détectives privés siégeant à Londres. Elle est toujours sa secrétaire. Il est toujours sur le terrain. Mais désormais plus rien ne sera  comme avant.

 

Ils l'ont déjà lu, ce qu'ils en pensent :


Un bijou d'humour - Les Diamants sont éternels

Une série en or ! - Auric Goldfinger & Francisco Scaramanga 

Mon chat adore ! - Blofeld

Il me doit toujours une Aston Martin ! - Q

L'espion qui m'aimait (soupir) - Anya Amasova

007 remis à neuf dans un huit-clos ? J'abonde ! Le Chiffre

 

JB entra dans le bureau, vêtu de son impeccable smoking. D'un geste du poignet maîtrisé à la perfection il envoya son chapeau orner le porte-manteaux. Ce qu'il n'avait jamais avoué et ce qui n'a jamais été raconté, c'est qu'entre deux échanges musclés, il avait pris ses leçons auprès de Oddjob, le garde du corps de Auric Goldfinger. Question lancer de chapeaux, le bougre s'y connaissait et son expérience en la matière valait de l'or. Cela ne l'avait pas empêché de finir foudroyé, à cause de son propre couvre-chef de surcroît.

M sourit.

- Vous n'avez pas perdu la main, mais vous ne savez toujours pas faire vos lacets.

Le sourire de JB s'effaça. Il baissa les yeux.

- Oui, et cela m'a valu une belle chute inopinée.

Il posa son pied sur les genoux de M qui s'exécuta avec zèle en tirant la langue avec exégération.

- J'ai l'impression d'être votre mère. On se demande pourquoi l'agence ne s'appelle pas M & JB.

- Allons, M, vous connaissez mon égo. Et je n'ai jamais été un vrai gentleman.

- Mais j'ai toujours eu l'espoir que vous le deveniez un jour.

- Et c'est pour ça que je vous aime.

Il l'embrassa.

- Vous espérez comme ça je n'ai nul besoin de le faire.

Le visage de M se rembrunit. Elle le toisa froidement.

- Alors je n'ose espérer que vous me serez fidèle.

- Là-dessus, vous faites bien. Cela je m'en charge et à dire vrai je m'en charge très bien. Je vais manger un morceau, vous venez ?

M contempla une pile de dossiers en soufflant.

- Non, j'ai du travail à finir. Vos exploits, vous voyez.

- Le revers de la médaille. Alors on se voit plus tard.

 

M sortit des toilettes. Elle allait retourner dans le bureau lorsqu'elle entendit un vacarme à l'autre bout du couloir. Elle ouvrit la porte du débarras et eut la surprise de trouver Q au milieu d'un fatras de vieux gadgets.

- Mais qu'est-ce vous faites là ?

- J'ai mes entrées ici, vous ne saviez pas ?

- Depuis quand, je vous prie ?

- Depuis qu'il y a un tunnel qui relie le sous-sol du MI6 à votre agence.

- Quoi ? Vous avez creusé un tunnel jusqu'ici ?

- Dites-donc, M, j'ai l'air d'en avoir les moyens ?

- C'est vous le roi des gadgets, non ?

- Peut-être, mais j'ai le respect de la vie d'autrui.

- Alors qui l'a creusé ?

- Hum. Je ne suis pas autorisé à divulguer cette infor...

Le regard de M se durcit. Celui de Q l'imita.

- Il pourrait me tuer !

M empoigna rudement Q par le col :

- Parce que vous croyez peut-être que je n'aurai pas le cran de le faire ? Vous oubliez que j'ai été à la tête du MI6 pendant un paquet d'années !

- Très bien, calmez-vous. Pas besoin d'en arriver à ces extrémités. De toutes façons, je pense que vous savez très bien qui est responsable.

- Non, ne me dites pas que c'est...

Q esquissa un sourire peiné. M s'empourpra.

- Oh, le...

Elle posa ses mains sur ses hanches et soupira.

- Je ne trouve même pas de mot !

- Chenapan ? hasarda Q.

M l'ignora.

- Et dans quel but ?

- Je crois qu'il aime toujours garder un oeil et une oreille chez nous. Histoire de se tenir à jour, vous voyez. Certainement pas par nostalgie, ce n'est pas son genre.

- Pas son genre, ah ouais ! Et vous, alors, qu'est-ce qui peut bien vous attirer ici comme un voleur ?

- Et bien, pour être honnête avec vous, depuis que James, enfin depuis que JB est parti, je suis presque au chômage technique. Les autres agents sont très aimables, brillants, mais ils ne cassent rien ou si peu que mon planning est désespérément vide. Je me suis rendu compte que dans l'ancien temps je m'occupais finalement beaucoup plus à réparer les dégâts de double zéro sept qu'à autre chose. N, le nouveau directeur, a bien essayé de me filer deux-trois bricoles à faire en plus, mais...

Q s'énerva subitement :

- Qu'est-ce que vous voulez que je foute d'un aspirateur ?

- Je vois. Et vous pensiez en vous réfugiant ici que je vous trouverais deux-trois bricoles à faire, moi aussi ?

- Je ne sais pas. Je n'avais pas d'idée préconçue en tête. Tout ce que je voulais c'était fuir mon atelier. Je crois que je déprime sérieusement.

- Ah, non, vous n'allez pas vous y mettre vous aussi ! Si ca continue ca va bientôt devenir une vocation chez moi de remettre tous les hommes du MI6 sur pied ! C'est pas une clinique, ici, Q. Vous avez lu l'enseigne ?

Le viel homme afficha un air de chien battu. Très réussi.

- Bon. Vous savez taper à l'ordinateur ? J'ai justement une bonne raison d'aller manger avec JB maintenant.

 

M retrouva JB au Casino Royale, un bar-restaurant assez classe, sans trop en mettre plein la vue. Le salaire n'était plus le même et puis il fallait faire profil bas.

 - Et bien, tu avais drôlement faim, dis-moi. C'est sûr que le boulot ça creuse !

JB suspendit sa fourchette devant sa bouche.

- On se tutoie maintenant ?

- Oui, j'ai décidé ça. On a plus rien à se cacher, pas vrai ?

- Si tu le dis.

- A moins que tu planques un ou deux cadavres dans le placard.

JB faillit s'étrangler.

- Mais qu'est-ce que tu veux dire ?

- Rien. Juste que en tant qu'amants et partenaires, on se doit de tout se dire. C'est le meilleur moyen de voir le bout du tunnel, pas vrai ?

JB cracha le contenu de son verre.

- T'as découvert le passage secret ?

- Oui, grâce à Q.

- Q ? Mais qu'est-ce qu'il...

- Pour l'instant c'est de toi qu'on parle. Qu'est-ce que c'est que ces cachoteries dans mon dos ?

- Ce ne sont pas des cachoteries. C'est juste que par sécurité j'ai préféré garder un lien avec mes anciens employeurs.

- Et tu avais l'intention de me mettre au courant à quel moment ?

- C'est compliqué, M. Tu imagines bien qu'après avoir appris qui tu étais vraiment, ma confiance a été mise à rude épreuve. J'ai vraiment eu le sentiment que tout le monde s'était joué de moi. J'avais l'impression d'être le dindon de la farce et crois-moi, un truc pareil pour un homme comme moi, ça ne se digère pas comme ça !

- Ok, je peux comprendre, c'est justifié. Mais ça ne t'empêchait pas de me mettre au parfum. On est ensemble, maintenant. Pour le pire et pou...

- On est pas encore marié, M.

- Et alors ? Ca te donne le droit de faire des coups en douce ? Sans m'expliquer, sans m'impliquer ?

JB posa ses couverts sur la table.

- Un instant, tu veux bien.

Il avait remarqué un type louche qui venait d'entrer. Lorsque ce dernier sortit un pistolet pour menacer le barman, JB avait déjà tout planifié. Il désarma le braqueur d'une manchette au poignet et lui saisissant le bras lui fit embrasser le comptoir.

JB regarda le corps inanimé s'effondrer et adressa un grand sourire au barman.

- Secoué, non agité.

 

De retour à l'agence.

JB ouvrit la porte du bureau. Il prit son chapeau et tordit le poignet comme lui avait apprit Oddjob. En voyant Q assis devant l'ordinateur, il eut une crampe. Le chapeau alla dinguer contre le mur.

- Raté ! fit Q en passant timidement la tête au-dessus de l'écran.

JB ramassa son feutre et le déposa comme il se doit sur le porte-manteaux.

- J'imagine que je ne dois pas être surpris de vous voir ici.

- J'imagine que Madame vous a tout dit.

JB opina avec une expression qui en disait long.

- Désolé pour le savon.

- Ne vous inquiétez pas, Q, j'en verrai d'autres. Dites-moi plutôt ce que vous faites ici...

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

vendredi, 10 octobre 2014

Nature Treks [Jeux Vidéo/Critiques]

virtual-nature-treks-relax-1-0-s-386x470.jpg

Se faire du bien en quelques clics !

Il pleut ? Vous êtes malade ? déprimé ? Vous êtres coincé à la maison pour x raisons ? Vous voulez vous détendre avec un minimum de moyens ?

Il fait nuit ? Vous avez du mal à trouver le sommeil ? Une certaine sérénité ? Ou bien vous avez un besoin pressant d'être dépaysé là, maintenant tout de suite, mais vous vous rappelez que la téléportation n'existe pas encore ? Voici peut-être un remède qui pourra suffire dans certains cas.

Nature Treks est un jeu contemplatif dans lequel tout est réuni pour vous offrir un moment d'évasion sans pour autant vous déconnecter totalement de la réalité.

Quelques minutes suffisent à installer le jeu et hop c'est parti pour une balade en forêt aux couleurs automnales ou bien une promenade sur une plage paradisiaque, bercée par une musique pour le moins relaxante et éventuellement aussi par le chant lointain de quelque baleine.

Vous pouvez vous contenter d'explorer le paysage ou bien aussi compléter votre panel de couleurs, ce qui ne vous prendra guère de temps. En effet, plusieurs couleurs sont disséminées dans les différents paysages disponibles et à chaque fois que vous obtiendrez une nouvelle couleur, une voix féminine vous expliquera ce qu'elle symbolise et quels sont ses effets.

Nature Treks n'a pas pour vocation de vous tenir des heures en haleine. Non. Son but est tout autre et il est aussi simple qu'essentiel : restaurer en vous cette paix, cette quiétude perdue en revenant naturellement à la source.

 

Les +

- Gratuit

- Très rapide à installer (quelques minutes)

- Gameplay et objectifs minimalistes (un jeu pour tous !)

- Joli (pas besoin d'un PC de compétition)

- Intérêt : se faire du bien au sens le plus noble

 

Les -

- Uniquement en anglais (heureusement ce n'est pas rédhibitoire)

- L'eau constitue une barrière infranchissable

- Trop peu d'animaux

 

Télécharger Nature Treks

 

Petit aperçu : 

NatureTreks6.png

NatureTreks1.png

NatureTreks7.png

NatureTreks3.png

NatureTreks4.png

NatureTreks5.png

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mercredi, 08 octobre 2014

Les Gardiens de la Galaxie [Cinéma/Critiques]

gotg.jpg

Après le succès ravageur de la phase 1, Marvel est passé à la phase 2 de son carnet de route (notamment avec Captain Amercia : The Winter Soldier), repoussant ses ambitions et du même coup multipliant la richesse exponentielle d'un univers en croissance constante à l'image d'une excellente série télé. Que cela se produise sur grand écran n'en est que plus appréciable, les suites étant pour une fois justifiées et loin d'être réduites à cela.

C'est dans cette optique que voit le jour une nouvelle franchise en devenir, l'adaptation des Gardiens de la Galaxie qui, comparé à la renommée des autres super héros de l'écurie, font figure de parfaits outsiders. En théorie, seulement. Le fait est que Marvel n'a maintenant plus grand-chose à prouver et c'est sur un savoir-faire désormais incontestable qu'elle porte à notre connaissance ce space-opera rafraîchissant qui pose un nouveau jalon dans son irrépressible ascension vers un triomphe planétaire vertigineux.

Guardians-of-the-Galaxy-Photo-Star_Lord+Rocket-Raccon+Groot+Drax+Gamora.jpg

Avant...

Les-Gardiens-de-la-Galaxie-le-film-sera-lié-à-lintrigue-dAvengers-3-e1397485325660.jpg

Après !

Tous les ingrédients semblaient réunis pour assurer un nouveau succès au studio : un groupe de gentils anti-héros atypiques, bourrés d'humour et de folie ainsi qu'un contexte SF qui n'est pas sans rappeler le meilleur de Starwars et de la trilogie Mass Effect (les gamers fans de la série devraient trouver leur compte). On ajoute une belle brochette de stars (visibles ou non), le compositeur du moment, Brian Tyler (Assassin's Creed IV : Black Flag, Insaisissables) et on file les rênes de cette grosse production à un réal peu connu, mais estimé, James Gunn, qui a toutes les raisons de ne pas gâcher la marchandise.

les-gardiens-de-la-galaxie-photo-nebula.jpg

Le design de Nebula est très réussi, une sorte de mélange entre Jack (déjà clin d'oeil aux Chroniques de Riddick) et Liara de la série de jeux Mass Effect, une référence SF, s'il en est. Dommage que ce personnage soit simplifié et sous-exploité. La suite la réhabilitera peut-être.

960x540_9451_Mass_Effect_2_SubjectZero_3d_character_girl_woman_sci_fi_cyborg_picture_image_digital_art.jpg12-1-1386203671.jpg

Pourtant ça commence étrangement, c'est le moins qu'on puisse dire. Années 80, une famille dans un hôpital. Ambiance intimiste, dramatique. Quoi ? Comment ? Je me serais trompé de salle ? Le film a l'air très bien, ce n'est pas le problème, mais je n'ai pas payé pour ça et... boum ! En un plan me voilà rassuré. Il n'y a pas d'erreur de ma part, ni du réalisateur. C'est juste la première preuve que Les Gardiens de la Galaxie ne mange pas aux mêmes râteliers que les autres blockbusters.

Cette originalité de l'époque dont est issu Peter Jason Quill/Star-Lord accompagne l'histoire tout du long sous la forme d'une BO aussi dynamique que faussement anachronique et donne énormément de personnalité au film, ce qui n'est pas sans rappeler l'une des qualités de l'infortuné et prématuré Titan AE (avec son excellente BO pop/rock) qui partage justement avec Les Gardiens de la Galaxie la même ADN. Il est quand même très regrettable de constater que ce qui a peut-être contribué au sort funeste du premier fait sans doute partie intégrante du succès du second. Aucune reconnaissance pour les avant-gardistes. Et ce n'est pas l'accueil réservé à Tron premier du nom lors de sa sortie en salles qui me donnera tort.

les_gardiens_de_la_galaxie_focus_sur_drax_gamora_et_star-lord_2.jpg

Dans Star Trek, Zoe Saldana côtoyait une alien à la peau verte. Dans les Gardiens de la Galaxie, elle incarne Gamora, une tueuse à la peau verte. Contagion ? La belle avait auparavant arboré une peau bleue sous les traits de Neytiri dans Avatar. Décidément, quel caméléon ! L'actrice en tout cas continue de briller dans le registre de la SF.

LES-GARDIENS-DE-LA-GALAXIE-walkman-Sony-Go-with-the-Blog.jpg

Gamora et Star-Lord, sur la même longueur d'ondes. A noter que le nom Gamora n'est pas sans rappeler les Gamorréens de Starwars, eux-mêmes caractérisés par un épiderme verdâtre.

Le film se scinde selon moi en trois parties très apparentes d'un intérêt malheureusement décroissant.

La première nous familiarise avec l'univers et les personnages. C'est à mon sens la plus réussie. L'équipe n'est pas encore constituée et on sent qu'il y a du boulot avant que les cinq compères soient unis comme les doigts de la main.  On jubile devant leurs maladresses autant que leurs faits d'armes et on se réjouit de la suite des évènements.

Une fois les cinq compagnons redevenus libres, l'intrigue et ses enjeux apparaissent plus clairement. Mais leurs limites aussi. L'humour et les situations deviennent redondants et le manque cruel de rebondissements commence à se faire sentir. L'ennui s'installe alors. Etrange paradoxe quand on sait que la qualité visuelle est pourtant permanente et nous gratifie de plans souvent somptueux, que les acteurs font le taf, que les ingrédients dans l'ensemble répondent toujours présents. Mais il n'empêche qu'on décroche inexorablement, et ce, malgré la promesse d'un final explosif. Comme s'il n'avait plus rien à prouver, le film s'essouffle et retombe dans un classicisme décevant. Les gags ne nous font même plus sourire et on observe le baroud d'honneur avec indifférence.

guardians-of-the-galaxy-drax-the-destroyer.jpg

Le catcheur Dave Bautista s'en sort très bien dans le rôle de Drax Le Destructeur, un être brutal, qui plus est épris de vengeance, mais dont l'humanité ne demande qu'à être dévoilée. Aura-t-il droit à une carrière à la The Rock ? C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

Le film semble en fait tourner en rond et cultiver progressivement les défauts de la plupart des autres grosses productions : l'action est trépidante, mais pas toujours visible, la faute à une caméra trop rapprochée de l'action. Les chorégraphies des combats qui étaient travaillées au début du film deviennent anecdotiques dans la dernière partie. Tout devient assez prévisible et caricatural : le méchant à force de vouloir faire le méchant tout en épargnant la vie des héros finit par perdre toute crédibilité, et même nos cinq attachants gardiens perdent de leur saveur en dépit des évènements qui visent à les souder et à nous émouvoir. On sent qu'il ne leur arrivera rien de fâcheux, la preuve est que malgré certaines situations critiques, ils s'en sortent toujours sans la moindre cicatrice.  C'est là qu'on se rappelle qu'entretenir l'illusion qu'il peut arriver malheur aux personnages principaux est essentiel pour l'implication. Heureusement un twist final que n'aurait pas renié Shyamalan ainsi qu'une révélation concernant Star-Lord permettent de redonner in extremis un coup de fouet à l'ensemble.

On réalise alors que le manque d'explications sur l'enlèvement de Peter Quill et la linéarité apparente sont délibérés puisque résultant de l'intention de faire des Gardiens de la galaxie une trilogie. Ce qui fait relativiser ces défauts et en même temps nous interroge sur la valeur du film en tant que tel. L'efficacité du procédé narratif emprunté aux séries télé lorsqu'il est transposé au cinéma avec son propre rythme de diffusion est donc un poil remis en cause lorsque, comme dans ce cas, l'équilibre des deux composants est mis à mal. D'autant que la suite n'est pas prévue avant deux bonnes années.

Les personnages secondaires et les doubleurs originaux ont eu droit à un casting en or. Petite revue en détails :

guardians-of-the-galaxy-john-c-reilly.jpg

John C. Reilly dans le rôle de Rhomann Dey

247676.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Glenn Close incarne Nova Prime

les-gardiens-de-la-galaxie-poster-collectionneur-700x367-1405862557.jpg

Benicio Del Toro qui après Sin City et Wolfman, confirme son goût pour la métamorphose. Dans le rôle du collectionneur, il nous offre une version futuriste de Karl Lagerfeld. Ce personnage était introduit dans la première scène post-générique de Thor 2 qui nous permettait de comprendre où Marvel voulait en venir au final. Je ne saurais donc trop vous conseiller de la visionner pour une totale compréhension du puzzle scénaristique surtout si, comme moi, vous avez fait l'impasse sur la suite des aventures du grand blond.

Michael-Rooker-Guardians-of-the-Galaxy-Yondu.jpg

Question interprétation, c'est sans doute Michael Rooker, assez vite reconnaissable, qui détient la palme. Il est manifeste que le comédien s'est fait plaisir dans la peau (bleue) du sournois et cupide Yondu.

Rocket-Raccoon-Bradley-Cooper-Guardians-of-the-Galaxy.jpg

L'acteur Bradley Cooper (Limitless) fait merveille en donnant vie à Rocket même si on attendait une voix plus en adéquation avec le caractère farfelu et cartoonesque du personnage.

Guardians_of_the_Galaxy_-_Meet_Groot.jpg

Vin Diesel prête sa voix à Groot, autant dire qu'on oubliera vite ce détail. Si le personnage se caractérise par une unique réplique qui alimente (un peu trop) l'humour du film, l'identité de son doubleur s'avère au final une fausse bonne idée puisqu'on ne l'entend quasiment pas et le spectateur de ne pas profiter de son timbre caverneux d'ordinaire si appréciable. A croire que depuis les derniers épisodes de Fast and Furious, l'acteur se spécialise dans les prestations paresseuses. A noter que Groot est à l'origine de quelques scènes visuellement très poétiques.

josh brolin header.jpg

Josh Brolin (Gangster Squad) double quant à lui un personnage que je vous laisse le soin de découvrir par vous-même.

Ressenti donc plutôt mitigé, en tout cas pour mon premier avis. La faute peut-être à une surexploitation des meilleures idées au détriment de vraies surprises, une noirceur et une violence trop édulcorées par l'étiquette film grand public et l'impression plus ou moins consciente d'avoir déjà vu un certain nombre d'éléments ailleurs, sous une forme plus ou moins proche. Après Star Trek : Into Darkness qui m'avait un peu laissé de marbre, la question se pose : serais-je devenu imperméable à la SF ?

Et puis d'un point de vue tout à fait personnel, mais qui bien heureusement ne rentre pas en ligne de compte dans ma critique, il y a aussi l'amer constat de retrouver dans ce film plusieurs ingrédients de mon histoire Le Sang Des Etoiles, écrite des années auparavant, qui perd du coup une certaine part de son originalité. Ce n'est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière que je sentirais mon imaginaire "pillé" par Hollywood. Le statut d'auteur amateur et anonyme n'est pas toujours facile à porter surtout quand on assiste, impuissant, à la perte de ses (bonnes) idées.

Il reste que, objectivement, Les Gardiens de la Galaxie est une grosse bouffée d'oxygène qu'on attendait pas et qui, on l'espère, servira de tremplin au prochain Starwars. En espérant un peu moins de légèreté de la part de Disney.

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

Tron Legacy Soundtrack par Daft Punk [Musiques]

dp-sound.jpg

Malgré le succès du groupe, sa renommée et son talent, j'avoue n'avoir jamais été complètement séduit par les compositions du tandem casqué. Certains tubes ont retenu mon attention, bien sûr, et j'appréciais l'originalité de leur travail et leurs ambitions artistiques. Mais c'est véritablement la sortie et la vision de Tron Legacy qui m'a fait entrer de plein pied dans la dimension Daft Punk. Alors bien sûr on peut d'emblée me rétorquer que la BO du film n'est que partiellement leur oeuvre étant donné qu'elle obéit à des directives plus commerciales et que par voie de conséquence des compositeurs de renom tels que Hans Zimmer (Man of Steel, Inception) ont apporté leur contribution. Mais ne sachant dans quelle mesure, on peut au mieux supposer qu'ils ont agencé la partie orchestrale pour faciliter le travail du duo. Le fait est que le résultat - une sorte d'opéra techno-symphonique à la fois épique, lyrique et hautement récréatif - est une totale réussite et un vrai renouveau de la musique de films à une période où justement elle commençait sérieusement à manquer de souffle. 

Mais la beauté de l'oeuvre met en évidence un autre constat que je ne suis pas le seul à avoir fait : la BO de Tron Legacy est tellement envoûtante, tellement inspirée qu'elle s'apprécie naturellement encore plus une fois dissociée des images qu'elle illustre... jusqu'à se révéler être un bien meilleur film que le film lui-même. Oui, à ce point. Pourquoi ? Parce que les émotions que génère la musique de Daft Punk ne trouve pas d'écho, pas d'équivalent ni dans le scénario, ni dans la mise en scène, pas plus que dans les personnages traités à l'écran ou à de trop rares occasions. On a bien quelques frissons lorsque le héros se lance pour la première fois sur sa light cycle ou lorsque le morceau End Of Line annonce un combat dantesque dans la boite de nuit (caméo de Daft Punk en bonus), mais qui, au final, se verra réduite à une anecdotique échauffourée. Un moindre effet donc en regard de l'intensité potentielle.

En résumé, on pourrait dire que le film n'est clairement pas à la hauteur de sa BO laquelle a pour effet secondaire de pointer du doigt les défauts déjà très apparents du travail de Jospeh Konsiski (Oblivion). Et en l'écoutant encore et encore, on finit par se faire progressivement une autre idée de ce que Tron Legacy aurait pu être s'il en avait été digne. Et notre coeur de cinéphile de se serrer face à ce regrettable rendez-vous manqué.

 

Mon projet de fanfic : Heroes of the Grid

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air

mardi, 07 octobre 2014

Le Mur Invisible [Cinéma/Critiques]

20428129.jpg

De nos jours, dans les Alpes autrichiennes. Du jour au lendemain, une femme se retrouve coupée du monde par la présence d'un mur invisible qu'elle ne parvient pas à expliquer et qui va changer sa vie à jamais.

2636845_8a79b330-8b67-11e2-b610-00151780182c_640x280.jpg

Le chien n'usurpe pas son titre de meilleur ami de l'homme

Adapté du roman éponyme de l’écrivaine autrichienne Marlen Haushofer, le Mur Invisible est une fable fantastique au sens le plus noble du terme. A des années-lumières des grosses productions hollywoodiennes (on pense à Je suis une Légende ou Seul au Monde) le film raconte avec une grande économie de moyens la survie d'une femme dans tous les sens du terme alors qu'elle semble être la dernière de son espèce. Sa solitude forcée va la rapprocher inévitablement de la nature et donc d'une certaine sagesse tout en lui faisant jouer le rôle d'une divinité pouvant semer la mort ou préserver la vie selon sa volonté.

Le Mur invisible_4.jpg

Ecrire pour exister, le nouveau crédo de Martina Gedeck (La Vie des Autres)

Peu de musique et d'effets sonores (celui rappelant la présence du mur est subtilement placé) la voix off de l'héroïne accompagne tout du long les images  - paradoxalement magnifiques - de ce chemin de croix. Si on pourra lui reprocher d'être un peu trop bavarde par moment, c'est en même temps cohérent puisqu'on entend ni plus ni moins ce qu'elle couche sur le papier, son journal intime, seul rempart contre le désespoir et la folie qui la menacent. Autre garde-fou : la proximité de quelques animaux fidèles. Si bien qu'on a le sentiment que l'enfer de sa solitude et de son ignorance (d'où vient le mur ? Pourquoi elle ?)  est contrebalancée par le paradis d'une harmonie retrouvée, la résurrection de valeurs essentielles auparavant perdues.

lemuriin.jpg

La splendeur des Alpes ou comment concevoir un éden parfait sans aucun trucage. Les effets spéciaux du film (relatifs au mur) étant, quant à eux, rares, mais très efficaces.

roman.jpg

De ce récit jaillissent donc régulièrement sans qu'on s'y attende de fulgurantes vérités sur la nature humaine et le sens de la vie qui participent avec la beauté des paysages à l'essentiel de l'émotion, les scènes - même les plus dramatiques - n'étant pas aussi bouleversantes qu'elles pourraient l'être.

Amoureux de cinéma contemplatif, de récits initiatiques et de contes philosophiques, jetez-vous sur cette pépite !

Disponible pendant 7 jours

 

LA PHRASE QUI TUE 

"Je plains les animaux et je plains les hommes car ils n'ont pas demandé à être jetés dans cette vie. Peut-être que les hommes sont les plus à plaindre. Car ils ont assez de jugement pour s'opposer à l'ordre naturel des choses. Cela les a rendu aigris et désespérés et peu dignes d'être aimés. Et pourtant, il leur aurait été possible de vivre autrement. Il n'existe pas de sentiment plus raisonnable que l'amour. Il rend la vie des amoureux et des aimés plus supportable. Mais nous aurions dû reconnaître à temps que c'était notre seule chance, notre unique espoir d'une vie meilleure. Pour une éternelle armée de morts la seule chance de l'humanité perdue à jamais. Je dois y penser sans arrêt. Je ne comprends pas pourquoi nous avons fait fausse route. Je sais seulement que c'est trop tard."

 

Si vous avez aimé, peut-être aimerez-vous aussi :

CashbackInto the WildMichael Kohlhaas

 

 

Ce blog c'est pas juste un passe-temps
j'y bosse dur tous les jours
Je ne te demande pas d'argent
mais juste en retour
un petit commentaire
Ce sera mon salaire
C'est plus précieux que ça en a l'air