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mercredi, 03 octobre 2018

The Descent [Cinéma/Critiques]

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Tomb Raiders

The Descent traîne derrière lui une excellente réputation. Ce qui peut-être évidemment un inconvénient puisqu'il booste les attentes, les espérances surtout quand les films d'horreur estampillés "meilleurs films qui font peur" n'inventent absolument rien dans ce domaine, bien au contraire.

Personnellement c'est davantage son contexte de survie en milieu cloisonné qui m'a finalement décidé à le visionner.

Et le fait est que cette randonnée de spéléo entre amies qui tourne mal est particulièrement efficace, maîtrisée et crédible tout du moins dans sa première partie, la partie réaliste.

Tout d'abord parce que le film prend le temps de nous présenter les héroïnes et en particulier Sarah, le personnage principal, dont cette sortie doit servir à panser la blessure encore ouverte d'une tragédie connue de toutes.

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Le metteur en scène évite le cliché des bimbos dénudées et dresse le portait de femmes joviales et soudées, assoiffées de sensations fortes.

Visuellement c'est soigné que ce soit les décors ou les lumières et la narration assure également avec même d'excellentes idées (la manière dont elles découvrent la sortie).

Une première partie qui dure presque une heure (sur 1h40) et qui fait presque oublier l'aspect horreur.

Quand les créatures pointent le bout de leur nez, les aventurières, déjà fragilisées par quelques imprévus, vont devoir faire face à quelque chose qui les dépasse complètement. Mais c'est hélas à ce moment-là que le film bascule complètement. Les héroïnes se mettent à prendre des postures badass en alignant les finish moves comme dans un jeu vidéo, tant et si bien que rapidement on en vient à ne plus trop s'en faire pour elle alors que dans la première partie le suspens était savamment entretenu.

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Juno Wins !

La mise en scène retombe également dans un classicisme qu'elle avait su éviter jusque-là. On a droit aux décidément incontournables jumpscares musicaux de rigueur et aux gros plans pour nous faire apprécier tout le gore gratuit des affrontements et des mises à mort. A ce propos je me demande si l'addition survival sanglant + piolets + débardeur n'a pas inspiré Crystal Dynamics pour le reboot de Tomb Raider ! Ironie du sort, l'un des personnages rappelle justement qu'elle n'est pas Lara Croft avant de pénétrer dans les grottes.

Il y a bien des plans toujours inspirés, mais ils sont hélas noyés dans une avalanche de clichés vu et revus et d'invraisemblances alimentées par une intrigue secondaire dont on se serait clairement passé tant elle plombe l'ambiance.

Spoils - On se demande comment Juno peut conserver le collier offert par le mari de Sarah sur elle en présence de la jeune veuve d'autant plus quand celle-ci rappelle la phrase préférée de feu son mari qui justement est gravée sur le pendentif. Certes ça permet de résoudre la situation une fois dans les souterrains, mais c'est complètement illogique de la part de Juno. On peut penser qu'elle continuerait à croire son secret bien gardé, mais quand même, c'est dur à avaler.

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Il est indéniable que partant d'une bonne intention, le réalisateur Neil Marshall (La Bataille du Mur dans GOT c'est lui) a voulu mêler plusieurs genres afin de concevoir un film aussi fantastique que psychologique et on ne peut que saluer cette tentative. Mais cela ne fonctionne malheureusement pas très bien, un genre détruisant les qualités d'un autre.

Par ailleurs les êtres humains maquillés en créatures sont bien trop identifiables au niveau du corps pour faire vraiment illusion et nous filer des frissons au-delà de quelques plans peu ragoûtants sur leur visage d'orques aveugles et baveux. J'aurais préféré qu'on les voit moins et que leur monstruosité soit suggérée afin de laisser l'imagination du spectateur exagérer certaines de leurs caractéristiques.

A noter que la version française bénéficie d'une fin beaucoup plus subtile et psychologique qui se prête à plusieurs interprétations hélas ruinées par l'existence d'une suite. Regrettable d'autant plus qu'une interprétation en particulier pourrait justifier ce mélange de genres et sublimer l'ensemble de l'oeuvre.

The Descent est donc un film à découvrir, plus complexe et audacieux qu'il n'y parait malgré ses maladresses pour y parvenir sur un niveau de lecture basique.

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The Descent, un film purement métaphorique ? On peut le penser et c'est dans ce sens qu'il est sûrement le plus intéressant.

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