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vendredi, 16 février 2018

Black Panther [Cinéma/Critiques]

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Qu'on soit noir ou blanc, voir une telle affiche fait un bien fou, mais quand on est noir, ça doit faire forcément plus d'effet !

 Un Marvel Exceptionnel

On peut dire que celui-là a bien joué avec ma hype.

D'abord super motivé, puis refroidi par le trailer qui mettait en avant technologie SF au détriment de l'aspect tribal ainsi qu'un aspect urbain contemporain un peu trop prononcé avec la dégaine du méchant et une bande-son hip-hop, mon engouement n'a cessé de virevolter au gré des retours presse/public et de ma curiosité sur un film qui de toutes façons paraissait assez unique. 

J'ai fini par céder à la tentation et bon sang que je ne le regrette pas.

J'ai eu tout simplement le film que j'attendais et toutes mes craintes se sont rapidement dissipées. Non seulement Marvel signe là probablement son meilleur film, mais Black Panther est tellement riche et intelligent dans le traitement non manichéen de ses personnages qu'il peut même sans mal être vu et apprécié en dehors de son habillage super-héroïque.

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Un Vent de Fraîcheur venu d'Afrique

Car le film de Ryan Coogler (déjà bien inspiré avec Creed) est parvenu à réaliser un véritable exploit avec une matière d'une densité précieuse (comme le vibranium), mais potentiellement risquée à exploiter sur un seul film qui plus est devant s'inscrire dans la continuité de tout un univers déjà mis en place depuis 10 ans (initiée avec Iron Man).

Cela dit Thor Ragnarok était passé par là juste avant en prouvant qu'en cassant un peu (beaucoup ?) les codes, Marvel était capable de se renouveler tout en conservant ses acquis.

La richesse thématique de Black Panther qui aurait donc pu saborder très vite l'ambition du cinéaste lui permet au contraire de mêler intimement plusieurs couches scénaristiques en un tout cohérent qui sublime chaque ingrédient. Car la priorité a été visiblement de ne jamais ou presque céder à la facilité, à constamment donner de la profondeur, de l'épaisseur à chaque protagoniste, à nuancer la personnalité, le propos.

Si bien qu'on a pas affaire à un seul genre, mais bien à une pléthore, comme Winter Soldier avait déjà su bien le faire à son niveau.

Drame humain, sociétal, thriller politique, film d'espionnage, film de super héros, Coogler efface les frontières (une métaphore appropriée pour ce film). Tout est remarquablement lié et on dévore ce passionnant et savoureux melting-pot cinématographique avec le sentiment grisant de restaurer autant ses yeux (visuellement c'est de toute beauté, des costumes aux panoramas en passant par les joutes guerrières) que son cerveau.

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Chadwick Boseman endosse avec conviction le costume emblématique de Black Panther, écartelé entre le respect des traditions et le besoin impérieux de prendre en considération les erreurs du passé pour ne pas les renouveler. Comme dirait l'ami Spidey : de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ! 

Face à lui, Michael B Jordan (qu'on avait apprécié dans Chronicle et Creed de Coogler également) se relève sans problème de l'échec des 4 Fantastiques en campant un Erik Killmonger d'une redoutable épaisseur, mais d'une humanité toute aussi incontestable. Le souci, c'est que son affrontement avec Black Panther met beaucoup de temps à venir alors que rien ne l'empêche dans l'absolu. La première partie (qui peut dénoter par rapport au reste par son aspect James Bond) est de ce fait un poil trop longue. - spoils - Killmonger aurait pu se débarrasser plus tôt d'Ulysse puisque c'est son laissez-passer, mais même sans cela il avait les conditions requises pour réclamer le trône du Wkanda puisqu'il a le tatouage dans la bouche et l'anneau de son père.

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Moi qui voyais Angela Basset parfaite à une époque dans le rôle de Tornade, j'ai été à moitié exaucé puisqu'elle interprète la mère de Black Panther, avec des cheveux blancs en plus. Royal !

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Effet de mode ou pas, peu importe au final, après Wonder Woman et ses inoubliables Amazones, le girl power est plus que jamais au rendez-vous dans Black Panther également, et ça aussi ça fait un bien fou ! La compagne de Black Panther et sa garde rapprochée sont particulièrement bien valorisées. On note la présence à gauche sur la photo de l'impressionnante Danai Gurira (la Michonne de Walking Dead) ainsi qu'au centre de Lupita Nyong'o qui a prêté sa voix à la louve Raksha dans Le Livre de la Jungle et à Maz Kanata (l'amie de Han Solo) dans Star Wars VII.

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La soeur de Black Panther (Laetitia Wright) est la reine des gadgets et maîtrise la technologie du vibranium (la matière dont est fait le bouclier de Captain America) à la perfection. Peut-être un peu trop. On a l'impression qu'elle construit tout toute seule, des costumes aux armes en passant par les véhicules. Quelques plans significatifs avec une équipe d'ingénieurs n'aurait pas été de trop pour rendre la chose plus crédible.

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Bien qu'en retrait, le personnage incarné par Forest Whitaker (de nouveau sollicité chez Disney après Rogue One) a joué un rôle capital dans la situation actuelle du Wakanda.

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Martin Freeman (Sherlock, le Hobbit) apporte une légèreté bienvenue tandis que Andy Serkis (l'incarnation de Gollum, Cesar et King Kong) profite d'un répit de performance capture pour exploiter un peu plus le rôle d'Ulysses Klaue (vu dans Avengers 2) et nous gratifie d'une composition répugnante dont il semble lui-même se régaler.

Ainsi on éprouvera de l'empathie pour les rôles principaux comme secondaires, pour ceux placés du bon comme du mauvais côté, la limite entre tout cela étant souvent très mince dans Black Panther pour ne pas dire inexistante, ce qui est sans doute la plus grande qualité du film de Coogler.

Car si les deux rivaux au trône du Wakanda ont chacun leur parcours, leurs blessures et leurs motivations, le scénario brillant démontre efficacement comment une expérience même malheureuse peut en enrichir une autre et que rien n'est figé (n'est-ce pas T'challa ?), tout dépend de ce que nous en faisons : du sombre passé dont nous héritons malgré nous peut naître un avenir plus lumineux, les sages ne choisissent-ils pas de construire des ponts plutôt que des barrières ? (dixit le king himself !).

On comprend finalement que dans Black Panther le vrai méchant ce sont les traditions, car Black Panther comme Killmonger sont victimes à des niveaux différents des traditions défendues farouchement par le père de BP. Le plus grand combat et la plus grande victoire de T'Challa ce n'est pas de vaincre Erik qu'il comprend et auquel il donne rapidement une chance de s'opposer à lui, mais bien de s'opposer à son père et de refuser son héritage, d'accepter les faiblesses, l'imperfection d'un homme qui lui est cher et qu'il a idéalisé toute sa vie.
Le parcours d'Erik ouvre clairement les yeux à BP tout comme les idéaux de son ex. C'est un bon roi dans le sens où il va prendre du recul sur tout, et assembler les idées qui peuvent permettre de se tourner vers l'avenir de faire entrer le Wakanda dans son siècle de la manière la plus intelligente.

Black Panther c'est avant tout notre histoire, l'histoire des hommes, ces nombreuses casseroles que notre espèce traine, de siècle en siècle, avec en prime cette incapacité à vivre en harmonie entre peuples aux moeurs différentes, à concilier technologie, spiritualité et social (ce que le film réussit justement très bien !).

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Le Wakanda et son nouveau roi apparaissent alors comme l'opportunité inespérée de trouver l'équilibre, mais pour ce faire il faudra que T'Challa renonce à taire la véritable importance de son pays, à faire ses propres choix et à remettre en question les priorités instaurées par son père tragiquement décédé dans Civil War.

Black Panther, loin de verser dans le blockbuster juste bon à se vider la tête, nous renvoie directement à notre monde, à notre époque, avec une force d'autant plus grande que le message est amené l'air de rien, disséminé subtilement dans un divertissement lui-même de très haute volée serti de touches d'humour d'une spontanéité rare. On pouvait difficilement rêver mieux.

Après l'échec injustifié de A la poursuite de demain, une autre production Disney qui tentait une approche similaire, le succès très bien engagé de Black Panther fait donc rugir de plaisir et on espère qu'il fera de nombreux petits. Comme on dit : In T'Challa !

 

Au final, pas de hip hop dans Black Panther (ou si peu), mais une orchestration mêlant très habilement sonorités tribales et modernes, exactement ce que j'espérais. Mais difficile de deviner la chose sans avoir vu le film tant les chansons sont mises en avant. Pour profiter au maximum de l'effet Black Power ? Pour mieux vendre le film sur le marché américain ? Intention d'attirer un public jeune sur un film résolument politique ? Si c'est pour ça, pourquoi pas, ça ne peut pas faire de mal ! Un seul regret, qu'il n'ait pas inséré un hymne africain avec choeur à la fin du film comme je les affectionne tant (voir ICI) au lieu d'une chanson moderne qui ne rappelle en rien l'émotion véhiculée par le film.

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La panthère noire a toujours été mon animal préféré, alors forcément il y a des plans que j'ai surkiffé (voire aussi celui de l'arbre au cours du rêve spirituel de T'Challa).

 

 

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