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dimanche, 26 février 2017

The Crossover [Fanfics/Jeux Vidéo]

 

L’Ouest Américain, près de la frontière mexicaine, dans la région de Cholla Springs.

La ville d’Armadillo d’ordinaire si paisible résonnait en cette nuit glaciale de coups de feu et de cris de détresse.

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Le Marshal Johnson et ses deux adjoints, Jonah et Eli, avaient improvisé des barricades au beau milieu de la rue derrière lesquelles ils faisaient feu. Sous leurs injonctions, des habitants avaient renforcé portes et fenêtres afin que la menace soit circonscrite. Mais plusieurs cadavres jonchaient déjà le sol à l’extérieur des bâtiments comme à l’intérieur.
- Bon sang, mais d’où sortent ces horreurs ?
Johnson était un vétéran et à ce titre il avait vu un paquet de choses peu reluisantes dans sa vie. Mais rien ne l’avait préparé à cela. Rien n’aurait pu, en vérité. Les morts revenaient à la vie, sans crier gare. Et non content d’être repoussants, ces cadavres ambulants passaient leur temps à essayer de croquer les vivants.
Quelques braves joueurs de poker insomniaques avaient sorti les armes pour soutenir l’effort des autorités locales. Mais pour eux la chance avait tourné. Ils éliminèrent plusieurs goules - d'avenantes prostituées dans un un passé encore récent -  avant d’être encerclés et pris de vitesse. Ils tombèrent les uns après les autres dans de grandes éclaboussures de sang. En s’abattant violemment sur le sol, l’un d’eux révéla l’as caché dans sa manche. Mais cela n’avait plus d’importance.
Jonah jouait de la gâchette en insultant chacune de ces cibles les honorant ainsi de son fort accent du sud qu’il prétendait être un héritage irlandais. Il tirait juste, mais plus que de raison comme dans l’espoir que les balles tirées le délivrent totalement de sa peur. Ces foutus cadavres étaient laids, c’était un fait, mais il y avait aussi leurs mugissements, leurs grognements, quelque chose de profondément si inhumain que cela aurait gelé les os instantanément même du plus téméraire pistolero.
Eli commençait à s’inquiéter devant le nombre de leurs assaillants.
- C’est une impression où on ne fait que gagner du temps ? Je voudrais pas jouer les rabat-joie, mais si un héros digne de ce nom venait nous prêter main forte, ce serait pas du luxe !
Johnson ne sut que répondre sur l’instant. Il observa le cauchemar devenu leur réalité, un cauchemar duquel il semblait impossible de pouvoir s’échapper.  Un instant toute la scène se déroula sous ses yeux comme au ralenti : une fillette pleurant sa mère disparue, un barman jetant des bouteilles incendiaires pour la protéger des monstres approchant inexorablement avant d’être sauvagement attaqué par des créatures enflammées par ses soins, le croque-mort ayant la bonne idée de s’enfermer dans l’un de ses cercueils avant que le cadavre s’y trouvant  - et qu’il avait visiblement oublié - ne fasse de lui un occupant plus légitime, ses deux fidèles assistants écumant de rage et lui, tenace, toujours à son poste, mais complètement dépassé par l’ampleur des évènements. Il poussa un soupir avant d’éclater la cervelle de l’un de leurs agresseurs, autrefois une fermière aussi jolie qu’innocente.
- Sûr qu’on aurait bien besoin d’une légende !

Le scorpion noir venait de capturer une guêpe imprudente dont il comptait bien faire son prochain repas. Mais une pluie diluvienne noya en quelques secondes ses rêves de festin. La terre devint boue et il dégringola de la falaise. La guêpe se libéra et prit son envol avant d’être réduite en charpie par la balle d’un revolver.
L’homme tout vêtu de noir rengaina son arme d’une main et ferma sa braguette de l’autre sans cesser de siffloter.

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Il se tenait en haut de la falaise avec une étonnante assurance, contemplant le paysage idyllique, composé de palmiers, de villages aux couleurs chatoyantes et de lagons, s’étendant sous ses yeux à perte de vue.
Puis il porta une paire de jumelles à son visage :
- T’es sûr qu’ils vont passer par là, Sheldon ?
- Affirmatif, fit la voix joviale de son boss dans son oreillette. Nos espions sont formels.
- Tant mieux parce que tu me connais. Poireauter c’est pas vraiment ma spécialité.
Des coups de feu et des clameurs résonnèrent derrière le dos du mercenaire.
- Tu as encore mis quelqu’un en colère, Rico ?
- A ton avis ? Tu me payes pour quoi ?
Une véritable armée venait d’apparaître dans son dos comme par magie. Plusieurs escouades de soldats braquaient leurs armes sur lui, soutenues par un avion de chasse en vol stationnaire et précédés d’un Colonel qui avait miraculeusement échappé au chaos engendré préalablement par le mercenaire. Enfin en partie seulement à en juger par les brûlures et les cicatrices qui dévoraient son visage déjà peu amical au demeurant.
- Tu croyais vraiment t’en tirer à si bon compte, sale chien ?
Rico répondit sans même prendre la peine de se retourner :
- Je dois avouer que c’est une belle embuscade.
Le Colonel sourit. Enfin ses blessures s’écartèrent un peu pour donner cette impression. Il pointa un pistolet sur la nuque du mercenaire.
- Haut les mains !
Il se tourna vers ses hommes, jubilant :
- J’ai toujours rêvé de dire ça.
Tandis qu’ils riaient tous plus par crainte que par envie, Rico produisit un petit objet dans sa main qu’il leva afin que tout le monde le voie.
- Comme je disais, c’est une bien belle embuscade.
Son adversaire plissa les yeux. Enfin son œil valide le fit pour deux.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Oh, rien, l’ami, juste le détonateur relié aux explosifs sur lesquels vous vous êtes tous gentiment arrêté.
La voix de Sheldon revint le harceler :
- Rico, je viens de t’envoyer les coordonnées du convoi, qu’est-ce que tu fous ?
Le visage du Colonel se crispa quelques secondes avant de se détendre.
Il se mit à rire et ses hommes de faire de même pour éviter une exécution sommaire.
La voix de Rico l’interrompit.
- C’est ma tournée, les gars.
Il se retourna enfin, le sourire jusqu’aux oreilles :
- J’ai toujours rêvé de dire ça !
Il appuya sur le détonateur. Une série d’explosions tonitruantes anéantit l’armée en quelques instants. Tandis que le Colonel était projeté du haut de la falaise par l’onde de choc, Rico lança son grappin vers l’avion de chasse qui jugeait bon de se faire la malle et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il avait extirpé son pilote du cockpit et s’était assis aux commandes.
- C’est bon, Sheldon, je suis à toi.
Lorsqu’il examina son PDA, l’un de ses sourcils fit mine de prendre la tangente :
- Dis-moi, c’est normal que le convoi soit localisé en plein ciel ?
- Allez Rico, fais risette à tonton Sheldon. Remplis cette petite mission et je te promets que tu auras droit à quelques vacances aux frais de l’Agence.
Rico s’esclaffa.
- Je veux !
Puis son visage pâlit.
- Et mais une minute, j’étais pas censé être déjà en vacances ?
Le rire tonitruant de Sheldon se fit entendre avant que la communication ne soit coupée.
- Merde, je me suis encore fait enfler !

Depuis que l’hélicoptère avait quitté l’Afrique, le silence régnait dans l’habitacle. Chris Redfield contemplait Sheva Alomar avec de nouveaux yeux. Cette femme l’avait accompagné jusqu’au bout malgré les doutes, l’isolement et le danger. Sa croisade personnelle pour retrouver Jill Valentine elle avait fini par la faire sienne. Naturellement. Et cela faisait l’admiration du membre du BSAA. Une admiration et une estime qu’il pensait jusque-là ne pouvoir réserver qu’à Jill elle-même.
Le bruit d’une explosion toute proche l’arracha à ses réflexions.
- Qu’est-ce qui se passe ? Ca vient d’en-bas ?
- Non, répondit Josh Stone aux commandes de l’hélico, on vient de nous prendre en chasse.
Encore à fleur de peau, Sheva et Chris saisirent leurs armes et tentèrent d’identifier la menace. Sheva repéra derrière eux plusieurs hélicos noirs et imposants s’approchant à grande vitesse.
- On nous aurait suivi depuis l’Afrique ?

Chris se saisit d’une paire de jumelles et put ainsi remarquer un sigle qu’il ne connaissait pas sur le fuselage de l’un des appareils : une étoile de marin flanquée de deux ailes stylisées. Très militaire dans l’âme. Mais cela cachait quelque chose de plus important à n’en pas douter.
- Non, c’est autre chose.
Sheva vérifia le chargeur de son pisolet-mitrailleur.
- Pourquoi ça ne me rassure pas ?
Un autre missile explosa non loin d’eux, ébranlant l’appareil.
- Je crois qu’on a pas besoin d’une autre autorisation.
Chris s’empara de sa gatling et fit feu aussitôt imité par Sheva. Mais le blindage des hélicos semblait à l’épreuve des balles sans compter l’adresse des pilotes qui louvoyait efficacement entre les rafales.
Sheva pesta.
- Je crois qu’un arc et des flèches leur feraient le même effet !
Un hélico explosa faisant s’éloigner quelque peu les autres.
- Bien joué ! fit Sheva à l’adresse de son partenaire.
- Mais j’y suis pour rien, je croyais que c’était toi.
- Eh, salut la compagnie ! Besoin d’un petit coup de pouce ? Je viens faire le ménage !
Le tandem se frotta les yeux. Un avion de chasse venait de s’immobiliser sur leur flanc gauche. Le pilote était hilare et se tenait sur l’appareil sans paraître incommodé le moins du monde par sa position insolite.
- Permettez que je monte à bord pour qu’on fasse les présentations.
Avant d’avoir obtenu le moindre aval, il était dans l’habitacle de l’hélico du BSAA. Il serra vigoureusement la main de Chris.
- Toi je sens que tu es un homme d’action, ça me plaît, on a sûrement des tas de choses en commun.
Puis il se tourna  vers Sheva :
- Quant à toi, je parie que tu portes un tatouage sur le sein gauche où il y a écrit « I Love Rico Rodroguez. »
Il lui offrit son sourire le plus charmeur, mais la seconde d’après il recevait le poing de la jeune femme en pleine figure.
- Ils reviennent ! annonça Josh Stone.
Comme pour confirmer, des crépitements accompagnés d’étincelles s’insinuèrent dans la conversation.
Rico secoua la tête et comme si de rien n’était balança son inséparable grappin qui le propulsa illico sur l’hélico le plus proche.
- Au fait Rico Rodriguez, c’est moi ! Enchanté !
- Mais d’où sort cet ahuri ? s’enquit Joss tout en manoeuvrant son appareil pour leur éviter une mort prématurée.
Sheva grimaçait encore.
- On se le demande !
Un sourire s’épanouit sur le visage de Chris tandis qu’il faisait parler sa sulfateuse :
- Il a peut-être un grain, c’est vrai, mais on peut dire qu’il tombe à pic !
D’une rafale bien placée de son pistolet-mitrailleur, Rico ouvrit la porte de la cabine et voulut arracher le pilote de son siège, mais l’autre lui résista plus qu’il ne l’eut souhaité.
- D’habitude c’est plus facile ! dit-il avant d’encaisser un crochet au visage et de cracher une giclée de sang dans le même mouvement. Voyant qu’un autre hélico faisait mine de le prendre pour cible, il quitta son perchoir et courut.

 

A suivre...

 

En lien :

Projet The Crossover

 Plus de Fanfics et de Crossovers : ICI

 

 

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vendredi, 04 septembre 2015

Projet The Crossover [Fanfics/Jeux Vidéo]

5 Motivations, 1 seule Mission !

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Cinq icônes du monde du jeu vidéo réunies pour la première fois dans une même Fanfic ! Avec quelques guests surprises bien sûr !

 

A projet épique, trailer épique !

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Histoire de teaser un peu (beaucoup ?) en attendant de pouvoir vous offrir plus... Tout ce que je peux dire c'est que les quatre licences dévoilées dans cette image ne seront qu'une partie de celles que j'exploiterai...

Depuis quelques mois une idée de geek en puissance me fait les yeux doux; une idée du genre ambitieux.

En gros, imaginez l'équivalent de Avengers au ciné version fanfic jeux vidéo, un énorme crossover réunissant plusieurs héros, héroïnes emblématiques du monde vidéoludique (choix forcément subjectif) et avec eux leur univers respectif dans une seule et même histoire. C'est ce que je vais tenter de faire, l'ampleur de ce projet m'effrayant autant qu'elle a le don de m'enivrer.

La trame est déjà trouvée dans sa globalité, reste à combler les trous, à détailler, à peaufiner et à éviter trop d'incohérences (mais il y en aura forcément tout comme des libertés). Voici déjà le début : ICI

En tout cas le fan-service et le plaisir seront au rendez-vous, ça je vous le garantis !

Pour vous donner une idée du ton et de l'esprit, quelques crossovers déjà écrits ou en cours (le plus dur pour moi c'est de terminer !)

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samedi, 24 janvier 2015

Merlin ou le Mensonge d'un Destin [Fanfics/Kaamelott]

 Bientôt, Merlin sera lui aussi un héros...

C'est avec un immense plaisir que nous vous livrons enfin le trailer vidéo de notre série de Fanfics écrites sur Merlin.

Suite à certains retours, nous tenons à insister sur le fait que le choix d'un trailer n'est là que pour promouvoir plus facilement notre projet et nos ambitions artistiques. Nous nous excusons s'il y a eu un malentendu à ce sujet, ce n'était nullement notre intention. La série ne sera pas diffusée sous forme de films, mais bel et bien sous forme de nouvelles écrites. Cela ne change en rien l'intérêt que vous pourrez lui porter. Nous vous remercions pour votre formidable engouement.

"Merlin est un con, tout le monde le sait. Mais l'a-t-il toujours été ? Découvrez les fondements de la célèbre saga de Alexandre Astier à travers le passé tortueux de Merlin. La vérité est bien plus incroyable que celle que vous imaginiez."

En vous espérant nombreux à suivre cette nouvelle page de l'Histoire de Kaamelott.

J'en profite pour remercier les partenaires suivants qui nous soutiennent et nous aident à promouvoir cette série inédite :

L'Auberge Des Deux Renards

Fan site d�di� � kaamelott

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samedi, 11 octobre 2014

JB & M [Fanfics Cinéma]

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Nouvelle vie, nouveau visage et nouveau nom pour 007 et Moneypenny

 

 Après des années de silence, le S.P.E.C.T.R.E. ressuscite. Plus que jamais désireux d'anéantir le MI6, il en kidnappe le véritable directeur à savoir Miss Moneypenny, l'authentique M, les autres n'étant que de simples leurres destinés à tromper l'ennemi. Après moult péripéties, James Bond parvient à la délivrer. Mais le choc émotionnel causé par la véritable identité de la secrétaire de son patron supposé le fait quitter l'agence du jour au lendemain et le plonge dans une profonde dépression. Se sentant coupable et désireuse de vivre enfin au grand jour son amour réel pour 007, Moneypenny démissionne à son tour et part s'installer avec lui.

Désormais, ils font équipe sous le nom de JB & M [prononcé djibi and M], une agence de détectives privés siégeant à Londres. Elle est toujours sa secrétaire. Il est toujours sur le terrain. Mais désormais plus rien ne sera  comme avant.

 

Ils l'ont déjà lu, ce qu'ils en pensent :


Un bijou d'humour - Les Diamants sont éternels

Une série en or ! - Auric Goldfinger & Francisco Scaramanga 

Mon chat adore ! - Blofeld

Il me doit toujours une Aston Martin ! - Q

L'espion qui m'aimait (soupir) - Anya Amasova

007 remis à neuf dans un huit-clos ? J'abonde ! Le Chiffre

 

JB entra dans le bureau, vêtu de son impeccable smoking. D'un geste du poignet maîtrisé à la perfection il envoya son chapeau orner le porte-manteaux. Ce qu'il n'avait jamais avoué et ce qui n'a jamais été raconté, c'est qu'entre deux échanges musclés, il avait pris ses leçons auprès de Oddjob, le garde du corps de Auric Goldfinger. Question lancer de chapeaux, le bougre s'y connaissait et son expérience en la matière valait de l'or. Cela ne l'avait pas empêché de finir foudroyé, à cause de son propre couvre-chef de surcroît.

M sourit.

- Vous n'avez pas perdu la main, mais vous ne savez toujours pas faire vos lacets.

Le sourire de JB s'effaça. Il baissa les yeux.

- Oui, et cela m'a valu une belle chute inopinée.

Il posa son pied sur les genoux de M qui s'exécuta avec zèle en tirant la langue avec exégération.

- J'ai l'impression d'être votre mère. On se demande pourquoi l'agence ne s'appelle pas M & JB.

- Allons, M, vous connaissez mon égo. Et je n'ai jamais été un vrai gentleman.

- Mais j'ai toujours eu l'espoir que vous le deveniez un jour.

- Et c'est pour ça que je vous aime.

Il l'embrassa.

- Vous espérez comme ça je n'ai nul besoin de le faire.

Le visage de M se rembrunit. Elle le toisa froidement.

- Alors je n'ose espérer que vous me serez fidèle.

- Là-dessus, vous faites bien. Cela je m'en charge et à dire vrai je m'en charge très bien. Je vais manger un morceau, vous venez ?

M contempla une pile de dossiers en soufflant.

- Non, j'ai du travail à finir. Vos exploits, vous voyez.

- Le revers de la médaille. Alors on se voit plus tard.

 

M sortit des toilettes. Elle allait retourner dans le bureau lorsqu'elle entendit un vacarme à l'autre bout du couloir. Elle ouvrit la porte du débarras et eut la surprise de trouver Q au milieu d'un fatras de vieux gadgets.

- Mais qu'est-ce vous faites là ?

- J'ai mes entrées ici, vous ne saviez pas ?

- Depuis quand, je vous prie ?

- Depuis qu'il y a un tunnel qui relie le sous-sol du MI6 à votre agence.

- Quoi ? Vous avez creusé un tunnel jusqu'ici ?

- Dites-donc, M, j'ai l'air d'en avoir les moyens ?

- C'est vous le roi des gadgets, non ?

- Peut-être, mais j'ai le respect de la vie d'autrui.

- Alors qui l'a creusé ?

- Hum. Je ne suis pas autorisé à divulguer cette infor...

Le regard de M se durcit. Celui de Q l'imita.

- Il pourrait me tuer !

M empoigna rudement Q par le col :

- Parce que vous croyez peut-être que je n'aurai pas le cran de le faire ? Vous oubliez que j'ai été à la tête du MI6 pendant un paquet d'années !

- Très bien, calmez-vous. Pas besoin d'en arriver à ces extrémités. De toutes façons, je pense que vous savez très bien qui est responsable.

- Non, ne me dites pas que c'est...

Q esquissa un sourire peiné. M s'empourpra.

- Oh, le...

Elle posa ses mains sur ses hanches et soupira.

- Je ne trouve même pas de mot !

- Chenapan ? hasarda Q.

M l'ignora.

- Et dans quel but ?

- Je crois qu'il aime toujours garder un oeil et une oreille chez nous. Histoire de se tenir à jour, vous voyez. Certainement pas par nostalgie, ce n'est pas son genre.

- Pas son genre, ah ouais ! Et vous, alors, qu'est-ce qui peut bien vous attirer ici comme un voleur ?

- Et bien, pour être honnête avec vous, depuis que James, enfin depuis que JB est parti, je suis presque au chômage technique. Les autres agents sont très aimables, brillants, mais ils ne cassent rien ou si peu que mon planning est désespérément vide. Je me suis rendu compte que dans l'ancien temps je m'occupais finalement beaucoup plus à réparer les dégâts de double zéro sept qu'à autre chose. N, le nouveau directeur, a bien essayé de me filer deux-trois bricoles à faire en plus, mais...

Q s'énerva subitement :

- Qu'est-ce que vous voulez que je foute d'un aspirateur ?

- Je vois. Et vous pensiez en vous réfugiant ici que je vous trouverais deux-trois bricoles à faire, moi aussi ?

- Je ne sais pas. Je n'avais pas d'idée préconçue en tête. Tout ce que je voulais c'était fuir mon atelier. Je crois que je déprime sérieusement.

- Ah, non, vous n'allez pas vous y mettre vous aussi ! Si ca continue ca va bientôt devenir une vocation chez moi de remettre tous les hommes du MI6 sur pied ! C'est pas une clinique, ici, Q. Vous avez lu l'enseigne ?

Le viel homme afficha un air de chien battu. Très réussi.

- Bon. Vous savez taper à l'ordinateur ? J'ai justement une bonne raison d'aller manger avec JB maintenant.

 

M retrouva JB au Casino Royale, un bar-restaurant assez classe, sans trop en mettre plein la vue. Le salaire n'était plus le même et puis il fallait faire profil bas.

 - Et bien, tu avais drôlement faim, dis-moi. C'est sûr que le boulot ça creuse !

JB suspendit sa fourchette devant sa bouche.

- On se tutoie maintenant ?

- Oui, j'ai décidé ça. On a plus rien à se cacher, pas vrai ?

- Si tu le dis.

- A moins que tu planques un ou deux cadavres dans le placard.

JB faillit s'étrangler.

- Mais qu'est-ce que tu veux dire ?

- Rien. Juste que en tant qu'amants et partenaires, on se doit de tout se dire. C'est le meilleur moyen de voir le bout du tunnel, pas vrai ?

JB cracha le contenu de son verre.

- T'as découvert le passage secret ?

- Oui, grâce à Q.

- Q ? Mais qu'est-ce qu'il...

- Pour l'instant c'est de toi qu'on parle. Qu'est-ce que c'est que ces cachoteries dans mon dos ?

- Ce ne sont pas des cachoteries. C'est juste que par sécurité j'ai préféré garder un lien avec mes anciens employeurs.

- Et tu avais l'intention de me mettre au courant à quel moment ?

- C'est compliqué, M. Tu imagines bien qu'après avoir appris qui tu étais vraiment, ma confiance a été mise à rude épreuve. J'ai vraiment eu le sentiment que tout le monde s'était joué de moi. J'avais l'impression d'être le dindon de la farce et crois-moi, un truc pareil pour un homme comme moi, ça ne se digère pas comme ça !

- Ok, je peux comprendre, c'est justifié. Mais ça ne t'empêchait pas de me mettre au parfum. On est ensemble, maintenant. Pour le pire et pou...

- On est pas encore marié, M.

- Et alors ? Ca te donne le droit de faire des coups en douce ? Sans m'expliquer, sans m'impliquer ?

JB posa ses couverts sur la table.

- Un instant, tu veux bien.

Il avait remarqué un type louche qui venait d'entrer. Lorsque ce dernier sortit un pistolet pour menacer le barman, JB avait déjà tout planifié. Il désarma le braqueur d'une manchette au poignet et lui saisissant le bras lui fit embrasser le comptoir.

JB regarda le corps inanimé s'effondrer et adressa un grand sourire au barman.

- Secoué, non agité.

 

De retour à l'agence.

JB ouvrit la porte du bureau. Il prit son chapeau et tordit le poignet comme lui avait apprit Oddjob. En voyant Q assis devant l'ordinateur, il eut une crampe. Le chapeau alla dinguer contre le mur.

- Raté ! fit Q en passant timidement la tête au-dessus de l'écran.

JB ramassa son feutre et le déposa comme il se doit sur le porte-manteaux.

- J'imagine que je ne dois pas être surpris de vous voir ici.

- J'imagine que Madame vous a tout dit.

JB opina avec une expression qui en disait long.

- Désolé pour le savon.

- Ne vous inquiétez pas, Q, j'en verrai d'autres. Dites-moi plutôt ce que vous faites ici...

A suivre...

 

 Découvrez également :

james bond, oo7, espionnage,

 

 

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samedi, 26 janvier 2013

La Faute de Merlin [Fanfics/Kaamelott]

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Lien vers le Prologue

 

1. La Faute de Merlin

 

La main rugueuse du chevalier épousa maladroitement les courbes voluptueuses du corps nu s’offrant à lui. Le fait est qu’elle était plus habituée au contact de l’épée qu’à celui d’une femme. Dame Ygerne ne parut pas s’en incommoder le moins du monde. Au contraire, ces gémissements incitèrent son époux, le Duc de Gorlet, à poursuivre son impudique exploration.
Le feu qui animait les deux corps s’éteignit bien après celui des chandelles tamisant l'intérieur de la tente. Dame Ygerne s’endormit, comblée par un désir que son mari ne lui avait plus procuré depuis bien longtemps.

Quelques jours plus tôt...

Les armées jointes de Uther Pendragon, Roi de Bretagne et de son fidèle ami Gorlet, Duc de Cornouailles, affrontaient les Saxons sous une pluie diluvienne. La bataille faisait rage autant que la tempête.
Le Duc de Gorlet mena sa monture jusqu’à celle de son Roi :
- Uther, c’est une impression où on se fait laminer ?
Comme animé d’un feu sauvage, le Seigneur de Guerre répondit :
- Tu sens cette odeur, Gorlet ?
- Ouais, ça pue la mort et la retraite anticipée !
Uther, le regard fou, tranchant têtes et membres :
- Je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde !
- Mais il attend quoi ton enchanteur pour intervenir ? Qu’on soit tous débités en tranches ?
D’une voix qui n’autorisait aucun refus, Uther hurla à plusieurs reprises le nom de son meilleur conseiller. Quelques instants plus tard, Merlin apparut dans un léger nuage de brume entre les deux cavaliers. Ses longs cheveux et sa barbe ne dépareillaient pas avec sa robe de mage couleur ébène. Son large col évoquait les ailes d’un corbeau, tandis que son bâton s’enjolivait d’une tête de loup sculptée.
Uther, en rien surpris par sa soudaine apparition, s’adressa à lui :
- Merlin, fais-moi le plaisir de faire le ménage !
Merlin, en rien surpris par sa soudaine requête, lui répondit :
- La magie faut pas l’utiliser à tord et à travers. Y a des conséquences.
- La conséquence directe si tu l’utilises pas c’est qu’on va tous y passer !
Merlin prit le temps d’observer le champ de bataille et mesura l’étendue de la débâcle à venir.
Il comprit que sans sa magie les troupes des deux seigneurs n’avaient pas la moindre chance face à la barbarie saxonne.
Uther esquissa un sourire. Il savait d’ores et déjà qu’il avait réussi à convaincre le mage. Merlin poussa un long soupir, puis se concentra. Il avait repéré un groupe d’une centaine de soldats alliés suffisamment isolé pour que son plan fonctionne de manière optimale. Levant les mains au ciel, il invoqua un sort de rage qu’il projeta sur le détachement préalablement choisi. La boule de lumière auréola les hommes en armure durant quelques secondes. Les effets du sortilège ne tardèrent pas à se faire ressentir. Les Saxons virent avec stupeur une masse de soldats ennemis transpercer littéralement leurs lignes de défense, divisant leurs forces en deux groupes distincts. Profitant de cette aubaine, Uther, au comble de l’extase, lança ses troupes sur le flanc gauche, tandis que Gorlet fit de même sur l’autre flanc. Totalement débordée par ce soudain revirement, l’armée saxonne fut incapable de faire face à la tactique ravageuse des deux seigneurs bretons. La débâcle s’organisa progressivement au grand désarroi de l’envahisseur.
A quelque distance de là, bien dissimulé derrière un arbre, l’archer banda son arc, ajusta soigneusement sa cible et décocha son trait. Deux soldats se livrant un duel sans merci ne remarquèrent pas la flèche filer entre leurs deux épées entrechoquées. Elle poursuivit sa trajectoire courbe avant d’atteindre sa cible de plein fouet. Uther fut arraché de sa selle et percuta violemment le sol. Merlin se précipita pour lui porter secours. Lorsqu’il posa la main sur l’épaule de son Roi, celui-ci se releva en jurant avant de le repousser rageusement. Une flèche dans le creux de l’épaule, il remonta aussitôt à cheval. Gorlet voulut s’enquérir de son état, mais Uther ne l’écoutait pas. Le visage hurlant et ensanglanté, il éperonna sa monture et la lança à bride abattue vers l’orée de la forêt. A mi-chemin, il vit une silhouette suspecte se détacher d’un arbre. Son regard se posa instantanément sur l’arc qu’elle tenait à la main.
Le soldat saxon venait de remporter le duel sans merci. Il se disposait à achever son ennemi ; il écrasa son pied sur son plastron, leva son épée et fut fauché dans son élan par le destrier caparaçonné d’Uther Pendragon. L’archer tenta bien de fuir, mais il ne put esquiver la lame tournoyante lancée furieusement par son poursuivant. Uther descendit de selle et s’approcha du corps sans vie. Prenant une pose victorieuse, il poussa un hurlement déchirant. Ce cri seul suffit à suspendre la bataille. Comme un seul homme, Bretons et Saxons se tournèrent vers le guerrier triomphant. S’il restait encore un semblant d’espoir à l’armée déjà en déroute, celui-ci fut soufflé comme la flamme d’une bougie à la vue du Roi brandissant la tête du Maître-Archer saxon comme un vulgaire trophée de chasse. Pris de panique, les envahisseurs battirent en retraite tant bien que mal, poursuivis par une centaine de bretons encore enragés.
Uther jubilait encore lorsqu’il planta la tête sur la pique ornant le caparaçon de son cheval. Ceci fait, il chercha son épée du regard. Il la retrouva profondément fichée dans un rocher. D’une seule main, il l’extirpa sans la moindre peine et la remit au fourreau.

En fin d'après-midi, les armées bretonnes rentrèrent victorieuses au camp fourmillant déjà d'une activité fébrile. Loin d'être inactive, Dame Ygerne s'affairait auprès des blessés, leur prodiguant les premiers soins avec une ferveur peu commune pour une femme de son rang. Les soldats meurtris par la violence des combats arrivaient par dizaines sur des brancards de fortune et parfois même à dos d'homme. Toute à sa tâche, la Duchesse de Cornouailles ignorait stoïquement l'odeur de charnier se dégageant de l'amoncellement de soldats qui n'avaient pu être sauvés. Elle donna l'ordre de brûler les corps avant qu'ils n'attirent des charognards de toutes sortes. Son regard fut attiré par l'arrivée de Merlin, soutenant Uther visiblement blessé au cours de la bataille. Elle se tourna alors vers Jeanne, sa nouvelle servante :
- Prenez ma place, le Roi a besoin de soins.
Assurée de sa relève, la femme du Duc se précipita vers la tente de commandement. Celle-ci, tout comme celle du Duc, avait été dressée sur une petite colline surplombant le camp. Seuls des personnages de haut rang avaient accès à ce privilège.
A l'intérieur, elle trouva Merlin en train d'extirper une flèche de l'épaule du souverain. Lorsqu'il y parvint enfin, le sang gicla de la blessure ainsi ouverte. Un grand cri de douleur résonna à travers tout le camp. Dame Ygerne se hâta de comprimer la plaie. La douleur d'Uther disparut comme par magie lorsque son regard croisa fortuitement celui de sa bienfaitrice.
- Merlin, prend congé. Je suis entre de bonnes mains.
- Mais Sire, je n'ai même pas encore...
L'enchanteur s'interrompit de lui-même à la vue de l'expression sans appel de son Roi. Sans demander son reste, il quitta la tente.
Perplexe, la Duchesse se concentra sur sa besogne.
- Vous savez, Sire, je pense que Merlin sera sans doute plus apte à vous soigner que moi.
D'une voix étrangement enjôleuse, Uther répondit :
- Aucune chance !
Le souverain attrapa brusquement le poignet de Ygerne et attira la jeune femme tout contre lui avant de l'embrasser sans ambages. Après quelques vains efforts, elle le repoussa et lui administra une gifle des plus cinglantes.
Loin d'en souffrir, Uther partit d'un grand éclat de rire ce qui ne manqua pas de terrifier Dame Ygerne :
- Mais qu'est-ce qui vous prend ? Vous avez perdu la tête, ma parole !
- Non, pas la tête, mais du temps, beaucoup trop de temps. Et je compte bien le rattraper.
Uther se leva et fit mine de s'approcher à nouveau de Ygerne toujours sur la défensive. Elle pointa un index sur lui et déclara avec autorité :
- NON, ne faites pas ça. Vous êtes le Roi, et vous connaissez la loi mieux que personne : "Quiconque convoite la femme d'un chevalier, le chevalier devra tuer".
A ces mots, le souverain se figea net et son regard s'illumina comme sous l'effet d'une vive inspiration. Ce dernier détail n'échappa point à la femme du Duc. Terrifiée et honteuse à l'idée d'avoir fait naître malgré elle  les prémices d'une terrible tragédie, elle s'enfuit hors de la tente.

Au cours de la soirée, Uther convoqua expressément Merlin. Craignant que la blessure du Roi ne se soit aggravée, l'enchanteur rejoignit hâtivement la tente de commandement. Lorsqu'il arriva, il découvrit avec stupeur Uther faisant les cent pas.
- Merlin, j'ai besoin de toi.
- Vous êtes sûr ? ironisa l'intéressé. Parce que quand vous m'avez viré de votre tente, c'est pas vraiment l'impression que j'avais !
Uther s'immobilisa avant de fixer gravement Merlin du regard :
- Tu vas me préparer un poison. Mais attention, je veux un truc foudroyant.
- Et pour quoi faire si je puis me permettre ?
- Ca, ce n'est pas ton problème.
- Dans la mesure où l'on parle de tuer quelqu'un, je pense que ça me concerne un minimum.
Le Roi agrippa fermement Merlin par les épaules :
- C'est Ygerne. Il me la faut.
Ebranlé par cet aveu, Merlin se fit un devoir de prendre le temps de la réflexion avant de rétorquer :
- Vous voulez empoisonner Gorlet, votre frère d'armes ? Et en plus, faire de moi votre complice ? Les filtres d'amour, j'ai accepté. Le sort d'amnésie, passe encore. Mais là, vous allez trop loin ! Je suis enchanteur moi, je tiens pas la boutique des petits meurtres entre amis.
Uther ne sembla pas le moins du monde affecté par cette réponse. Il haussa simplement les épaules :
- Très bien. Puisque tu ne souhaites pas m'aider, je connais quelques assassins qui se feront un plaisir de se salir les mains pour leur Roi.
Merlin ne s'avoua pas vaincu pour autant :
- Mais c'est votre ami ! Ca fait des années que vous combattez côte à côte. Vous pouvez quand même pas vous en débarrasser comme du premier pécore venu. Et tout ça pour quoi au juste ? Accrocher un trophée de plus à votre tableau de chasse ?
- Tu fais tes choix, Merlin. Je fais les miens. Ce n'est plus ton problème maintenant. Tu peux disposer.
Uther tourna immédiatement le dos à son conseiller. Merlin n'en revenait pas. Il savait le Roi peu intègre, mais de là à tuer son meilleur ami pour une banale histoire de coeur, cela relevait de la folie pure. Sans compter qu'un tel acte entraînerait fatalement une guerre civile ainsi que la mort de nombreux innocents. Et s'il y avait bien quelque chose que Merlin n'avait jamais pris à la légère, c'était bien :
- La préservation de la vie sous toutes ses formes, ça c'est mon problème.
Toujours de dos, le souverain esquissa un sourire victorieux qui s'élargit lorsque l'enchanteur affirma :
- Alors, vous allez l'avoir Dame Ygerne. Mais personne ne mourra. On va faire les choses à ma manière...

L'aube venue, le camp en pleine effervescence raisonnait des clameurs des soldats sur le départ. La veille, ils avaient remporté une bataille déterminante. Mais la victoire ne se ferait qu'au prix du sang de tous les envahisseurs.
D'un pas alerte, le Duc de Cornouailles se dirigea vers la tente de commandement. A sa vue, les deux gardes flanquant l'entrée écartèrent mécaniquement leur hallebarde.
- Les hommes sont prêts, Uther. Ils n'attendent plus que t...
Gorlet se figea net lorsqu'il découvrit le Roi alité, plus proche du chemin de la tombe que de celui de la guerre. Merlin lui appliquait soigneusement un onguent sur l'épaule. Sans même tourner la tête, il s'adressa au visiteur :
- Il ira nulle part dans son état.
- Mais... je pensais que cette blessure de flèche était déjà de l'histoire ancienne.
- Ouais, sauf que la flèche en question était empoisonnée. Et pas qu'un peu. J'y ai passé toute la nuit. Cette saloperie se répand aussi vite que les Saxons en Bretagne.
Uther tenta alors de se lever :
- Justement, il est grand temps d'y mettre un terme !
Merlin le rattrapa à temps, lui épargnant de s'effondrer de tout son long. Il le força à s'allonger à nouveau.
- Vous voyez bien ! Qu'est-ce que je vous disais ?
Fébrile, Uther fit signe à Gorlet d'approcher :
- Ca me coûte de le dire, mais Merlin a raison.
Empoignant son ami, il ajouta avec cérémonie :
- Tu conduiras les hommes. Tu pourchasseras les Saxons. Et tu massacreras ces chiens jusqu'au dernier.
L'ampleur de la tâche fit hésiter le Duc.
- Mais tes hommes...
Uther saisit son épée et la plaqua contre le torse de Gorlet.
-  Avec ça, mes hommes te suivront jusqu'en enfer.
Le Duc de Cornouailles prit alors la pleine mesure de sa nouvelle responsabilité.
- Je ne te décevrai pas, Uther.
Il tourna les talons et quitta la tente d'un pas résolu. Il grimpa sur sa monture et avança jusqu'au centre du camp. Le discours qu'il prononça capta instantanément l'attention de tous les soldats :
- Ces chiens de Saxons nous privent de la présence de notre Roi. Il gît actuellement sur sa couche, terrassé par une flèche empoisonnée. Allons-nous laisser cet acte impuni ? Allons-nous laisser ces bâtards rentrer tranquillement chez eux pour mieux revenir piétiner nos terres et massacrer notre peuple ?
D'une seule voix, les hommes signifièrent leur dévouement. Comme pour affirmer sa nouvelle autorité, le chef de guerre sortit la lame d'Uther de son fourreau et la brandissant haut vers le ciel, il clama de toutes ses forces :
- La chasse aux Saxons est ouverte !
Cette fois, hommes et femmes de tout rang se joignirent à la liesse générale.
Dans la tente de commandement, Uther se réjouit : le plan de Merlin fonctionnait à merveille.

La patience de Merlin à concevoir le breuvage n'avait d'égale que l'impatience de Uther à le boire. Le Roi, faisant les cent pas, était au comble de l'exaspération :
- Alors, Merlin ! Ca vient, cette potion ? Je te rappelle que Gorlet peut revenir à tout moment ! Et vu comment je l'ai motivé, ça va pas traîner avec les Saxons !
De l'autre côté de la tenture ornée d'un dragon rouge, la voix de l'enchanteur se fit entendre :
- Une potion de polymorphie, c'est quand même un peu plus compliqué à préparer qu'une confiture à la châtaigne, je vous signale ! Ces choses-là, ça prend du temps, que vous le vouliez ou non.
Merlin écarta la tenture et apparut devant Uther, une fiole à la main.
- Bon, là, en l'occurrence, j'ai fini. Mais dans l'absolu, ça aurait pu être beaucoup plus long que ça.
Exaspéré, Uther arracha la potion des mains de Merlin, la porta à ses lèvres et arrêta son geste au dernier moment :
- Au fait, j'en prends combien ?
Merlin haussa les épaules et répondit sur le ton de l'évidence :
- Bah, une goutte. Je vais quand même pas vous faire boire toute la fiole. A moins que vous vouliez rester transformé pendant trois semaines.
Uther arbora une moue de dégoût :
- Aucune chance !
Lorsque Merlin regarda le Roi absorber la dose prescrite, il préféra penser aux nombreux innocents qu'il sauvait ainsi plutôt qu'à l'ignoble duperie dont il était l'instigateur.

La nuit venait de tomber sur le camp, et dans sa tente, Dame Ygerne brossait ses longs cheveux une dernière fois avant d'aller se coucher. Elle eut un soubresaut en reconnaissant la silhouette de son mari dans son miroir.
- Vous êtes déjà rentré de campagne ?
Elle allait se retourner lorsque les mains du Duc se posèrent sur ses épaules et commencèrent à la masser sensuellement.
- "Déjà" ? Moi, ça m'a semblé une éternité.
Troublée, la jeune femme tourna la tête :
- Vous m'inquiétez. Je n'ai pas entendu l'armée revenir.
Le massage se fit plus langoureux.
- N'ayez crainte. La victoire est acquise. Je n'ai fait que prendre un peu d'avance sur les troupes.
Le visage de Gorlet apparut dans le miroir.
- Il me tardait de retrouver la chaleur de vos bras.
Le malaise de Ygerne ne fit que s'accroître. Elle songea que les combats avaient dû être d'une indicible violence pour que son époux lui manifestât une telle tendresse. Elle ne le reconnaissait pas. Cependant, cet élan était d'autant plus appréciable qu'il était devenu rare au fil du temps. Elle se laissa embrasser.

La main rugueuse du chevalier épousa maladroitement les courbes voluptueuses du corps nu s’offrant à lui. Le fait est qu’elle était plus habituée au contact de l’épée qu’à celui d’une femme. Dame Ygerne ne parut pas s’en incommoder le moins du monde. Au contraire,  ces gémissements incitèrent "son époux, le Duc de Gorlet", à poursuivre son impudique exploration.
Le feu qui animait les deux corps s’éteignit bien après celui des chandelles tamisant l'intérieur de la tente. Dame Ygerne s’endormit, comblée par un désir que son mari ne lui avait plus procuré depuis bien longtemps.

Après un copieux petit-déjeuner, Uther s'éclipsa discrètement de la tente de Ygerne pour regagner la sienne, toujours sous les traits de Gorlet. Profitant d'un relâchement de la surveillance, il se hâta, mais la vue des deux gardes postés à l'entrée de sa propre tente l'arrêta dans son projet.
Après une nuit de sommeil agitée, Merlin sortit de la tente de commandement, les traits tirés. La vision de Uther caché à demi derrière des tonneaux eut le don de le réveiller complètement. Comprenant la situation, l'enchanteur s'adressa maladroitement aux gardes :
- Euh…Le Roi veut que vous alliez surveiller… le stock de flèches.
- Bah, pourquoi ?
Décontenancé, Merlin improvisa un argument sur le tard. Il mouilla son index avant de le pointer vers le ciel :
- Ca va bientôt pleuvoir. Si j'étais vous, je me dépêcherais.
Les deux gardes se dévisagèrent perplexes. Voyant cela, Merlin ajouta avec irritation :
- Vous préférez peut-être que le Roi vous le demande lui-même ?
Cette fois, les deux sentinelles ne se firent pas prier et filèrent à l'autre bout du camp.
Ce stratagème payant permit à Uther de regagner sa tente sans éveiller le moindre soupçon. Il était temps car les effets de la potion ne tardèrent pas à s'estomper. En quelques secondes, Uther reprit sa véritable apparence.
- Je vous demande pas si ça a bien fonctionné ! ironisa Merlin.
Uther lui donna une joyeuse bourrade :
- A merveille, Merlin. A merveille. J'ai passé une nuit inoublia...
Un grand vacarme se fit entendre au dehors, annonçant le retour triomphal du Duc de Gorlet. L'attroupement eut vite fait d'attirer l'attention de Dame Ygerne qui se précipita à l'extérieur. Elle fut stupéfaite en voyant son époux revenir vers elle à la tête de l'armée.
- Je vous le dis tout net : les Saxons sont pas près de refoutre un pied en Bretagne.
A ces mots, le Duc exhiba fièrement la tête du chef saxon avant de la jeter aux pieds de sa femme. Le trophée roula rapidement sur le sol avant d'être arrêté par un pied botté. Uther éclata d'un rire tonitruant :
- Ca tombe bien, mon ami, ta femme me confiait à l'instant combien ta présence lui manquait.
Ygerne se tourna vivement vers Uther en le foudroyant du regard. Elle comprit à cet instant qu'elle avait été la victime d'une ignoble duperie. Pour autant, elle ne regrettait en rien cette nuit inoubliable passée dans les bras du Roi.  Sans mot dire, elle regarda son époux descendre de selle et s'agenouiller respectueusement devant le souverain pour lui rendre son épée. Uther se saisit de l'arme et tout en la remettant au fourreau, se délecta du visage rougissant de Dame Ygerne. Il était maintenant convaincu qu'elle tairait à jamais cette folle nuit d'amour volée.

Posté à côté de la tente de commandement, Merlin était consterné par l'aplomb et l'audace avec lesquels Uther dupait son meilleur ami tout en rendant sa femme complice de son crime. Un immense sentiment de culpabilité l'envahit. Il avait l’intime conviction d’avoir permis à la perfidie de Uther de s’exprimer pleinement. L’enchanteur sursauta lorsqu'une femme aux longs cheveux roux vêtue d'une toge blanche apparut à ses côtés. Le caractère éthéré de son aspect la rendait sublime. Cela trahissait néanmoins sa nature céleste.
- Ah ça c'est sûr, vous pouvez être fier de vous ! lança-t-elle d'un ton qui se voulait réprobateur, mais qui était surtout enfantin.
- Mais vous êtes qui, vous ? Je vous ai rien demandé !
- Je suis celle qui a été désignée pour réparer vos bêtises, figurez-vous. Ce sont les dieux qui m'envoient, alors un peu de respect !
- Des bêtises, vous rigolez, j'espère ! Je viens juste d'éviter une guerre. Alors j'estime que je mérite plutôt des remerciements.
- Evitez une guerre ? Ah, bah oui, ça c'est sûr, seulement vous venez juste d'en déclencher une autre.
Merlin la dévisagea, hébété. Elle reprit de plus belle :
- Parce que figurez-vous qu'un fils illégitime est déjà en route et que quand Uther l'apprendra, il n'hésitera pas à entrer en guerre contre le Duc pour récupérer ce prétendant au trône !
- Un fils ? De mieux en mieux ! Mais d'où vous sortez ça ?
- Ca vous regarde pas. Par contre, ce qui vous regarde, c'est cet enfant qui va naître. Vous allez vous assurer que ni le Roi, ni le Duc n'apprennent son existence et vous allez veiller sur lui comme si c'était le vôtre.
- Non, mais vous êtes cintrée ! J'ai mieux à faire que de m'occuper d'un mioche !
- C'est pas négociable. Vous avez commis une faute, à vous de l'assumer.
- Et si je veux pas ?
- Cet enfant n'est pas comme les autres. Il a un destin hors du commun et vous en êtes responsable. Vous voulez vraiment vous attirer la foudre des dieux ?
Merlin poussa un long soupir en observant la préparation des festivités. Lui qui avait toujours recommandé un usage modéré de la magie avait fini par dépasser les limites qu'il avait toujours imposées au Roi. "La magie faut pas l’utiliser à tord et à travers. Y a des conséquences". Le sort était décidément bien cruel.
Les yeux toujours rivés sur la foule en liesse, il répondit avec résignation :
- D'accord, j'accepte. Mais par contre, faudra quand même me donner un coup de main.
- Vous inquiétez pas, je garderai un oeil sur vous.
Merlin se tourna ensuite vers la Dame du Lac :
- Mais au fait, vous êtes qui, vous ?

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La suite dans l'Episode 2 : Le Loup, le Renard et la Belette

 

 

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mardi, 01 janvier 2013

3. Johnny Behemoth contre le Maître des Marais Maudits


Chapitre 1 : L’Ange Vert


- Vous êtes sûr de vouloir repartir si vite, Johnny ?
L’Aînée Lyons et le mercenaire se tenaient devant l’entrée de la Citadelle gardée par ailleurs par un soldat de la Confrérie de l’Acier en armure intégrale et un robot sentinelle.
Le soleil à son zénith se reflétait sur le crâne poli du vieil homme.
En d’autres temps, Johnny se serait amusé de ce simple détail. Mais la noirceur de sa vie commençait même à entamer son sens de l’humour. Il fallait croire qu’en matière de cynisme, le destin était plus fort que lui.
Il s’installa sur son side-car et traîna un regard blessé sur le panier. Il repensa aux premiers exploits qu’il avait partagés avec Fawkes, cette fameuse poursuite endiablée avec l’Enclave.
Il avait récupéré la gatling laser qu’il avait remonté à l’avant du panier. Et sur l’arme il avait fait gravé le nom du mutant. Juste retour des choses.
Johnny démarra et répondit en contemplant l’horizon :
- D’autres aventures m’attendent ailleurs.
Lyons allait rétorquer quelque chose, mais le mercenaire s’éloignait déjà vers une destination inconnue. Ou plutôt, connue de lui seul.

Bien que réfractaire à GNR, Johnny alluma instinctivement la radio.
Il ne le regretta pas :
- Ici Three Dog, les amis, qui vous parle en direct des studios de Galaxy News Radio, le dernier bastion de la vérité et de la liberté.
Aujourd’hui, les Terres Désolées et la Capitale sont en deuil. Le super mutant qui avait rejoint il y a peu la Confrérie de l’Acier à seule fin d’éliminer la menace que représente toujours son espèce, ce valeureux héros qui s’était lié d’amitié avec le légendaire Johnny Behemoth, cet improbable ange vert donc a trouvé la mort, hier, alors que la Confrérie nous protégeait une fois de plus, cette fois des dangereuses manipulations génétiques de l’Enclave. Un sacrifice, mes amis, oui, un noble sacrifice. Saluons l’acte ultime et courageux d’un mutant qui avait probablement gardé plus d’humanité que les vautours qui essaiment à travers ce monde barbare qui est le nôtre.
Oui, c’est à vous que je parle : raiders dégénérés, Compagnie Talon que j’écraserai bien sous le mien comme un minable radscorpion, et toi, maudite Enclave qui n’a réussi qu’à attiser le courroux d’hommes et de femmes dorénavant prêts à tout pour te réduire à néant, te bouffer et te digérer et ne laisser de toi qu’une déjection insignifiante, une bouse de brahmine sur le bitume d’une route porteuse d’espoir.
Oui, mes amis, ce mutant est un symbole d’espoir. Son sacrifice est un symbole d’espoir. Il nous dit qu’en ces temps si sombres, en ces Terres si Désolées, si le pire est possible, le meilleur l’est tout autant.
Repose en paix, glorieux ange vert et que ton exemple fasse trembler les pourritures et briller les plus sages d’une vertu immortelle.
Pour achever ce requiem, je ne vois rien de mieux que vous proposer un peu de musique.
La chanson « I don’t want to set the world on fire » se fit entendre et Johnny dut ralentir pour passer un coup d’essuie-glaces sur ses yeux embués.
- Merde, faut vraiment qu’il foute du rock dans sa programmation.
Le mercenaire se promit de régler la question avec l’intéressé dès que possible.

 


Chapitre 2 : En route vers Point Lockout



Johnny camoufla la moto avant de rejoindre l’appontement. Une jeune femme rousse armée d’un canon scié vint à sa rencontre.
- Je ne t’attendais pas si tôt.
- Les choses se sont un peu précipitées.
Nadine secoua la tête :
- J’ai entendu l’hommage de Three Dog.
Johnny parvint à sourire.
- Alors tu sais que j’ai besoin d’être consolé.
Nadine lui renvoya son sourire.
- Je sais aussi qu’il y a une fille qui t’attend à Big Town. Alors le câlin ce sera pour plus tard.
Johnny prit la jeune femme dans ses bras.
- Content de te revoir, Nadine.
L’aventurière se retrouva toute penaude.
- Bienvenue à bord ! bafouilla-t-elle.
Puis retrouvant toute sa gouaille :
- Bon, c’est pas le tout, mais on a de la route. Alors installe-toi, matelot et vogue la galère !

Johnny était allongé sur une banquette du bateau et sirotait un nuka cola quantum. Il essayait d’oublier que c’était la boisson préférée de Fawkes. En vain.
- Combien de temps pour arriver à ce charmant bled ? fit-il d’une voix forte.
Nadine était à l’étage. Elle tenait fièrement la barre. Le vent jouait dans ses cheveux roux comme un enfant espiègle avec des rideaux qu’il aurait trouvé à son goût.
- Quelques heures. Mais tu sais qu’avec moi tu ne vois jamais le temps passer.
- Tu m’étonnes, murmura le mercenaire.
Il pensa à Emma et se demanda ce qu’elle pouvait bien faire. Elle s’inquiétait sûrement. Il n’aurait peut-être pas dû la quitter si tôt. Peut-être que s’il était resté avec elle à Big Town, Fawkes serait encore en vie aujourd’hui. Mais il savait que c’était stupide de penser ça. Leur rencontre inopinée avait précipité le destin du mutant. Et quel destin !
Johnny comprit que Nadine venait de lui demander quelque chose.
- Quoi ?
- Tu sais pourquoi je t’emmène là-bas ?
Le mercenaire but une gorgée de son soda phosphorescent.
- Pour me faire visiter ?
- Pas vraiment. Il y a un type qui a commence à se prendre pour le roi. Il s’est installé dans un manoir abandonné et a recruté de la main d’œuvre locale pour faire passer le mot. Et pas de la manière douce, si tu vois ce que je veux dire. Point Lockout est une terre sauvage qui a son charme, mais il y a peu de gens censés et maintenant qu’il y a ce pourri les choses empirent.
Johnny se leva et rejoignit la jeune femme dans la cabine de pilotage.
- Tu veux que je dessoude ce gus, c’est ça ?
- Moi, je ne veux rien. C’est la justice qui exige quelque chose.
Elle se tourna vers lui :
- T’es toujours de son côté, n’est-ce pas ?
Johnny croisa les bras sur sa poitrine :
- Je suis toujours du mien. Qu’est-ce que ça me rapporte ?
Nadine sourit.
- Comme je te l’ai dit, j’ai vécu de sales moments là-bas. Enrôlée dans une secte, je faisais pas la maline comme aujourd’hui. Quelqu’un d’assez brave ou d’assez dingue est venu me délivrer. Sinon, je ne serais pas là en train de te causer.
Les Terres Désolées ont besoin de sauveurs, mais Point Lockout aussi.
« Que ton exemple fasse trembler les pourritures et briller les plus sages d’une vertu immortelle. »
Nadine le toisa.
- Tu n’as pas l’air d’une pourriture.
Johnny sourit.
- Je vois ce que tu veux dire.
Il vérifia ses armes.
- Ce salaud peut numéroter ses abattis.

 

A suivre

dimanche, 18 novembre 2012

Assassin's Creed - Le Dernier Vol de L'Aigle

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L’Officier Donato Di Milano fit silence autour de lui d’un geste impérieux de la main. Ses douze hommes se turent et éclairée par quelques flambeaux, la cave prit soudain des allures d’église.
- Mes fidèles. L’heure est venue pour nous de rejoindre d’autres sympathisants, d’autres soldats, qui comme nous, ont cessé de croire à la politique de Cesare Borgia. Giuseppe…
L’intéressé – un grand sec au visage balafré – se fendit d’un sourire à l’écoute de son nom.
-… a appris de source sûre qu’un Capitaine Borgia du nom de Francesco Avvoltoio désirait rejoindre nos rangs. Son statut serait un atout majeur dans nos futures opérations. Nous devons le rencontrer cette nuit  au Colisée. Il viendra avec plusieurs de ses hommes. Nous mériterons bientôt le nom d’esercito !
Cette annonce reçut un accueil des plus enthousiastes. Mais l’heure n’était pas encore à la célébration. Ils le savaient. La lutte ne faisait que commencer.

La lune était pleine et comme désireuse de suivre les évènements de près, éclairait la petite armée progressant vers l’imposant amphithéâtre.
Parvenue au centre même de l’arène, la troupe se figea.
Donato caressa sa barbe.
- C’est une belle nuit pour conspirer.
Une silhouette se dressa sur le sommet de l’attique.
- Officier Donato Di Milano ?
Le susnommé émit un rire jovial.
- Francesco Avvoltoio ?
Le visiteur attendu se fendit d’une élégante révérence.
- En personne et pour vous servir.
- Vous êtes venu seul ?
- Rassurez-vous. Mes hommes ne sont pas loin.
Donato observa les siens. Leur nervosité était manifeste. Il espérait que la sienne l’était moins.
- Venez nous rejoindre que l’on puisse converser convenablement. Nous avons beaucoup de choses à nous dire.
- Je ne suis pas venu pour converser.
Son ton glacial trancha net l’atmosphère.
- Archibugio ! hurla l’un des hommes de Donato.
Une dizaine d’arquebusiers apparurent comme par magie dans l’ouverture des arcades supérieures, les encerclant complètement.
Donato tira sa lame, le regard aussi noir que sa barbe :
- Qui a trahi ?
Ses yeux tombèrent sur Giuseppe.
- Bastardo ! Cela ne peut être que toi ! Tu nous as vendus aux Borgia ! Pour combien de Florins ?
- Pas du tout, reprit Francesco de son ton empathique. Il n’a fait qu’assurer sa promotion.
Il marchait nonchalamment sur le rempart. Sa silhouette se découpa sur le visage blafard de la lune.
- Car cette nuit, un Officier va mourir. Et un autre va naître.
Donato se rua sur Giuseppe, l’éclair de son épée levée au-dessus de sa tête.
Alors les arquebuses firent entendre leur chant funeste.
Des pigeons s’envolèrent non loin de là et leurs plumes vinrent s’échouer sur un tapis de sang.

1 mois plus tard

Le soldat fixa l’avis de recherche sur la porte en bois au moyen d’une flèche.
On pouvait y lire :

Ezio Auditore 50 000 f

L’inscription était surmontée du portrait d’un homme encapuchonné dont le visage demeurait caché dans l’ombre. Ses actes, eux, l’étaient beaucoup moins.
Depuis plusieurs années il malmenait les projets des Borgia et ce faisant, ridiculisait la garde de Rome. Le peuple le soutenait autant que possible et il avait rallié progressivement à sa cause toute une communauté d’ardents partisans mêlant courtisanes, voleurs et mercenaires. Récemment, sa lutte contre la tyrannie en place avait franchi un nouvel échelon. Désormais, il ne se contentait plus de simples complices. Il formait des assassins parmi les civils et les criminels qui à leur tour initiaient d’autres rebelles à l’art du meurtre furtif, soufflant sur les braises de la révolte.
Défait par Ezio Auditore en personne, Rodrigo Borgia avait cédé les rênes du pouvoir à son fils Cesare. Et ce dernier avait tôt fait de faire d’Ezio Auditore une priorité dans son programme pour le moins chargé.
Nul doute qu’en assiégeant Monterigioni, il n’avait fait qu’accélérer l’ascension des Assassins dans la capitale.
Rome faisait figure d’échiquier aux mains des deux hommes. Si Ezio avait déjà avancé de nombreux pions de manière menaçante, Cesare, loin d’être en reste, avait lui-même déployé des pièces maîtresses afin de contrer la stratégie de son adversaire.
Le secret et la surprise étaient pour eux des armes vitales. Et ils étaient tous deux prêts à tout pour s’assurer de l’un comme de l’autre.

Le garde qui affichait depuis une heure les avis de recherche était loin de se douter de tous les enjeux  de la lutte à laquelle il participait tant bien que mal à son niveau.
Il grimpa à une échelle et fixa un nouveau document sur le mur. Du coin de l’œil, il surprit un mouvement suspect dans la rue. Se retournant, il vit que l’avis placardé sur la porte venait de disparaître. Ce n’était donc pas un accident tout à l’heure ! Quelqu’un s’amusait délibérément à les enlever dès qu’il avait le dos tourné.
La rage au ventre, il se laissa tomber au bas de l’échelle et tirant son épée, commença à inspecter les lieux en interrogeant les passants de son ton le plus autoritaire. Voyant qu’il n’obtenait aucun résultat, un jeune garçon s’avança avec hardiesse. Il avait l’air d’un mendiant. Sans doute un orphelin comme il y en avait tant dans les rues.
- Moi je l’ai vu celui qui a fait ça !
Le garde le jaugea avec méfiance avant de s’enquérir :
- Tiens donc ! Et où est-il passé ?
- Je vous le dis pour cinq florins.
Le garde grimaça.
- Dis-le moi et tu conserveras ta langue.
Le garçon opina, une main plaquée sur sa bouche. Il s’élança au milieu de la foule et le garde eut tout le mal du monde à ne pas le perdre de vue. Ils arrivèrent dans une ruelle. Au bout de celle-ci, les eaux bleues du Tibre miroitaient sous le soleil à son zénith.
Le garçon pointa un doigt en direction du fleuve.
- Il a plongé, exactement là !
Tout à sa tâche de repérer le criminel, le garde ne vit pas son jeune informateur passer dans son dos. Un bon coup de pied dans le postérieur suffit et le garde se retrouva dans l’eau à gesticuler comme un forcené.
- Bastardo !
Le garçon riait tant qu’il pouvait. Il brandit ostensiblement un avis de recherche avant de le ranger dans sa besace.
- Je le mets avec les autres, vous en faites pas !
Il rit de plus belle et tout en détaillant le contenu de la bourse de l’infortuné, il s’en retourna vers la rue bondée. Il n’avait pas encore quitté la ruelle qu’un officier le soulevait de terre et le collait violemment contre le mur.
- Alors, c’est toi le détrousseur qui sévit depuis des semaines. Je t’imaginais plus vieux.
- C’est parce que vous n’avez pas beaucoup d’imagination !
L’officier leva la main pour frapper, mais une voix jaillie de nulle part l’interrompit.
- Lâche immédiatement ce gamin !
Le garçon et l’officier tournèrent la tête et aperçurent un homme élégant avancer dans leur direction. Une capuche blanche masquait ses traits. Son identité ne faisait aucun doute. C’était l’homme le plus recherché de Rome, celui qui précisément habillait les avis de recherche.
- Ezio Auditore ! firent-ils en chœur.
- Pour vous servir.
L’officier déglutit, mais ne lâcha pas sa prise pour autant.
- Si tu fais un pas de plus, je…
La lame d’un couteau lui transperça l’épaule. Il se recula et le garçon tomba au sol.
L’officier agrippa la poignée de son épée, mais la main d’Ezio se referma sur le manche du couteau.
- J’ai quelques notions d’anatomie et il me semble que la carotide n’est pas loin. Ce ne serait pas beau à voir.
Le garçon bondit sur ses pieds.
- Vas-y, Ezio, fais-lui une bonne saignée !
Sa joie manifeste fit sourire l’assassin.
- Mais ce ne serait pas un spectacle pour un bambino.
Le garçon perdit soudainement sa gaieté.
- Je suis pas un bambino !
Ezio enfonça un peu plus le couteau dans l’épaule de l’officier qui étouffa un cri.
- La prochaine fois, il n’y aura ni témoin, ni avertissement, ni échappatoire !
Il récupéra sa lame et envoya l’officier disparaître dans la cohue d’un coup d’épaule.
Il s’intéressa alors au garçon.
- C’est donc toi qui t’amuses à noyer les gardes de Cesare.
- J’y peux rien s’ils se noient. Leur armure est tellement lourde qu’ils plongent droit vers le fond.
- Ce n’est pas vraiment un jeu pour un bambino.
- Je suis pas un bambino.
Il redressa fièrement la tête.
- Je suis un assassino ! Et je sais tout de toi !
Ezio s’esclaffa.
- Tiens donc !
Il s’empara de sa besace et l’ouvrit.
- Parce que tu collectionnes mes avis de recherche. Intéressant, mais insuffisant.
Le garçon le défia du regard.
- Je sais que tu as perdu ton père et tes deux frères et aussi ton oncle Mario à Monteriggioni. Je sais que tu formes des assassins à devenir comme toi. Moi aussi je veux devenir un aquila, un assassino !
Ezio ne put cacher sa surprise.
- Et bien ! C’est vrai que tu en sais des choses. Mais de là à devenir un aquila comme tu dis ! D’abord comment t’appelles-tu et où se trouvent tes parents ?
- Je m’appelle Raphaëlo Di Milano. Je suis tout seul. Ma mère est morte en me mettant au monde et mon père a été tué par les hommes de Cesare.
Son visage d’adolescent fut tout à coup déformé par un violent sentiment.
Ezio lui-même ne fut pas insensible.
- Di Milano ? Donato Di Milano était ton père, c’est ça ?
Raphaëlo opina avec tristesse.
Ezio s’adoucit et observa le garçon avec un tout autre regard.
- J’ai entendu parler de ton père et de ses projets. Bien trop tard, il est vrai. Il s’est montré très courageux. Je pense que nous aurions pu travailler ensemble s’il n’avait pas manqué de chance. En tous cas, je comprends mieux tes motivations. Tu as des raisons de te venger, il est vrai.
Ezio posa ses mains sur les frêles épaules de Raphaëlo. Ce dernier ravala ses larmes pour mieux s’exprimer :
- Mon père n’a pas manqué de chance, il a été trahi par l’un de ses hommes qui voulait prendre sa place. Je sais comment il s’appelle et je connais aussi le nom de celui qui a tué mon père !
Il avait le plus grand mal à contenir sa colère. Mais si quelqu’un pouvait se mettre à sa place, c’était bien Ezio. Il devait avoir le même âge que lui quand il avait assisté à la pendaison de son père et de ses frères. Ils avaient eu tous deux un père brave et juste qui avait payé de sa vie son combat contre l’oppression. Pour autant, il avait d’autres préoccupations.
- Ecoute, Raphaëlo. Ce que tu fais est déjà d’une grande aide pour moi et pour le peuple de Rome. Ton père serait fier de toi.
- Mais tu ne comprends pas ! J’ai toujours rêvé de te rencontrer. Je veux faire plus que cela. Je veux devenir un assassin ! C’est toi qui m’as inspiré !
Ezio sentait que s’il restait en présence du garçon, il allait céder. Et dans l’état actuel des choses, il ne pouvait se le permettre.
- Je suis désolé. Tu es trop jeune pour devenir un assassin. Et la vengeance n’est pas une motivation suffisante. Je ne nie pas que cela a été pour moi un point de départ, mais j’ai dépassé ce stade depuis longtemps. J’ai d’autres raisons, maintenant, des raisons plus importantes qui ne concernent pas que moi. Tu dois grandir encore un peu. Tu dois vivre et avoir plus d’expérience.
Les yeux de Raphaëlo brillèrent d’une douleur contenue et son visage s’empourpra.
Il voulut dire quelque chose pour sa défense, mais il s’étrangla. Sa déception était immense. Il préféra s’enfuir plutôt que de perdre toute sa dignité. Ezio poussa un soupir en le regardant partir. Il avait le sentiment d’avoir commis une erreur, d’avoir trahi, pas seulement quelqu’un qui avait confiance en lui, mais aussi une partie de lui-même.
Et c’était sans doute cela le plus dur.

Lorsqu’il pénétra dans son repaire de l’île du Tibre, Machiavelli l’attendait déjà.
- Tu es en retard, fit ce dernier d’un ton sentencieux.
Ezio préféra s’en amuser.
- Je savais bien que tu allais finir par te prendre pour mon père.
Bartolomeo était présent lui aussi. Il alla droit au but.
- Mes hommes ont mis la main sur un document pour le moins précieux. Regarde.
Les trois hommes se penchèrent au-dessus de la table.
- On dirait un plan de Rome.
- C’est ce que nous avons cru aussi, révéla l’ancien condottiere.
Ezio prit la carte et la plaça devant la flamme d’une bougie.
- Il y a un tracé précis, comme un itinéraire. Mais à quoi peut-il correspondre ?
- Nous n’en sommes pas encore sûrs, dit Machiavelli, mais en discutant avec certains officiers j’ai appris qu’un convoi spécial allait traverser la ville dans quelques jours. Ils ignoraient sa nature exacte. Très peu de personnes doivent être au courant des détails de cette opération clandestine.
- Un chargement secret, murmura Ezio. Ca peut être de l’argent, des armes…
- Ou peut-être veut-on nous le faire croire, observa Machiavelli.
Bartolomeo secoua la tête.
- Les mercenaires ont dit que le document était en possession d’un courrier de Borgia ivre. Ils n’ont même pas eu à se battre pour l’obtenir. Plutôt curieux, non ?
- Ambigu, fit Ezio. Soit on nous incite à croire que ce convoi a peu d’importance, soit on essaie de nous tendre un piège. Dans les deux cas, il y a supercherie, ce qui est tout à fait digne de l’esprit tordu de ce cher Cesare.
- Que fait-on ? interrogea Bartolomeo.
- Dis à tes hommes de ramener le courrier. Nous allons l’interroger. Ce n’est qu’un pion, mais il en sait peut-être plus qu’il ne le croit lui-même. Surtout s’il est ivre. Continuez d’examiner cette carte, elle a peut-être d’autres informations d’importance à révéler.
Machiavelli toisa l’assassin :
- Et toi, que vas-tu faire ?
- Je vais trouver La Volpe. Il sait peut-être quelque chose à ce sujet. Il a une fâcheuse tendance à laisser traîner ses mains et ses oreilles là où c’est nécessaire.

En quittant le repaire, Ezio eut la surprise de tomber nez à nez avec Raphaëlo.
- Mais…que fais-tu ici ?
- Je t’ai suivi.
Le garçon avait visiblement retrouvé toute sa gouaille. Il avait sans doute préparé son argumentaire.
- Si tu m’as suivi, alors tu es doué. Je n’ai rien remarqué.
- Tu vois, je ferai un excellent assassino !
Ezio sourit, ému par la ténacité de l’adolescent.
- Têtu comme tu es, tu as tout pour être une mula, pas un aquila !
- Je serai une mule volante, pourquoi pas ? Ca peut servir aussi !
La volonté dont faisait preuve le garçon était désarmante, mais Ezio n’avait pas le temps de se prêter au jeu. Cesare préparait quelque chose et il devait agir au plus vite.
- Tu n’as pas quelques affiches à décrocher ?
Raphaëlo haussa les épaules.
- J’ai brûlé ma besace. Ce n’est plus à moi de faire ça. J’ai de plus grandes ambitions.
- Oui, fit Ezio avec un sourire. Je suis au courant, je crois. Assassino !
Le mot suffisait à faire étinceler les yeux du garçon comme des diamants.
Ezio ignora cette image. Elle lui faisait peur.
- J’ai du travail. Les gens qui ont besoin d’aide, ce n’est pas ça qui manque à Rome. Tu devrais te rendre utile auprès d’eux.
Ezio allait prendre congé, mais le garçon le retint par un bras.
- S’il te plaît, Ezio ! Laisse-moi ma chance ! Je suis sûr que je ferai un excellent assassin ! Laisse-moi faire mes preuves !
Voilà qu’il le suppliait, maintenant.
Raphaëlo était sans nul doute un gamin intelligent. Il finirait par comprendre de lui-même qu’il n’était pas de taille.
Ezio soupira.
- Très bien ! Rendez-vous sur le toit de l’Eglise de Santi Apostoli dans deux heures. Nous verrons si tes jambes sont aussi souples que ta langue !
Le garçon ne put contenir sa joie. Il poussa un grand cri et partit comme une flèche vers le lieu du rendez-vous. Difficile de trouver un élève plus zélé, songea Ezio.

Ezio ne trouva pas La Volpe. Un groupe de voleurs lui apprit qu’il avait quitté Rome pour quelques jours afin d’étudier une alliance avec une guilde siégeant à Milan.
Malgré ce triste constat, Ezio se sentait d’humeur enjouée. L’enthousiasme du jeune Raphaëlo devait être contagieuse. L’assassin se mit en marche vers l’église, le cœur étonnamment léger. Son devoir pouvait attendre un peu. Il avait besoin de se divertir et ce gamin lui offrait une occasion inespérée de le faire. Et surtout, il avait l’occasion de se racheter auprès de lui, ce qui valait son pesant d’or.

Raphaëlo l’attendait sagement depuis des heures sur le toit de l’église. Il bondit sur ses pieds lorsque Ezio atterrit souplement près de lui.
- Tu ne t’es pas fait remarqué au moins !
- Je sais semer les gardes mieux que personne, fit le garçon avec arrogance.
- Très bien, alors voyons si tu sais semer un véritable aquila !
Sur ces mots, Ezio s’élança dans le vide. Il boula sur un toit, bondit à nouveau et se raccrocha à une corniche. Il remonta et jeta un coup d’œil derrière lui pour voir où en était son protégé. Il ne le vit pas. Il eut soudain la terrible pensée qu’il l’avait surestimé et que le jeu était allé trop loin. Il regarda en contrebas en espérant ne pas voir son jeune corps écrasé sur les pavés Un grand bruit le fit se retourner. Raphaëlo se tenait debout devant lui.
- Mais à quoi tu joues, idiota ? Tu cherches à m’impressionner ?
Le garçon afficha un visage guilleret et Ezio comprit qu’il avait vu juste.

Ils passèrent le restant de la journée à escalader les toits de Rome avec un plaisir égal. Malgré son expérience, Ezio n’en finissait pas d’admirer les prouesses de Raphaëlo. Il était bien plus doué que lui au même âge. Et cette évidence lui donnait un pincement au cœur. S’il lui disait la vérité, le garçon ne le lâcherait plus d’une semelle au risque de compromettre sa mission actuelle. Et s’il niait son potentiel, il gâcherait ses espoirs et ses rêves les plus fous.
La nuit tombait déjà lorsque Ezio réalisa qu’il devait retourner au repaire.
- Il faut que je te laisse. J’ai affaire.
- Des trucs d’assassin, c’est ça ?
Ezio opina.
- Alors je suis toujours une mula ou je suis un aquila ?
L’assassin sourit.
- Tu es bien une mule volante !
- Alors quand est-ce que tu m’apprends à me battre ?
Le visage d’Ezio se rembrunit.
- Il n’a jamais été question de cela, Raphaëlo !
- Mais comment veux-tu que je devienne un assassin si je ne sais pas me battre ?
Ezio n’avait pas envie de se lancer dans un nouveau débat avec l’adolescent. Il coupa court en plongeant dans le Tibre. Le garçon ne savait pas nager. Il regarda son mentor disparaître, ombre parmi les ombres, écoeuré de la tournure des évènements.

Ezio trouva Machiavelli faisant les cents pas dans la salle principale.
- Où est Bartolomeo ?
- Il n’a pas eu ma patience. Et il avait surtout autre chose à faire qu’à t’attendre. Alors que t’a dit La Volpe ?
- Rien. Il n’est pas à Rome.
- D’autres contacts ?
- Non, aucun.
Machiavelli arbora un air contrarié.
- Je peux savoir ce que tu as fait de ta journée ?
- Tu te prends vraiment pour mon père.
Ezio s’assit et commença à se restaurer.
Son ami l’observa avec attention.
- Si je te connaissais pas, je dirais que tu as été voir une jolie signora en détresse et que les seules confidences que tu as récoltées ont été celles qu’elle t’a faites sur l’oreiller.
Ezio s’esclaffa.
- Machiavelli, pour une fois, tu fais fausse route. Je me suis bien dépensé, je le reconnais, mais ce n’était pas en compagnie d’une jeune signora. J’étais avec un gamin.
- Mon dieu, serais-tu tombé si bas ?
- Mais non, idiota ! Il veut devenir un assassin. Seulement, il est trop jeune et il ne veut pas l’admettre. J’ai toutes les peines du monde à lui faire entendre raison.
Machiavelli sourit.
- Quel heureux hasard. Cela me rappelle assez notre propre relation. D’ailleurs je crois devoir te rappeler que nous avons une affaire à traiter et que le délai est des plus courts.
- Je sais. Le courrier a-t-il parlé ?
Machiavelli haussa les épaules.
- Tout ce qu’on sait c’est qu’il ne le fera plus. Son corps a été retrouvé dans le Tibre.
Ezio bondit de son siège.
- Quoi ? Il a été assassiné ?
- Si seulement. Non, à en croire les témoins, il s’est contenté de faire un faux pas. Il faut dire qu’il n’avait pas dessaoulé.
Ezio secoua la tête.
- Maledizione !
Puis il vida son verre de vin.
- Et la carte ?
- Rien de nouveau, j’en ai bien peur.
Machiavelli la tendit à l’assassin qui la détailla à nouveau.
- On est dans une impasse. Je me demande si Leonardo ne pourrait pas nous filer un coup de main. S’il y a un code inscrit sur cette carte, il le trouvera.
- Soit, mais sans vouloir être ton père, évite les enfantillages cette fois. Cesare Borgia mérite toute notre attention. Tu le sais mieux que quiconque.
Ezio sourit.
- Machiavelli, la voix de la raison !
L’intéressé minauda.
- A laquelle tu prends plaisir à rester sourd.
Ezio lui tendit un verre de vin.
- Trinque à notre futur succès au lieu de dire des sottises !

Ezio partit de bonne heure le lendemain en direction de l’atelier de son ami Leonardo. Il essayait de ne pas penser à Raphaëlo. En vain. Le gamin lui rappelait trop sa jeunesse. Pour un peu il se serait senti père lui aussi à donner des leçons d’éducation comme il l’avait fait la veille. Il secoua la tête pour chasser ses pensées. Mais elles eurent tôt fait de se matérialiser à quelques mètres de lui. Il ne pouvait visiblement pas leur échapper à Rome.
Raphaëlo se tenait près d’un médecin au masque d’oiseau vantant les mérites d’un nouveau remède contre les furoncles et autres problèmes de peau disgracieux.
Ezio se dit qu’il avait peut-être finalement trouvé d’autres ambitions et un nouveau mentor pour les atteindre. Mais il faisait fausse route. Le garçon fit mine ne pas avoir vu l’assassin. Raphaëlo n’était pas seulement un agile coureur, c’était aussi un bon comédien à en croire son attitude. Ezio feignit aussi de ne pas l’avoir vu et continua à marcher, sa fidèle capuche facilitant son anonymat. Quelque chose le frappa dans le dos. Il se retourna. Le gamin lui faisait face, les larmes aux yeux, le visage haineux :
- Puisque c’est comme ça, je deviendrai un assassin tout seul !
Ezio le regarda s’éclipser derrière l’échoppe d’un forgeron. Il décida que l’histoire était close et qu’il n’avait plus à s’en soucier.
Au prix d’un effort, il parvint à se concentrer sur sa mission.

Arrivé devant la porte de l’atelier, il frappa plusieurs coups de sorte à composer un code établi entre lui et l’artiste.
- Tu es Ezio Auditore ?
Un homme aux allures de prêtre sortit d’une encoignure.
L’assassin le toisa avec méfiance.
- C’est exact.
- Leonardo n’est pas là. Une affaire urgente à traiter.
Ezio soupira.
- Décidément, tout le monde me fuit !
- Il a laissé ce paquet pour toi.
Le prêtre lui tendit un colis et se mêla à la foule sans plus de cérémonie.
Ezio choisit un coin discret et défit l’emballage.
Il trouva deux lames ainsi qu’un mot de l’artiste :

Ezio,

Voici deux nouvelles lames d’assassin conçues spécialement pour toi. En tant que peintre et inventeur, je sais que sans de bons outils, un artiste n’est jamais que la moitié de lui-même. J’espère qu’avec ceux-là, tu deviendras le meilleur de toi. Si ce n’est pas déjà le cas.

Ton ami Leonardo.


Ezio détailla les lames. A leur éclat, il comprit que le métal avait été renforcé et les côtés de chaque lame étaient nantis de petites dents sur toute leur longueur. De quoi faire du petit bois avec les armes des Brutes !
Ezio sourit.
- Tu es un maestro, Leonardo !
Il rangea les lames dentelées dans sa ceinture et c’est alors qu’il remarqua qu’il lui manquait plusieurs couteaux de lancer. Il était pourtant certain d’avoir complété son inventaire avant de partir de l’île du Tibre. En se remémorant ses actions passées pour expliquer cette absence, il se rappela sa rapide altercation avec Raphaëlo et c’est là qu’il comprit. Rempli de rancœur, le garçon lui avait dérobé ses lames.
- Idiota !
Ezio se dit que ça n’était pas bien méchant, un caprice d’adolescent. Il espérait juste qu’il ne ferait pas de bêtises plus grosses que lui avec ses nouveaux jouets.
Tout en cheminant au milieu de la rue déjà bondée à cette heure, il examina de nouveau la carte. Il étudia attentivement le tracé et réalisa que par un heureux hasard, il le suivait précisément. Je n’ai qu’à vérifier si cet itinéraire présente de lui-même des particularités, se dit l’assassin. Avec un peu de chance, la clé du document est peut-être là, tout près.
Il regarda les échoppes et les maisons bordant chaque côté de la rue. Il ne trouva rien qui méritât qu’on s’y attarde. Tant pis, songea-t-il. Peut-être que Machiavelli aura du nouveau de son côté. Le cri d’un aigle dans le ciel lui fit lever les yeux.
- Aquila !
Il était en train de repenser au garçon lorsqu’un détail le frappa brusquement. Le rapace était perché sur le sommet d’une grue. Les yeux d’Ezio s’agrandirent tandis qu’il suivait le tracé de la carte et découvrait à intervalles réguliers d’autres grues se profiler sur les toits.
La vérité le frappa alors d’un seul coup.
Il y aurait bien un convoi, mais convoité par Cesare lui-même. Ces grues constituaient assurément des postes d’observation idéals pour une embuscade. Il en savait quelque chose.
Cesare prévoyait une attaque savamment coordonnée. Le convoi – quelque fut sa nature – devait représenter aux yeux des Borgia une mine d’or ou bien une menace à leur soif de contrôle absolu.
Quelqu’un voulait faire sortir quelque chose de Rome dans le plus grand secret, à la barbe des Borgia. Ezio allait tout faire pour que le plan prévu fonctionne. Mais il aurait donné cher pour savoir ce qui motivait une telle organisation. Nul doute qu’il le découvrirait bien assez tôt. Ragaillardi par cette découverte, il s’élança sur le mur le plus proche et bondit de toit en toit en direction de son repaire.

L’officier Giuseppe Falsario finissait de donner ses instructions à ses hommes dans le quartier sud-est de Centro. Ezio Auditore avait encore fait parler de lui et la surveillance était désormais renforcée dans le quartier du Tibre.
Giuseppe attendait la visite du Capitaine Borgia Francesco Avvoltoio avec qui il entretenait d’excellents rapports depuis sa promotion. Mais il sentait bien que les méfaits perpétrés par le fils de feu Donato Di Milano – puisqu’on l’avait identifié - ternissait un peu l’image qu’il offrait à son supérieur. Il comptait donc bien effacer cette imperfection du tableau.
Il caressa sa cicatrice. Sa main se crispa. Quand on parlait du loup. Le rejeton de Di Milano venait d’apparaître devant lui, bondissant depuis une grue. Il le défia du regard. Son visage n’était qu’un masque de haine. Du haut de ses seize ans, rien ne semblait pouvoir l’intimider.
L’officier sourit, ce qui ne constituait pas un spectacle des plus attrayants.
- Bastardo, te voilà enfin !
Raphaëlo ne lui rendit pas son sourire. Il se contenta de lui balancer l’un des couteaux dérobés à Ezio. Giuseppe dégaina sa lame et dans le même mouvement renvoya le couteau vers son propriétaire. Le garçon l’esquiva de justesse et il trouva le cœur d’un innocent barde qui perdit la voix et la vie, à peu près dans cet ordre.
Les passants s’écartèrent. Des femmes crièrent.
Un brute imposant en armure se fraya un chemin dans la foule d’une seule épaule et arriva sur les lieux du combat. Alarmé par les cris, un traqueur armé d’une lance vint également en renfort.
Giuseppe sourit à nouveau.
- Je crois que tu as mal choisi ton jour pour régler tes affaires de famille, mon petit !
Cette fois Raphaëlo sourit.
- Tu diras ça à mon père, bastardo !
Le traqueur se tourna vers l’officier en écarquillant les yeux de stupeur.
- Vous…vous saignez.
Giuseppe baissa la tête. Une lame de couteau était plantée jusqu’à la garde dans son abdomen.
Le gamin avait été plus malin et plus rapide que lui. Ses jambes se dérobèrent sous lui et il s’affaissa contre une porte.
- Tuez ce sale petit enfant de puttana!
Le traqueur jaugea l’adolescent avec sadisme.
- Avec plaisir.
Il brandit sa lance à l’horizontale. Raphaëlo l’esquiva d’une élégante pirouette avant de disparaître dans un chariot de foin.
- Idiota !
Le traqueur balança son arme dans la cachette. Le garçon bondit dans un grand envol de paille et se réceptionna sur le traqueur en lui piétinant la figure au passage. Au moment d’atterrir, il sentit la pointe d’une botte lui écraser les côtes. Le brute ne méritait pas son nom pour rien. Sa force n’avait d’égale que sa volonté de la prouver. Raphaëlo tenta de s’éloigner pour reprendre son souffle, mais la pique du traqueur lui troua l’épaule droite et le souleva de terre. Embroché comme un vulgaire insecte, il hurla et gesticula en tentant vainement de se libérer. La douleur était atroce. Il entendit les deux soldats s’esclaffer. Le traqueur le cloua contre une façade et commença à appuyer sur son arme sous les contestations de la foule.
- Vous n’avez pas honte, ce n’est qu’un enfant !
- Bourreaux, soyez maudits !
Certains badauds plus hardis jetèrent des pierres aux soldats et le brute se chargea de les rappeler à l’ordre avec force moulinets de sa hache. Raphaëlo profita de cette distraction inespérée pour saisir son dernier couteau. Il positionna  la lame au-dessus de la lance et se servant d’elle comme d’un support à sa trajectoire, il balança le couteau. La lame descendit en tournoyant au-dessus de la hampe avant de trouver la gorge du traqueur. Il lâcha son arme et s’écroula sur les pavés en émettant d’affreux râles. La foule émit une salve de hourras avant d’être dispersée par de nouveaux renforts dont un cavalier à la voix impérieuse.
Raphaëlo retomba au sol avec fracas. Il rampa vers un escalier, dans l’espoir fou de trouver un salut. Ce faisant, il eut la satisfaction de voir que Giuseppe n’avait pas survécu assez longtemps pour se réjouir de sa propre déveine. Il tendit une main vers l’épée du mort, mais le sabot d’un cheval lui brisa la main en même temps que sa dernière chance d’échapper à son destin. Le cavalier se pencha vers lui. La vue de Raphaëlo se brouillait, mais il eut le temps de reconnaître Francesco Avvoltoio en personne. Ce dernier arbora un rictus de mauvais augure au-dessus de sa barbiche.
- Qu’on en finisse avec la famille Di Milano !
Le brute s’avança vers le garçon moribond, sa hache à deux mains.
Francesco effectua un geste élégant :
- Ne partez pas, aimables citoyens. Soyez témoins d’une exécution comme seule Rome peut vous en proposer !
Raphaëlo réunit le peu de forces qui lui restaient pour cracher vers le Capitaine Borgia.
- Va en enfer, toi et les Borgia !
Francesco lui dédia son plus infâme sourire.
- Après toi, bambino !
Le brute leva sa hache.

Ezio venait de révéler sa découverte à Machiavelli ainsi qu’aux assassins présents au repaire.
Machiavelli n’avait pas perdu son temps, lui non plus. Grâce à son propre réseau d’informateurs, il avait appris que le convoi passerait finalement dès la tombée de la nuit. Sa nature, en revanche, demeurait toujours aussi mystérieuse.
Les membres de la confrérie étaient tous réunis autour de la table ainsi que de la carte prise au courrier. Ezio était en train d’établir leur plan d’attaque.
- Nous allons nous répartir sur tous ces points stratégiques.
Il avait indiqué sur la carte de Rome la position des différentes grues.
- Nous allons prendre Cesare à son propre jeu. Nous neutraliserons ces hommes et arrêterons le convoi. De sa nature dépendra ensuite notre ligne de conduite.
Malgré leur position de force, Machiavelli semblait toujours soucieux.
- Tu ne penses plus que c’est un piège déguisé ?
- Non. Je crois que Cesa…
La porte d’entrée s’ouvrit et un tumulte de voix se fit entendre derrière eux. Les assassins s’écartèrent et Bartolomeo apparut encadré par plusieurs courtisanes. Le capitaine tenait un jeune garçon dans ses bras. Ezio reconnut immédiatement Raphaëlo.
- Les courtisanes sont arrivées au moment où Francesco Avvoltoio s’apprêtait à l’exécuter en public. Pendant que mes hommes ont distrait les gardes, elles l’ont conduit en lieu sûr et ont essayé de le soigner.
Le visage de l’ancien condottiere se durcit :
- Il a tué Giuseppe falsario.
- Il avait déjà perdu beaucoup de sang, Ezio, ajouta Esmeralda, une courtisane dont l’assassin s’était entichée autrefois. Il répétait ton nom sans arrêt. On s’est dit que tu le connaissais sûrement.
Ezio prit le garçon dans ses bras. Il ne bougeait pas, ses yeux étaient fermés. On aurait dit qu’il dormait. Mais Ezio savait qu’il n’en était rien. Malgré les pansements, il vit bien l’étendue de ses blessures. Les gardes n’y avaient pas été de main morte avec lui.
L’assassin restait sans voix. De voir cet être auparavant si vif, si animé désormais réduit à l’état de statue était insupportable. La colère commença à monter en lui. Une colère qu’il ne connaissait que trop bien. D’une main il balaya les objets encombrant la table et déposa le corps frêle de l’adolescent sur cette couche improvisée. Il dut déglutir plusieurs fois avant de pouvoir parler à nouveau :
- Vous allez appliquer le plan à la lettre, dit-il aux assassins sans même les regarder. Et vous me rendrez compte dès que ce sera fait.
- Que vas-tu faire ? s’enquit Machiavelli tout en connaissant la réponse.
Ezio continuait de fixer le visage de l’adolescent comme d’en l’espoir fou de le voir sortir de son inertie. Mais sa pâleur tuait irrémédiablement cette possibilité.
- Ne songe même pas à m’en empêcher.
Il se rendit dans l’armurerie et remplaça ses lames habituelles par les nouvelles, conçues de main de maître par Leonardo.
- Ce soir, j’ai un concert à donner. Et de nouveaux instruments à tester.
Il ajusta sa capuche sur sa tête et prit le chemin de la sortie. Il entendit la voix de Machiavelli.
- Ce n’est pas ta vengeance, Ezio !
L’assassin continua sa route.
- Maintenant si.
Bartolomeo l’arrêta d’un geste.
- Le petit a ajouté quelque chose avant de…avant de s’envoler.
Ezio leva la tête. Ses yeux trahirent son émotion.
- Qu’est-ce qu’il a dit ?
- Il a dit que tu avais raison. Il a dit qu’il n’était encore qu’un bambino.
Ezio ouvrit la porte menant sur les toits.
- Je peux t’envoyer quelques mercenaires pour te faciliter la tâche, ajouta Bartolomeo.
- Je n’ai pas envie que ce soit facile.
Sur ces mots, l’assassin ferma la porte.

La nuit avait recouvert Rome d’un drap de soie et la pluie venait de s’abattre sur la capitale. Trempés jusqu’aux os, deux arbalétriers juchés sur un toit s’entretenaient des affaires récentes pour mieux supporter leur condition.
- Quelque chose se prépare en ce moment, dit l’un des soldats. J’ai entendu dire que des hommes avaient été réquisitionnés pour une opération spéciale directement orchestrée par Cesare lui-même.
- Quel genre d’opération ? s’enquit son compagnon.
L’autre décocha un carreau sur un pigeon en plein vol avant de répondre :
- Un détournement. Un convoi doit sortir de Rome. Il transporte des rebelles dont la tête est mise à prix. L’un des cochers est un de mes amis. C’est grâce à lui que Cesare a eu cette information. Sûr qu’après ça, il aura droit à une belle promotion.
Un éclair déchira la nuit, révélant la silhouette d’Ezio Auditore debout derrière les deux hommes. Deux secondes plus tard, ils gisaient aux pieds de l’assassin. Ce dernier contempla ses lames avec satisfaction.
- Comme dans du beurre.
Puis il ramassa les armes des deux gardes.
- Merci pour l’information.

Ezio se glissa sous l’arche et tendit ses bras de part et d’autre. Les deux gardes en faction reçurent un carreau  en pleine tête. Le bruit du tonnerre masqua celui de leur chute.
Un temps idéal pour agir librement.
L’assassin se coula derrière une caisse. Il repéra Francesco Avvoltoio dans une alcôve, près de la tour Borgia qui lui était assignée. Une tour qui n’avait pas encore été brûlée par ses soins. L’occasion pour lui de faire d’une pierre deux coups. Il repéra également deux soldats, un brute armé d’une hache aux côtés du capitaine ainsi qu’un officier dont le visage lui était familier. Et pour cause, c’était lui qui admonestait Raphaëlo le jour où il l’avait rencontré. Il n’aurait pas de seconde chance.
La colère d’Ezio remonta brusquement. Il se revit en train de courir sur les toits en compagnie du garçon et il sut enfin pourquoi il avait tant aimé partager de choses avec lui. Cela lui avait rappelé la complicité avec son grand frère Frederico.
Quelque chose coula sur sa joue. Il préféra se convaincre que c’était la pluie.
Il sortit de sa cachette et s’avança à découvert. Francesco le vit immédiatement. Les gardes se mirent aussitôt en alerte.
- Tiens, mais c’est décidément un jour faste ! Voilà un autre criminel d’envergure qui vient à nous sans que nous ayons besoin de le traquer.
Ezio continua d’avancer. Les mots n’avaient plus cours. Le sang seul parlerait.
Les deux soldats se ruèrent sur lui, l’épée au poing. Ezio plongea sous la rapière du premier. Il transperça son pied d’une de ses lames. Le garde se plia en deux dans un hurlement avant de sentir la deuxième lame d’assassin lui perforer la mâchoire.  Le second commença à faire de grands moulinets avec son cimeterre. Ezio poussa un soupir avant de lui loger une balle en pleine tête. Sur un ordre muet du capitaine, l’officier s’avança. Il pointa une lance en direction d’Ezio.
Ce dernier s’élança et ses deux lames exécutèrent un ballet fantastique devant lui, réduisant la lance en morceaux.
- Pas de témoin !
Avant que son adversaire ait pu réagir il lui transperça le corps une dizaine de fois.
- Pas d’avertissement !
L’officier tomba à genoux et une lame s’enfonça entre ses yeux.
- Pas d’échappatoire !
Le soldat s’écroula face contre terre dans une mare de sang bien vite diluée par la pluie torrentielle.
Le brute émit un grognement avant de balancer sa hache. L’arme tournoya avant de fracasser la caisse derrière laquelle Ezio s’était embusqué un peu plus tôt. L’assassin pointa son pistolet mais le brute souleva le corps sans vie de l’officier et s’en servit comme d’un bouclier. Les balles trouèrent le cadavre que le garde jeta sur Ezio. Celui-ci se plaqua au sol. Le brute avait prévu sa réaction et il se laissa tomber sur lui de tout son poids avant de lui assener une rafale de coups. Ezio chercha une faille, mais les poings de son adversaire  le harcelaient sans répit.
La pluie vint finalement à son secours. Le brute glissa sur les pavés détrempés et s’affala. Il n’en fallut pas plus pour l’assassin. Il se jeta sur le garde aussi impotent qu’un poisson hors de l’eau et lui logea ses deux lames sous le menton. Puis ramassant la hache, il décrivit un moulinet avant de la laisser tomber sur le cou de son adversaire.
Francesco en avait profité pour grimper sur sa monture. Il émit un bref sifflement et aussitôt une dizaine d’arquebusiers apparurent sur les toits formant un cercle dont Ezio était le centre.
- La fête est finie, assassino !
Il avait à peine achevé sa phrase que les arquebusiers étaient submergés par une horde d’assassins jaillis de nulle part.
- En effet, dit Ezio.
Le capitaine Borgia masqua sa frustration. Il tira son épée et s’élança au galop. Ezio resserra ses doigts sur le manche de la hache. Il attendit patiemment que son adversaire se rapproche avant de lancer son arme. Le corps décapité du cavalier tomba à bas de la monture et la tête de Francesco Avvoltoio roula sur les pavés avant de s’arrêter aux pieds de l’assassin.

Quelques instants après, les assassins se réunirent autour de leur meneur et lui racontèrent ce qui s’était passé. Mais ils ne firent que confirmer ce qu’Ezio savait déjà, grâce à la conversation surprise un peu plus tôt sur les toits. Les hommes mis en place par Cesare avaient été neutralisés et les rebelles avaient pu quitter la ville sans encombres.
Mais Ezio n’en demeurait pas moins soucieux.
- L’un des cochers est un traître infiltré. Il faudra le retrouver, c’est une priorité.
L’un des assassins posa une main sur l’épaule d’Ezio.
- Il s’est démasqué tout seul. Il a cru que nous venions pour lui et il a tenté de s’échapper. La seule issue qu’il a trouvée l’a conduit en Enfer.
Ezio afficha son plus large sourire.
- Bene. Vous avez tous fait de l’excellent travail. Je suis fier de vous.
- On peut encore faire quelque chose pour toi ? s’enquit un disciple.
Ezio leva les yeux.
- Oui, vous allez m’aider. J’ai encore quelque chose à accomplir.

Les assassins hissèrent le corps de Raphaëlo jusqu’au sommet de la Tour Borgia où Ezio attendait. L’assassin s’agenouilla près du garçon.
- C’est toi qui avais raison. Tu es un vrai assassino. Et tu l’as largement prouvé aujourd’hui.
Il ôta un flambeau de son logement. Il prit une profonde inspiration avant de le jeter à terre.
- Repose en paix, aquila !
Tandis que les flammes commençaient à lécher l’intérieur du bâtiment, Ezio s’élança du haut de la tour et effectua un magistral saut de la foi. Un aigle plana un instant dans le ciel comme pour accompagner l’envolée de l’assassin.

 


 

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dimanche, 11 novembre 2012

"On en a Gros"... du très Gros même !

J'ai le plaisir de vous annoncer ma collaboration sur un nouveau projet avec mon meilleur ami Hervé Smagghe. Il s'agit d'une nouvelle série de Fanfics sur l'univers de Kaamelott (pour changer !!!).
Mais quand je dis Fanfic, c'est peut-être un peu réducteur tant le sujet est ambitieux et complémentaire à la série. Vous me direz : "Oui, c'est pas nouveau ! On l'a déjà entendu plein de fois, ça !". Et pourtant, ce coup-ci, la surprise sera de taille, les révélations nombreuses et le plaisir de les découvrir tout aussi conséquent.

Nous avons finalisé le trailer vidéo que nous avons mis en ligne sur le blog : Merlin ou le Mensonge d'un Destin et YouTube : Merlin ou le Mensonge d'un Destin. Nous avons également écrit les synopsis des 18 épisodes qui consitueront la série.

Nous avons terminé l'écriture du premier épisode. Nous prévoyons de publier chaque épisode en plusieurs parties.

En attendant de vous en dire plus, merci de votre fidélité et bon séjour sur d'Art & d'Amour !

 

 Bientôt, Merlin sera lui aussi un héros...

 

 

 

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vendredi, 09 novembre 2012

MatriX-Men [Fanfic Crossover]

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Jenna courait à perdre haleine, désespérée, terrifiée. En réalité, tout cela n’était qu’en partie vrai étant donné que sa respiration et tout ce qui était lié à son corps n’étaient qu’une projection virtuelle. Comme tout ce qui l’entourait d’ailleurs. Son sentiment de mort imminente, en revanche, était tout sauf illusoire.
« Si on meurt dans la matrice, on meurt aussi pour de vrai » se répétait-elle malgré elle.
Un moyen comme un autre de développer l’instinct de survie surtout lorsqu’on a deux agents hargneux aux trousses. « J’suis qu’une ado ! J’ai même pas 18 ans ! » Une balle siffla et ricocha contre le mur. Prendre cette ruelle n’était peut-être pas une bonne idée. Sauf si elle était complètement déserte. Elle pria pour que ce fut le cas. Elle ne connaissait que trop bien le pouvoir des agents de phagocyter n’importe quelle pilule bleue. C’est comme cela qu’on appelait affectueusement tous ceux qui n’avaient pas atteint le stade d’éveillé. Ce qu’elle était récemment devenue par l’entremise d’un certain Neo. Depuis les choses s’étaient gâtées pour elle. Heureusement il y avait des compensations.
Un clochard jusqu’alors recroquevillé derrière une poubelle se redressa brusquement porteur d’un smoking et d’un brushing impeccables. L’agent contempla la bouteille dans sa main d’un air perplexe avant de la lancer brusquement sur sa cible. Il fit feu juste après. Jenna sentit le danger poindre à vitesse grand V. Pour autant elle se sentit capable de l’affronter. Elle sauta et colla un talon contre chaque paroi dans un admirable grand écart facial. Le projectile improvisé destiné à l’étourdir fila entre ses jambes avant de frôler la tête de son deuxième poursuivant qui l’esquiva d’une simple torsion du cou avant de faire feu lui aussi. Le temps fut alors comme ralenti. Jenna effectua un salto inversé avant de plonger et de bouler au sol, esquivant ainsi les balles. Sans temps mort, elle fonça tête baissée vers un affrontement inévitable avec le pire ennemi de la résistance humaine.
Non, elle était plus qu’une ado. Surtout depuis sa rencontre fatidique avec Neo et son entraînement accéléré. Neo, le maître d’œuvre de la Révolte contre les Machines et leurs émissaires dans la Matrice. Les redoutables et mortels Agents.
Une main sur son oreillette, l’ex-clochard écouta de brèves instructions de l’Agent Smith, le super Agent, leur leader et accessoirement la Némesis de Neo. Elle ne vit pas son adversaire arriver sur elle. Il franchit la distance qui les séparait d’un seul bond la projetant à l’autre bout de la ruelle. Une aubaine pour l’autre agent qui la renvoya d’un coup de pied comme une balle humaine. Jenna percuta violemment le sol.
Dans l’hovercraft « L’Icare », clouée sur un siège, son crâne encore rasé vissé à la Matrice, la vraie Jenna, yeux clos, cracha une giclée de sang, alertant les membres de l’équipage alentours sur sa délicate situation.
Jenna se redressa, le regard embrumé par la violence du choc. « Ce n’est pas réel ! C’est comme un rêve lucide ! Je peux tout contrôler. Je peux tout c… » Une pluie de coups de poing s’abattit sur elle. Elle rebondit contre un mur avant de s’écrouler comme une marionnette privée de fils. « Merci Neo, je te revaudrai ça dans une autre vie ! » Une voix grave jaillie de nulle part fit avorter le coup de grâce :
- Dis-donc, le costard, t’as pas honte de t’en prendre à une gamine ?
Le visiteur sauta du toit et atterrit avec un aplomb exemplaire face à l’Agent.
Il avait le cheveu ébouriffé et le regard enfiévré du type qui a bu, mais qui même sans ça est peu enclin à causer. Mais il avait aussi et surtout les rouflaquettes impeccables de même que l’éternel cigare vissé au coin des lèvres. Logan jeta un regard à Jenna avant de sortir ses griffes dans un froissement métallique de mauvais augure.
- T’as assez de couilles pour…
Logan reçut un bombardement de parpaings – ou d’enclumes au choix – dans la figure et le torse. Il chancela et recula sous l’assaut avant de scruter son adversaire. Non, le costard avait juste utilisé ses poings et ses pieds. Il comprit qu’il avait affaire à une pointure.
- D’accord, fit-il en serrant les dents.
La seconde d’après, ses griffes entraient en action. Il eut beau lui faire un rasage de près sur toute la surface, la logique resta sourde à sa performance.
- Merde, c’est un mutant !
- Non, c’est pire !
Jenna avait retrouvé ses esprits. Elle emprisonna l’Agent d’un ciseau. L’occasion idéale pour Logan :
- Evite celle-là !
Il le décapita sauvagement. Mais à sa grande stupeur, le corps entier disparut dans une étrange série d’éclairs avant de réapparaître sous la forme d’un cadavre de clochard…sans tête.
Logan leva un sourcil :
- D’habitude ça fait pas ça !
Il dressa ses griffes à temps pour repousser une série de 9 mm dans un concert d’étincelles.
Il se tourna pour faire face à l’autre Agent venant à leur rencontre, mais Jenna l’entraîna avec elle vers l’autre bout de la ruelle :
- Laisse tomber. Ces mecs repoussent plus vite que mon acné !
- Si c’est pas des mutants, c’est quoi ?
- Ce serait trop long à t’expliquer ! Mais tes griffes, j’avoue, c’est très pratique. J’y aurais jamais pensé. Avec un pouvoir pareil, tu peux pas être une pilule bleue ! Hein ? T’es sorti depuis quand de la Matrice ? T’as rencontré Neo ?
Logan grogna.
- Dis, c’est normal si je pige rien à ton charabia ?
Jenna sourit comme pour couper court à de trop longues explications :
- Je m'appelle Jenna. Et toi ?
- Logan.

Ils finirent par déboucher en pleine rue. Jenna les orienta vers une zone moins peuplée à cette heure.
- Faut éviter les lieux publiques !
- Pourquoi ? T’es une geek ?
Jenna s’amusa de l’ignorance du baroudeur bourru :
- Disons, pour que tu comprennes, qu’ils peuvent se téléporter.
- Ouais bah c’est un truc de mutant.
Jenna sourit avant de prendre le temps de réfléchir. « Peut-être que tous ces fameux mutants étaient des éveillés qui s’ignoraient ! » Un bon point pour la résistance. La jeune fille se félicita de cette nouvelle rencontre. Neo serait fier d’elle !
Encouragée par cette pensée, une idée lui traversa l'esprit :
- On va aller chez Josepha !
- C'est qui ?
- C'est un bar dans un quartier défavorisé.
- T'avais dit pas de lieux publiques.
- C'est pas un lieu publique, c'est un refuge. Et justement, on a besoin de se poser. Je vais appeler une amie.
- T'as pas de portable ?
- J'ai plus confiance dans ces machins depuis un moment.
Après avoir emprunté une enfilade de rues à l'écart de la foule, le tandem parvint à destination.
Enseigne incomplète, vitres sales et murs bardés d'affiches et de tags : la devanture du bar affichait clairement sa nature de refuge pour marginaux. Logan haussa un sourcil de perplexité avant de renifler bruyamment comme un animal.
- Je suis pas difficile, mais là... J'ai peur de perdre un orteil si j'y mets un pied. Et comme les miens repoussent pas. S'ils servent à boire, j'ose pas imaginer le goût de la bière.
- Entre au lieu de jouer les saintes nitouches.
Logan regarda Jenna pousser la porte et entrer. La gamine avait de l'aplomb pour son âge signe qu'elle avait dû en baver. Il ne pouvait qu'apprécier. Il la suivit.
La salle était déserte. Personne pour les accueillir.
Logan passa un index sur une table aussi crasseuse que le sol.
- Y a quelqu'un ?
- Te fatigue pas. Y a jamais personne à cette heure.
Logan jaugea l'épaisseur de la poussière qui recouvrait le mobilier dans son ensemble.
- A cette heure seulement ?
Jenna ne lui répondit pas. Elle avait disparu derrière un rideau.
Logan chercha quelque chose à boire, sans succès. Ce taudis avait l'air plus factice qu'un décor de cinéma. Il haussa les épaules et s'assit sur une chaise...qui ne résista pas à son poids et l'envoya durement sur le postérieur.
- C'est une blague ou quoi ?
Il se releva en grognant.
- Bon, ça suffit les conneries ! J'en ai plein le cul de cet endroit ! Je vais attendre dev...
Un vrombissement de moteur l'interrompit. D'instinct, il sortit les griffes et se coula contre la porte. Une moto venait de se garer à proximité. Une silhouette tout de noir vêtue s'approcha. Elle portait des lunettes boires. Mauvais signe.
- Eh, gamine, on a de la visite !
Encore une fois, Logan n'eut pas de réponse.
Lorsque la porte s'ouvrit il porta un coup puissant qui aurait transpercé un boeuf. Mais ses griffes ne firent que lacérer le vide. Le visiteur avait boulé au sol. Logan enchaîna avec une autre attaque aussi mortelle, mais ses griffes se fichèrent dans le parquet soulevant un nuage de poussière. La seconde d'après il sentit l'extrémité d'un pistolet contre ses testicules.
- Range tes ongles si tu veux encore chanter comme un ténor sous la douche.
Un genou au sol, la femme toisait son adversaire sans la moindre once d'étonnement. A croire qu'elle en avait déjà vu d'autres. Ce qui était bien évidemment le cas.
Jenna choisit ce moment pour réapparaître.
- Trinity ? Tu as fait super vite !
- J'étais pas loin. Qui c'est celui-là ? Encore un clochard dont tu as eu pitié.
- Eh, la Catwoman du pauvre, si tu me traites encore de clodo, je te fais un joli décolleté.
Trintiy l'ignora superbement. Avec ses lunettes, elle avait des allures d'insecte. Logan aurait penché pour une mante religieuse. Elle ne releva pas sa provocation :
- A en croire ses...aptitudes, c'est pas une pilule bleue, mais rappelle-toi que cela ne veut parfois rien dire. Néo et moi, on en sait quelque chose. Ce taré de Cypher a bien failli avoir notre peau.
- T'inquiète, il est clean. Il m'a filé un coup de main tout à l'heure ou plutôt un coup de griffes. Je serais peut-être pas là en train de te parler s'il était pas intervenu.
Logan s'autorisa à sourire.
- Je veux bien accepter tes excuses.
Trinity se redressa tout en continuant à le menacer.
- Il faut qu'on discute, mais pas devant lui.
Profitant d'une seconde d'inattention de sa part, Logan la désarma d'un coup de griffe, la poussa contre le comptoir d'un coup de pied avant de bondir sur le zinc les lames toutes prêtes à l'égorger :
- J'aime pas tes façons, ma belle !
Ce qui mit Jenna dans tous ses états :
- Arrête, tu fais n'importe quoi ! On est tous dans le même camp !
Une fenêtre explosa, vomissant un Agent sur le sol de la salle qui se releva en un éclair, l'arme au poing, l'autre main sur son inséparable oreillette.
- J'ai retrouvé la jeune fille. Non, elle n'est pas seule. Mlle...
- Je t'interdis de prononcer mon vrai nom !
Au comble de l'exaspération, Trinity logea un genou dans l'entrejambe de Logan avant de le repousser d'un coup de pied. Assez violemment pour qu'il passe à travers l'autre fenêtre du bar qui vu son état ne demandait de toutes façon qu'a être remplacée. Trinity se plaça ensuite de façon protectrice devant Jenna tout en faisant vaillamment face à l'Agent :
- Tu ferais mieux d'appeler des renforts. Je suis vraiment pas d'humeur.
L'Agent sourit :
- Ils sont déjà là.
Logan ne prit même pas la peine d'essuyer le sang de ses blessures. Sa cicatrisation naturelle se chargea de préserver son charme naturel. Mais alors qu'il se relevait en grimaçant plus de rage que de douleur, il eut la vision de deux souliers d'homme juste devant lui, parfaitement noirs et lustrés.
- Monsieur Logan. Ravi de vous rencontrer enfin. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
L'Agent Smith esquissa un sourire qui fit passer son exemplaire courtoisie pour une condamnation à mort.
Logan lui fit face.
- T'es qui, toi ?
Le bras de l'Agent se détendit à la vitesse d'un serpent. Il saisit Logan à la gorge et le souleva de terre avant de l'envoyer éclater l'extrémité d'un réverbère. Logan se reçut sur le ventre. Il sentit ses côtes cassées se restructurer instantanément. Habitué au phénomène, il n'y prêta guère plus d'attention.
- Ok, t'es super costard.
Smith l'étudia comme un vulgaire insecte.
- Croyez-vous avoir une chance contre moi, Monsieur Logan ?
L'intéressé fit jaillir ses griffes.
- Pas une, six !
Puis il se rua sur son adversaire en hurlant.
A l'intérieur du bar, le combat faisait rage également. En fâcheuse posture malgré sa hargne et son expérience, Trinity hurla :
- Jenna, sur les toits, je te rejoins !
Elle n'avait pas plus tôt dit ça que l'Agent la projetait à travers la porte. Une seconde plus tard, c'est Logan qui empruntait malgré lui ce passage improvisé.
Il cracha une giclée de sang :
- Eh, j'aime pas jouer les balles de flipper !
L'autre Agent l'ignora et commença à se diriger vers les escaliers, par là même où Jenna venait de s'enfuir.
Smith s'empressa d'accueillir la compagne de Neo.
- Ravi de vous revoir. Cela faisait longtemps, Mlle...
D'un simple coup de pied la jeune femme fit basculer le lampadaire qui s'écrasa contre la façade du bar.
Smith reçut un message de l'Agent dans son oreillette et il comprit ce qu'elle s'apprêtait à faire. Alors qu'un combat mortel semblait inévitable, il disparut sans crier gare.
Trinity en profita pour se ruer sur sa moto et démarrer dans la foulée. Elle fit crisser le pneu arrière dans un nuage de fumée avant de s'élancer. La moto roula sur le lampadaire et ce pont improvisé lui permit de bondir au-dessus des toits.
L'Agent avait presque rejoint Jenna lorsqu'il fut écrasé par une moto lancée à pleine vitesse.
Trinity atterrit superbement juste devant la jeune fille.
- Tout va bien ?
- Oui, tu es arrivée à temps. Sympa, le coup de la moto.
Trinity esquissa un sourire.
- Je pense que je m'en resservirais.
Ne se sentant pas encore hors de danger, Trinity entraîna Jenna dans sa course.
- Mais Logan ?
- Oublie-le. C'est peut-être un éveillé, mais il nous ralentirait.
Jenna n'était évidemment pas de cet avis, mais elle ne protesta pas davantage.
Comme elle voyait que cette décision l'avait peinée, Trinity eut une idée pour la distraire :
- Fais-moi voir ce que tu vaux en saut en longueur !
Les deux amies se lancèrent alors dans un concours hors du commun. Bondissant de toit en toit, elles rivalisèrent d'efforts. Trinity était bien sûr plus à son avantage, mais Jenna ne démérita nullement et elle reçut de vives félicitations quant à ses progrès en la matière.

Le soir commençait à tomber. Les deux femmes pouvaient se laisser convaincre d'avoir échappé à leurs poursuivants. Du moins pour un temps. Jenna connaissait les toits de la ville par coeur et elle se faisait un plaisir de montrer à Trinity des chemins et des planques connues d'elle seule. Elle voulait que Trinity soit fière d'elle et Trinity ne la déçut pas.
Un peu plus loin, devant eux, une vieille dame assise sur un banc donnait à manger aux pigeons.
Sa silhouette était familière à Jenna. Son visage s'éclaira aussitôt lorsqu'elle la reconnut.
- C'est Josepha !
- Une amie à toi ?
- Oui.
Jenna allait s'élancer joyeusement vers la vieille dame qui venait de se lever pour sceller leurs retrouvailles, mais Trinity la retint pas l'épaule.
- Ce n'est pas ton amie.
Le visage débonnaire de Josepha se tordit atrocement et son corps disparut au profit de celui d'un Agent. Le plus dangereux de la Matrice.
Jenna paniqua :
- C'est Smith, il nous a retrouvé !
- A nous deux on peut l'avoir !
Trinity apprécia de voir autant d'assurance et de confiance en Jenna. Mais pour autant elle n'était pas dupe. Une seule personne avait pu vaincre l'agent Smith : Néo. Parce que c'était l'Elu. Et depuis, les Machines avaient procédé à quelques mises à jour afin de rendre son programme de défense encore plus performant.
Smith bondit sur elles sans crier gare.
Trinity se prépara au choc lorsque de puissantes lumières les aveuglèrent. Quelque chose de massif percuta Smith de plein fouet l'envoyant se perdre dans la nuit.
Une sorte d'avion furtif venait d'apparaître. Une ouverture se dessina dans le flanc de l'appareil et Logan les invita à monter à bord :
- Discutez pas !
Jenna fut trop heureuse de retrouver le mutant pour hésiter. Voyant Trinity faire la fine bouche, il ajouta :
- Allez, sans rancune !

Le Professeur Xavier était à bord, lui aussi. Ayant capté de bien étranges signaux alors qu'il usait du Cérébro, il n'eut qu'à ancrer son esprit sur le mutant en maraude pour comprendre la gravité des évènements.

- J'avoue, avec une certaine angoisse, que leurs pouvoirs me dépassent.  Ce ne sont pas des mutants.

- Techniquement, vous non plus, leur apprit Jenna, quelque peu ravie de jouer les enseignantes à son âge. En fait les mutants n'existent pas. En fait, rien n'est réel.

- Donc tout est permis, fit Wolverine sceptique à souhait, tout en dardant une lame telle une pointe d'Assassin.

Blasée, Trinity soupira.

- J'aimerais tout vous expliquer, mais nous manquons de temps.

Xavier lui adressa ce sourire apaisant dont il avait le secret.

- En savoir beaucoup en un minimum de temps, ma chère, c'est ma spécialité.

Il apposa ses mains sur les tempes de la guerrière et la vérité fut comme un ouragan dans son esprit. Rompant brutalement le contact, il se recula dans sa chaise roulante.

- Mon dieu, tout ceci n'est donc qu'un rêve et la réalité un tel cauchemar !

Pour Xavier le choc était terrible. Il fit un effort visible pour reprendre la parole :

- Je ne sais pas ce qui est le pire. Savoir que la guerre humains-mutants n'a pour ainsi dire jamais eu lieu et que ce conflit n'a aucune raison d'être, qu'il n'est qu'une chimère comme tout le reste ou savoir que le vrai combat a toujours été ailleurs, hors de notre portée.

Il contempla ses jambes, inertes depuis des années.

- Je devrais me réjouir de savoir que mon infirmité n'est qu'une illusion. Pourtant, je n'y parviens pas.

- C'est possible d'être au parfum ? fit Logan avec sa courtoisie légendaire.

Xavier, encore tout retourné de ce qu'il avait vu, s'approcha de lui et tendit ses mains. Logan les repoussa vivement en émettant un son de gorge.

- Je me contenterais d'un résumé oral.

Xavier possédait l'art de bien choisir bien ses mots et il en fit la démonstration une fois de plus. Pour autant, les révélations qu'il fit furent comme une chape de plomb sur les épaules de son protégé.

Logan passa une main dans sa crinière avec une grimace abominable :

- Merde, alors, on est vraiment tous chauves ?

Xavier parvint à sourire :

- Personnellement, je crois que je m'en remettrai.

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à suivre...

 

C'est le moment ou jamais
de passer à la postérité
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lundi, 24 septembre 2012

Merlin à Fortdhiver [Fanfics/Skymelott] Saison 1-Episode 4


Les chevaliers sont réunis autour d'une table approximativement ronde, mais en pierre, à l'intérieur d'une grotte dont ils ont fait leur base provisoire.

Arthur :

- Bon, je me suis dit qu'il était temps de faire un petit bilan de nos actions. On est ici depuis plusieurs semaines et finalement on a pas récolté grand-chose susceptible de faciliter notre retour en Bretagne. Ce qui reste quand même notre objectif. Je trouve important de le rappeler étant donné que j'en vois plus d'un penser à autre chose. Il fixe Léodagan :

- Comme s'en mettre plein les fouilles, par exemple...

Puis il regarde Lancelot :

- ...Ou faire les yeux doux à la veuve éplorée du coin.

Léodagan, irrité :

- Dites, c'est quand même pas ma faute si ce pays est truffé de coffres remplis de pièces d'or, quand même ! Faudrait être con pour pas les vider surtout quand ils sont même pas fermés à clé !

Lancelot, exaspéré :

- Ce n'est pas non plus ma faute si j'ai une empathie naturelle avec les gens en détresse. Et puis ça fait partie aussi du devoir de chevalier. Permettez-moi de vous dire que je trouve un tel reproche déplacé, même de votre part.

Arthur :

- Je vous permets pas. Et dorénavant, je vous préviens, la priorité c'est le retour en Bretagne, point barre. Les activités annexes c'est quand il y a pas d'urgence, uniquement. Là y en a une et de taille ! Alors je veux voir personne à la ramasse, c'est compris ?

Les chevaliers secouent la tête.

Arthur :

- J'ai pas bien entendu.

Il hurle :

- C'est compris ?

Les chevaliers en choeur :

- Oui, sire !

Arthur :

- Bon, la messe est dite alors.

Père Blaise :

- Euh...Justement, Sire, à propos de messe...

Arthur l'ignorant superbement :

- Bon, voici les directives.

Il fait passer des documents écrits de sa plume :

- Je vous ai assigné à chacun une mission, une piste à suivre qui pourrait nous conduire à une solution. Ceux qui ne savent pas lire vous vous ferez aider par ceux qui savent. J'ai pris en compte vos spécialités, enfin dans la mesure où vous en avez, évidemment. Oubliez tout de suite les réclamations, je changerai rien au programme. Si chacun y met du sien, on a toutes les chances d'y arriver.

Il s'adresse à Merlin :

- Vous, vous allez à Fortdhiver. Y a une charrette qui vous attend pour vous y conduire, parce que c'est pas la porte à côté.

- Et pourquoi je dois mettre les pieds là-bas ?

- Parce que là-bas y a une Académie de magie. Ils savent certainement des choses qui pourraient nous être utiles. Ils ont peut-être eu connaissance de portails, de dimensions parallèles, un truc du genre, quoi ! Cherchez dans cette direction. Soyez curieux, mais restez discret. Autant que possible.

Merlin :

- Vous rigolez ? Je vais être dans mon élément. Et m'est avis que c'est moi qui pourrait bien leur apprendre deux trois trucs !

 

Après un long périple, Merlin arrive enfin à destination. L'Académie est visible de loin car elle surplombe la ville de Fortdhiver. Le druide parvient à l'entrée où l'acceuille chaleureusement une elfe experte en destruction.

Merlin :

- Dites, ce serait possible d'entrer pour avoir quelques infos ? Parce qu'en plus, il fait vraiment pas chaud chez vous ! Je crois bien que j'ai la glotte gelée.

Faralda :

- Vous voulez obtenir quelque chose de l'Académie, certes. Mais la vraie question est : que pouvez-vous offrir à l'Académie ?

- Bah, je connais plein de sorts figurez-vous. Et je suis spécialiste en alchimie. Les potions magiques, c'est mon dada. J'ai un bon contact avec les animaux aussi, surtout les loups.

- Très bien. Vous n'aurez donc aucun mal à passer un petit test d'aptitude.

- Je suis prêt. Demandez-moi ce que vous voulez. Enfin, dans la limite du raisonnable, quand même. Parce que j'ai rien pris avec moi.

Merlin palpe sa besace.

- Ah, si ! J'ai récupéré une Pierre de Lune. Elle est pas comme chez nous, en Bretagne, mais...

Faralada :

- Seriez-vous capable de lancer une boule de feu sur moi ?

Merlin, abasourdi :

- Une...Une boule de feu ? Mais...c'est que...c'est aussi ma spécialité, mais je voudrais pas vous blesser. J'ai parfois du mal à contrôler ma force.

- N'ayez crainte, Enchanteur. Si je vous le demande, c'est que je suis pleinement en mesure de subir ce sort sans dommage.

- Ok, comme vous voulez. Mais bon, les boules de feu, comme je vous ai dit, c'est ma spécialité, alors du coup c'est un peu trop facile, y a pas vraiment de challenge, vous voyez.

Merlin sourit en tâtant la Pierre de Lune dans sa besace.

- Par contre, si ça vous intéresse, je peux transformer une chèvre en eau. Ca c'est pas banal, vous en conviendrez.

- En effet, c'est peu commun. J'ai hâte de voir un tel prodige.

- Bah, c'est comme si c'était fait. J'ai vu une chèvre en arrivant. Laissez-moi cinq minutes et je reviens avec pour vous faire une démonstration qui restera dans les annales de votre Académie.


1 heure plus tard.

Essoufflé, Merlin revient devant Faralda avec la chèvre dans les bras :

- Désolé, mais cette conne de bique a pas arrêté de me faire courir. J'ai glissé et je suis tombé plusieurs fois. Je crois même que je me suis tordu le ménisque.

Il pose la chèvre en la tenant fermement d'une main et de l'autre sort une pierre blanche de sa besace :

- Attention les yeux, je vous préviens, c'est du jamais vu !

Il va pour poser la pierre sur la chèvre lorsque Faralda s'exclame :

- Un instant ! Je ne suis pas experte en Forge, évidemment, mais il me semble me souvenir que la Pierre de Lune sert essentiellement à fabriquer des armes et des armures elfiques. Elle n'a aucune propriété magique, en soi.

Merlin semble avoir avalé de travers.

- Quoi ? Mais qui c'est qui vous a raconté ces conneries ?

- Un forgeron, je crois.

Merlin s'esclaffe.

- Ah, non, mais laissez-moi rire, il devait être aussi forgeron que moi, ce con ! Il s'est carrément foutu de votre gueule ! Moi, par contre, je suis pas là pour rigoler. Devant le résultat, vous pigerez !


1 heure plus tard.

Merlin, décontenancé, pose la pierre sur le cul de la chèvre :

- Franchement, je comprends pas. Ecoutez, j'ai essayé partout, ça marche pas. Ca doit venir de la qualité de la pierre, je vois que ça.

Faralda, lassée :

- Ou bien elle n'a effectivement aucune propriété magique.

- Comment on fait alors ?

- Et si vous faisiez une simple boule de feu comme c'était prévu à la base ?

Merlin déglutit.

- Bon, moi je veux bien, mais c'est beaucoup moins spectaculaire.

Il ferme les yeux, brandit ses mains devant lui et prend une longue inspiration :

"Faut pas que je rentre bredouille ! Si je rentre bredouille, c'est sûr, il va me tuer" !

Un grand battement d'ailes se fait entendre suivi du crépitement assourdissant d'une flamme gigantesque.

Merlin ouvre les yeux. Lui et faralda sont couverts de suie et de fumée.

Du coin de l'oeil, le druide aperçoit un dragon fondre sur la ville en contrebas pour l'embraser.

Il ne peut contenir sa joie :

- Vous avez vu ça ? J'ai fait apparaître un dragon ! Carrément ! Je vous avais prévenu que je contrôlais pas bien ma force !

Faralda s'époussetant :

- Je ne sais pas si je dois vous croire. Et si je vous crois, je ne sais pas si je dois vous maudire ou vous admirer. Je vous laisse le bénéfice du doute. Estimez-vous heureux. Que voulez-vous à l'Académie ? Dépêchez-vous, j'ai un dragon sur le feu, si je puis dire !

 

Merlin est revenu victorieux de sa mission à Fortdhiver. Il termine son compte-rendu à Arthur :

- Du coup, elle en revenait pas et m'a demandé ce que l'Académie pouvait faire pour moi. C'est comme ça que j'ai su que l'Académie soupçonnait des voleurs de leur avoir dérobé un parchemin magique, un Parchemin des Anciens qu'elle a dit. Un parchemin qui, justement, permettrait d'ouvrir un portail vers une autre dimension. Alors merci qui ? Merci bibi !

Arthur, pour le moins sceptique :

- Pour la piste du parchemin, bravo, là je discute pas. C'est un gros coup de cul, faut reconnaitre, mais après tout, pourquoi pas !  Que ça tombe sur vous, en plus, ça équilibre un peu les choses. Mais pour l'histoire de la boule de feu, soyez honnête. C'est pas plutôt un dragon qui passait là par hasard ? Ca me parait quand même plus plausible qu'une soudaine aptitude à la magie, surtout de ce niveau ! Si vous étiez capable d'un tel miracle, on serait un peu au courant, vous croyez pas ?

Merlin, vexé :

- J'étais sûr que vous alliez pas me croire ! Mais je m'en fiche, j'ai un témoin qui a vu la même chose que moi. Toute la ville l'a vue, en fait. Il doit pas en rester grand-chose à l'heure qu'il est, d'ailleurs.

Arhtur, blasé :

- Admettons. Vous seriez capable de le refaire ? Non, parce qu'un dragon comme allié, pendant une bataille, ça peut éventuellement avoir son utilité.

Merlin :

- Alors là, je pourrai pas vous dire. Je pense que ça dépend de la motivation.

Arthur brandit Excalibur sous son nez :

- Et mon épée dans votre tronche, ça vous suffit comme motivation ?

 

La nuit, alors que tous les chevaliers dorment à poings fermés, Merlin est dehors en train de poser la Pierre de Lune sur la chèvre :

- Merde ! Si ça se trouve, ça vient de la chèvre !

La chèvre pousse un bêlement. Merlin, frustré :

- Ta gueule, toi ! Tu me dois un ménisque !

 

Ca vous suffit pas ? Tous les épisodes de la saison 1 : ICI

 

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vendredi, 21 septembre 2012

Perceval - Fils de Dragon [Fanfics/Skymelott] Saison 1-Episode 7

 

Les chevaliers sont réunis dans la cour de Fort Mauriart, une forteresse située non loin de Blancherive, qu’ils ont prise à des bandits. L’heure est solennelle puisque grâce au Parchemin des Anciens récupéré par Perceval, ils vont enfin pouvoir retourner en Bretagne. Pour l’occasion, une partie de la garde de la Capitale a fait le déplacement avec à sa tête Farengar, le mage personnel du Jarl de Blancherive.

Farengar :

- En digne représentant du Jarl Balgruuf le Grand, qui malheureusement ne pouvait être parmi nous aujourd’hui, ainsi que de notre très reconnaissante communauté, je tiens à vous remercier pour les différents services que vous avez rendu spontanément et de manière désintéressée à notre châtellerie.

Les chevaliers opinent du chef.

Arthur :

- Tout d’abord, vous direz au Jarl Balgruuf le Grand qu’il est tout excusé. Les obligations d’un chef je sais ce que c’est, croyez-moi…

Il jette un regard appuyé à l’attention de Léodagan :

-…même si certains ont tendance à en douter.

Léodagan hausse les épaules, dans un admirable simulacre d’innocence.

Arthur poursuit, choisissant ses mots avec soin :

- En digne représentant de notre petite communauté, je tiens moi-même à remercier Blancherive pour son accueil, sa gratitude et…

Perceval et Karadoc :

- Et son hydromel !

Arthur, conciliant :

- Et… son… hydromel. Ce fut un plaisir de vous rendre service et nous avons beaucoup appris de notre séjour dans cette région. Je ne sais pas si nous allons manquer à Bordeciel, mais je suis certain que nous penserons à Bordeciel avec nostalgie quand il nous sera permis de le faire.

Léodagan, impatient :

- Bon bah je crois que la messe est dite alors…

Père Blaise :

- Bah, justement, non. C’est à peine si j’ai eu le temps d’effleurer la religion de ce pays. Pourtant il semble qu’il y ait de quoi faire. C’est très regrettable. Enfin de mon point de vue. Mais bon, comme d’habitude, tout le monde s’en fout de mon point de vue.

Léodagan :

- Et bien si le cœur vous en dit, vous pourrez toujours revenir. Mais faudra pas compter sur moi pour vous tenir le chapelet !

Il fait un signe à Merlin qui tient le parchemin.

Merlin :

- Bon, je vais l’ouvrir. Ca devrait être instantané, donc le mieux c’est peut-être qu’on se tienne la main.

Les chevaliers grimacent.

Merlin, avec autorité :

- Ca pourrait éviter qu’on perde quelqu’un en route !

A contre-cœur, ils forment un cercle et ferment les yeux, priant pour que le sort fonctionne…et correctement de préférence.

Perceval à Karadoc :

- Vous avez vu ? On fait une table ronde !

Karadoc pouffe de rire. Arthur sourit jusqu’aux oreilles, puis prend une profonde inspiration.

Merlin commence à dérouler le précieux rouleau lorsque Karadoc ouvre les yeux et aperçoit quelque chose de suspect :

- Rassurez-moi, là ! Le dragon dans le ciel, ça fait partie de la cérémonie.

Les chevaliers ouvrent les yeux et suivant le regard de Karadoc découvrent avec horreur un dragon fondre sur eux. La garde se met en branle et commence à tirer des salves de flèches. Le monstre passe brutalement au-dessus d’eux, les jetant à terre dans un nuage de poussière et emportant un soldat dans ses terribles mâchoires.

Les chevaliers se relèvent, désemparés par la tournure des évènements. Ils prennent leurs armes et commencent à se disperser.

Arthur rejoint Farangar :

- Pourquoi il s’invite à la fête celui-là ?

- Je l’ignore. Mais le fait est que depuis la destruction d’Helgen, les dragons se multiplient et nous posent un sérieux problème !

- Votre élu là, le Dovahkiin, il pourrait pas venir nous filer un coup de main ?

Farangar esquisse un pâle sourire :

- Las. L'élu n'est plus.

- Quoi ? Il est tombé sur un os ?

Farangar se décompose.

- Non, il est tombé sur son arme. Un excès d’hydromel associé à une bouse de mammouth a entraîné une chute fatale. Le malheureux s’est empalé sur le manche de sa hache.

Arthur imaginant très bien la scène : 

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- Aïe, ça doit faire mal ! 

Les soldats :

- Il revient !!!

Merlin rejoint Arthur :

- Il est peut-être là  à cause du parchemin.

- Il voudrait nous empêcher de partir ? Dites pas de conneries !

- Je dirais plutôt qu’il le veut pour sa tronche ! Peut-être que pour un dragon, ça aussi de la valeur !

Farangar :

- Si je pouvais mettre la main sur la Pierre de Dragon, j’aurais sans doute des réponses.

Arthur ouvre la bouche comme si une idée venait de le frapper. Il sort la pierre gravée trouvée dans le Tertre des Chutes Tourmentées.

- Ce serait pas ça, par hasard ?

Le visage du mage s’illumine.

- Si !

Merlin :

- Au moins il crache pas du feu, celui-là !

La seconde d’après, un énorme jet de flammes embrase la cour du fort.

Merlin réapparaît, les vêtements et le visage noircis :

- En même temps, un dragon qui crache pas de feu ça la fout mal.

Arthur dégaine Excalibur.

- Et un enchanteur qu’est pas foutu de balancer un sort, vous croyez que ça se conçoit ?

Farangar brandit ses mains en avant et psalmodie une incantation. Un dôme magique d’un bleu électrique se forme au-dessus de la cour.

- Ca tiendra pas longtemps, mais ça vous laissera le temps de réfléchir à une stratégie.

Arthur, très intéressé :

- Ca vous dirait de visiter la Bretagne ?

Merlin, jaloux :

- J’allais le faire, figurez-vous ! Il m’a juste pris de vitesse !

Les autres chevaliers les rejoignent.

Lancelot :

- Bon, les flèches ça a pas l’air de le calmer. Qu’est-ce qu’on fait ?

Arthur :

- Il faut qu’on le bloque au sol. Tant qu’il volera, il aura le dessus.

Il se tourne vers Farangar :

- Vous pourriez le faire descendre ?

- Oui, je pense, avec un sort Stalactite. Cela devrait drainer son endurance. Mais je ne pourrais plus maintenir le bouclier.

- Tant pis, on fera gaffe. Allez-y dès qu’il refait un passage.

Arthur à Perceval :

- Et votre géant, il est où ? Il aurait pas été de trop sur ce coup-là !

- Je sais pas. Ca fait plusieurs jours que je l’ai pas vu. Je crois qu’il est retourné dans son clan. C’est con, je l’aimais bien. J’avais l’impression qu’il me comprenait.

Les soldats :

- Le revoilà !!!

Le dragon pique droit vers Merlin.

Merlin :

- Vous voyez ! Il veut le parchemin !

Farangar :

- Préparez-vous !

Il brandit ses mains auréolées de magie et lance une stalactite géante en direction du monstre. Ce dernier remonte brusquement, évitant de justesse le projectile.

Arthur :

- Merde !

Farangar :

- Désolé. Il a été plus malin que moi. Va falloir trouver une autre idée. Je suis à sec.

Un barrissement retentit.

Perceval debout sur les remparts :

- Regardez, c’est Grüdü !

Le géant apparaît, chevauchant un mammouth et agitant sa massue avec force cris de guerre.

Karadoc :

- Il est en train d’attirer le dragon !

Le monstre en effet semble avoir pris le géant pour cible. Il pique sur lui et le saisit dans ses griffes.

Perceval :

- Merde, il l’a chopé !

Arthur, confiant :

- Je crois qu’il s’est très bien ce qu’il fait !

Le géant frappe rageusement le dragon de son bras libre, tant et si bien que le monstre perd de l’altitude. Il libère le géant qui fait une chute vertigineuse tout en restant curieusement debout dans les airs. Le dragon frappe violemment le sol. Il commence à ramper, visiblement très affaibli.

Arthur :

- Faut lui donner le coup de grâce !

Les chevaliers et les soldats accourent vers la bête meurtrie comme des chiens à la curée.

Attristés par la mort du géant, Perceval et Karadoc sont les premiers sur les lieux.

Perceval, ivre de colère fait face au dragon :

- Je vais te refermer le four une bonne fois pour toutes, dragon de mes deux !

Il va pour dégainer son épée, mais réalise qu’il l'a laissée tomber dans la panique.

- Merde, j’ai plus d’arme !

Karadoc, résigné, lui tend un saucisson.

- Tenez. C’est mon dernier. Si ça peut aider !

Perceval grimpe sur la tête du dragon et prenant le saucisson à deux mains lui balance un violent coup entre les yeux !

La bête pousse un dernier râle et s’effondre, terrassé par le morceau de charcuterie.

Perceval redescend au moment où les autres arrivent sur place pour assister à sa victoire. Mais ils ont à peine le temps de la savourer que le corps du dragon s’illumine. Des flammes surnaturelles consument sa dépouille, ne laissant que son squelette, et se lovent autour de Perceval. Arthur est sur le point d’intervenir, mais Farangar le retient.

- Laissez. Je crois bien que nous venons de trouver notre nouveau Dovahkiin.

Léodagan :

- Perceval ? Vous rigolez, j’espère ?

Farangar le fixe le plus sérieusement du monde.

Perceval, paniqué :

- Qu’est-ce qui m’arrive, Sire ?

Arthur, ému :

- Ce qui devait vous arriver. Vous venez simplement de rencontrer votre destin. Une source sûre m’avait prévenu qu’il serait extraordinaire. Et bien, nous en avons la preuve.

Léodagan :

- Ca aurait été bien que ça se passe en Bretagne, quand même, parce que, là, ça nous fait une belle jambe !

Perceval reprenant ses esprits :

- Grüdü !

Ils tournent tous la tête et aperçoivent le géant descendre de la carcasse du mammouth qui a amorti sa chute.

Karadoc :

- Il a eu du cul !

Léodagan :

- Ouais, littéralement. Il serait tombé sur le cul d’une chouette, le tableau aurait pas été le même !

Perceval éclate de rire.

- Cul de chouette, c’est drôle ça, comme le jeu ! Finalement je crois que c’est comme ça que je vais appeler le géant. Cul-de-Chouette, ça sonne bien, non ?

 

Plus tard, tout le monde est à nouveau réuni dans la cour du fort.

Léodagan, toujours impatient :

- Bon cette fois c’est la bonne !

Merlin déroule le parchemin. Un portail magique apparaît dans un déluge d’éclairs et de lumières qui ne servent à rien.

Lancelot :

- Au fait, comment on sait si ça va bien nous ramener en Bretagne ?

Arthur lui adresse un grand sourire.

Lancelot :

- Ok, j’ai compris.

Après avoir souhaité bonne chance à Perceval, il s’avance hardiment et traverse le portail, suivi de très près par Léodagan. Bientôt il ne reste plus que Karadoc et Arthur.

Karadoc :

- Bon, j'ai pas bien compris ce qui vous arrivait et pourquoi vous deviez rester.

Perceval :

- Je vous rassure, moi, non plus.

- Vous pouvez garder le saucisson. Comme ça vous penserez à moi.

Perceval cherche quelque chose sur lui, sans succès. Finalement, il colle son visage contre celui de son comparse et ouvre la bouche. Après quelques secondes, un timide rôt se fait entendre.

Tout fier, se tournant vers Arthur - consterné - puis vers Karadoc :

- Ouhaou, j'ai réussi ! Désolé, il est pas terrible, mais c'est tout ce que j'ai. D'habitude j'y arrive même pas. Là, je sais pas. Ca doit être l'émotion.

Karadoc renifle l'air chargé avant de hocher la tête avec satisfaction :

- Franchement, merci. Je sais ce que ça représente pour quelqu'un qui aime la bonne bouffe et le pinard autant que moi !

Ils se donnent l'accolade, puis Karadoc traverse le portail.

Perceval se retrouve seul face au Roi de Bretagne.

Arthur prend une grande inspiration et tend Excalibur au nouveau Fils de Dragon :

- Tenez, je vous la confie.

Cul-de-Chouette pousse un beuglement en signe d’approbation.

Perceval, embarrassé :

- Je peux pas accepter, Sire. Sans Excalibur, vous êtes plus Roi.

Arthur :

- C’est pas l’épée qui fait le Roi. C’est pas l’épée qui fait l’homme. Si on est quelqu’un de bien, on le reste.

- Vous croyez que je suis quelqu’un de bien, moi ? Vous croyez que je mérite tout ça, franchement ?

- Franchement, oui. Et si je vous confie Excalibur, c’est pas seulement pour faire plaisir à…Cul-de-Chouette, c’est aussi parce qu’en vous la donnant, j’ai la garantie que vous ferez tout pour nous revenir et le plus tôt possible.

- Merci, Sire. J’essaierai de ne pas vous décevoir. Je vous ferai honneur. C’est ça qu’on dit ?

Arthur opine et lui empoigne amicalement les épaules.

- Ne soyez pas un héros. Soyez juste vous.

Les deux hommes se dévisagent, les yeux embués.

Farangar s’approche doucement d’Arthur :

- Vous devriez y aller. Ca n’a pas l’air stable.

Arthur secoue la tête puis à Perceval :

- Il est encore temps de changer d’avis. Vous êtes sûr de ce que vous faites ?

- On ne peut plus sûr.

- Vous n’aurez pas de regrets ?

Perceval se tourne brièvement vers Farengar, attentif, Cul-de-Chouette hilare et Barbas qui l’a rejoint entre-temps.

- Vous en faites pas, ça ira. Et vous ?

Arthur prend le temps de réfléchir :

- Oui. Oui, je crois que oui.

Il se dirige ensuite vers le portail et juste avant de le franchir, se retourne :

- J’espère qu’Excalibur vous portera bonheur. On se reverra….Perceval.

Puis il traverse le portail qui s’évanouit quelques secondes après.

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Bientôt, Perceval deviendra enfin un héros...

 

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vendredi, 29 juin 2012

Tron Legacy : Heroes of The Grid

Un autre projet de Fanfic. Déçu par le manque de charisme des personnages principaux du film, j'ai imaginé une histoire autour d'un nouveau héros qui oeuvrerait dans l'univers virtuel en compagnie de la Sirène Gem (cf photo) beaucoup trop sous-exploitée et qui, selon moi, marque pourtant beaucoup plus les yeux et l'esprit que le personnage de Korra intéprétée par Olivia Wilde. Tron serait également de la partie et peut-être le père de Flynn, mais dans un rôle secondaire.

 

 

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mardi, 08 mai 2012

INCEPTION : Esprits Frappeurs [Fanfic]

 

Nathan Tyrdell était conscient de sa supériorité. Son prisonnier beaucoup moins. Il se sentit obligé de le convaincre :

- Cette maison n’est pas très grande et elle est loin, très loin de la ville la plus proche. Si j’étais optimiste, je dirais que les chances que tes amis ont de te retrouver frôlent le zéro.

Le prisonnier le toisait avec une absence totale d’expression. L’interrogatoire n’allait pas être simple. Mais Tyrdell s’en moquait. Il avait tout son temps et chaque bribe d’information qu’il parviendrait à extraire de l’homme serait pour lui la source d’une joie sans nom.

Comme pour le lui annoncer, il pêcha une pomme dans la coupe posée sur la table – unique décoration de la pièce – et mordit dedans à pleines dents. Il jeta un bref coup d’œil à travers la fenêtre derrière lui. On pouvait entendre les bruits familiers de la campagne à l’heure où elle s’endort. N’eut été la situation, il se serait volontiers laissé bercer par la douce plainte du vent et le chant des grillons.

- Je ne suis pas celui que vous croyez.

Le prisonnier parlait enfin. Pour Tyrdell, c’était déjà une victoire. Il commençait à se soumettre.

- Ok. Alors dites-moi qui vous êtes.

L’homme se mordit la moustache. Des ecchymoses couvraient son visage émacié. Tyrdell ne se souvenait plus d’où elles venaient. L’arrestation avait-elle été aussi violente ? L’avait-il battu pour le faire parler ? Etrange. Il n’arrivait pas à se souvenir. D’ailleurs en y repensant, il ne se souvenait pas non plus comment ils étaient arrivés jusque-là. Voiture civile, transport spécial ? Train, avion, hélico ?

Tyrdell secoua la tête. C’était au prisonnier de se sentir paumé, pas à lui. Il était fatigué, voilà tout. Le voyage avait dû être long et ce face à face sans doute entamé depuis plusieurs heures. Il en avait vu d’autres.

Comme si le prisonnier avait soupçonné son trouble, il ajouta :

- Nous ne sommes pas non plus où vous croyez que nous sommes.

L’assurance du type faisait froid dans le dos. Tyrdell s’empêcha de déglutir pour ne pas trahir son inquiétude.

- Bien. Dites-moi tout.

Tyrdell tendit la main pour croquer sa pomme, mais elle n’était plus là où il l’avait laissée. La coupe aussi avait disparu.

- Regardez par la fenêtre.

Tyrdell avait la désagréable sensation de ne plus maîtriser la situation. Pire. Il avait le sentiment très net de se retrouver dans le rôle du prisonnier. Il obéit avec un geste traduisant un maximum de dédain. Ce qu’il vit au-dehors le bouleversa au-delà des mots. Comme pris d’un vertige, il se recula et se raccrocha à la table, le visage livide.

- Bordel, mais qu’est-ce que…

Il se tourna vers le prisonnier. Ce dernier baissa la tête comme pour se soustraire à sa vue. Lorsqu’il la releva, son visage n’était plus le même. Les ecchymoses, la moustache, tout cela avait disparu. Sans qu’il pût l’expliquer, Tyrdell contemplait désormais une femme aux cheveux blonds dans un costume d’homme. Elle le dévisagea froidement :

- Ce n’est que le commencement, Tyrdell !

Elle donna un violent coup dans la table avec ses pieds, se projetant à travers la porte derrière elle.

Ligotée sur sa chaise, elle plongea dans le vide, s’éloignant à toute vitesse du building suspendu entre ciel et terre. Les fenêtres de l’immeuble explosèrent et des gardes jaillirent des débris de verre pour fondre droit sur elle tels des oiseaux de proie. Il y en avait une dizaine. Et ils arrivaient très vite.

La femme eut la vision fugitive d’un océan en contrebas. Si elle pouvait l’atteindre avant qu’ils ne l’atteignent, elle, elle serait alors hors de danger. Si seulement elle pouvait se libérer de ses liens. Tyrdell avait bien serré. Même dans l’état d’ahurissement dans lequel il devait être, son esprit était encore solide. On ne lui avait pas menti à son sujet. C’était un adversaire redoutable. Elle essaya de faire abstraction de sa situation pour se focaliser sur la corde enserrant ses poignets. Le premier garde était presque sur elle lorsqu’elle se libéra. Il se jeta sur la chaise. En un tournemain, elle l’attacha au siège au moment où ses acolytes ouvraient le feu. Son bouclier improvisé fut rapidement criblé de balles lui laissant tout le loisir de plonger droit vers l’océan. Des balles fusèrent tout près d’elle, lui indiquant que le stratagème n’avait pas fait long feu. Elle ôta sa veste de smoking et la jeta derrière elle. Son plus proche assaillant la reçut en pleine figure, lui faisant gagner de précieuses secondes. L’eau miroitante n’était plus qu’à une centaine de mètres. Comme aurait dit Tyrdell, en étant optimiste, les chances qu’elle avait de survivre à une telle chute frôlaient le zéro. Heureusement le monde dans lequel elle évoluait remettait totalement cette perspective en question. Une balle siffla à un cheveu de sa joue droite. Il fallait qu’elle évite toute blessure, toute douleur extérieure à elle. Le moment n’était pas venu de sortir. Elle avait encore des choses à faire ici. Elle se concentra sur sa chute. Elle atterrit sur l’océan, un genou fléchi, comme sur un terrain solide. Les gardes, eux,  plongèrent tout autour d’elle, dans de grandes éclaboussures. L’espionne se releva. Elle fit quelques pas sur l’eau, se délectant du caractère surréaliste de la situation.

- J’adore ce job !

Mais Tyrdell n’avait pas dit son dernier mot. Il s’était mêlé à ses poursuivants. Elle le vit s’élever hors des flots à la verticale avant de poser les pieds sur la surface comme elle venait de le faire.

- Je ne sais toujours pas qui tu es, mais j’ai une idée plus précise de l’endroit où nous sommes.

Il regarda autour de lui avant d’ajouter :

- Mon esprit ou le tien ?

L’espionne allait répondre quelque chose, mais elle comprit que Tyrdell essayait moins de connaître ses intentions que de gagner du temps. Elle repéra les gardiens – simples extensions défensives de l’esprit de Tyrdell – se mettre stratégiquement en place sous la surface de l’océan. Eux aussi profitaient pleinement des capacités extraordinaires du rêve dans lequel ils cohabitaient temporairement. Debout, la tête renversée, du moins de son point de vue à elle, ils avançaient sournoisement l’arme à la main dans sa direction, espérant la piéger mortellement. Mais Rachel Morgan avait de l’expérience. Et elle savait s’en servir.

- Je te laisse deviner, Tyrdell !

Sur ces mots elle se mit à courir tandis que des chapelets de balles venaient trouer le sol liquide tout autour d’elle, dans un ballet de gerbes fantastique. Rachel n’était pas du genre à fuir. Elle le faisait assez dans la réalité. Autre monde, autres règles. Ici, elle se sentait puissante, car son esprit avait toujours été fort et son imagination, galopante. Plusieurs gardiens jaillirent hors de l’eau à quelques mètres devant elle, pointant leurs armes sur elle. Ils firent feu. Les yeux de Rachel s’agrandirent. Un court instant le temps ralentit. La jeune femme fit volte-face. Elle jeta un regard à Tyrdell, courant vers elle avec une lenteur qu’il s’efforçait de vaincre, avant de basculer à 180° sous la surface de l’océan. De ce fait, elle se retrouva derrière l’un de ses poursuivants. Elle lui arracha facilement son pistolet et au moment où le temps reprit son cours normal, elle lui assena un violent coup de la crosse de son arme. Le type eut une réaction inattendue. Il fut projeté hors des flots et s’envola dans le ciel comme si Dieu en personne l’avait convié. A son tour, Rachel fit feu. Ses balles crevèrent le sol aqueux avant de crever la peau de deux gardiens qui décollèrent à leur tour. La gravité était délicieusement capricieuse. Rachel sourit avant de comprendre que Tyrdell l’avait rejoint et lui tirait dessus. Elle décida de remonter à la surface sans prendre la peine de se retourner cette fois. Elle jaillit hors de l’eau, les talons pointant vers le haut et ce faisant, neutralisa deux autres gardiens. Lorsqu’elle retomba sur ses pieds, Tyrdell était en train de faire surface, la tête la première. Elle le visa avant de sourire malicieusement. Elle se concentra et une fraction de seconde plus tard, la surface de l’océan était aussi gelée qu’un iceberg. Tyrdell était pris au piège dans la glace, la moitié de son corps seulement dépassant de l’eau, sa main armée du flingue se tortillant désespérément sous la surface. Rachel s’approcha de lui. Elle le savait vulnérable, sans défense. Bien plus qu’il ne voulait le laissait paraître, en vérité. Ses gardiens avaient tous disparu. C’était un signe. L’espionne posa un genou au sol et darda sur Tyrdell un regard aussi froid que l’océan sous ses pieds.

- A ton tour de répondre à mes questions.

Tyrdell cracha sur elle.

- Tu peux rêver !

Rachel se mit à rire.

- Je crois que ce n’est pas incompatible. Ecoute, si tu as compris où nous sommes alors tu comprendras aussi qu’ici, j’ai des moyens particuliers de te faire parler qui n’existent pas ailleurs. Des menaces qui n’existent pas ailleurs. Des peurs.

Elle leva les yeux. Tyrdell l’imita, à son grand regret. Le building qu’ils avaient quitté tous deux avec fracas était en train de tomber du ciel droit sur eux. Comme si de rien n’était, Rachel poursuivit :

- Si j’étais optimiste, je dirais que les chances que tu as de survivre à cette chute frôlent le zéro.

L’inquiétude de Tyrdell fit soudain place à une surprenante assurance.

- Si nous étions dans la réalité, je te donnerais sans doute raison.

Tyrdell se tira une balle dans la jambe. A l’instant où il disparut, Rachel comprit son erreur. Distraite par son échec, elle en oublia le building qui s’écrasa de tout son poids sur la banquise improvisée.

Rachel se réveilla sous le choc. Elle avait l’habitude de ces séances aussi reprit-elle rapidement ses esprits. Elle regarda autour d’elle. Elle était dans une pièce d’une grande sobriété, rappelant celle dans laquelle Tyrdell l’interrogeait au préalable. Elle reconnut la même table et la même coupe de fruits. Un employé la débrancha de la machine. Un homme aux cheveux blonds habillé avec élégance s’approcha d’elle. Il pinça les lèvres. Rachel secoua la tête.

- Désolée, Cobb. J’ai merdé.

Ils tournèrent la tête et observèrent Nathan Tyrdell ligoté à une chaise. Son visage émacié était couvert d’ecchymoses. Son bâillon l’empêchait d’émettre le flot d’injures qu’il leur adressait. L’employé le débrancha lui aussi de la machine, une valise ouverte contenant un système complexe connu de bien peu d’hommes.

- Pas grave, dit le dénommé Cobb. Tu as encore besoin d’un peu de temps, c’est tout. Je suis sûr que ça peut marcher.

Rachel était moins confiante.

- J’ai pas le feeling en ce moment.

- Tu déconnes. Tu es un véritable Esprit Frappeur. Je ne connais personne comme toi. Tu as toute les qualités pour ce job. Tu es une faussaire brillante, une architecte hors pair et une organisatrice experte. A côté du tien, mon CV ressemble à celui d’un touriste.

Rachel eut un sourire las.

- Venant de toi, c’est un sacré compliment. Mais être polyvalent, est-ce que ce n’est pas une manière élégante de dire qu’on est qu’à 50% dans tout ce qu’on fait ? Tu devrais peut-être songer à embaucher une équipe de spécialistes. Pour être sincère,  le fait que Tyrdell ait été entraîné rend les choses plus difficiles que je ne l’imaginais. Je manque de concentration et en plus de cela on a plus beaucoup de temps. Je ne comprends pas,  je suis motivée pourtant. Difficile de ne pas l’être surtout quand on devine ce que ce salaud doit préparer comme coup tordu !

Nouvelle bordée d’injures censurée par le bâillon.

Cobb allait répondre quelque chose, mais Rachel reprit :

- C’est vrai que tu ne connais personne comme moi ?

Cobb s’assit face à elle. Il prit une pomme dans la coupe de fruits et mordit dedans à pleines dents.

- Non, je connais quelqu’un d’autre.

D’un regard, Rachel l’enjoignit à être plus précis.

- Il est passé dans le camp ennemi, il y a plusieurs années. C’est un Esprit frappeur lui aussi. Vraiment très doué.

Rachel désigna Tyrdell du menton.

- Il pourrait le faire parler ?

Cobb se leva.

- Pour ça, il faudrait le convaincre de travailler pour nous. Le connaissant, c’est peine perdue.

Rachel retrouva son sourire malicieux.

- Ou faire en sorte qu’il travaille pour nous sans qu’il s’en rende compte.

Cobb et Rachel se dévisagèrent avec complicité :

- Inception !

 

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mercredi, 25 avril 2012

Sweet Pea's Chronicles

 

Issue du film Sucker Punch de Zack Snyder, Sweet Pea est une guerrière splendide au tempérament d'acier, acerbe et impitoyable, mais qui cache aussi beaucoup de sensibilité derrière le masque de son dédain.

Son caractère, son look et surtout la frustration née du fait qu'on ne la voit JAMAIS utiliser l'épée qui orne pourtant si joliment son dos sont les raisons qui m'ont poussé à élaborer ce projet que j'espère bientôt commencer (si seulement c'était le seul !!!)

Les aventures que je raconterai se dérouleront indépendamment de l'intrigue du film et exploiteront l'univers de Fantasy survolé - dans tous les sens du terme - dans l'oeuvre de Zack Snyder.

Ci-dessous, LA scène exclue injustement du film où Sweet Pea utilise son épée (merci à Tate Langdon pour l'info) :

 

 

 

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mardi, 10 avril 2012

Skymelott - Intro Saison 1 [Fanfics]

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Prologue

 

L'armée d'Arthur a subi une grave défaite face à un clan d'envahisseurs. Elle se replie dans la forêt. En cours de route, les rescapés s'éparpillent et Arthur se retrouve avec quelques chevaliers au milieu d'une clairière face à une étrange relique. Alors que l'ennemi l'encercle, le Roi de Bretagne comprend que c'est un passage dimensionnel. Espérant que ce ne soit pas un portail démonique, il s'élance à travers, imité par ses fidèles.

Ils débaroulent tous en Bordeciel et commencent à se dire qu'ils auraient peut-être mieux fait de tomber sur des démons.

Morceaux choisis de leurs péripéties :


La troupe de chevaliers chevauche en pleine montagne.
Arthur à un autochtone qui leur sert de guide :
- Dites-donc, vous leur donnez quoi à bouffer à vos bêtes ?
Le guide :
- De l'avoine essentiellement, pourquoi ?
- Bah elle doit pas être comme chez nous, alors !
Leodagan :
- C'est clair ! J'ai jamais vu des canassons se taper des pentes à 90 degrés !
Perceval à Karadoc :
- 90 ? Il doit se gourrer ! Vu la neige et le froid qui fait, je dirais qui fait pas plus de 10 degrés.
Karadoc :
- Non, mais là, il parle de l'angle, je crois.
- Des angles ? Y en a aussi ici ?
Perceval se tourne vers le guide :
- Vous aussi vous êtes emmerdés par ces cons ?

La troupe arrive à Blancherive. Elle passe devant les écuries et continue en direction des portes de la ville. Leodagan regarde plusieurs fois derrière lui, stupéfait, avant de se tourner vers Arhtur :
- J'ai la berlue ou ce type était en trois exemplaires ?
- Hein ? je sais pas, j'ai pas fait attention. Quand je marche, je regarde devant moi, surtout quand je connais pas.
- Non, mais quand même, vous avez pas pu les louper, ils étaient trois, je vous dis, complètement identiques, de la tête aux pieds !
- Mais où ?
- Là, juste derière ! Si vous voulez, on y retourne.
- Ah, non merci, on a mieux faire. Et puis de toutes façons trois mecs complètement identiques c'est pas possible. Par exemple, je vois, les filles du pêcheur, elles sont jumelles, on est d'accord et bah j'arrive quand même à les distinguer. Ca les met en rogne d'ailleurs.
- Mais qu'est-ce que vous venez me gonfler avec vos maîtresses ! Je vous dis que là ils étaient...Remarquez, réflexion faite, ils étaient pas complètement identiques.
- Là, vous voyez ! Comme tête de mule vous vous posez là !
- Oui, vous avez raison. Y en avait un sur les trois qui était enfoncé dans le sol !
Arthur :
- Ca doit être une coutume de bienvenue !

Une fois dans la ville, Karadoc passe devant un garde :
-...et puis j'ai pris une flèche dans le genou.
Karadoc :
- Aïe, ça doit faire mal, ça ! Moi, une fois, j'ai pris un compotier sur le pied, je peux vous dire que j'ai douillé ma race. C'est con, mais je peux pas m'empêcher de l'emporter partout avec moi, vous comprenez, c'est sentimental. Ma grand-mère cuisinait avec. Là, il est resté à Kaamelott, j'espère que ça va pas me porter la poisse. Vous pensez que je devrais changer de porte-bonheur ? En tout cas, garde chez vous ça a l'air peinard comme boulot. Vous recrutez en ce moment ?

Perceval passe devant un autre garde :

- Défense de glandouiller !

- Ah ? C'est con, c'est ce que je préfère. Et sinon, qu'est-ce qu'on risque ? 

Leodagan vient de passer lui aussi devant un garde. Il se rapproche d'Arthur, la mine bougonne :
- Il est pas net celui-là. Il me dit que je porte une armure légère, il a pas les yeux en face des trous. Et puis après il me parle d'un arc. C'est pas un arc que j'ai c'est une arbalète. Sûr qu'il est miraud, ce con. S'ils sont tous aussi fins dans ce pays,  je sens qu'on va encore bien se marrer !

 

Ca vous suffit pas ? Tous les épisodes de la saison 1 : ICI

 

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vendredi, 29 avril 2011

Kaamelott - Perceval in Love [Fanfics/Kaamelott]

 

La Salle à manger de Kaamelott. Arthur et Perceval sont seuls à table. Arthur s’empiffre tandis que Perceval, pensif, grignote un saucisson.

 

Perceval – Sire, je peux vous poser une question ?

 

Arthur – Ouais, tant que vous m’obligez pas à y répondre.

 

Perceval – Bah, c’est-à-dire que là, ça m’arrangerait.

 

Arthur – Quoi ? C’est encore quelqu’un de votre famille qu’à calancher ?

 

Arthur réalise sa brusquerie. Il secoue la tête.

 

Arthur – Excusez-moi, c’était très con de ma part. Vous avez le droit de m’allumer.

 

Perceval – Non, c’est pas grave, Sire. Non, cette fois, c’est vraiment pour moi.

 

Arthur – Je vous écoute.

 

Perceval – Je crois que je suis amoureux.

 

Arthur semble s’étonner de la simplicité de la déclaration.

 

Arthur – Oui, je suis au courant. Vous m’en avez déjà causé deux mots. Une de mes boniches que je peux pas piffer. Il me semble d’ailleurs vous avoir dit que votre union l’arrangeait autant que moi. Elle s’affranchissait et du même coup, elle me foutait la paix.

 

Perceval – Non, c’est pas elle, justement. Avec Angarade, ça s’est vachement refroidi à force que je pigeais rien à ce qu’elle me disait. Je crois qu’elle me fait la gueule.

 

Arthur – Du coup, vous vous êtes rabattu sur qui ?

 

Le visage de Perceval s’illumine.

 

Perceval – Une fille vachement bien. En plus, vous allez pas me croire. Elle comprend tout ce que je dis et moi c’est pareil !

 

Arthur – Un peu que j’ai dû mal à vous croire. On peut savoir son petit nom à cette veinarde ?

 

Perceval – Guenièvre.

 

Arthur s’arrête brusquement de mâcher. Il paraît s’étrangler.

 

Arthur – Quoi ?!! Vous voulez dire ma femme ? La Reine ?? Enfin, l’autre, là ???

 

Perceval – Mais, non, Sire, pourquoi vous dites ça ?

 

Perceval réfléchit un instant avant d’être frappé par l’évidence.

 

Perceval – Ah, mais c’est vrai que c’est nom de la Reine aussi. J’avais pas encore fait le rapprochement.

 

Arthur – Bah moi je peux vous dire que ça a pas mis des plombes.

 

Il place une main sur son cœur et reprend difficilement sa respiration.

 

Arthur – La vache, me refaites jamais ça, nom d’un chien ! J’ai failli avoir une attaque…et j’aurais pu éventuellement vous buter ! Vous vous rappelez qu’un Chevalier digne de ce nom ne doit jamais convoiter la femme d’un autre Chevalier. Encore moins s’il s’agit de la Reine.

 

Perceval – Sire, je me serais jamais permis autrement, vous commencez à me connaître. Je serai prêt à mourir pour vous. Enfin, je crois.

 

Arthur cache maladroitement son propre embarras.

 

Arthur – Elle est comment ?

 

Perceval – Comme je vous ai dit, vachement bien.

 

Arthur – Mais encore. Elle est bien faite de sa personne ? Bien éduquée ? Bonne cuisinière ? Elle a un statut enviable ? Un métier prestigieux ? Je sais pas, moi ! Et du côté du citron ?

 

Perceval fait la moue.

 

Perceval – Ah, je crois qu’elle aime pas les fruits, justement.

 

Arthur – Mais, non, banane ! Je vous demande si elle en a dans le cigare, le ciboulot, la cafetière, quoi !!! J’utilise pourtant pas des mots compliqués, c’est à votre portée ça, quand même !

 

Perceval – Non, mais j’ai compris, Sire. Je suis pas con. Mais là aussi, je vous ai déjà répondu. Elle se fait très bien comprendre et moi je pige tout ce qu’elle me dit. Après le reste, vous savez…

 

Arthur – Très bien. Bah, on dirait que vous avez fini par trouver chaussure à votre pied. Je vais pouvoir commencer à croire aux miracles. Vous allez voir qu’on va me servir le Graal sur un plateau !

 

Il trinque avec Perceval, tous deux rayonnent de joie.

 

Perceval – Ah, c’est marrant que vous parliez de ça !

 

Arthur – Je vois pas en quoi, mais vous allez me dire.

 

Perceval – Guenièvre…

 

Perceval s’interrompt en voyant Arthur grimacer.

 

Perceval – Quoi ?

 

Arthur  Non, rien. Faut juste que je m’habitue, c’est tout. Allez-y !

 

Perceval – Guenièvre m’en a parlé du Graal. A l’entendre, elle en connaît un bout sur le sujet.

 

Arthur – Tiens donc, de mieux en mieux. Va vraiment falloir que je la rencontre cette demoiselle. Elle habite où, au fait ?

 

Perceval – Dans un village. C’est pas tout près, mais quand je passe dans le coin, je lui rends visite.

 

Arthur – Mais vous l’avez rencontrée quand, au juste ?

 

Perceval – C’était pendant une quête. Je me souviens plus laquelle.

 

Arthur – Mais vous en avez jamais parlé aux réunions ! Et me soutenez pas le contraire ou je vous mets une danse !

 

Perceval – Je me disais que vous me croiriez pas. Alors c’est vite devenu une sorte de secret.

 

Arthur – Peut-être qu’on vous aurait pas cru, mais ça nous aurait changé des vieux, en tout cas. Et rien que pour ça, fallait pas vous en priver.

 

Arthur observe un instant Perceval.

 

Arthur – Un secret, hein ? Je vais vraiment finir par croire qu’on devient intimes.

 

Perceval – Intimes, c’est quand deux personnes peuvent pas se blairer, c’est ça ?

 

Arthur – Et bah non, pas de bol, c’est tout le contraire ! Si vous connaissez pas ce mot là, vous risquez pas d’aller loin dans vos relations. A propos, vous dites qu’elle se fait très bien comprendre. C’est-à-dire ? Elle utilise quel genre de langage, de vocabulaire ? C’est une fille de ferme ? La sœur d’un tavernier ? Bah, répondez ! Je vais pas vous faire une liste à chaque fois, quand même !

 

Perceval  – Je saurais pas trop vous dire.

 

Arthur – Disons…tiens, par rapport à moi, ses phrases sont plus simples, plus accessibles ?

 

Perceval – Je connais pas ce mot là.

 

Arthur – Oui, bah, justement. Ce genre de mot comme accessibles qui vous passe carrément au-dessus, elle les utilise quand elle vous parle ?

 

Perceval – Ca m’étonnerait puisque je la comprends.

 

Arthur – bah c’est qu’elle doit parler comme vous, alors, faut pas chercher plus loin.

 

Perceval blêmit à son tour.

 

Perceval – Et c’est grave ?

 

Arthur se permet de rire un peu.

 

Arthur – Pas spécialement. Après tout, ça fait de mal à personne. Au contraire. Ca doit vous changer la vie, je me trompe ?

 

Perceval – C’est vrai que ça fait du bien de plus avoir à sortir la botte secrète ou d’avouer qu’on comprend pas un mot et de passer pour un glandu.

 

Arthur – Vous savez quoi ? Je suis content pour vous. Vraiment ! Vous pouvez pas savoir à quel point ça me soulage. C’est que je finissais par me mettre à votre place. Et je peux vous dire : c’est pas une…

 

Perceval – …sinécure !

Arthur reste bouche bée quelques secondes.

 

Perceval – Ca va pas, Sire ?

 

Arthur – Euh…si, si. C’est juste que vous m’avez pas habitué à ça.

 

Perceval – Je vois ce que vous voulez dire. Je crois justement que c’est depuis que je vois Guenièvre. J’ai développé une sorte de sixième sens, comme les aveugles et les chauve-souris, vous voyez ?

 

Arthur – Oui, vaguement. Vous voulez dire que vous devinez les choses un peu à l’avance.

 

Perceval – C’est ça !

 

Arthur – On appelle ça la divination. En terme plus savant, évidemment. Mais si elle vous fait tant de bien que ça, Gue…, enfin, votre dame-là, invitez-là au château.

 

Perceval – A Kaamelott, vous voulez dire ?!!

 

Arthur – Oui. Dites-lui que le Roi veut la recevoir car il serait honoré de connaître…celle qui fait battre le cœur du plus preux de ses Chevaliers.

 

Perceval – Dites, Sire, vous en pensez pas un mot ?

 

Arthur – La vache ! C’est vrai que vous êtes plus finaud qu’avant ! Vous seriez pas tombé sur une magicienne, par hasard ? Parce que ça m’a tout l’air de ressembler à un envoûtement !

 

Perceval – C’est pas ça qu’on appelle l’amour ?

 

Arthur se raidit comme s’il avait marché sur un clou.

 

Arthur – Mais c’est que ça pas l’air de vouloir s’arrêter cette connerie ! Vous partez sur le champ et vous me la ramenez !

 

Perceval – Quoi, maintenant ? Mais il fait nuit !

 

Arthur – Rien à battre. Je le croirai que quand je le verrai.

 

Il secoue la tête comme si une idée venait de faire son chemin et il se lève de table.

 

Arthur – Oh et puis zut ! Je vous accompagne. Ce sera aussi simple !

 

 

 

Arthur et Perceval ont chevauché toute la nuit. Le jour commence à se lever.

 

Arthur – Quand vous disiez que c’était pas tout près, c’était un…

 

Perceval – …euphémisme, c’est ça ?

 

Arthur arrête sa monture. Perceval l’imite.

 

Arthur – Non, mais c’est dingue, ça ! On marche depuis des lieues et j’ai pas dit une seule phrase sans que vous la terminiez. On est pas jumeaux que je sache !

 

Perceval – Si ça vous gêne, je peux arrêter.

 

Arthur – Franchement, c’est pas que ça me gêne. C’est surtout que c’est…

 

Perceval – …Surréaliste ? Désolé, Sire, c’est plus fort que moi. C’est comme un…

 

Arthur – …Pouvoir magique ?

 

Perceval – Vous voyez, vous aussi !

 

Arthur – Je crois surtout qu’on a passé un peu trop de temps ensemble et que je suis en train de débloquer.

 

Ils se remettent en route.

 

Arthur – Elle est encore longue cette route ?

 

Perceval – Non, regardez, c’est l’entrée du village.

 

Arthur – Je m’arrêterai quand même bien à la taverne avant. Je sais pas vous, mais moi je boufferai une vache !

 

Perceval – Ca tombe bien, on a des chances de tomber sur elle.

 

Arthur – Elle fréquente les tavernes ?

 

Perceval – Bah, sinon on se serait sûrement pas rencontré.

 

Arthur – Je sais pas si vous êtes au courant, mais il y a des endroits plus distingués pour rencontrer une femme.

 

Perceval – Distingués…Vous voulez dire…qui se voient mieux, comme…un château ?

 

Arthur – Oui, mais non…enfin…Bon, laissez tomber, on s’en fout ! De toutes façons, c’est souvent le destin qui décide ce genre de choses. Si vous deviez vraiment la rencontrer, ça aurait pu tout aussi bien être dans un étang.

 

 

Arthur et Perceval pénètrent dans la taverne. La salle commune est vide à l’exception d’une silhouette encapuchonnée.

 

Arthur – C’est une impression ou y a pas un péquenot ?

 

Ils s’avancent tous deux. Arthur observe le seul client attablé, intrigué.

 

Arthur – C’est elle, Gue…

 

La silhouette dresse brusquement la tête, rabattant du même coup sa capuche. C’est une jeune femme aux cheveux noirs et au regard menaçant. Arthur blêmit.

 

Arthur – Vous ?

 

Perceval – Vous connaissez Guenièvre ?

 

Les traits d’Arthur se crispent. Sa main se referme sur la poignée d’Excalibur.

 

Arthur – Elle ne s’appelle pas Guenièvre. Elle ne s’est jamais appelée comme ça. Perceval, je vous présente une personne que vous aviez l’honneur de ne pas connaître, jusqu’à aujourd’hui. Ma sœur, Anna de Tintagel !

 

Anna – Demi-sœur. Permettez-moi de vous débarrasser.

 

Un homme de haute stature sort de l’ombre. Les armes des deux Chevaliers se retrouvent entre ses mains en un instant.

 

Anna – Je vous présente Grifford d’Orcanie, sorcier de son état.

 

L’homme a des cheveux longs, moirés de bleu. Il porte une robe noire incrustée de symboles runiques. Ses yeux indiquent qu’il est aveugle.

 

Anna – Il est muet aussi. Mais je peux vous assurer que question magie, il assure.

 

Arthur ne se laisse pas impressionner. Il défie sa demi-sœur du regard.

 

Arthur – Tout s’explique.

 

Perceval, lui, est totalement paniqué.

 

Perceval – Vous voulez dire que je suis tombé amoureux de votre sœur !

 

Arthur et Anna en chœur– Demi-sœur !

 

Arthur – Vous pouvez faire le deuil de cet amour tout de suite. A moins que compter fleurette à un serpent fasse partie de vos fantasmes.

 

Perceval – Je pige rien à ce bordel !

 

Arthur – Elle s’est servie de vous pour me tendre une embuscade. Tout ce qu’elle a pu vous dire et vous faire croire n’avait pour seul but que de m’attirer ici, sans méfiance.

 

Il désigne le sorcier du menton.

 

Arthur – Quant à votre soi-disant sixième sens, j’imagine que c’est  l’effet d’un sort pervers que vous avez subi malgré vous. Quand je parlais de magicienne et d’envoûtement, j’étais vraiment pas tombé loin.

 

Perceval – Ah, c’était une surprise, alors ! Tout ça c’est juste pour une réunion de famille !

 

Anna – Ca risque pas. Je dirais même que c’est le moment où jamais de se séparer !

 

Grifford s’avance vers les deux hommes, les mains auréolées de flammes. Arthur pousse Perceval sur le côté avant de se jeter lui-même au sol. Une boule de feu traverse la pièce avant de détruire la porte d’entrée dans une explosion de débris.

 

Arthur se redresse. Il décoche un regard noir à sa sœur, triomphante, puis sourit à son tour.

 

Arthur – Sauf que je reste toujours méfiant, soeurette !

 

Merlin et Elias de Kelliwic’h pénètrent dans la taverne à la surprise d’Anna et de Perceval. Elias brandit son bâton en direction de Grifford. Il jubile.

 

Elias– Enfin un adversaire à ma hauteur !

 

Merlin – Et moi, je fais quoi ? Je compte les points ?

 

Trois hommes dévalent l’escalier menant aux chambres et attaquent Arthur et Perceval.

 

Anna s’adressant à Arthur – Alors faut croire qu’on a la méfiance dans le sang, bâtard !

 

Arthur se place en protecteur devant Perceval. Il brandit son poing muni de sa bague magique et envoie l’un des spadassins contre une poutre. Un autre le repousse d’un coup de pied.

 

Perceval – Karadoc, donnez-moi votre force !

 

Perceval se jette sur un agresseur et le cloue au sol.

 

Perceval – Ca a marché !

 

La seconde d’après il reçoit un méchant coup de poing.

Pendant ce temps Grifford décoche une série de projectiles magiques qu’ Elias dévie adroitement et retourne à l’envoyeur.

 

Merlin – Continuez ! Vous allez l’avoir !

 

Elias – Ce serait sympa de participer quand même ! A moins que vous ayez vraiment rien dans le slip !

 

Merlin prend la mouche. Il sort une fiole qu’il avale d’un trait.

 

Merlin – Je la gardais en réserve celle-là. Je vais vous faire voir de quel bois je me chauffe !

 

Merlin pousse un cri étranglé et commence à se contorsionner. Elias, distrait, reçoit une boule de feu qui l’éjecte à l’extérieur de la taverne. Lorsqu’il se relève, il entend un grand vacarme venant de la salle commune. Un pan de mur vole en éclats et Grifford atterrit violemment au sol. Merlin est devenu un géant. Il mesure bien  trois  mètres de haut.

 

Merlin – Zut ! Je croyais pas que ça ferait cet effet !

 

Les runes de la robe de Grifford s’éclairent vivement et en s’extrayant du vêtement font apparaître un démon rouge sang couvert de griffes et de cornes. Lui aussi mesure bien  trois mètres de haut.

 

Elias – Vous m’excusez, mais celui-là, il est pour vous !

 

Merlin – Pour moi ? Vous vous faites pas chier ! Je déteste les démons, en plus !

 

Arthur assomme un second spadassin grâce à sa bague avant de secourir Perceval.

 

Arthur – Il faut qu’on récupère nos armes !

 

Perceval – Oui, mais c’est l’aveugle qui les a, je crois !

 

Arthur jette un coup d’œil à l’endroit où aurait dû se trouver Anna. Il constate avec amertume qu’elle a disparu, puis ramasse l’épée d’un des assassins.

 

Arthur – Cherchez dans la taverne au cas où. Moi je vais voir où en sont les deux autres !

 

Au moment où Arthur rejoint les trois magiciens, il se fige en voyant un Merlin de trois mètres de haut aux prises avec un Démon de même taille. Elias, quant à lui, lance un déluge d’éclairs sur Grifford.

Merlin assène de petits coups de poing au démon pour le repousser.

 

Merlin – Merde !  C’est qui pique, ce con ! Fous-moi la paix, je te dis ! Si tu continues à m’emmerder, je te jure que je te gerbe dessus !

 

Soudain le démon pousse un hurlement.

 

Merlin – Ah, j’ai trouvé ton point faible, Môsieur le démon-je me la pète avec mes cornes et tout le bazar !

 

Merlin, exultant, s’adresse à Elias – Il est allergique au vomi, ce con !

 

Baissant les yeux, il se rend compte qu’Arthur a planté une épée jusqu’à la garde dans le bas-ventre du démon. Ses entrailles se déversent sur le sol. Ecoeuré, Merlin vomit sur la tête du démon qui disparaît dans un nuage de poussière noire.

 

Merlin retrouve alors sa taille normale. Arthur le rejoint.

 

Arthur – Vous avez découvert que vous aviez le vertige ?

 

Merlin – Non, c’est les démons. Je les supporte pas.

 

Arthur – Pour un fils de démon, c’est bien dommage.

 

Merlin – Seulement du côté de mon père, je tiens à rappeler.

 

Arthur – J’espère que vous supportez mieux les pucelles, alors ! En tout cas ce serait sympa d’utiliser ce genre de sort pendant les batailles. Ca pourrait éventuellement nous donner l’avantage.

 

Merlin – Je croyais que c’était ma potion de lycanthropie. Elles ont la même couleur !

 

Ils rejoignent Elias qui a réussi à emprisonner Grifford dans une cage magique.

 

Elias bombant le torse – Ca fait du bien un bon combat de magie de temps en temps. Je vois que j’ai pas trop perdu la main. En tout cas, celui-là a compris à qui il avait affaire.

 

Profitant de l’occupation de chacun, le démon réapparaît derrière Arthur. Il est sur le point de le transpercer de ses griffes au moment où Perceval sort de la taverne. Celui-ci écarquille les yeux en voyant la scène.

 

Perceval – Karadoc, donnez-moi votre force !

 

Il empoigne à deux mains un chapelet de saucisses et fermant les yeux, le lance de toutes ses forces devant lui. Le chapelet tournoie sur plusieurs mètres avant de trouver le cœur du démon. Dans un terrible rugissement, il bascule brutalement en avant, et les saucisses prennent la forme d’Excalibur. La créature se désintègre et Arthur, hébété, reprend son épée plantée dans le sol. Perceval accourt jusqu’à lui.

 

Perceval – Vous avez vu ? Ce fumier d’enchanteur avait camouflé nos armes en chapelets de saucisses pour pas qu’on les trouve. Heureusement que j’avais faim, sinon…J’ai quand même failli me péter les gencives sur votre épée.

 

Arthur admiratif – Là, je crois que je vous en dois une !

 

Elias – Bon, on se fera des câlins un peu plus tard, si ça vous dérange pas. Qu’est-ce qu’on fait de celui-là ? J’ai deux-trois idées bien tordues, mais je voudrais pas vous influencer.

 

Arthur s’avance vers Grifford. Le sorcier s’est assis en tailleur dans sa geôle et semble totalement détendu.

 

Arthur – Il est peut-être muet et aveugle, mais il est pas sourd. Alors il va bien écouter.

 

Arthur s’adressant à Grifford – Tu vas dire à celle qui t’emploie qu’elle devra faire un peu mieux que ça pour se débarrasser de moi. Je suis pas né de la dernière pluie…

 

Il se tourne fièrement vers ses trois suivants.

 

Arthur – …Et je suis plutôt bien entouré.

 

Elias – Quoi ! Ca veut dire que vous le relâchez ?

 

Merlin – Faites pas ça ! C’est un démoniste, vous avez bien vu !

 

Arthur – Il est pas bête. On va le laisser dans sa cage et il va réfléchir où se trouve son intérêt. Attaquer le Roi de Bretagne c’est pas la meilleure des idées. Je crois que ça il l’a déjà compris.

 

Perceval – On peut pas l’emmener avec nous ? Parce que, c’est bête, mais mon pouvoir, je commençais à m’y habituer.

 

Arthur – Ouais, navré pour vous. Et dommage pour moi. Car c’est pas encore maintenant que je vais pouvoir croire aux miracles.

 

La Salle à manger de Kaamelott. Arthur et Perceval sont seuls à table. Perceval s’empiffre tandis qu’Arthur, pensif, grignote un saucisson.

 

Arthur – Finalement, je préfère quand vous rencontrez des vieux. C’est chiant, mais c’est quand même moins risqué.

 

 

 

 

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lundi, 14 juin 2010

La Peau de l'Ours [Red Dead Redemption FanFic]

 

 Il fixait l’antre de la bête depuis bientôt une heure. Malgré ses vêtements fourrés et sa toque de trappeur, il commençait à sentir le froid lui transpercer les os. Il passa une main sur son œil droit pour chasser un flocon de neige égaré et raffermit ensuite la prise sur sa winchester à canon long.

L’animal qu’il convoitait était une légende vivante. Il avait existé quelques autres spécimens comme lui, du temps où son père lui apprenait les rudiments de la chasse, mais Gwarl était de loin le grizzly le plus dangereux qui ait été répertorié dans la contrée de Tall Trees. Son tableau de chasse était connu jusqu’à Armadillo et il ne comprenait pas que des mouflons : chasseurs, voyageurs égarés, bandits, chasseurs de primes, un paquet de gars téméraires avaient laissé leur peau sous ses griffes meurtrières.

Le trappeur qui observait pour l’heure sa tanière, songeait qu’en le tuant, il allait faire bien plus que remplir sa bourse et gonfler sa réputation : il allait débarrasser le pays d’un monstre assoiffé de chair et de sang. Il secoua la tête pour chasser cette pensée lorsqu’il repéra un mouvement dans la pénombre de la grotte.  Quelque chose de massif était en train de s’en extraire. Le tireur s’était embusqué sur une hauteur, dominant de ce fait sa cible d’une bonne trentaine de mètres. Il s’était recouvert de neige afin de se fondre davantage dans le décor. Des bêtes comme Gwarl avaient un flair et un bon, il était donc pure folie de penser que l’on pouvait, sans précautions, se soustraire facilement à ses sens aiguisés.

La silhouette repérée émergea enfin de l’ombre. Le chasseur aux aguets faillit faire feu, mais se ravisa juste à temps en poussant un soupir. Ce n’était pas sa proie. L’animal était plus petit et sa fourrure plus claire comparée aux descriptions et illustrations qui circulaient à Blackwater.

Sa déception fut grande, mais il ne perdit pas espoir pour autant. Gwarl avait sans doute une progéniture dont personne jusqu’alors n’avait soupçonné l’existence. L’homme caressa la gâchette de sa carabine en songeant qu’il était peut-être sage d’empêcher une autre génération de carnassier tueur de prospérer.

Un halètement rauque caractéristique mit brutalement fin à cette perspective. Le temps de se retourner, le trappeur vit sa proie se dresser au-dessus de lui dans une attitude qui ne laisser planer aucun doute sur ses intentions. Gwarl se tenait face à lui, dans toute sa magnificence. La beauté du diable, aurait-on presque pu dire à son sujet. Sa fourrure noire miroitait sous le soleil de midi, ses narines palpitaient de rage et ses yeux jetaient des feux qui auraient alimenté la chaudière d’une locomotive lancée à plein régime.  Quant à ses griffes et ses crocs, ils avaient de quoi rendre jaloux n’importe quel autre prédateur digne de ce nom. Une impression de puissance et de sauvagerie indescriptible émanait de son corps en furie, tendu et prêt à faire un nouveau carnage. « Le salaud, il m’a senti ! »

L’homme brandit son fusil en avant pour abattre l’animal à bout portant, mais d’un coup de patte ce dernier fit voler l’armer au loin. L’homme, lui-même, faillit bien l’imiter. Il roula sur le côté pour éviter une autre attaque qui lui entailla légèrement le flanc. Puis se retrouvant sur le postérieur, il recula tant bien que mal, les griffes du Grizzly creusant entre ses jambes d’inquiétantes tranchées. Il réalisa bientôt que le sol descendait. Il exécuta une roulade arrière, perdit sa toque dans la manœuvre que l’ours s’empressa de déchiqueter comme pour calmer sa faim. L’homme se retrouva le dos contre un arbre. Il n’eut que le temps de baisser la tête pour éviter de la perdre. Les griffes de son adversaire sabrèrent le tronc dont il ne resta qu’une maigre souche.

Le chasseur devenu proie se sentant à nouveau maître de lui, se nourrit de l’adrénaline du combat pour en tirer sa plus grande force. Il dégaina son couteau de chasse et se jeta contre le poitrail de la bête. Cela lui fit l’effet de percuter un mur d’enceinte. Mais lorsque la lame s’enfonça, Gwarl produisit un hurlement prodigieux qui en disait long sur sa colère et sa douleur. L’instant d’après, il projeta le trappeur d’un ample coup de patte. L’homme dévala la pente, souillant la neige par endroits du sang d’une nouvelle blessure. Il arrêta sa course au bord d’un torrent dont l’eau glacée eut le don de le ranimer rapidement. Il se redressa en gémissant. L’ours lui avait ouvert la poitrine, manquant peu son cœur. Visiblement, lui aussi avait manqué le sien. Même de sa position, il pouvait entendre aisément l’animal furieux pousser des grondements à la mesure de son courroux. Le trappeur sursauta en entendant un cri aigu juste à côté de lui. Il faillit éclater de rire en voyant un castor trottinait de son allure pataude en direction du cours d’eau.

- Salut, toi !

Il grimaça en sentant sa plaie ouverte.

- Désolé, mais je vais pas pouvoir rester faire la conversation. Ca aurait été avec grand plaisir, mais je ne peux pas laisser le couteau de mon père dans la panse d’un ours qui respire encore.

Il essaya de se relever complètement, mais se tordit sous la douleur. On aurait dit que quelqu’un lui cajolait la peau avec un tisonnier. C’est précisément à ce moment là qu’il remarqua une embarcation laissée à l’abandon à quelques mètres de lui. Et surtout la rame qui reposait à l’intérieur. Il la cassa en deux sur son genou et commença à remonter la pente en appuyant ses pieds bottés sur les troncs d’arbres jalonnant le chemin jusqu’à sa cible.

Gwarl faisait fonctionner son odorat à plein régime. Il sentait le sang, celui de l’homme, mais aussi le sien, chose qui lui était beaucoup moins familière. La lame enfoncée jusqu’à la garde dans son cuir le brûlait comme un morceau de charbon chauffé à blanc, mais elle avait aussi le don de décupler ses réflexes de chasseur. Il retomba sur ses membres antérieurs et commença à descendre en direction du torrent, là où il avait cru voir sa proie tomber. Un mouvement inattendu lui fit lever les yeux.  Instinctivement, il se dressa à nouveau. Il eut le temps de reconnaître l’homme responsable de ses maux, bondissant dans les airs tel un cabri, avant de sentir la pointes de deux lances improvisées s’enfoncer dans sa gorge. Le grizzly s’abattit sur le sol poudreux avec une violence inouïe, soulevant dans sa chute des paquets de neige comme pour conférer à sa mort une allure presque divine.

Le trappeur était retombé sur son flanc blessé, ce qui l’empêcha d’apprécier immédiatement sa victoire. Mais lorsqu’il fut en mesure de rejoindre la carcasse inerte de Gwarl, il esquissa un sourire et récupéra son couteau poisseux des entrailles de la bête.  Jack Marston nettoya la lame, puis l’embrassa en souriant franchement :

- Tu m’en aurais voulu, P’pa, n’est-ce pas ?

 
 
 

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Le Glas sonne toujours Trois fois [Red Dead Redemption FanFic]

Le soleil effleurait le sommet déchiré des falaises rouges de ses doigts de lumière comme un amant attentionné caresserait lascivement le corps d’une femme assoupie à ses côtés, une femme depuis longtemps convoitée.

La chaleur faisait miroiter le sol et l’air tout autour des deux hommes, debouts face à face. Comme dans un duel. Et justement, c’en était un.

Les jambes légèrement écartées, la moustache luisante et le pardessus  fringant, Gordon Blackmore défiait son adversaire du regard en caressant nerveusement la crosse nacrée de son six coups, gagné au poker deux jours plus tôt.

L’autre se tenait droit comme un I, comme pour le provoquer davantage, et mâchonnait un brin d’herbe en lorgnant le levant.

Ou ce type était fou à lier ou c’était un tireur émérite.

Gordon s’en moquait bien, il avait déjà réduit au silence plusieurs représentants des deux catégories. Sa réputation à Armadillo n’était plus à faire.

Les témoins se gardaient bien de prévenir le Marshall officiant dans la ville. Un duel était moins un crime qu’une attraction par ici et moins encore un simple règlement de compte.

Un duel au soleil était de loin la plus belle façon de mourir à cette époque où la sauvagerie des loups n’avait rien à envier à celle des hommes.

Le brin d’herbe fut brusquement éjecté d’entre les lèvres de l’étranger. C’était le signal. Il y en avait toujours un, peu importait sa forme.

Les témoins retinrent leur souffle. Certains, plus téméraires, osèrent se rapprocher de quelques pas, comme pour mieux voir à quoi ressemblait la mort.

Un hardi garçonnet avait même pris congé de ses parents à leur insu pour assister au spectacle. Planqué derrière l’auge des chevaux, il scrutait de ses beaux yeux bleus innocents les deux pistoleros en leur inventant à chacun un passé héroïque.

Sûrement plus reluisant que le véritable.

Le coup partit si vite que les regards les plus vifs furent pris de vitesse. Dans le silence qui s’était fait maître de la rue, la détonation fit l’effet d’une explosion.

Les deux hommes avaient dégainé et ne semblaient pas être blessés. Certains observèrent les canons pour connaître celui qui avait tiré. Le garçonnet vit une mince volute de fumée s’échapper du colt noir et argent de l’étranger. Gordon lâcha son arme et éructa. Sa bouche cracha une giclée de sang et il bascula en avant dans un grand envol de poussière et de tissu.

Alors c’était à ça que ressemblait la mort ?

Les plus désappointés reprirent rapidement leur activité interrompue en se demandant ce qui avait bien pu leur faire espérer autre chose.

Les autres, éblouis par la chute d’un géant, restèrent sur place, le regard accroché sur le cadavre et l’étranger qui rangea son arme fumante dans son étui.

Sa dégaine était celle d’un baroudeur solitaire, mais son assurance et l’expression franche de son visage bronzé dénotait un instinct social des plus aiguisés.

Il ne portait pas de chapeau. Ses cheveux blonds étaient singulièrement longs et ses vêtements aux couleurs passées lui conféraient l’allure d’un vagabond.

Le genre de type dont on ne se méfiait pas. Pas assez.

Gordon Blackmore venait de faire les frais de cette erreur. Il aurait pourtant dû savoir depuis le temps qu’une bonne main au poker pouvait être synonyme d’aller simple en Enfer pour qui contestait un peu trop la fortune des autres.

Le goudron et les plumes, c’était dépassé. Dommage pour Gordon. Il apprendrait à voler autrement, désormais.

L’étranger venait de s’agenouiller auprès du corps inerte du joueur invétéré. Ses mains expertes fouillèrent ses habits poussiéreux. Il en extirpa quelque chose qu’il dissimula bien vite dans sa besace avant de poser son regard perçant sur le garçonnet ébahi.

- Tu devrais rentrer chez toi, petit. Tu es un peu trop jeune pour voir de telles choses. Si j’avais su, j’aurais attendu que tu partes. De si beaux yeux ne devraient pas être souillés par cette parodie de justice.

L’étranger avait une voix plutôt douce qu’il s’efforçait visiblement de durcir pour paraître plus effrayant.

Il se leva, jeta un dernier regard à l’enfant fasciné, avant de pousser les portes battantes du saloon.

 

L’étranger s’installa nonchalamment au comptoir en ignorant l’attention dont il faisait l’objet.

- Un whisky !

- Offert par la maison ! lança le barman, jovial. Ce Blackmore m’a toujours fait l’effet d’une sale crapule, sans cesse dans l'attente d’un mauvais coup. Il rançonnait d’honnêtes gens depuis trop longtemps avec ses jeux et ses paris stupides. Je suis content que quelqu’un ait fini par lui clouer le bec une bonne fois pour toutes.

Sa mine s’assombrit lorsque deux hommes entrèrent dans la salle.

Ils portaient des chapeaux ronds et affichaient une élégance relative. Leur costume avait connu des jours meilleurs et sans doute qu’eux aussi à en juger par leur rictus commun. L’un d’eux sortit son arme et pulvérisa le verre que l’étranger s’apprêtait à vider.

- Gordon Blackmore était peut-être une grande gueule et un flambeur, mais ce qui est sûr c’est qu’il ne méritait pas de finir troué par un traîne-savate dans ton genre.

- Pourtant, c’est bien lui que le croque-mort est en train d’embaumer.

L’étranger lécha l’alcool qui avait aspergé son visage avec une lenteur provocatrice.

- Dans quelques minutes, ce sera ton tour, blondinet de mes deux !

Une seconde plus tard, les deux comparses de Blackmore ressortirent du saloon, avec chacun une balle dans le cœur.

- J’avais très soif, déclara l’étranger comme pour justifier sa justice expéditive aux clients attablés. Et quand j’ai très soif, je suis très susceptible.

Le barman lui servit un autre verre tout en fixant les portes battantes qui grinçaient encore.

- Tu as un nom, l’étranger.

L’intéressé vida son verre d’un trait avant de se coller un nouveau brin d’herbe entre les dents.

- Ouais.

- Lequel ? fit le commerçant, éberlué.

- Way, c'est mon nom. Je m’appelle William Way. Et j’ai encore pas mal de chemin à faire. Alors, ne m’en veuillez pas si je ne reste pas plus longtemps dans votre charmante bourgade.

Sur ces mots, il quitta l’établissement et il ne fut bientôt plus qu’une silhouette indistincte à l’horizon, un mirage comme on peut en voir tant d’autres du côté de Cholla Springs.

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samedi, 01 août 2009

Wolverine Wars [FanFic]

 
1944 France - Logan est séparé de son frère lors d'une embuscade. Il en profite alors pour se détacher de l'ombre de Victor qui n'hésite pas à massacrer des innocents. Il espère ainsi secourir comme il l'entend les habitants démunis, victimes de la barbarie nazie.


Ils étaient tous attachés et alignés contre le grand mur de la place du village. Les hommes et les femmes avaient été bâillonnés. Pas les enfants, afin que leurs cris et leurs pleurs résonnent dans le soir comme un funeste prélude à la mort qui allait bientôt s'abattre sur eux tous.
Des écharpes de brume dansaient autour des neuf soldats allemands comme des esprits tourmentés cherchant le salut auprès de leurs tortionnaires.
L'air sentait l'humidité. L'humidité et la peur.
Un soldat équipé d'un lance-flammes s'avança vers la douzaine de prisonniers. Il appuyait régulièrement sur la gâchette, produisant une flamme sporadique dont le souffle était propre à terroriser n'importe qui.
- T'as du feu pour moi ?
Une silhouette massive sortit de l'ombre, un cigare rivé au coin des lèvres. Cela faisait peut-être dix minutes qu'il était là, attendant le bon moment pour se manifester. Dix minutes ou bien des heures. C'est cette incertitude qui troubla profondément les neufs soldats pourtant armés jusqu'aux dents. Pouvait-il exister quelqu'un de plus sadique qu'eux ? Ils n'osaient l'imaginer.
Ensuite ils remarquèrent son allure. Il n'avait pas tout à fait l'air d'un soldat malgré l'uniforme américain. De quoi exactement, ils l'ignoraient. Mais ils le sauraient bien assez tôt. Pour leur plus grand malheur. Car son regard ne trahissait rien de ses intentions. Logan était partisan de la loi du plus fort. Jusqu'à un certain point. Ces pourritures avaient dépassé la limite. Et il comptait bien le leur faire comprendre. A sa manière.

En le voyant apparaître dans l'éclairage diffus d'un réverbère, les enfants cessèrent instantanément de pleurer et les yeux de tous les prisonniers s'agrandirent. Ils virent en Logan un sauveur, improbable mais sauveur quand même.
Le mutant vit l'espoir qu'il suscita en eux. Il crut bon de leur préciser :
- Je vous conseille de fermer les yeux. Ca va pas être joli à voir.
Logan s'élança en poussant un cri animal.
Le gradé donna des ordres. L'homme au lance-flammes s'avança et pressa la gâchette de son arme. Le canon cracha un geyser de feu. Logan s'élança dedans comme s'il s'agissait d'un simple nuage de moustiques. Les piqûres, il les sentit. Et pas qu'un peu. Aux yeux de ses adversaires et des civils, il fit l'effet d'un démon vomi des enfers. Lorsque ses griffes jaillirent de ses mains, cette vision acheva de les convaincre. Logan planta ses griffes sous la bordure du casque. Il entendit le staccato des armes automatiques autour de lui et il sentit le picotement caractéristique des balles lui trouant la peau. Il s'empara de l'arme du soldat mort et visa les soldats les plus proches.
- C'est vous qui allez cramer, bande de chiens !
En réponse il reçut un chapelet de balles dans la tête. Ce qui acheva de le mettre hors de lui. Il attendit qu'ils s'approchent et saisissant le pistolet de l'allemand tira dans le réservoir d'essence sur son dos. La déflagration tua trois soldats et projeta le corps carbonisé de Logan contre le mur d'une maison.
L'officier envoya deux de ses hommes vérifier l'état du kamikaze. L'un d'eux se pencha et secoua la tête. L'officier poussa un râle victorieux avant de se tourner vers les prisonniers.
- Personne sauvera vous !
Pour son plus grand contentement, les regards des français exprimèrent la peur qui revenait les saisir. Avant de se diriger vers un point précis derrière lui. Intrigué, le gradé se retourna. Son sang se glaça lorsqu'il remarqua Logan debout, son uniforme en lambeaux et son corps musclé couvert de brûlures aussi bénignes pour lui que des tatouages. Autre détail d'importance, ses griffes étaient plantées dans la gorge des deux soldats qui avaient fait l'erreur de le croire mort.
Logan cracha.
- Tu me dois un cigare, mec !
Ses griffes se rétractèrent et les nazis tombèrent au sol.

L'officier recula instinctivement de quelques pas. D'un geste nerveux de sa main gantée il fit signe aux deux soldats restants de s'occuper de la créature. Les deux hommes s'approchèrent en ayant le sentiment d'être pris entre deux feux. Ils brandirent leur fusil-mitrailleur moins comme une arme que comme un bouclier. Logan s'avança, la tête rentrée entre les épaules, tel un prédateur en chasse. Il n'avait d'yeux que pour l'officier.

- Tu vas connaître quelque chose de plus atroce que la mort et la souffrance. Tu vas connaître ma  colère et mes griffes.

- Utilisez vos couteaux ! hurla l'officier en allemand. Coupez-lui ses griffes !

Les deux hommes mirent leur arme de côté et dégainèrent chacun une sorte de coutelas. En voyant la longueur de la lame, Logan ne put empêcher un rictus d'étirer ses lèvres :

- D'accord !

Les prisonniers retenaient leur souffle. Cet homme - mais pouvait-on encore le nommer ainsi - était leur seul rempart contre la mort qui les attendait. Les plus croyants ne savaient pas trop s'ils devaient remercier le ciel de sa venue. Mais peut-être que parfois, Dieu lui-même faisait appel aux démons pour rétablir l'équilibre.

Lorsqu'il s'estima suffisamment proche, l'un des soldats se fendit. Sa lame trouva le vide, mais les griffes de Logan trouvèrent le poing qui la tenait. Le soldat hurla. Son équipier porta un coup violent. Logan manipula le poing du nazi et son coutelas para l'autre lame avec une vive étincelle. Le mutant profita de ce répit pour plonger ses trois autres griffes dans le cœur du premier soldat qui s'écroula à ses pieds. L'autre boula au sol avec souplesse et en se redressant, arbora un coutelas dans chaque main. Il avait bien l'intention de venger la mort de son partenaire. Les deux hommes se firent face quelques secondes, puis s'élancèrent avec une hargne égale. Le nazi esquiva et feinta avec une adresse admirable. Plus d'une fois il faillit parvenir à ses fins. Mais Logan sortait et rétractait ses griffes avec une stratégie payante, empêchant son adversaire de le désarmer d'un coup de lame. Tout à sa tâche, c'est à peine si le mutant remarqua les deux lames plantées dans sa poitrine. Il eut un hoquet de surprise en les voyant avant de considérer son adversaire triomphant :

- Je crois pas que tu aies mesuré dans quelle merde tu t'es mis !

Le soldat se recula, terrifié par le sourire de Logan. Ce dernier empoigna les manches des coutelas et commença à les extirper très lentement de son corps qui en vérité en avait vu d'autres.

Le soldat rejoignit son supérieur en courant, mais d'un bond Logan fut sur lui et lui brisa le cou. Il allait s'occuper de son dernier adversaire, mais il se figea lorsqu'il vit l'officier pointer son pistolet contre le front d'une jeune prisonnière. Logan montra les dents. Son poing droit était collé contre la tempe de l'allemand.

L'officier le jaugea avec mépris, mais surtout avec un manque d'assurance évident.

- Je suis comme le Führer, dit-il en allemand. J'adore les expériences. Voyons si tes griffes sont plus rapides qu'une balle.

Les prisonniers observaient leur sauveur avec un mélange d'effroi et de fascination. Il était assurément de leur côté, mais était-il disposé à sacrifier l'un d'entre eux pour remporter une victoire définitive ?

Un coup de feu claqua. Les yeux de Logan s'écarquillèrent. La jeune femme ferma les yeux.

L'officier s'abattit à ses pieds. Sous l'émotion, la prisonnière éclata en sanglots.

Quatre français en civil rejoignirent le mutant. C'est l'un d'eux qui venait de tirer, épargnant à Logan une douloureuse décision.

Tandis qu'ils libéraient les prisonniers, celui qui paraissait être leur chef s'adressa à Logan :

- Je m'appelle Charles Girard. On est de la résistance. Vous avez fait du bon boulot, merci. Vous êtes en piteux état. Vous avez perdu votre section ?

Logan observa les cadavres épars jonchant le sol.

- Je suis tombé au bon endroit. Au bon moment.

- On va vous soigner.

- Non. Occupez-vous plutôt d'eux, ils en ont besoin.

Le chef secoua la tête :

- Vous avez raison. On peut vous donner des armes et des munitions. On a pas beaucoup de moyens, mais on vous doit bien ça !

Logan fixa ses phalanges en souriant.

- J'ai tout ce qu'il me faut.

 

Plus tard, alors que les résistants s'assuraient de l'état des villageois, l'un d'eux s'approcha discrètement de Logan qui finissait d'enfiler des vêtements civils.

- Merci monsieur. Personne ici n'oubliera ce que vous avez fait pour nous. On ne sait pas trop comment vous remercier. Sachez que vous serez toujours le bienvenu. Quel est votre nom ?

Logan le détailla comme s'il soupçonnait un piège.

- Pourquoi ? Vous voulez me recommander pour une médaille ?

Sa réaction surprit l'homme, mais il essaya de rester aussi chaleureux.

- Vous la mériteriez en tout cas.

- J'en ai rencontré plus d'un qui la mériterait plus que moi. Pourquoi pas vous ?

- Moi ? Mais...

- Croyez-moi, j'ai rien d'un héros.

Logan regarda de nouveau ses mains.

L'homme l'imita avant de reprendre :

- C'est à ce propos aussi que je venais vous parler.

Il tourna rapidement la tête pour s'assurer qu'ils n'étaient pas observés, puis ajouta :

- Avant que vous arriviez, des soldats ont emmené un enfant. Il s'appelle Simon.

- Il est juif ? s'enquit Logan sans trop paraître s'émouvoir.

L'homme se frotta nerveusement les mains.

- Non. C'est difficile à dire. Disons qu'il est un peu différent de nous.

Logan fit jaillir ses griffes encore ensanglantées.

- Différent comme ça ?

L'homme secoua la tête.

- Il avait aussi un pouvoir. Il pouvait réparer ou détruire les choses. Sans les toucher. Je pense que c'est pour ça qu'ils l'ont emmené.

- Vous savez où ?

- Je comprends un peu l'allemand. Je les ai écoutés et apparemment ils ont un camp pas très loin d'ici, à l'est.

Il indiqua un chemin de terre qui s'enfonçait dans la campagne.

- En prenant cette route, vous devriez le trouver. Mais êtes-vous certain de vouloir y aller ?

Logan lui décocha un regard qui en disait long sur ses motivations.

- C'est un boulot pour moi.

Il allait prendre congé, puis se tourna subitement vers le villageois :

- Finalement, vous pouvez peut-être faire quelque chose pour moi.

A cette annonce, le visage de l'homme s'éclaira.

Logan sourit de toutes ses dents.

- Z'auriez pas un cigare ?

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Un grand merci à l'auteur du blog Les Contes de Hell's Kitchen pour le gros coup de pub !

 

 

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