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mardi, 21 mars 2017

Split [Cinéma/Critiques]

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Shyamalan revient enfin en force !

Après La Jeune Fille de l'Eau et Phénomènes qui n'avaient pas su nous convaincre malgré de  bonnes idées et une tentative louable de se renouveler, Shyamalan faisait le grand écart en livrant deux commandes, une sans stars (Le Dernier Maître de l'Air), l'autre avec (After Earth avec Will Smith et son fils), mais toutes deux blindées d'héroïsme et d'effets spéciaux, et hélas toutes deux trop inégales en terme d'intérêt pour nous éblouir au-delà de quelques plans léchés.

Et pourtant on le voulait ce come-back, car en regardant en arrière le moins qu'on puisse dire c'est que le cinéaste a laissé une empreinte indélébile : Sixième Sens, Incassable, Le Village, Signes. Des oeuvres marquantes à plus d'un titre où son génie et sa virtuosité tant du point de vue de la narration que de la mise en scène ont transcendé les multiples genres auxquels il s'est frotté, même si parfois le mélange a crée des frustrations longues à digérer (En allant voir Signs, j'étais convaincu de voir un hommage vibrant au Rencontres du 3ème type de Spielberg).

Se retrouvant dans une impasse, Shyamalan n'a qu'une seule issue : revenir à l'essentiel, à ce qui fait sa force. Avec The Visit, il réduit tout à son strict minimum hormis la force d'une intrigue qui se laisse découvrir jusqu'à son surprenant épilogue, ceci couplé à l'usage du Found Footage, histoire de nous rappeler qu'il peut tout maîtriser question procédé.

On reprend un peu espoir d'autant que le film bien que très modeste à tous points de vue sort de l'ombre grâce à un excellent bouche à oreille.

Lorsque Split sort en salles avec son slogan très accrocheur, le nom du réalisateur et celui de l'acteur ayant la lourde charge de crédibiliser le dit slogan, on a les yeux qui pétillent, on se laisse rêver enfin au retour du génie, le vrai !

Tout semble réuni pour relancer la machine à chef d'oeuvre.

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Les cheveux du Professeur Xavier seraient-ils en train de repousser ? Blague à part, ces deux acteurs donnent le meilleur d'eux-mêmes et nul doute que leur prestation respective leur ouvrira davantage de portes.

Split se dresse-t-il donc à la hauteur des titres sus-nommés ? Difficile pour moi de répondre tant il joue à la fois dans la même catégorie et tant il diffère aussi. Mais le cinéaste n'a pas renié ses préoccupations, loin de là. Il est toujours question de dualité (et même plus du coup !), de la part d'ombre et de lumière de l'être humain, de sa capacité à se dépasser comme il peut dans un monde naturellement hostile.

Car au-delà de l'aspect spectaculaire que James McAvoy (Wanted, X-Men : Le Commencement, X-Men : Apocalypse) parvient à crédibiliser de manière remarquable (certaines fois plus que d'autres), il y a une évidente volonté de rappeler les traumatismes de l'enfance qui conditionnent nombre d'existences, conférant aux être humains leurs plus grandes faiblesses et éventuellement leurs plus grandes forces (mais à quel prix !), mais alimentant toujours trop la monstruosité de ce monde en souffrance, construisant un cercle vicieux (les traumatisés donnant naissance à d'autre traumatisés qui eux-même seront tentés de faire souffrir leur entourage).

Ceci dit, on est également fasciné par la nature de la pathologie (le personnage de Kevin est inspiré d'un cas réel de personnalités multiples) qui bien qu'elle résulte de souffrances qu'on ne souhaite à personne démontre parallèlement des capacités incroyables du cerveau humain (chaque personnalité a des talents bien définis que n'ont pas les autres et qui confinent parfois au génie et à l'exceptionnel, même si le film se concentre plus sur la psychologie pure).

Dans le fond, le film est donc riche de thématiques, de lignes narratives (celle de Kevin, celle de l'héroïne et même celle de la thérapeute) qui finissent par s'entrecouper de manière pertinente comme autant de combats pour ramener la paix en soi ou chez les autres.

J'avoue que l'émotion, le suspens ont perdu de leur saveur trop rapidement à mon goût même (surtout) aux moments clés, mais comme j'ai de plus en plus de mal à rester deux heures d'affilée devant un film, je ne peux pas tout incomber à la réalisation bien que je l'avoue la mise en scène reste trop sagement dans les clous, surtout quand on connaît le talent du réalisateur en ce domaine.

Je me sentais donc un peu déçu malgré l'indéniable originalité du sujet (en plus le slogan promet trop, on ne voit vraiment que quelques personnalités sur les 23) et puis en l'espace de quelques minutes (les dernières), sans m'avertir, Shyamalan m'envoie une série de droites (révélations, connexions entre les personnages) qui m'estomaquent. Bon ok, c'est vrai que c'est un sacré bon film. Et puis, comme s'il avait deviné d'avance l'exigence forcenée de certains spectateurs (au hasard, moi !) il balance un uppercut final dévastateur : son génie éclate d'une façon totalement inattendue, redéfinissant complètement tout ce que je viens de voir.

Et s'il y a bien quelque chose capable de me faire complètement changer mon appréciation sur un film, c'est bien sa fin ! Et de ce côté j'ai été royalement servi, car le frisson tant espéré je l'ai eu et sous une forme totalement insoupçonnée ! Je ne peux en dire plus, ce serait criminel. Mais si vous aimez Shyamalan et ses oeuvres passées et que vous avez envie d'être surpris là où vous ne vous attendiez pas, foncez ! Y a du 9 dans le 7ème art, je vous dis !!!

 

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