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dimanche, 19 août 2018

Mission Impossible Fallout [Cinéma/Critiques]

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Non, Tom Cruise ne fait pas l'ascension de la Tour Eiffel à mains nues, mais il vous donnera une large compensation. Il a même payé de sa personne lors d'un saut. 

Suite directe de Rogue qui nous avait laissé un excellent souvenir, l'épisode Fallout a pour lui un certain nombre de particularités. Des particularités autres heureusement que celles dont le marketing nous a assommé telles que Tom fait ses cascades et Superman quand il a une moustache, et bah il est pas très gentil. Oui parce que Tom lui-même a tenu à spoiler son film pour éviter toute illusion au spectateur. 

Ces particularités plairont ou pas, mais elles ont le mérite de donner une identité et de nombreuses thématiques à ce sixième opus qui semble vouloir (enfin) clore un chapitre entamé avec le 3ème film.

En effet, l'ex Madame Hunt sera de retour et si on pouvait craindre un peu trop de sentimentalisme, l'équilibre est plutôt bien trouvé avec un discours de la sus-nommée qui évite les clichés et qui redéfinit intelligemment leur couple et l'importance d'Ethan Hunt dans celui-ci.

Au rayon des bonnes choses on peut ajouter un travail d'équipe à la hauteur avec un Ving Rhames loin de jouer les figurants, bien au contraire. C'est le seul membre de l'équipe avec Tom Cruise à être au générique de tous les épisodes. Il connait donc bien Ethan et il le rappelle d'une bien belle façon lors d'une conversation avec Ilsa Faust et non sans humour à la fin.

Il y a donc une volonté d'humaniser dans ce Fallout, Ethan Hunt étant affiché comme un agent faillible par sa volonté de ne sacrifier aucune vie innocente même si c'est pour en sauver beaucoup plus, un trait de caractère présenté de telle façon qu'il semble avoir toujours été indissociable de sa personne. Là où ça coince, c'est que c'est bel et bien le premier épisode où l'on en parle et pour le spectateur pourtant fidèle à la licence, cette évidence sonne comme une nouveauté, d'où une impression étrange de grosse ficelle scénaristique pour relancer l'intérêt. Il eut été peut-être plus cohérent via un montage de scènes-clés de nous montrer cet aspect visible au travers des différents opus précédents. Après, libre à nous de les revisionner pour constater (ou pas) cet état de fait, ça fera toujours une bonne raison de les revoir.

Cela dit, le concept donnant davantage de profondeur à un héros qui nous est si familier (Hunt devant assumer plus d'une fois les conséquences de cette idée fixe), on ne fera pas trop la fine bouche.

Henry Calvill avait tout pour rappeler le personnage de Lupus de la série. Mission ratée ! On lui préfèrera un figurant asiatique beaucoup plus convaincant dans ses prouesses physiques. On retrouve avec plaisir Angela Bassett dans un rôle charismatique après l'avoir appréciée dans le rôle de la mère de Black Panther.

Là où par contre, la digestion est nettement plus difficile, et ce sur le long terme, c'est sur le personnage incarné par Henry Cavill (Man of Steel, Batman VS Superman). 

Présenté comme un tueur redoutable, August Walker peine dès le début à convaincre (le combat dans les toilettes). Le summum étant quand le secrétaire de la FMI, Alan Hunley (incarné par William Baldwin), le met gravement en difficulté lors d'un affrontement. Comment dans ces conditions rendre le personnage un tant soi peu crédible ? Un défaut qui rappelle la tueuse interprétée aussi maladroitement par Léa Seydoux sur Protocole Fantôme. On ne comprend pas comment deux réalisateurs aussi talentueux que Brad Bird et Christopher McQuarrie puissent laisser filtrer des erreurs aussi grossières qui plombent le sérieux et le soin global.

Quant au spoil sur la nature du personnage, s'il n'est pas grave étant donné qu'il dévoile son jeu assez tôt, il nous prive en revanche dans le même temps d'avoir de sérieux doutes sur la nature même de Ethan Hunt lors d'un sournois bilan sur ses agissements.

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Le film a beau valoriser Tom Cruise de toutes les façons, il reste pas mal de place pour les femmes et c'est tant mieux. Bon il y en a quand même trois sur les quatre qui succombent à à Ethan Hunt.

Alignant allègrement cascades en moto, en voiture, course et sauts sur les toits de Paris et un numéro d'équilibriste en hélico avec en bonus le spectateur comme co-pilote (filmée depuis le cockpit la poursuite est sacrément immersive !), Tom Cruise se la joue bébel et on ne peut évidemment qu'apprécier l'engagement du comédien présent sur tous les fronts.

Mais est-ce d'avoir perdu l'habitude de voir autant d'action épurée made in 80's sans gros trucages ou est-ce le choix de l'action centrée sur le point de vue de Tom négligeant du coup le spectaculaire associé à des éléments extérieurs intenses (poursuivants, foule réactive, fusillade), mais je m'attendais à quelque chose de plus percutant, de plus éclatant au niveau de la mise en scène et de ses effets.

Peut-être sent-on aussi davantage la volonté d'exhiber les talents de l'acteur/cascadeur (comme ce fut le cas souvent avec Bébel) plutôt que de justifier pleinement l'action par le scénario.

Fallout est indéniablement fait pour sacrer Tom Cruise, l'immortaliser comme l'acteur qui s'investit corps et âme à 100%, prêt à prendre tous les risques pour ses fans. Une pub de 2h30 pour prêcher les convertis et convaincre les réticents. A vous de voir de quel public vous faites partie. Mais au vu du succès du film et des réactions, les réticents ne sont pas nombreux.

En conclusion, un épisode généreux qui met autant en évidence les défauts et les qualités inhérents à la saga, qu'il s'agisse de prendre dans les vieux pots (best-of des épisodes précédents, action so 80's-90's : Cliffhanger, sors de ce film !) ou de relancer l'intérêt (Ethan défini en tant qu'être humain et la conscience apaisée va pouvoir roucouler et faire son boulot en même temps !).

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Si vous allez plus voir mes films, je vous préviens, je saute. Non, non, c'est pas du chantage affectif !

 

 

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Commentaires

Du très grand spectacle et 2h30 qui filent à la vitesse de la lumière !

Côté cascades c'est complètement dingue, Tom Cruise nous offre un spectacle très généreux que ce soit en moto, en hélico ou même à pieds. Rien ne l'arrête ! Perso j'ai adoré sentir le côté authentique et performance, ça change des sauts de 10m ultra-rapides filmés sur fonds verts ou faits en images de synthèse, et qu'on a jamais le temps de vraiment apprécier. Je dois dire que ça fait du bien et qu'on sent nettement la différence.

Côté scénario, chaque membre de l'équipe a son rôle à jouer, ce qui renouvelle un peu l'image du "Ethan super héros". Leur cohésion est essentielle pour faire avancer le machin et désamorcer (c'est le cas de le dire) les situations les plus tendues. Dans l'ensemble ils ont tous gagné en profondeur et en psychologie.

J'ai été aussi plus sceptique sur le personnage de Henry Cavill. Physiquement il est bien badass avec sa fameuse grosse moustache mais son attitude générale fonctionne moyen, il n'a pas d'aura vraiment menaçante ou mystérieuse. J'avoue que je m'attendais à un peu mieux.

Bref, globalement la franchise sait se renouveler tout en conservant fidèlement les ingrédients qu'on aime ! Très très bon moment !

Écrit par : Elo | dimanche, 19 août 2018

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