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samedi, 07 mars 2009

Watchmen [Cinéma/Critiques]

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Mercredi 3 mars 2009. 11H00. Sortie du film Watchmen adapté du roman graphique de Alan Moore [auteur] et Dave Gibbons [dessinateur].

La bande-annonce illustrée par la musique de Muse, la noirceur se dégageant des images et de la voix off,  l'ambiance mystérieuse, tout cela m'attirait vers cette oeuvre. J'adore les films de super-héros, mais j'aime encore plus lorsqu'ils sont traités comme des êtres humains à la base qui doivent lutter constamment pour rester le meilleur d'eux-mêmes (Merci M. Night Shyamalan pour Incassable !!!)

Cela faisait un moment que le cinéma ne m'avait pas offert ce frisson, cette sensation de plénitude que l'on ressent devant une oeuvre qui s'imprime en vous - faisant écho à vos désirs les plus enfouis - et vous obsède totalement après la projection. Je ne l'attendais plus. Mais je l'espérais toujours un peu, en secret.

Watchmen me l'a donné ce frisson. Parce qu'il m'a donné ce que j'en espérais [un excellent film de super héros] et surtout parce qu'il m'a offert ce que je n'espérais même pas : un film à part entière, inclassable car abordant une multitude de genres, d'ambiances et de thèmes. Un film complet donc, qui parle aussi bien de politique que de métaphysique, qui laisse s'exprimer la poésie autant que la violence la plus nue, qui approfondit la psychologie de chaque personnage. Un film sans compromis, pour le bien de l'oeuvre originale et aussi celui du spectateur. Et c'est un véritable cadeau de pouvoir constater que mener un tel projet à bien est possible (mais encore très long et très compliqué puisqu'il a fallu pas moins d'une vingtaine d'années pour en arriver là).

Réduire Watchmen à un simple film de super héros reviendrait à dire que la vie est simplement l'antithèse de la mort. Ce serait faux, réducteur et ce serait surtout un beau gâchis. Si vous aimez le cinéma, allez voir Watchmen. Si vous aimez les drames, allez voir Watchmen. Si vous aimez les films d'action, allez voir Watchmen. Si vous aimez philosopher, allez-y aussi. Mais vous rirez aussi en allant voir Watchmen et peut-être que vous pleurerez. Une chose est sûre : vous serez surpris et pas qu'un peu. Tout est possible. Surtout le meilleur.

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Le Roman Graphique Versus le Film
 
 
J'ai choisi ce titre délibérément provocateur à dessein : à mes yeux, une telle rivalité n'a pas lieu d'être, les deux sont complémentaires et indispensables à l'appréciation de l'oeuvre dans son intégralité.
J'ai fait l'expérience de les assimiler en parallèle et je vous la recommande même si en pratique elle peut paraître inconfortable (Découper un film en épisodes n'est pas dans les moeurs du spectateur moyen). Pourtant cela en vaut la peine. On comprend alors combien le Roman Graphique (le terme Comics est mensonger quand on parle de Watchmen) a été respecté et parfois éclairé sous un nouvel angle qui enrichit l'univers crée par Alan Moore et Dave Gibbons. Car si beaucoup ont reproché à Snyder de faire l'ellipse sur certains aspects de la narration (l'histoire de pirates entre autres, réinsérée depuis dans une édition complète ou l'origine du masque de Rorschach), ils oublient qu'il a su rééquilibrer cet inévitable et relatif défaut en mettant en scène des détails qui n'étaient présentés que sous formes d'anecdotes dans le livre (Manhattan détruisant le char) ou d'intégrer astucieusement l'aspect historique via un générique fabuleux. 
Snyder s'est approprié le récit et l'a régurgité intelligemment. Ne bénéficiant pas des mêmes outils et techniques que les deux auteurs originaux, il s'est servi des siens pour recréer les ambiances et les émotions  sans les dénaturer : voix (écouter la VO de Rorschach vous comprendrez !) montage et musiques (la BO est une tuerie !)
 
Quand on adapte une histoire, il y a deux pièges à éviter : le copier/coller sans âme et le hors sujet. Snyder a su leur échapper à tous deux. Un travail d'adaptation sincère qui se pose en exemple et reste à ce jour probablement le meilleur film du cinéaste de par le challenge, la complexité maîtrisée du matériau de base et l'équilibre entre le fond et la forme. Un équilibre qu'il ne saura retrouver ni avec Sucker Punch, ni avec Man of Steel.
 

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