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samedi, 10 novembre 2012

Assassin's Creed III [Jeux Vidéo/Critiques]

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   Après un premier épisode novateur, mais très perfectible, mettant en scène Althaïr, un épisode II grandiose, suivi de deux opus consacrés toujours au personnage d'Ezio Auditore, Ubisoft nous livre enfin le très attendu IIIème chapitre de sa célèbre saga dans laquelle Assassins et Templiers s'affrontent pour le destin de l'Humanité. Sans oublier l'ombre de Divinités puissantes qui semblent manipuler Desmond afin d'accomplir leurs propres desseins.

C'est l'Histoire d'un Mec...

Une intrigue de plus en plus dense et complexe. Le résumé en début de partie n'est donc pas de trop pour nous remettre l'essentiel de l'histoire dans la tête. Les premières heures de jeu surprennent par la nature du personnage incarné. Une surprise qui prend des allures de cadeau empoisonné quand on pense à tout ce qui nous a été promis. On piaffe alors d'impatience et on ronge son frein à l'idée d'endosser le rôle de Connor Kenway l'amérindien, le nouvel assassin de cet (ultime ?) épisode. Du coup si on est familier de la série, on sera plus que tenté de rusher cette consistante mise en bouche qui offrira tout de même une rencontre déterminante ainsi qu'une chute inattendue.

Mais l'éditeur a clairement décidé de prendre le temps de nous présenter l'univers et son héros, puisque nous verrons et incarnerons Connor à plusieurs stades de sa vie. Libre au joueur de s'éterniser, mais tant qu'il ne sera pas adulte et proclamé assassin, Connor sera évidemment beaucoup plus limité dans ses possibilités.

Malheureusement, les développeurs n'ont pas été très inspirés pour la mise en scène et la narration. Outre des cinématiques fades, dépourvues d'émotions, l'histoire s'attarde sur des détails qui peinent à nous intéresser et quand vient les instants les plus emblématiques,  clichés et ellipses viennent supprimer tout le sel de l'aventure. Une totale incompréhension étant donné la qualité passée à ce niveau. Si les origines de Connor en elles-mêmes sont originales, elles sont desservies par des explications pour le moins succinctes et confuses. Et il en va de même pour la structure générale du jeu et de ses mécanismes. A ce niveau, on est loin du II qui parvenait brillamment à intégrer mission principale et activités annexes sans jamais perdre le joueur en cours de route. En voulant voir plus grand, le studio a manifestement ouvert des failles auxquelles on ne s'attendait pas : manque flagrant d'explications, bugs en tous genres et incohérences. Rassurez-vous, elles ne vous empêcheront pas d'apprécier son travail de titan qui flattera progressivement votre rétine et rentabilisera votre investissement. Mais une fois n'est pas coutume, il faudra être patient puisque ce n'est qu'à partir de la séquence 9 (oui, seulement) que l'intrigue gagne enfin en intensité et les dialogues en saveur.

Into The Wild...

Ce n'est donc véritablement qu'au bout d'une dizaine d'heures qu'on commence tout juste à mesurer l'étendue du soft en matière de contenu et d'immersion. Mais à ce moment-là, c'est la claque assurée. Et ce prologue/tutoriel qui nous avait semblé si contraignant et interminable est alors relégué au second plan. Face au gigantisme de la zone de jeu, du nombre de missions et d'activités annexes, on comprend alors qu'Ubisoft gardait en réserve sa botte secrète. Habitué à accoucher de grandioses reconstitutions, le studio signe ici son chef-d'oeuvre. A la manière d'un AC II qui avait mis la barre très haut pour se démarquer de la redondance de son prédécesseur, AC III repousse encore plus loin les limites et pose un nouveau jalon dans l'ère des jeux en monde ouvert. Découpé en plusieurs zones d'un intérêt égal, le monde de Connor est doté d'une autonomie exemplaire. Si l'assassin nous bluffe complètement par sa faculté à se mouvoir quelque soit le terrain et les circonstances, les animations des PNJ ne sont clairement pas en reste. Des tonnes et des tonnes de détails que seuls les joueurs les plus patients, curieux et contemplatifs auront plaisir à dénicher. Mais l'exploration étant plus que jamais au coeur du gameplay, tout est fait pour que vous ne passiez pas à côté de ces innombrables enjolivures qui forcent le respect et l'admiration.

On pourra ainsi allègrement grimper sur les ailes d'un moulin à vent, visiter le monumental chantier d'un navire en construction dans le port d'un Boston, vaste et criant de vérité ou encore escalader un phare, la nuit, sous une pluie battante. A ce propos, on pensait que Red Dead Redemption détenait la palme question rendu météo, mais AC III parvient l'exploit de rivaliser grâce à des effets tout aussi convaincants. C'est bien simple, lorsque les premières gouttent de pluie se mettent à tomber, on sourit d'avance à l'idée de voir l'environnement bénéficier d'une magnifique ambiance orageuse.

...and The Darkness

Les raccourcis ne seront donc pas de trop pour se rendre où l'on veut. La bonne idée, c'est que cette fois les tunnels des villes devront faire eux-même l'objet d'une exploration en temps réel afin de débloquer les différents accès rapides. Une phase fort sympathique puisqu'elle intègre une variété d'actions appréciables (orientation, énigmes, combat).

Qui va à la Chasse...

En ce qui concerne le comportement de la faune, le chef-d'oeuvre de Rockstar conserve la première place. On sent un aspect résolument plus arcade dans le titre d'Ubisoft dû à l'intégration discutable de QTE pour terrasser les plus grands prédateurs qui n'oseront par ailleurs jamais s'attaquer à vous, pourvu que vous soyez à cheval. Du coup on craint de moins en moins les effets d'une attaque surprise même quand elle vient d'un puma embusqué, ce qui ajoute encore au côté invincible de l'assassin que d'aucuns regretteront. On regrette surtout que les animaux rencontrés soient systématiquement mis en surbrillance, annulant l'intérêt de les pister, qui était en soi une bonne idée. On pourra cependant se consoler en les appâtant pour mieux les prendre au piège de nos collets. La déception la plus grande vient finalement de l'arc. Si vous comptiez démontrer toute votre dextérité en exécutant des tirs longue portée avec une précision chirurgicale, vous serez au regret d'apprendre que cette arme n'est utilisable qu'à une certaine distance et qu'en plus de cela, le ciblage automatique rendra la tache désespérément assistée. Une occasion ratée. Les archers dans l'âme se consoleront avec Skyrim et ses finish moves au ralenti du plus bel effet.

Le gibier n'est pas une denrée rare, loin de là, plusieurs espèces sillonnant l'immense et sauvage Frontière. Chacune vous rapportera de quoi alimenter votre empire commercial ou développer votre artisanat. Car si AC III n'est pas à proprement un RPG, c'est l'épisode qui se rapproche le plus du genre tant il regorge d'activités et d'interactions. Un contenu gargantuesque dans lequel on vient facilement à se noyer faute d'explications opportunes dans certains cas. Le fait est que le jeu ne se dévoile vraiment que progressivement au joueur, lui garantissant toujours de nouvelles choses à faire pour alimenter son intérêt. Certaines déjà connues des amateurs, d'autres venant enrichir un gameplay qui n'en finit pas de nous étonner par sa diversité. On peut d'ailleurs constater avec satisfaction que ce troisième opus est clairement la synthèse de toute la série. Un bon point à signaler.

Le Million !

Dans les bémols, on peut aussi pointer du doigt un défaut récurrent de la série : gagner de l'argent est toujours aussi facile. Les sources de richesse ne manquent pas. Que ce soit en commerçant, en déverrouillant des coffres, en attaquant des convois, en lançant ses recrues en mission ou bien encore en exploitant votre domaine, vous ne serez jamais à court de monnaie sonnante et trébuchante. Il aurait été judicieux, par exemple, de devoir réparer, entre deux batailles, les avaries de l'Aquila, notre navire et de recruter de nouveaux membres d'équipage afin de remplacer les matelots morts au combat. Des coûts importants qui auraient mieux équilibrer l'aspect économique du jeu tout en renforçant le background. En compensation, le joueur prendra beaucoup de plaisir à étendre son domaine et gérer ses convois de marchandises. Il verra même naître au fil du temps un véritable village animé par la vie courante de ses habitants, plutôt attachants, dont les tâches quotidiennes seront même exploitées dans le cadre d'un mini-jeu. Cette communauté grandissante donnera d'ailleurs lieu à plusieurs quêtes annexes destinées à enrichir l'artisanat ainsi que le background du jeu plutôt que d'offrir un challenge digne de ce nom.

Touché, Coulé !

Cela dit, puisqu'on aborde les batailles navales, c'est l'occasion ou jamais de saluer cette remarquable innovation. La maîtrise technique de ces séquences est hallucinante d'autant plus que la jouabilité est d'une simplicité enfantine. Connor est au gouvernail et peut virer de bord à tout moment tout en usant d'une batterie de canons de chaque côté. Le résultat à l'écran est spectaculaire. C'est immersif au possible tout en étant d'une fluidité exemplaire. Ce qui paraissait à première vue comme un gadget secondaire se révèle être au final l'une des plus grandes réussites du jeu.

FIGHT !

On ne peut parler décemment d'un Assassin's Creed sans aborder l'aspect du combat. Les affrontements seront bien évidemment nombreux et violents à souhait puisque vous aurez maintes fois l'occasion de vous dresser face à l'oppression de l'Empire Britannique. Le système a été revu pour s'aligner sur la référence en la matière depuis quelques années : le Batman de Rocksteady. Un bouton pour attaquer et un bouton pour parer, puis enchaîner de fatales contre-attaques. On peut faire difficilement plus simple. Mais là où AC III marque sa différence c'est dans le choix du coup de grâce qui varie selon l'arme équipée et qui donne lieu à de sympathiques animations. On se prend alors facilement pour Scorpion de Mortal Kombat avec la dague à corde ou Legolas lorsqu'on décoche une flèche à bout portant. Dans le même esprit, si Connor est placé entre deux ennemis lors d'une contre-attaque, une brève, mais plaisante cinématique en plan rapproché se déclenchera. On trucide ainsi en un éclair un peloton de fantassins dont certains se montreront parfois plus retors, bien heureusement. En ville, vos crimes vous vaudront régulièrement d'être traqué comme l'ennemi public numéro un et il faudra alors rivaliser d'astuce pour vous débarrasser de vos nombreux poursuivants et de leur feu nourri. Les affiches de prime font leur grand retour de même que les colporteurs, mais s'ajoutent à cela une nouvelle possibilité de recouvrer l'anonymat. En effet, les imprimeries vous permettront de réaliser vos propres affiches et ainsi de détourner la rumeur à votre avantage. Malin !

En tant qu'amérindien et assassin, Connor est naturellement expert avec des armes comme le tomahawk, l'arc et les lames secrètes. Il pourra aussi compter sur de nouveaux instruments de mort comme la dague à corde qui harponne l'ennemi et lui offre une pendaison en bonne et due forme pour peu que vous la lanciez depuis un arbre. Il bénéficiera aussi d'armes à feu d'époque telles que le pistolet et le mousquet qu'il devra recharger obligatoirement entre deux tirs à l'instar de ses adversaires.

IS THE END OF THE WORLD ?

Mais qu'en est-il de Desmond ? me direz-vous. Et bien, il est là et bien là. Et le voir évoluer dans différents environnements modernes au cours de phases d'action/plateforme pêchues fait plaisir à voir. La fin n'en sera sans doute que plus décevante pour beaucoup. A trop vouloir étoffer son scénario pour faire fructifier sa saga, Ubisoft nous laisse très dubitatif sur la finalité de tout cela. La saga est visiblement loin d'être terminée. Il faut pourtant savoir mettre un point final à une oeuvre pour la clore en beauté. Chose, que les studios, trop avides, ne sont, visiblement, plus capables de faire.

En conclusion, malgré des soucis techniques récurrents, Assassin's Creed III est un excellent monde ouvert, doté d'une aire de jeu et d'un gameplay riches et passionnants. On ne dira pas la même chose du scénario et du cadre historique beaucoup trop inégaux en terme d'intérêt pour remporter l'adhésion, d'autant que l'épisode se termine un peu trop en queue de poisson au vu de ce qu'on pouvait en attendre.

 

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