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lundi, 16 avril 2018

Daredevil [Cinéma/Critiques]

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Version Director's Cut

Dans le genre mal-aimé (avec un certain Green Lantern), Daredevil est notoirement célèbre. Si j'apprécie le film, je comprends aussi pourquoi il est ainsi malmené, même si je trouve cet acharnement un peu trop extrême. 

Les limites apparaissent en effet assez clairement. Le manichéisme prononcé, la dualité du héros trop simplifiée et l'action fun, mais qui vire parfois au délire (les sauts démesurés de Daredevil). Un résultat donc tiède et inégal comparé à la force et à la noirceur originelles qui se dégagent du comics. N'est pas Watchmen qui veut.

Le réalisateur Mark Steven Johnson est pourtant un inconditionnel du personnage. Son film suivant, Ghost Rider, prouvera définitivement qu'il est plus à même de faire dans le divertissement sympatoche que dans l'oeuvre adulte.

Pour autant Daredevil ne manque pas d'attraits. Outre un casting lourd que ce soit dans les rôles principaux ou secondaires, le pouvoir du héros est particulièrement bien mis en scène et exploité de manière variée, ce qui a inspiré certaines des meilleures scènes (comment Daredevil annule le bruit du métro pour détecter sa cible, le visage d'Elektra sous la pluie, pourquoi Daredevil ne rattrape pas son bâton lancé par Bullseye, la scène du parapluie à l'enterrement, l'idée de Daredevil pour vaincre Le Caïd).

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La baston dans le bar valorise aussi bien les talents martiaux de Daredevil que l'étendue de son sens radar, les craquements de la mâchoire de sa cible prioritaire précédemment frappée lui indiquant où elle se trouve dans le chaos généré par son intrusion.

Autre qualité, Daredevil, loin de représenter le super-héros ultime, montre régulièrement ses faiblesses. Sans parler de sa cécité (qui est au final autant un don qu'une malédiction puisqu'à l'image d'un Superman, il est constamment harcelé par des appels au secours), il ne sort jamais indemne de ses combats et l'état de son corps en est la preuve. 

La musique est composée par Graeme Revell, lequel s'il ne signe pas un score aussi mémorable que The Crow, dote le film d'une partition très agréable et nuancée. Du côté des chansons, on est aussi très gâté avec des tubes aussi bien de Moby que de Rob Zombie, déclinant les standards pop/rock de l'époque. Daredevil, un divertissement trop plombé par le marketing grand public ? Sans doute, ce qui explique son contenu allégé en termes de violence et de noirceur.

Mais cela a surtout été l'occasion de bouleverser nos tympans avec le son du groupe Evanescence et ses deux plus gros tubes (inclus partiellement dans le film, s'il vous plait !) à savoir Bring me to Life et My Immortal.

Je me rappelle encore l'effet que m'avais fait un simple extrait de Bring me to Life dans le trailer. Je me disais : "C'est quoi cette chanson, d'où sort cette voix ? Pourvu qu'on la retrouve dans le film ! " Autant vous dire que l'album du film et du groupe n'ont pas mis de temps à intégrer ma collection.

L'enfance de Matt Murdock avec son père et les origines de Daredevil sont très plaisantes à découvrir et visuellement le film vieillit assez bien exceptées quelques scènes dans l'église lors du combat entre Daredevil et Bullseye où les incrustations font tache (c'était déjà le cas à sa sortie).

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Matt Murdock alias Daredevil. Avocat aveugle le jour, justicier à la vue de laquelle aucune crapule ne peut espérer se soustraire la nuit venue. Ben Affleck incarnera à nouveau un vengeur masqué des années plus tard dans Batman VS Superman, puis Justice League (une apparition aussi dans Suicide Squad).

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Le héros a autant soif de justice que de moralité, effrayé à l'idée de basculer du côté des criminels qu'il traque, que ce soit lors d'un procès ou dans une ruelle sordide de Hell's Kitchen.

La scène du métro dévoile le côté noir de Daredevil. Ce qu'il ne peut réussir à obtenir légalement et professionnellement, il le recherche autrement. Dommage que cet aspect sombre de sa personnalité ne soit pas assez poussé tout au long du film. Malgré d'évidentes tentatives, la violence psychologique aussi bien que visuelle est trop édulcorée. Et surtout les dialogues et pensées du héros sur le mal et la méchanceté tombent régulièrement dans une navrante et mièvre caricature.

Il est un fait que je ne supporte pas les voix off pour conclure les films (une image vaut mille mots dans ces cas-là) surtout quand c'est pour alourdir inutilement le propos ou la nature du personnage. Même The Dark Knight que j'adore n'a pas su échapper à cette maladresse.

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Une séquence de drague plutôt drôle et originale, dommage que la chorégraphie parte vite dans le WTF.

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Jennifer Garner (Dallas Buyers Club) campe une Elektra farouche et revancharde à souhait, mais elle aussi en quête de paix depuis la mort de sa mère. Elle trouvera naturellement en Matt un parfait auditeur à sa douleur. Heureusement la romance sera contrariée par le fait qu'Elektra ignore la double identité de Matt. L'issue de son combat contre Bullseye est la grosse surprise du film.

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L'emblématique tenue rouge (absente de Daredevil) est bien présente dans le métrage consacré à Elektra avec toujours Jennifer Garner pour incarner le personnage, cette fois dans sa version tueuse à gages.

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Jon Favreau est Foggy Nelson, partenaire et ami de Matt Murdock. Foggy possède une moralité d'avocat plus nuancée, mais reste toujours fidèle à Matt malgré le fait que ce dernier tait la véritable raison de ses fréquentes contusions. Le futur réalisateur de Iron Man, Iron Man 2, de Cowboys et Envahisseurs et du Livre de la Jungle jouait ici les comiques de service avec efficacité. On a pu aussi l'apprécier en chauffeur/garde du corps de Tony Stark.

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Michael Clarke Duncan (La Ligne Verte) casse son image de gentil géant en endossant le rôle de Wilson Fisk alias Le Caïd. Le choix de l'acteur a beaucoup été critiqué étant donné que le personnage est blanc dans le comics (ce qui sera fait dans la série en cours). Le comédien est peu actif au cours du film et convainc donc à moitié, heureusement une scène visible uniquement dans la version Director's Cut permet de le voir sous un jour plus violent. A noter que Ben et lui avaient partagé l'affiche d'Armageddon.

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Collin Farell (Le Nouveau Monde, Total Recall, Un Amour Infini) incarne Bullseye alias Le Tireur. L'acteur semble s'être beaucoup amusé avec ce personnage de tueur excentrique qui s'amuse à donner la mort par les moyens les plus imprévisibles. Des scènes humoristiques, mais qui parfois ne sont pas judicieusement placées et sabotent l'intention dramatique (l'épilogue version Director's Cut).

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Karen Page, secrétaire du cabinet et future compagne de Matt, ne fait ici que de la figuration, figuration un poil prolongée dans la version Director's Cut. On devine facilement son intérêt frustré vis à vis de l'avocat aveugle pour lequel elle demeure totalement invisible. Sans doute un mauvais choix de parfum !

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Cette scène de Daredevil au milieu des flammes, juste après la bagarre dans le bar, est enfin visible avec la version Director's Cut et on apprécie. La mise en scène joue beaucoup sur la dualité ange/démon du personnage que ce soit les symboles sur sa canne ou cette scène sur un toit où placé entre deux sculptures d'anges il semble lui-même posséder des ailes.

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Coolio n'est visible que dans la version director's Cut. Son rôle de gangster maladroit apporte pas mal d'humour, mais ne vaut que pour cela. L'enquête qui l'introduit, elle, est plus intéressante, même si on comprend pourquoi aussi elle a été supprimée, étant donné qu'elle n'a aucun lien avec la trame principale.

Elle sert surtout à accentuer une thématique majeure du personnage : le fait que Daredevil n'est jamais en paix. Il est hanté en permanence par les cris des victimes avoisinantes à cause de son don, même quand il veut profiter du repos du guerrier, et que c'est lui et lui seul qui doit choisir d'intervenir ou non, de privilégier la justice qu'il peut appliquer ou l'ignorer pour connaître un répit bien mérité. Mais peut-il vraiment le connaître avec la culpabilité de ne pas avoir agi, en sachant qu'il pouvait être le seul à le faire ?

Autre intérêt : savoir qu'un témoin à la barre peut parvenir à mentir en trompant son détecteur de mensonges (les battements du coeur). Le personnage apparait donc faillible même à ce niveau. Plutôt bien vu !

 

 

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