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vendredi, 09 octobre 2015

Red Faction Guérilla [Jeux Vidéo/Critiques]

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 TU TE CASSES SUR MARS !

Vous incarnez Alex Mason, un mineur fraîchement débarqué sur Mars qui va se retrouver malgré lui à la tête d'une révolte contre la dictature en place incarnée par l'EDF (non rien à voir avec notre électricité).

On pourrait en toute logique penser que son concept de destruction massive et permanente (tout est destructible et de manière définitive) est le seul argument de Red Faction Guerilla, mais le fait est que ce n'est pas la vérité.

Outre un monde ouvert convainquant et un gameplay très agréable, le jeu de Volition met également en avant un système de Moral. Vos actions en faveur de la population et donc contre l'EDF rallieront de plus en plus de citoyens à votre cause, ce qui vous octroiera différents avantages comme plus de caisses de munitions, d'avantages de Métaux comme récompenses aux missions et donc plus de renforts lors des escarmouches.

Mais le système marche aussi dans l'autre sens et c'est cela qui le rend très intéressant. Ainsi, si vous tuez des civils, si vous perdez trop d'hommes ou si vous mourrez, votre Moral baissera proportionnellement.

Sachant que les missions principales se débloquent selon un certain niveau de Moral, à l'image du Respect dans les Saints Row et du Chaos dans les Just Cause, on comprend vite l'intérêt de bien faire les choses pour pouvoir progresser.

Les Actions de Guérilla, certaines missions annexes uniques (les missions avec Jenkins) d'autres rejouables (défis de démolition) vous permettront de renforcer également le Moral, de réduire le contrôle de l'EDF et/ou de gagner du Métal. Egalement des évènements aléatoires qui donnent une certaine dynamique. Elles sont totalement optionnelles et les ignorer n'entraîne aucun malus un peu comme celles de Far Cry 4.

Le Métal est donc la monnaie du jeu. Vous l'obtenez en détruisant des édifices, en réussissant des missions, des défis annexes. Il vous permet d'acheter des items spéciaux (jet-pack, déplacement rapide,...), de nouvelles armes, de les améliorer et d'augmenter leurs munitions. Les armes sont plutôt variées, cela va de divers explosifs à des mitraillettes plus classiques en passant par le fusil à nanites (qui désintègre la matière), le broyeur (un lance-disques) et les armes de corps à corps (le marteau, la lance des maraudeurs). Dès que l'on ramasse une nouvelle arme, elle est automatiquement enregistrée dans notre stock, donc pas besoin de toutes les acheter. On apprécie.

Le monde ouvert est réussi, peu vivant comparé à ce qui se fait maintenant, mais cela reste suffisant.

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Si un jeu encourage bien la destruction de l'environnement, c'est bien celui-ci !

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Si Mars peut se résumer à des plaines désertiques et des montagnes, l'ambiance est très réussie, on se croirait vraiment sur la planète rouge. Les différents secteurs ont chacun des couleurs spécifiques qui changent d'ailleurs radicalement dès que l'on passe de l'un à l'autre. La topographie accidentée permet en outre des cascades assez fun. Les véhicules sont d'ailleurs taillées pour ce type de terrain. Assez variés et plutôt originaux, avec une mention spéciale pour les véhicules des maraudeurs qui nous donnent la sensation d'être en plein Mad Max.

Peu d'intérêt à l'exploration en dehors des dépôts de minerais à extraire, des enregistrement audio à trouver et en lien les bombes Ultor à détruire. Ultor qu'on retrouve dans Saints Row 2, normal c'est Volition qui a également développé cette série.

Pas mal de griefs à retenir qui nuisent à l'ensemble et qui en font donc un jeu très fun, mais à court terme seulement :

Scénario bateau fort de quelques séquences intéressantes, mais qui manque de belles occasions de réellement nous passionner. A ce titre la rencontre avec les maraudeurs aurait pu être beaucoup mieux exploitée.

Beaucoup d'allers-retours inutiles qui plombent le rythme.

L'on ne peut sauvegarder que si l'alerte est verte.

Certains véhicules ne peuvent accueillir plus d'un passager et les otages délivrés étant incapables de conduire eux-mêmes, on se retrouve à les attendre tandis que l'ennemi nous mitraille.

On sort parfois de la zone de mission sans y prendre garde et on en est averti que lorsqu'il est trop tard.

On veut faire une activité annexe de démolition, mais on s'aperçoit qu'on a pas l'arme requise et le jeu ne le prenant pas en compte ne nous la donne pas et le chrono défile comme si de rien n'était.

Contrairement aux armes, il est impossible de stocker les véhicules que l'on trouve au gré de notre exploration. Si bien que pour avoir le plaisir de les piloter il faudra noter les emplacements précis où les trouver dans certains cas (véhicules des maraudeurs, robots) ou provoquer les conditions requises pour les voir apparaître (véhicules militaires de l'EDF).

Une fois reconquise, les zones n'offrent plus trop d'intérêt puisque l'EDF s'en est allée. C'est logique et en même temps un monde ouvert implique qu'on y joue sur le long terme.

Et enfin une difficulté exacerbée qui même en mode Facile vous verra mourir de nombreuse fois à cause du nombre très important d'ennemis et de l'agressivité de l'IA.

 

 

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jeudi, 18 juin 2015

Half Life 2 [Jeux Vidéo/Critiques]

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Le visage de Gordon Freeman, le héros, qu'on ne verra jamais dans le jeu (Vue subjective oblige) et Alyx, partenaire sur qui il pourra compter aux moments décisifs.

A l'heure où Microsoft vient d'annoncer une rétrocompatibilité des jeux entre 360 et One (c'est pas dommage !), une bonne occasion de revenir sur un titre majeur rétrocompatible entre Xbox et 360.

Half Life 2 a une place très particulière dans mon coeur de gamer puisqu'il s'agit sans doute du premier jeu qui a su véritablement m'immerger dans un univers et m'impressionner par sa dimension cinématographique.

A ce titre, les première minutes demeurent encore pour moi aujourd'hui un modèle d'introduction que je refais à chaque fois avec le même plaisir.

On arrive en train dans la cité 17 comme un anonyme voyageur et les premiers pas dans cette ville suintant le totalitarisme sont aussi frappants que notre capacité à interagir avec les PNJ et les objets dans un jeu qui se présente tout d'abord comme un simple FPS.
Valve annonce très tôt ses ambitions et ce n'est bien entendu qu'un apéritif.

Notre progression est linéaire, puisque le chemin est balisé, mais l'impression de liberté est très présente et les scripts que l'on déclenche ont le don de nous convaincre que les scènes dramatiques auxquelles on assiste ne sont que le fruit du hasard. Tout ceci renforcé par un système de sauvegarde manuel et souple qui permet de reprendre précisément où l'on sest arrêté. Ou l'art de créer subtilement l'illusion d'un monde ouvert...

Il faut dire que ce second épisode a un ingrédient de taille, un directeur artistique de génie en la personne de Viktor Antonov (Dishnored). Les ambiances se suivent sans jamais se ressembler, renouvelant constamment l'intérêt. On a ainsi le sentiment de passer d'un jeu à un autre, d'un FPS nerveux à un Horror Survival  en passant par un jeu de course, ou encore un jeu d'exploration et d'énigmes à la Tomb Raider.

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On peut faire difficilement plus emblématique comme image : le gravity gun couplé à une lame de scie circulaire. Un plaisir jamais épuisé !

Et bien sûr, grâce à l'exploitation remarquable du gameplay et de la physique (révolutionnaire pour l'époque), on expérimente sans cesse les interactions avec les objets et le décor, ce qui annihile complètement l'aspect linéaire de certains niveaux.

La narration est très mise en avant et la mise en scène attractive sans pour autant envahir le jeu (pas comme aujourd'hui). On salue la performance qui a permis d'obtenir un rendu des visages très réaliste. Même aujourd'hui Half Life 2 n'a pas à rougir.

Mais comme aucun jeu n'est parfait, il faut signaler la rigidité des déplacements et des chargements fréquents qui cassent le rythme.

 

 Bonus :

Alyx et le gravity gun en action et en live

 

 

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dimanche, 31 mai 2015

Chappie [Cinéma/Critiques]

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Le chaînon manquant entre Short Circuit, le Géant de Fer et Robocop

Après la déception Elysium, on ne savait pas trop si Neil Blompkamp allait rebondir ou au contraire s'enliser davantage. Il faut dire que l'auteur de District 9 nous avait donné beaucoup d'espoir sur son devenir de cinéaste avec une maîtrise et des ambitions qui semblaient le porter comme le porte-étendard du renouveau de la SF et du Fantastique tel un digne héritier du cinéma de genre des années 80.

Le moins qu'on puisse dire c'est que le début ne rassure pas du tout : même intro que District 9 sous des allures de documentaire, même portrait de Johannesburg et de sa criminalité galopante, même contexte initial que le reboot de Robocop.

Heureusement cela ne dure que quelques minutes, comme si Blomkamp comprenait qu'il fallait qu'il s'affranchisse enfin de son propre référentiel afin de ne pas s'y enfermer.

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Les deux ingénieurs vont se livrer une guerre sans merci. Daeon (Dav Patel/Slumdog Millionnaire) est le créateur des Scouts, des robots tels que Chappie qui soutiennent les forces de police sur le terrain au grand dam de Vincent (Hugh Jackman/Prisoners) condamné à rester dans l'ombre, lui et son projet martial. Daeon voit beaucoup plus loin en terme d'Intelligence Artificielle qu'un simple renfort policier, ce qui ne fera que renforcer la rivalité entre les deux hommes. S'il peut faire rire avec sa coupe mulet des 80's, Vincent se révèle aussi siphonné que son budget. Hugh Jackman avait déjà tâté du robot avec le très enfantin Real Steel. Dans Chappie il en profite pour casser son image de bon samaritain et ça lui va bien aussi. Entre les histoires de robots, de conscience et le look de l'Original (le robot de Vincent rappelle ed209) impossible de ne pas penser à Robocop 1 & 2.  On peut d'ailleurs dire que d'un point de vue narratif Chappie est un Robocop inversé. On a compris en tout cas que depuis District 9  Blomkemp est un grand fan de robotique, Chappie était de ce fait presque inévitable.

La manière dont se télescopent le destin et les ambitions des différents protagonistes est bien pensée, relançant constamment l'intérêt de l'intrigue et amenant malicieusement le scénario à son paroxysme.

Parce que Chappie se comporte comme un enfant, la réaction de son entourage va radicalement changer.

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Ninja (à gauche) voit en Chappie une recrue de choix pour ses futurs délits. Mais pour parvenir à ses fins, il lui faudra étouffer la moralité inculquée par son créateur et l'affection de sa mère adoptive (ci-dessous).

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Yo-Landi, une sorte de croisement entre les personnages de Rosanna Arquette (Jody) et d'Amanda Plummer (Yolanda) dans Pulp Fiction. Yo-Landi va découvrir sa sensibilité maternelle au contact de Chappie, ce qui, bien entendu, ira à l'encontre des ambitions de Ninja. A noter que les deux comédiens forment dans le vie le groupe Die Antwoord sous les mêmes pseudonymes.

A ce titre voir les gangsters faire l'éducation de Chappie se classe sans problème parmi les meilleures séquences. Chacun tentant d'en faire un héritier à son image, révélant son humanité, sa nature, la meilleure comme la pire.

Mais parce qu'il est innocent et qu'il a tout à apprendre, Chappie va finir inévitablement par susciter la convoitise et devenir l'instrument d'une bataille, une véritable poule aux oeuf d'or, chacun projetant sur lui ses fantasmes, ses espoirs.

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Comme l'a si bien dit James Dean : "les animaux vous acceptent ou non, mais jamais ils ne vous jugent." Chappie est admirablement mis en scène. Techniquement et visuellement c'est aussi léché et abouti que les deux autres films de Blomkamp. C'est l'acteur Sharlto Copley (Maléfique/héros de District 9, méchant de Elysium et incarnation de Looping dans la version ciné d'Agence Tous Risques) qui a prêté sa gestuelle au robot. Ce n'est pas la traditionnelle motion capture qui a été utilisée. Sharlto était physiquement en présence des autres comédiens sur le tournage, il a été remplacé par la suite par son avatar numérique.

Au départ relativement simple, le film va s'intensifier progressivement en combinant les accents d'une comédie et ceux d'un drame profondément humain.

On ne peut nier une évidente parenté avec District 9, Chappie faisant parfois écho à Wikus dans sa solitude née conjointement de sa nature bâtarde et des enjeux opposés qu'il représente.

Mais malgré cela, le réalisateur parvient à surprendre et à se renouveler brillamment grâce à une dernière partie où émotion et métaphysique subliment les personnages et le récit lui conférant une grande originalité et lui donnant une ouverture insoupçonnée.

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Vincent va harceler Michelle Bradley, la patronne des entreprises Tetravaal, afin qu'elle autorise le lancement de son projet et profitera pour ce faire de toutes les opportunités quitte à les provoquer directement. A l'instar de Jodie Foster dans Elysium, on sent que Sigourney Weaver (Avatar) est là surtout pour séduire les producteurs et les cinéphiles. A noter que Blomkamp travaille actuellement sur un Alien 5 (se situant entre Aliens et Alien 3) pour lequel la star se montre déjà très enthousiaste.

On pourra tiquer sur la crédibilité du rebondissement final tout comme on pourra trouver que l'épilogue, à l'instar de District 9, nous laisse sur notre faim, (une suite est très envisageable là aussi), mais au final cette relative frustration est par là même la source d'un égal plaisir. Croisement atypique, mélange étonnant et détonant de genres, de styles et de références, Chappie est un film mutant à découvrir d'urgence pour tout amateur de fantastique et d'anticipation.

Non seulement Blomkemp nous fait totalement oublier la douche froide Elysium, mais il inscrit ce troisième film sur la première marche du podium de sa filmo grâce à la richesse de sa thématique.

Le plus dur sera de poursuivre sur la même voie en ne répétant pas la même erreur que dans le passé. Wait and see !

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Short CircuitLe Géant de fer

RobocopRoboCop

RoboCop 2L'Homme bicentenaire 

 

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mardi, 26 mai 2015

Mad Max : Fury Road [Cinéma/Critiques]

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La bonne nouvelle : Charlize Theron est dans le film et elle crève l'écran. La mauvaise : ce n'est pas elle Max. Une petite crête de punk lui aurait été comme un gant !

Moteur bridé, pneus crevés  !!!

Le film commence par une voix off de Max qui d'emblée ne colle pas avec le personnage. Puis des visions au cours de son évasion pour introduire le spectateur dans son esprit torturé. Sauf que ça ne fonctionne pas. Un petit avant-goût de la suite ?

En voyant le poids lourd caparaçonné prendre le large rapidement assailli par un essaim de fous furieux du volant, on pense immédiatement à la course-poursuite qui clôturait de manière spectaculaire le 2ème opus de la saga. Mais l'hommage prend une tournure plus discutable lorsqu'on réalise que la première moitié du film n'est ni plus ni moins qu'une resucée de la séquence finale de Mad Max 2, une sorte de version longue.

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Le masque en jette, on en dira hélas pas autant du reste de Immortan Joe.

Malheureusement il n'y a pas que ça qui dérange. Puisque George Miller nous ressert la même sauce pour la dernière demi-heure avec entre les deux quasiment rien à se mettre sous la dent.

Le méchant qu'on espérait aussi charismatique que son masque n'est pas la hauteur et Tom Hardy quant à lui est vite relégué à un simple faire-valoir, transparent, insipide pour ne pas dire carrément inutile. Pas de quoi faire de l'ombre à Mel Gibson, loin de là.

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Tom Hardy (Inception) se prendrait-il  encore pour Bane (The Dark Knight Rises) ? En tout cas, il plombe toujours autant l'intérêt et ce n'est pas le canon scié qui change la donne. Faudrait pas que ça devienne une habitude !

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Y a comme une parenté entre Imperator Furioza et la Helen Ripley de Alien 3. Même physique, même combativité, même fragilité. Après Aeon Flux et Prometheus, Charlize Theron poursuit sa carrière au rayon SF. De plus en plus incontournable !

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On en dira pas autant de Imperator Furiosa, campée par une Charlize Theron (Blanche-Neige et le Chasseur) très à son aise. En la voyant se battre comme une lionne contre les hommes et les éléments, une évidence nous frappe et on a dès lors qu'une seule question en tête qui ne nous quittera plus : Pourquoi Miller n'en a-t-il pas fait sa seule véritable héroïne, un Mad Max au féminin ? Parce que la plus grande folie c'est bien elle qui la commet et ce, dès le début, en privant Immortan Joe de la crème de son harem, ses plus belles reproductrices destinées à lui donner l'héritier parfait, sain de corps et d'esprit.

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Encore une tête de zombie pour Nicholas !

Le clan des Warboys est intéressant avec ses castes et ses codes, et voir Nicholas Hoult (X-Men : Le Commencement, Warm Bodies) jouer les albinos cinglés est sans aucun doute l'une des (trop rares) bonnes surprises du film.

Autre coup de génie : les véhicules qui ont fait l'objet d'un soin particulier. Leur design inspiré, croisement parfois improbable de plusieurs modèles, impressionne constamment, que ce soit par leur taille ou leur visuel défiant l'imagination; De véritables monstres, des personnages à part entière qu'on a grand plaisir à voir évoluer dans ce désert sans fin où la poussière et les flammes jaillissent comme pour lui donner vie. Pour autant l'action et la violence attendues demeurent désespérément sages à l'exception de quelques cascades audacieuses et plans décoiffants. Car dès que la mise en scène semble enfin prendre son envol, elle retombe aussi sec, comme si Miller n'avait jamais eu le cran d'enclencher la vitesse supérieure. On attend fébrile, on espère un revirement, mais il faut se rendre à l'évidence : la folie promise n'est pas au rendez-vous. 

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L'une des cascades les plus mémorables du film. George Miller affirme avoir eu très peu recours aux effets numériques, privilégiant l'action en live avec un max de sécurité.

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Le Joker se tape l'incruste :-)

On se consolera comme on pourra en revisionnant (une énième fois) Mad Max 2 (décidément indétrônable) et en attendant l'adaptation vidéo-ludique concoctée par les créateurs de Just Cause 1 & 2. Ou bien en revoyant ce trailer qui s'impose comme une bien meilleure alternative aussi courte soit-elle, sublimé par le Dies Irae de Verdi :

Avec aussi Zöe Kravitz (Good Kill, X-Men : Le Commencement).

Marrant ça fait un moment que je me dis justement qu'une extension post-apo pour GTA V serait vraiment géniale !

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Je verrais assez bien Pink aussi en guerrière du futur, elle qui avait incarné une gladiatrice dans un spot pour Pepsi et qui, curieusement, n'a pas encore été associée à un film de genre digne de ce nom. Pour l'anecdote, elle a prêté sa voix à un personnage de Happy feet 2 (Gloria), un film d'animation réalisé par...George Miller ! Tout est possible donc !

 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Mad Max 2  WaterworldDoomsday

pas d'image pas d'image Brütal Legend

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vendredi, 09 novembre 2012

MatriX-Men [Fanfic Crossover]

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Jenna courait à perdre haleine, désespérée, terrifiée. En réalité, tout cela n’était qu’en partie vrai étant donné que sa respiration et tout ce qui était lié à son corps n’étaient qu’une projection virtuelle. Comme tout ce qui l’entourait d’ailleurs. Son sentiment de mort imminente, en revanche, était tout sauf illusoire.
« Si on meurt dans la matrice, on meurt aussi pour de vrai » se répétait-elle malgré elle.
Un moyen comme un autre de développer l’instinct de survie surtout lorsqu’on a deux agents hargneux aux trousses. « J’suis qu’une ado ! J’ai même pas 18 ans ! » Une balle siffla et ricocha contre le mur. Prendre cette ruelle n’était peut-être pas une bonne idée. Sauf si elle était complètement déserte. Elle pria pour que ce fut le cas. Elle ne connaissait que trop bien le pouvoir des agents de phagocyter n’importe quelle pilule bleue. C’est comme cela qu’on appelait affectueusement tous ceux qui n’avaient pas atteint le stade d’éveillé. Ce qu’elle était récemment devenue par l’entremise d’un certain Neo. Depuis les choses s’étaient gâtées pour elle. Heureusement il y avait des compensations.
Un clochard jusqu’alors recroquevillé derrière une poubelle se redressa brusquement porteur d’un smoking et d’un brushing impeccables. L’agent contempla la bouteille dans sa main d’un air perplexe avant de la lancer brusquement sur sa cible. Il fit feu juste après. Jenna sentit le danger poindre à vitesse grand V. Pour autant elle se sentit capable de l’affronter. Elle sauta et colla un talon contre chaque paroi dans un admirable grand écart facial. Le projectile improvisé destiné à l’étourdir fila entre ses jambes avant de frôler la tête de son deuxième poursuivant qui l’esquiva d’une simple torsion du cou avant de faire feu lui aussi. Le temps fut alors comme ralenti. Jenna effectua un salto inversé avant de plonger et de bouler au sol, esquivant ainsi les balles. Sans temps mort, elle fonça tête baissée vers un affrontement inévitable avec le pire ennemi de la résistance humaine.
Non, elle était plus qu’une ado. Surtout depuis sa rencontre fatidique avec Neo et son entraînement accéléré. Neo, le maître d’œuvre de la Révolte contre les Machines et leurs émissaires dans la Matrice. Les redoutables et mortels Agents.
Une main sur son oreillette, l’ex-clochard écouta de brèves instructions de l’Agent Smith, le super Agent, leur leader et accessoirement la Némesis de Neo. Elle ne vit pas son adversaire arriver sur elle. Il franchit la distance qui les séparait d’un seul bond la projetant à l’autre bout de la ruelle. Une aubaine pour l’autre agent qui la renvoya d’un coup de pied comme une balle humaine. Jenna percuta violemment le sol.
Dans l’hovercraft « L’Icare », clouée sur un siège, son crâne encore rasé vissé à la Matrice, la vraie Jenna, yeux clos, cracha une giclée de sang, alertant les membres de l’équipage alentours sur sa délicate situation.
Jenna se redressa, le regard embrumé par la violence du choc. « Ce n’est pas réel ! C’est comme un rêve lucide ! Je peux tout contrôler. Je peux tout c… » Une pluie de coups de poing s’abattit sur elle. Elle rebondit contre un mur avant de s’écrouler comme une marionnette privée de fils. « Merci Neo, je te revaudrai ça dans une autre vie ! » Une voix grave jaillie de nulle part fit avorter le coup de grâce :
- Dis-donc, le costard, t’as pas honte de t’en prendre à une gamine ?
Le visiteur sauta du toit et atterrit avec un aplomb exemplaire face à l’Agent.
Il avait le cheveu ébouriffé et le regard enfiévré du type qui a bu, mais qui même sans ça est peu enclin à causer. Mais il avait aussi et surtout les rouflaquettes impeccables de même que l’éternel cigare vissé au coin des lèvres. Logan jeta un regard à Jenna avant de sortir ses griffes dans un froissement métallique de mauvais augure.
- T’as assez de couilles pour…
Logan reçut un bombardement de parpaings – ou d’enclumes au choix – dans la figure et le torse. Il chancela et recula sous l’assaut avant de scruter son adversaire. Non, le costard avait juste utilisé ses poings et ses pieds. Il comprit qu’il avait affaire à une pointure.
- D’accord, fit-il en serrant les dents.
La seconde d’après, ses griffes entraient en action. Il eut beau lui faire un rasage de près sur toute la surface, la logique resta sourde à sa performance.
- Merde, c’est un mutant !
- Non, c’est pire !
Jenna avait retrouvé ses esprits. Elle emprisonna l’Agent d’un ciseau. L’occasion idéale pour Logan :
- Evite celle-là !
Il le décapita sauvagement. Mais à sa grande stupeur, le corps entier disparut dans une étrange série d’éclairs avant de réapparaître sous la forme d’un cadavre de clochard…sans tête.
Logan leva un sourcil :
- D’habitude ça fait pas ça !
Il dressa ses griffes à temps pour repousser une série de 9 mm dans un concert d’étincelles.
Il se tourna pour faire face à l’autre Agent venant à leur rencontre, mais Jenna l’entraîna avec elle vers l’autre bout de la ruelle :
- Laisse tomber. Ces mecs repoussent plus vite que mon acné !
- Si c’est pas des mutants, c’est quoi ?
- Ce serait trop long à t’expliquer ! Mais tes griffes, j’avoue, c’est très pratique. J’y aurais jamais pensé. Avec un pouvoir pareil, tu peux pas être une pilule bleue ! Hein ? T’es sorti depuis quand de la Matrice ? T’as rencontré Neo ?
Logan grogna.
- Dis, c’est normal si je pige rien à ton charabia ?
Jenna sourit comme pour couper court à de trop longues explications :
- Je m'appelle Jenna. Et toi ?
- Logan.

Ils finirent par déboucher en pleine rue. Jenna les orienta vers une zone moins peuplée à cette heure.
- Faut éviter les lieux publiques !
- Pourquoi ? T’es une geek ?
Jenna s’amusa de l’ignorance du baroudeur bourru :
- Disons, pour que tu comprennes, qu’ils peuvent se téléporter.
- Ouais bah c’est un truc de mutant.
Jenna sourit avant de prendre le temps de réfléchir. « Peut-être que tous ces fameux mutants étaient des éveillés qui s’ignoraient ! » Un bon point pour la résistance. La jeune fille se félicita de cette nouvelle rencontre. Neo serait fier d’elle !
Encouragée par cette pensée, une idée lui traversa l'esprit :
- On va aller chez Josepha !
- C'est qui ?
- C'est un bar dans un quartier défavorisé.
- T'avais dit pas de lieux publiques.
- C'est pas un lieu publique, c'est un refuge. Et justement, on a besoin de se poser. Je vais appeler une amie.
- T'as pas de portable ?
- J'ai plus confiance dans ces machins depuis un moment.
Après avoir emprunté une enfilade de rues à l'écart de la foule, le tandem parvint à destination.
Enseigne incomplète, vitres sales et murs bardés d'affiches et de tags : la devanture du bar affichait clairement sa nature de refuge pour marginaux. Logan haussa un sourcil de perplexité avant de renifler bruyamment comme un animal.
- Je suis pas difficile, mais là... J'ai peur de perdre un orteil si j'y mets un pied. Et comme les miens repoussent pas. S'ils servent à boire, j'ose pas imaginer le goût de la bière.
- Entre au lieu de jouer les saintes nitouches.
Logan regarda Jenna pousser la porte et entrer. La gamine avait de l'aplomb pour son âge signe qu'elle avait dû en baver. Il ne pouvait qu'apprécier. Il la suivit.
La salle était déserte. Personne pour les accueillir.
Logan passa un index sur une table aussi crasseuse que le sol.
- Y a quelqu'un ?
- Te fatigue pas. Y a jamais personne à cette heure.
Logan jaugea l'épaisseur de la poussière qui recouvrait le mobilier dans son ensemble.
- A cette heure seulement ?
Jenna ne lui répondit pas. Elle avait disparu derrière un rideau.
Logan chercha quelque chose à boire, sans succès. Ce taudis avait l'air plus factice qu'un décor de cinéma. Il haussa les épaules et s'assit sur une chaise...qui ne résista pas à son poids et l'envoya durement sur le postérieur.
- C'est une blague ou quoi ?
Il se releva en grognant.
- Bon, ça suffit les conneries ! J'en ai plein le cul de cet endroit ! Je vais attendre dev...
Un vrombissement de moteur l'interrompit. D'instinct, il sortit les griffes et se coula contre la porte. Une moto venait de se garer à proximité. Une silhouette tout de noir vêtue s'approcha. Elle portait des lunettes boires. Mauvais signe.
- Eh, gamine, on a de la visite !
Encore une fois, Logan n'eut pas de réponse.
Lorsque la porte s'ouvrit il porta un coup puissant qui aurait transpercé un boeuf. Mais ses griffes ne firent que lacérer le vide. Le visiteur avait boulé au sol. Logan enchaîna avec une autre attaque aussi mortelle, mais ses griffes se fichèrent dans le parquet soulevant un nuage de poussière. La seconde d'après il sentit l'extrémité d'un pistolet contre ses testicules.
- Range tes ongles si tu veux encore chanter comme un ténor sous la douche.
Un genou au sol, la femme toisait son adversaire sans la moindre once d'étonnement. A croire qu'elle en avait déjà vu d'autres. Ce qui était bien évidemment le cas.
Jenna choisit ce moment pour réapparaître.
- Trinity ? Tu as fait super vite !
- J'étais pas loin. Qui c'est celui-là ? Encore un clochard dont tu as eu pitié.
- Eh, la Catwoman du pauvre, si tu me traites encore de clodo, je te fais un joli décolleté.
Trintiy l'ignora superbement. Avec ses lunettes, elle avait des allures d'insecte. Logan aurait penché pour une mante religieuse. Elle ne releva pas sa provocation :
- A en croire ses...aptitudes, c'est pas une pilule bleue, mais rappelle-toi que cela ne veut parfois rien dire. Néo et moi, on en sait quelque chose. Ce taré de Cypher a bien failli avoir notre peau.
- T'inquiète, il est clean. Il m'a filé un coup de main tout à l'heure ou plutôt un coup de griffes. Je serais peut-être pas là en train de te parler s'il était pas intervenu.
Logan s'autorisa à sourire.
- Je veux bien accepter tes excuses.
Trinity se redressa tout en continuant à le menacer.
- Il faut qu'on discute, mais pas devant lui.
Profitant d'une seconde d'inattention de sa part, Logan la désarma d'un coup de griffe, la poussa contre le comptoir d'un coup de pied avant de bondir sur le zinc les lames toutes prêtes à l'égorger :
- J'aime pas tes façons, ma belle !
Ce qui mit Jenna dans tous ses états :
- Arrête, tu fais n'importe quoi ! On est tous dans le même camp !
Une fenêtre explosa, vomissant un Agent sur le sol de la salle qui se releva en un éclair, l'arme au poing, l'autre main sur son inséparable oreillette.
- J'ai retrouvé la jeune fille. Non, elle n'est pas seule. Mlle...
- Je t'interdis de prononcer mon vrai nom !
Au comble de l'exaspération, Trinity logea un genou dans l'entrejambe de Logan avant de le repousser d'un coup de pied. Assez violemment pour qu'il passe à travers l'autre fenêtre du bar qui vu son état ne demandait de toutes façon qu'a être remplacée. Trinity se plaça ensuite de façon protectrice devant Jenna tout en faisant vaillamment face à l'Agent :
- Tu ferais mieux d'appeler des renforts. Je suis vraiment pas d'humeur.
L'Agent sourit :
- Ils sont déjà là.
Logan ne prit même pas la peine d'essuyer le sang de ses blessures. Sa cicatrisation naturelle se chargea de préserver son charme naturel. Mais alors qu'il se relevait en grimaçant plus de rage que de douleur, il eut la vision de deux souliers d'homme juste devant lui, parfaitement noirs et lustrés.
- Monsieur Logan. Ravi de vous rencontrer enfin. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
L'Agent Smith esquissa un sourire qui fit passer son exemplaire courtoisie pour une condamnation à mort.
Logan lui fit face.
- T'es qui, toi ?
Le bras de l'Agent se détendit à la vitesse d'un serpent. Il saisit Logan à la gorge et le souleva de terre avant de l'envoyer éclater l'extrémité d'un réverbère. Logan se reçut sur le ventre. Il sentit ses côtes cassées se restructurer instantanément. Habitué au phénomène, il n'y prêta guère plus d'attention.
- Ok, t'es super costard.
Smith l'étudia comme un vulgaire insecte.
- Croyez-vous avoir une chance contre moi, Monsieur Logan ?
L'intéressé fit jaillir ses griffes.
- Pas une, six !
Puis il se rua sur son adversaire en hurlant.
A l'intérieur du bar, le combat faisait rage également. En fâcheuse posture malgré sa hargne et son expérience, Trinity hurla :
- Jenna, sur les toits, je te rejoins !
Elle n'avait pas plus tôt dit ça que l'Agent la projetait à travers la porte. Une seconde plus tard, c'est Logan qui empruntait malgré lui ce passage improvisé.
Il cracha une giclée de sang :
- Eh, j'aime pas jouer les balles de flipper !
L'autre Agent l'ignora et commença à se diriger vers les escaliers, par là même où Jenna venait de s'enfuir.
Smith s'empressa d'accueillir la compagne de Neo.
- Ravi de vous revoir. Cela faisait longtemps, Mlle...
D'un simple coup de pied la jeune femme fit basculer le lampadaire qui s'écrasa contre la façade du bar.
Smith reçut un message de l'Agent dans son oreillette et il comprit ce qu'elle s'apprêtait à faire. Alors qu'un combat mortel semblait inévitable, il disparut sans crier gare.
Trinity en profita pour se ruer sur sa moto et démarrer dans la foulée. Elle fit crisser le pneu arrière dans un nuage de fumée avant de s'élancer. La moto roula sur le lampadaire et ce pont improvisé lui permit de bondir au-dessus des toits.
L'Agent avait presque rejoint Jenna lorsqu'il fut écrasé par une moto lancée à pleine vitesse.
Trinity atterrit superbement juste devant la jeune fille.
- Tout va bien ?
- Oui, tu es arrivée à temps. Sympa, le coup de la moto.
Trinity esquissa un sourire.
- Je pense que je m'en resservirais.
Ne se sentant pas encore hors de danger, Trinity entraîna Jenna dans sa course.
- Mais Logan ?
- Oublie-le. C'est peut-être un éveillé, mais il nous ralentirait.
Jenna n'était évidemment pas de cet avis, mais elle ne protesta pas davantage.
Comme elle voyait que cette décision l'avait peinée, Trinity eut une idée pour la distraire :
- Fais-moi voir ce que tu vaux en saut en longueur !
Les deux amies se lancèrent alors dans un concours hors du commun. Bondissant de toit en toit, elles rivalisèrent d'efforts. Trinity était bien sûr plus à son avantage, mais Jenna ne démérita nullement et elle reçut de vives félicitations quant à ses progrès en la matière.

Le soir commençait à tomber. Les deux femmes pouvaient se laisser convaincre d'avoir échappé à leurs poursuivants. Du moins pour un temps. Jenna connaissait les toits de la ville par coeur et elle se faisait un plaisir de montrer à Trinity des chemins et des planques connues d'elle seule. Elle voulait que Trinity soit fière d'elle et Trinity ne la déçut pas.
Un peu plus loin, devant eux, une vieille dame assise sur un banc donnait à manger aux pigeons.
Sa silhouette était familière à Jenna. Son visage s'éclaira aussitôt lorsqu'elle la reconnut.
- C'est Josepha !
- Une amie à toi ?
- Oui.
Jenna allait s'élancer joyeusement vers la vieille dame qui venait de se lever pour sceller leurs retrouvailles, mais Trinity la retint pas l'épaule.
- Ce n'est pas ton amie.
Le visage débonnaire de Josepha se tordit atrocement et son corps disparut au profit de celui d'un Agent. Le plus dangereux de la Matrice.
Jenna paniqua :
- C'est Smith, il nous a retrouvé !
- A nous deux on peut l'avoir !
Trinity apprécia de voir autant d'assurance et de confiance en Jenna. Mais pour autant elle n'était pas dupe. Une seule personne avait pu vaincre l'agent Smith : Néo. Parce que c'était l'Elu. Et depuis, les Machines avaient procédé à quelques mises à jour afin de rendre son programme de défense encore plus performant.
Smith bondit sur elles sans crier gare.
Trinity se prépara au choc lorsque de puissantes lumières les aveuglèrent. Quelque chose de massif percuta Smith de plein fouet l'envoyant se perdre dans la nuit.
Une sorte d'avion furtif venait d'apparaître. Une ouverture se dessina dans le flanc de l'appareil et Logan les invita à monter à bord :
- Discutez pas !
Jenna fut trop heureuse de retrouver le mutant pour hésiter. Voyant Trinity faire la fine bouche, il ajouta :
- Allez, sans rancune !

Le Professeur Xavier était à bord, lui aussi. Ayant capté de bien étranges signaux alors qu'il usait du Cérébro, il n'eut qu'à ancrer son esprit sur le mutant en maraude pour comprendre la gravité des évènements.

- J'avoue, avec une certaine angoisse, que leurs pouvoirs me dépassent.  Ce ne sont pas des mutants.

- Techniquement, vous non plus, leur apprit Jenna, quelque peu ravie de jouer les enseignantes à son âge. En fait les mutants n'existent pas. En fait, rien n'est réel.

- Donc tout est permis, fit Wolverine sceptique à souhait, tout en dardant une lame telle une pointe d'Assassin.

Blasée, Trinity soupira.

- J'aimerais tout vous expliquer, mais nous manquons de temps.

Xavier lui adressa ce sourire apaisant dont il avait le secret.

- En savoir beaucoup en un minimum de temps, ma chère, c'est ma spécialité.

Il apposa ses mains sur les tempes de la guerrière et la vérité fut comme un ouragan dans son esprit. Rompant brutalement le contact, il se recula dans sa chaise roulante.

- Mon dieu, tout ceci n'est donc qu'un rêve et la réalité un tel cauchemar !

Pour Xavier le choc était terrible. Il fit un effort visible pour reprendre la parole :

- Je ne sais pas ce qui est le pire. Savoir que la guerre humains-mutants n'a pour ainsi dire jamais eu lieu et que ce conflit n'a aucune raison d'être, qu'il n'est qu'une chimère comme tout le reste ou savoir que le vrai combat a toujours été ailleurs, hors de notre portée.

Il contempla ses jambes, inertes depuis des années.

- Je devrais me réjouir de savoir que mon infirmité n'est qu'une illusion. Pourtant, je n'y parviens pas.

- C'est possible d'être au parfum ? fit Logan avec sa courtoisie légendaire.

Xavier, encore tout retourné de ce qu'il avait vu, s'approcha de lui et tendit ses mains. Logan les repoussa vivement en émettant un son de gorge.

- Je me contenterais d'un résumé oral.

Xavier possédait l'art de bien choisir bien ses mots et il en fit la démonstration une fois de plus. Pour autant, les révélations qu'il fit furent comme une chape de plomb sur les épaules de son protégé.

Logan passa une main dans sa crinière avec une grimace abominable :

- Merde, alors, on est vraiment tous chauves ?

Xavier parvint à sourire :

- Personnellement, je crois que je m'en remettrai.

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à suivre...

 

C'est le moment ou jamais
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Et tu feras un heureux

samedi, 30 janvier 2010

2. Johnny Behemoth Contre l'Armée des Démons

 

Chapitre 1 : Un Assaut Capital

 

Le Maître super mutant donnait ses instructions d'une voix sèche aux neuf mutants sous ses ordres :

- Ramassez-moi ces armes, abrutis !

Ils s'étaient établis dans les ruines de DC depuis peu et l'aménagement ne se faisait pas sans peine. Les mutants regrettaient d'avoir quitté les Terres Désolées proprement dites et la manière dont ils traînaient les pieds en disait long sur leur motivation.

- Vous mangerez pas tant que ce sera pas rangé, tas de...

Le maître s'interrompit en voyant un de ses soldats faire semblant de remplir un sac à gore. Il se rapprocha de lui, furieux, et lui broya l'épaule :

- Et toi ! T'es bon pour nourrir les radcafards !

L'intéressé se retourna avec un grand sourire :

- Après toi, gros tas !

Fawkes posa le canon d'un pistolet laser sur sa tempe avant de s'adresser aux autres :

- Lâchez vos joujous ou je fais un carton !

Il se mit à glousser.

- J'ai toujours rêvé de dire ça !

Les huit mutants se regroupèrent quelques instants pour palabrer avant de braquer leurs fusils d'assaut et de faire feu. Le corps du Maître fut criblé de balles et Fawkes perdit son arme. Il fut alors bien avisé de se servir du cadavre comme bouclier. Lorsqu'il comprit qu'il était temps pour lui de réagir, il balança le corps exsangue sur les tireurs :

- Vous êtes virés, les gars !

Trois paladins de la Confrérie de l'Acier profitèrent de la confusion pour prendre les super mutants à revers. Trois des monstres s'élancèrent sur Fawkes, visiblement ravi de la confrontation :

- Venez voir tonton Fawkes !

Il récupéra l'arme qu'il avait dissimulée dans un sac à gore. Elle prenait l'apparence d'un souffleur à feuilles couplé à un aspirateur. Bien inoffensive à première vue. Sauf qu'elle avait pour nom Lance-Briquettes et qu'elle avait la capacité d'envoyer à peu près n'importe quoi avec une grande célérité, faisant d'un objet anodin une arme redoutable.

Fawkes pressa la détente et ses adversaires furent assaillis d'ustensiles de toutes sortes : réservoir de moto, casserole, fer à repasser, appareil photo, nain de jardin,...

L'un d'eux eut la tête tranchée par une simple assiette, un autre fut pulvérisé par un assortiment de grille-pain, de balles de baseball et d'ours en peluche.

Malheureusement, Fawkes se retrouva à court de munitions alors que son dernier adversaire reprenait ses esprits. Le gentil mutant récupéra alors les membres épars de ses congénères sans vie et les engouffra dans le chargeur de son arme unique :

- Fawkes soigne le mal par le mal !

La seconde d'après, il projetait sur le super mutant une série de bras, de jambes et de têtes qui causèrent son décès dans les plus brefs délais.

De leur côté les paladins n'avaient pas perdu leur temps. L'un d'eux, prénommé Kodiak à juste titre, jouait au base-ball avec sa masse et les crânes des mutants à sa portée faisaient d'excellentes balles.

- Bandes de dégénérés ! Vous avez pas encore compris que vous êtes pas chez vous ?!!

Et autant dire qu'il explosa son score et ses adversaires.

Ses compagnons, le Chevalier Artemis et le Paladin Bael s'occupèrent des derniers résistants avec quelques projectiles bien placés.

La présence de Fawkes parmi la Confrérie de l'Acier était encore loin de faire l'unanimité, notamment auprès de Gunny, le responsable de la formation des initiés, qui acceptait déjà très mal des humains comme volontaires.

C'est le Paladin Stellaire Cross qui avait appuyé la candidature du Super Mutant auprès de l'Aîné Owyn Lyons après avoir assisté à ses exploits aux côtés de Johnny Behemoth (cf Johnny Behemoth conte Dr Nuke).

Un mutant au sein des ennemis jurés des mutants, évidemment ça pouvait facilement passer pour une absurdité, voire une trahison.

Mais comme à son habitude, Fawkes avait rapidement prouvé sa valeur. Comme espion et saboteur au sein de l'ennemi, on pouvait difficilement faire mieux.

La tactique était maintenant parfaitement rodée.

Fawkes s'incrustait, se fondait dans le décor et au moment opportun, il passait à l'action. Le parfait éclaireur. Ses détracteurs se faisaient du coup moins nombreux.

L'irascible Kodiak grinçait encore des dents, mais il avait trop de respect pour l'Aînée Lyons pour remettre en cause sa décision.

- Encore un beau massacre ! claironna Fawkes.

Kodiak grimaça.

- Bon, inutile de traîner ici. On ramasse les armes et...

- Regardez, dit Artemis en consultant un terminal que les mutants avaient semble-t-il dérobé à l'Enclave sans pouvoir y accéder. Il y a là des choses très intéressantes. On dirait que l'Enclave est sur un gros coup. Des expériences pas très catholiques qui concernent des super mutants et des écorcheurs.

Fawkes s'approcha.

- Ca me dit quelque chose, fit-il en posant un gros doigt sur son menton.

Kodiak dévisagea ses hommes avec un air complice :

- Quand tu t'en souviendras, on aura déjà nourri les radcafards !

Les yeux de Fawkes s'illuminèrent :

- Ca y est, je me rappelle ! C'est au moment où j'ai rencontré Johnny. Ils m'avaient enfermé avec un écorcheur. Et on se demandait ce qu'ils pouvaient bien mijoter.

- Ils voulaient peut-être vous accoupler ? plaisanta Kodiak.

Fawkes se força à sourire. Il y avait déjà eu droit à celle-là !

- Ca rendrait les super mutants sûrement plus charmants, s'esclaffa le paladin rapidement imité par ses compagnons.

Fawkes n'était pas dupe. Il était conscient de servir régulièrement de bouc émissaire. Mais il avait appris à vivre avec. A sa façon.

Il dévisagea franchement Kodiak :

- Si j'en crois vos têtes, l'accouplement a déjà donné de jolis fruits.

Kodiak sentit la moutarde lui monter au nez. Il brandit sa massue de manière menaçante avant d'être interrompu pas Artémis :

- Il faut immédiatement qu'on ramène ses données à la Citadelle. Apparemment le projet de l'Enclave est déjà bien avancé.

Ils prirent tout l'équipement qui pouvait les intéresser et se mirent en route.

- Dis-moi, fit Kodiak de son ton bourru, quand est-ce que tu nous le présentes ton fameux Johnny ? C'est vrai, tu nous en parles tellement...

La question sembla attrister le mutant. Johnny avait promis de venir le voir à la Citadelle. Il avait l'impression que ça faisait une éternité de cela. L'avait-il oublié ? Avait-il trouvé un acolyte plus digne de lui ?

Fawkes ferma les poings et leva dignement la tête.

- Il viendra bientôt. Il me l'a promis.

 

Chapitre 2 : De Joyeuses Retrouvailles

 

Murphy ignora les gouttes de sueur qui coulaient sur les verres de se lunettes. Il était sur le point de terminer une expérience délicate.

- On a de la visite.

Le savant jeta un regard noir à Barrett, son garde du corps. Il le supportait de moins en moins. Que n'aurait-il pas fait pour l'échanger contre...

- Johnny Behemoth, pour vous servir !

Le célèbre mercenaire apparut dans l'encadrement de la porte de l'atelier, vêtu de son armure de cuir comme d'une seconde peau, son magnum 44 à sa hanche et son fidèle canon scié dépassant de son épaule comme une extension de chair.

Il offrit son plus large sourire et tendit une main :

- Non, s'il vous plaît, pas de photos, aujourd'hui !

Murphy oublia soudainement ses travaux auparavant vitaux et vint serrer la main du visiteur :

- Content de vous voir, Johnny ! Le side-car marche toujours ?

- Ca roule plutôt bien, je ne m'en lasse pas. Je viens justement recharger les batteries.

La goule le dévisagea avec un sourire malicieux :

- Vous avez de quoi de payer ?

Un grincement se fit entendre et Rocky arriva, tirant à l'aide d'une corde un caddy de supermarché rempli de boites rectangulaires en tous points identiques.

Il devait y en avoir une bonne cinquantaine.

Les yeux de Murphy devinrent des feux de joie :

- C'est ce que je crois ?

Johnny opina.

- Des bombes sucrées de la première fraîcheur. Enfin, façon de parler, évidemment !

Murphy ne put cacher son excitation :

- Ah, je savais que je pouvais compter sur vous ! Vous tenez toujours vos promesses !

- Oui, d'ailleurs j'en ai une autre à respecter. Et je vais y aller de ce pas.

- Ok, fit Murphy. Je vais recharger le side-car. Pendant que j'y suis, j'en profiterai pour apporter de nouvelles modifs.

Johnny leva un sourcil, plein d'espoir :

- Tu veux dire que tu vas enfin m'enlever cette satanée radio ?

- GNR ? Certainement pas, c'est...

- La voix libre des Terres Désolée, récita le mercenaire d'un air las. Je sais, je suis pas près de l'oublier. Ca coûtait rien de demander.

 

Chapitre 3 : L'Homme qui Tombe à Pic

 

Suite à la découverte majeure faite par le chevalier Artemis, l'Aînée Lyons avait réuni un conseil d'urgence dans le Grand Hall, nanti d'un bureau circulaire pouvant figurer la légendaire table ronde des chevaliers d'autrefois.

On aurait dit une réunion d'état-major. Ce qui était plus ou moins le cas.

Les paladins les plus éminents étaient naturellement présents (Cross, Kodiak en tête) ainsi que des scribes qui avaient pour vocation d'archiver toutes les connaissances acquises par la Confrérie de l'Acier.

Fawkes, comme à son habitude, se tenait dans un coin en essayant vainement de se faire tout petit. Mais il se sentait privilégié de pouvoir assister à une audience aussi importante.

Le vieil homme n'eut pas besoin de réclamer l'attention. Lorsqu'il commença à parler, tout le monde n'eut d'yeux que pour lui :

- Mes frères, l'heure est décidément grave. Les super mutants nous causaient déjà assez de soucis, mais visiblement l'Enclave représente désormais une trop grande menace pour qu'elle ne devienne pas notre nouvelle priorité.

Les documents en notre possession nous apprennent qu'elle a édifié une nouvelle base. Tout près d'ici.

Son ton se fit plus grave.

- A DC.

Des clameurs s'élevèrent.

- Ils veulent nous renverser une bonne fois pour toute, c'est ça !

C'était Cross qui venait de parler ainsi, se faisant l'écho de tous.

Lyons reprit :

- C'est malheureusement ce qui est à craindre. Nous représentons les deux forces les plus puissantes et les mieux organisées des Terres Désolées. Et on ne peut pas dire que nos ambitions se rejoignent. C'était inévitable, je présume. Et ce n'est pas le projet sur lequel ils travaillent actuellement qui peut nous rassurer.

Il agita des imprimés comme pour donner plus de poids à ses futures déclarations :

- Ils sont en train de mener des expériences qui représentent un danger absolu, non seulement pour nous, mais aussi pour l'ensemble des Terres Désolées.

Il fit distribuer une copie à chacun des documents qu'il tenait.

- Car s'ils nous balayent, nous, la Confrérie de l'Acier, qui sera le rempart contre la folie et le désespoir de ce monde ? Qui pourra empêcher une politique de terreur de s'installer un peu partout, détruisant irrémédiablement nos chances de reconstruire une humanité digne de ce nom ?

- Vous avez pensé à moi ?

Les visages consternés de la Confrérie se tournèrent vers celui qui venait de parler.

Fawkes bondit de son coin en bousculant les paladins alentours.

- Johnny !

Le mercenaire dut subir une étreinte particulièrement chaleureuse de Fawkes qui le fit regretter de l'avoir fait languir autant.

- C'est Johnny, aboya le mutant, Johnny Behemoth !

Kodiak détailla le héros avec un rictus.

- Ils font vraiment la paire, ces deux-là !

- Excusez-moi, fit le mercenaire, je ne voulais pas vous interrompre. Mais à en juger par votre admirable discours, vous vous apprêtez à partir en guerre, avec les gros moyens. De mon côté, sachez que j'ai appris certaines choses sur ce projet et cette base. Et ma conclusion est qu'un détachement trop important nuirait à coup sûr à la réussite de cette mission.

D'un geste impérieux, Lyons fit cesser les contestations de tous genres qui fusaient de toute part. Il se planta devant le mercenaire avec un aplomb que peu d'hommes de son âge pouvaient se vanter de posséder :

- Bien que j'ai beaucoup entendu parler de vous, il adressa un regard à Fawkes, je n'ai pas l'honneur de vous connaître Monsieur Behemoth.

- Je vous en prie, fit l'intéressé avec son sourire charmeur, appelez-moi Johnny.

- Le Paladin Stellaire Cross a également tenu des propos très élogieux à votre égard et m'a rendu compte en détails de l'aide précieuse que vous avez fourni à elle et ses hommes dans des conditions extrêmement hostiles.

Johnny fit une révérence à l'intention de la guerrière ce qui ne fut pas du tout du goût de Kodiak dont le rictus s'agrandit.

Lyons poursuivit :

- Elle a d'ailleurs beaucoup contribué à l'intégration de votre ami Fawkes au sein de la Confrérie. Ce qui, de par sa nature très spécifique, n'était pas chose aisée, vous en conviendrez.

Johnny adressa cette fois un clin d'œil appuyé à la jeune femme. Voyant cela, Kodiak émit un véritable grondement d'ours.

- Mais il a su se montrer brave et faire oublier ce qui pouvait constituer un élément rédhibitoire à sa condition de Paladin. Ce qui n'est pas le moindre de ses exploits.

Johnny décocha un regard complice au mutant, ravi de son sort.

- Tout ça pour dire, que vous avez sans nul doute gagné vos entrées, ici, Monsieur Behemoth. Pour autant, votre intervention me paraît un tantinet dépasser ces droits fraîchement acquis.

- J'en suis le premier désolé, avoua Johnny qui savait reconnaître la valeur d'un homme à ses mots. Je désirais simplement apporter mon soutien dans une expédition de premier ordre. Je suis loin d'égaler un membre de votre Confrérie dans son investissement pour un monde meilleur, je vous l'accorde volontiers. A vrai dire, je n'ai jamais vraiment cru que les choses pouvaient s'arranger. Mais ce que je sais, c'est que tant qu'il y aura des pourritures qui continueront de sévir en ce bas monde, moi, Johnny Behemoth premier et seul du nom, je serai là pour leur piétiner la gueule et leur rappeler que s'il n'y a plus de justice y aura toujours mon 44 pour remettre un peu d'ordre dans tout ce bordel qui nous entoure.

Il tapota la crosse de son magnum comme pour donner plus de poids à sa harangue.

Fawkes se mit à applaudir sans retenue, bientôt imité par Cross. Finalement tous les paladins et scribes présents dans la salle saluèrent l'oraison du mercenaire qui en fut le premier étonné.  Même Kodiak se surprit à sourire.

L'Aînée Lyons le toisa avec amusement :

- Et bien, on peut dire que vous savez soigner votre entrée, Johnny Behemoth. Je pourrais certainement vous trouver un rôle à jouer d'ici peu.

Le mercenaire savoura la nouvelle.

- Ce sera avec grand plaisir.

Et Fawkes de l'enlacer à nouveau.

- Arrête, ils vont finir par croire qu'on est marié !

- A propos, fit le mutant profitant d'un nouveau discours de Lyons à l'adresse de ses hommes, où est Emma ? Elle va bien ?

- Oui. Elle est à Big Town pour quelques jours. Elle a retrouvé de la famille là-bas. Je me suis dit que c'était l'occasion idéale de venir voir un vieil ami. On dirait que je tombe à pic !

- Oui, exulta Fawkes, c'est reparti pour un tour !

 

Chapitre 4 : La Croisière s'amuse

 

La confrérie avait assez de connaissances pour lancer l'Opération Coup de Poing.

L'Aînée Lyons souhaita bonne chance à ses troupes, vêtu de sa fidèle robe de scribe bleue et les regarda quitter l'enceinte de la Citadelle, conscient des enjeux.

L'escouade était dirigée par le Paladin Stellaire Cross et composée de l'inénarrable duo Johnny/Fawkes, du Paladin Kodiak, du Chevalier Artemis, du Chevalier Capitaine Dusk (sniper expert) et de quatre recrues qui avaient déjà démontré leur potentiel dans de précédentes missions.

Ils partaient rejoindre DC. Ils pensaient prendre le métro, mais Johnny leur avait proposé une solution plus rapide et moins risquée. Il connaissait une femme qui possédait un bateau et qui pourrait leur faire traverser le fleuve en moins de deux. Le temps était trop précieux pour se permettre des pérégrinations inutiles.

La femme en question s'appelait Nadine. C'était une rousse au tempérament volcanique qui affichait une apparence de mercenaire avec ses vêtements usés et son canon scié à la ceinture. Nul doute qu'elle avait dû vivre de drôles d'aventures, elle aussi. Les paladins comprirent rapidement comment il avait été facile pour Johnny d'obtenir son assistance. Ils étaient faits du même bois.

L'après-midi touchait à sa fin lorsqu'ils montèrent à bord. Nadine les accueillit froidement, mais personne ne s'en plaignit.

Le départ fut rapidement donné et le bateau se dirigea vers l'autre rive, vers DC.

- Alors, fit Nadine, tandis que Johnny la rejoignait dans la cabine de pilotage, quoi de neuf dans les Terres désolées ?

Johnny croisa les bras sur sa poitrine et observa distraitement le fleuve.

- Bah, la routine. Des méchants pas beaux à dérouiller.

Puis son visage s'éclaira.

- Ah, si. J'ai gagné une moto très sympa. Tu adorerais. Faudra que je t'emmène faire une ballade, un de ces quatre.

Nadine renifla comme si quelque chose l'incommodait. Elle aussi faisait mine de s'intéresser au fleuve.

- Et Emma ?

- Elle va bien. Elle est à Big Town pour quelques jours. Elle a retrou...

- Ca ne lui fait rien ?

- De quoi ?

Nadine regarda Johnny avec une franchise qui le désarçonna.

- De te savoir avec moi.

Johnny se racla la gorge.

- Et bien, à dire vrai, elle ne sait pas réellement ce que je fais. J'étais venu voir mon ami Fawkes et...

- Le mutant ? fit-elle en riant.

Johnny afficha une gêne plutôt rare chez lui.

- Oui, le mutant.

Nadine reporta son regard vers l'avant.

- Je pensais que tu finirais un jour par trouver un partenaire digne de toi. Je pensais juste que ce serait quelqu'un d'autre.

Johnny s'approcha d'elle.

- Je sais ce que tu penses. Mais c'est pas aussi simple. Je suis avec Emma, maintenant.

Nadine le dévisagea. Son regard troubla le mercenaire. Et autant dire qu'il en fallait beaucoup pour le troubler.

- C'est sûr que les tentations sont moindres avec un mutant.

Johnny supporta son regard, non sans effort.

- Exactement.

Puis comme s'il ne s'était rien passé, elle prit un ton jovial et donna un coup de gouvernail pour éviter un récif :

- Si tu me dois une ballade, alors moi aussi. Je connais un coin que tu rêverais d'explorer. C'est un peu humide, mais ça change vraiment des Terres Désolées. J'y ai vécu de sales moments, mais j'avoue que ça m'a aidé à me forger un caractère en acier.

- Et comment il s'appelle ce paradis ? fit Johnny plus qu'intéressé.

- Ca s'appelle Point Lockout. Les indigènes sont tout à fait ton genre : laids, dangereux et ils pullulent comme des goules dans un métro.

- J'avoue que c'est tentant. Je suis en manque de nouvelles têtes, ces temps-ci...

Fawkes apparut à l'entrée de la cabine.

- Dites, chef, j'ai un truc à te dire.

Nadine adressa un clin d'œil narquois au mercenaire.

- Vous voulez que je vous laisse la cabine.

Johnny secoua la tête en souriant.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- On a repéré du mouvement dans l'eau.

- Des fangeux, tu crois ?

Fawkes haussa les épaules.

- Possible.

Nadine vérifia son canon scié.

- Ces saloperies me fichent la paix d' habitude, mais quelques fois...

Il y eut un choc terrible et les trois héros faillirent se retrouver les quatre fers en l'air.

En bas, les paladins étaient sur le qui vive.

- En voilà un,  annonça Dusk en mettant un fangeux en joue.

La créature était en train de remonter à la surface à une vingtaine de mètres. Elle arborait comme tous ses semblables une solide carapace et une tête presque invisible. Elle brassait l'eau de ses membres inhumains. On aurait dit une espèce de crabe géant. En beaucoup moins savoureux. Il nageait parfaitement et ses membres postérieurs lui permettaient de surcroît de se déplacer facilement sur la terre ferme où il osait parfois s'aventurer. Un curieux mélange dû encore une fois aux radiations post-nucléaires.

Dusk fit feu avec une précision chirurgicale. La balle perfora le visage du fangeux qui demeura aussi inerte qu'une bouée.

- Joli tir ! dit Johnny qui venait de redescendre. Il se félicita d'avoir un soldat tel que lui à ses côtés. Etant donné ce qu'ils allaient bientôt affronter, ce n'était pas du luxe.

Dusk continua de fouiller le fleuve avec la lunette de son fusil, bientôt imité par Johnny et son 44 amélioré. Le bateau reprit sa route. Il avait dû heurter une épave.

Le fond du fleuve était rempli de débris.

- De ce côté, attention !

Une recrue venait de déceler un roi fangeux. D'apparence beaucoup plus humaine, il détenait une arme terrible : un rayon sonique qu'il projetait en hurlant.

Le jeune soldat réagit trop tard et il reçut un rayon en pleine tête. Il s'écroula aussitôt.

Cross l'examina rapidement.

- Il a perdu connaissance.

Elle fit parler son fusil laser et toucha la créature ainsi qu'une autre qui émergeait à proximité.

- Il en vient de tous les côtés ! cria-t-elle.

Les rois fangeux harcelaient les paladins de leurs attaques, les distrayant et permettant aux fangeux de se rapprocher plus facilement du bateau. L'un d'eux parvint à monter à bord. Il reçut un chapelet de plomb, mais heurta un soldat avant de mourir sur le pont. La malheureuse recrue tomba à l'eau et avant que ses camarades aient pu intervenir, trois fangeux réglèrent son sort.

- Fumiers ! rugit Kodiak. Je vais tous vous bouffer, sales crabes de merde !

Johnny arracha quelques grenades de l'équipement d'un des paladins et les lança dans l'eau. Un magnifique geyser souleva trois cadavres de fangeux.

- On dirait qu'on aura de la soupe pour ce soir !

Dusk abattit un roi d'une balle en pleine tête et observa avec satisfaction sa cervelle en apesanteur.

Fawkes se précipita à la poupe. Plusieurs fangeux étaient en train de grimper par-dessus le bastingage.

- C'est l'heure du bain de sang !

Il brandit sa gatling laser et fit de la compote de fangeux. Des pinces restèrent accrochés au parapet comme d'improbables ornements.

- On dirait qu'ils se calment, dit Artémis après avoir vidé un chargeur sur un groupe de créatures.

- Je vais voir Nadine, déclara Johnny.

Tandis qu'il montait l'escalier, un roi fangeux grimpa à bord et lui balança un rayon. Le mercenaire poussa un cri et tomba dans les marches.

- Johnny !

Fawkes fit volte-face. Il vit la créature grimper dangereusement vers la cabine.

Le roi fangeux tomba nez à nez avec une jeune femme rousse au tempérament volcanique. Détail d'importance elle braquait contre son faciès hideux le canon d'un calibre 12.

- Désolé, je prends pas les clandestins !

La seconde d'après, elle explosait littéralement le crâne de l'imprudent.

Les fangeux comprirent la leçon et cessèrent leurs attaques. On put alors s'occuper des blessés.

Johnny et l'une des recrues étaient allongés chacun sur une banquette et se remettaient doucement. Fawkes veillait consciencieusement sur le mercenaire.

- Je vais bien, le rassura Johnny. Je suis juste un peu sonné.

- Nous avons déjà perdu un homme, constata Kodiak. Cette mission sent pas bon.

- Allons, fit Cross, nous savons bien que dans ce genre d'entreprise, le voyage en lui -même fait partie des risques.

- Et si c'était un piège ? s'inquiéta une recrue. Et si l'Enclave avait laissé ses informations à dessein, afin de nous tendre une embuscade ?

- Dis-toi que nous y avons pensé, répondit Artémis et que c'est pour ça que nous avons choisi d'emmener des bleus tels que toi !

L'autre ne trouva plus rien à dire.

La tension était palpable. Chacun était pressé de mettre pied à terre et de tomber dans la gueule du loup si tel était leur destin. Le doute était plus irritant encore.

 

Chapitre 5 : Dans la Gueule du Loup

 

L'escouade fut soulagée une fois le bateau amarré de l'autre côté du fleuve.

Les paladins remercièrent Nadine qui leur offrit quelques provisions pour la route.

- Je vous ai même fait du pâté de fangeux, dit-elle en riant.

Johnny lui fit un signe de la main depuis la berge.

- A bientôt sale rouquine !

- Dégage, beau blond !

Puis il rejoignit les autres en ignorant le malaise qu'il ressentait.

Leur progression à travers les ruines de la capitale se fit dans un silence presque royal. Les membres de la confrérie n'étaient pas très loquaces et Johnny lui-même se perdait régulièrement dans ses pensées. Fawkes n'osait le divertir de peur de déclencher son courroux.

Le mutant se mit à siroter un nuka cola quantum.

La bouteille explosa dans sa main.

Les paladins se mirent immédiatement à couvert.

- Vous voyez quelque chose ? s'enquit Cross.

Dusk et Johnny fouillèrent la place et les immeubles dévastés à l'aide de leur lunette respective.

- Y en a deux derrière l'abribus, annonça le second.

- Et un dans l'immeuble à droite, renchérit le premier.

Cross médita un instant avant d'ordonner :

- Fawkes fait parler ta gatling sur l'abribus. Dusk, tu décolles pas ton viseur de l'immeuble. Dès que tu peux, tu tires !

Le mutant se dressa et arrosa la cible désignée d'une bonne rafale de laser.

Les deux hommes planqués changèrent de position et se découvrirent un peu. Suffisamment pour être identifiés. C'était des soldats de l'Enclave. Ils avaient dû établir un avant-poste en vue de dissuader d'éventuels visiteurs de s'approcher de leur base secrète.

Tous les paladins se mirent à ouvrir le feu sur les deux soldats qui répliquèrent avec leur fusil à plasma. Touché, Artemis se renversa en arrière.

Dans l'immeuble, quelque chose bougea. Dusk mit rapidement la menace dans sa ligne de mire. Une balle siffla à un pouce de son casque. La sienne trouve le front du tireur embusqué qui chuta du haut de son perchoir avant de s'écraser sur une carcasse de voiture.

- Cessez le feu ! hurla Cross.

Les trois ennemis étaient morts. Kodiak et sa massue allèrent s'en assurer de plus près. Artemis se faisait soigner par les recrues.

- Venez voir ! cria Kodiak .

L'escouade le rejoignit près du corps du sniper de l'enclave. Il avait perdu son casque.

- C'est Bones ! s'exclama Cross. C'est un des nôtres. Il a disparu il y a une semaine. On a cru que les mutants en avaient fait l'un des leurs.

Johnny caressa une marque étrange sur une de ses tempes.

- Je crois que l'Enclave commence à se spécialiser dans les expériences d'un goût douteux.

Ce terrible constat ne fit que renforcer la détermination du groupe.

Kodiak serra les dents de plus belle. Ils offrirent une sépulture décente au paladin Bones et se remirent en route.

 

La route était monotone. Les ruines de DC offraient peu d'intérêt. Mais le groupe était aux aguets, s'attendant à tout moment à subir un autre assaut de l'Enclave.

Ils parvinrent à une autre place. Il n'y avait pas d'autre chemin possible, il leur fallait la traverser.

- Un instant, dit Dusk.

L'œil rivé à sa lunette, il inspectait le sol.

- Ma main à couper que c'est un champ de mines.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? s'enquit Cross.

Le sniper tira et la seconde d'après une explosion creusa un cratère fumant aux dimensions inquiétantes.

- Ca !

- Des mines à plasma, grogna Kodiak. Ca va être coton !

Fawkes bomba le torse.

- Laissez-moi y aller, dit-il. Je vais vous frayer un chemin. Je suis le plus costaud.

- Non, fit Johnny en l'arrêtant. T'es juste le plus cinglé. Y a sûrement une meilleure solution.

L'une des recrues du nom de Texas s'avança.

- Avec votre permission, je me porte volontaire. Dusk sera mon guide, il me dira où aller. Je baliserai le chemin avec ces fumigènes au fur et à mesure de ma progression. Vous n'aurez alors plus qu'à les suivre. J'ai eu la meilleure note aux tests d'aptitude physique. Je suis l'homme de la situation.

Devant tant d'ardeur, Cross ne put qu'approuver.

- Bonne chance, soldat !

- On est avec toi, l'encouragea Johnny.

Le volontaire jeta un dernier regard au peloton avant de commencer son périple. Dusk sentait une pression monstre sur ses épaules. Mais il avait de l'expérience et une totale confiance en ses capacités. Ce genre de responsabilité le grisait plus qu'une bouteille de whisky.

- Vas-y, Texas, tout droit !

- Tout droit ! répétèrent les autres à l'unisson.

L'intéressé sourit.

- Bien reçu.

Cross le regarda évoluer avec angoisse sur ce qui était ni plu ni moins un tapis de bombes. Elle décida de détendre tout le monde, à commencer par elle :

- Fais attention ! Ce serait dommage de trouer ce joli petit cul !

- Un poil sur ta gauche ! annonça Dusk. Oui, comme ça !

Johnny se mordait la lèvre. Il se sentait impuissant. Et il détestait ça.

- Pour un peu, dit Dusk, il n'aurait presque pas besoin de moi. Il se débrouille comme un chef. J'ai l'impression qu'il voit les mines avant moi. Regardez-le, il est déjà presque de l'autre côté.

Texas venait de poser un nouveau fumigène sur ses pas lorsqu'une explosion retentit.

Tout le monde sursauta.

Dusk fit pivoter sa lunette.

- C'est rien, c'était juste une saloperie de radcafard.

- Texas, continue !

L'œil du sniper s'écarquilla brusquement.

- Attention, sur ta droite !

Texas interpréta l'ordre donné de travers à moins que ce ne fut Dusk qui commit une maladresse. Il crut qu'il devait aller à droite alors que c'était précisément là que résidait le danger. L'explosion fit voler le corps du jeune soldat à plusieurs mètres de hauteur. Les autres virent avec horreur une jambe se détacher dans un flot de sang.

- Putain, c'est pas vrai ! s'emporta Dusk, empli d'incompréhension.

Les larmes aux yeux, il tira sur une mine permettant au corps de Texas de retomber sans danger de l'autre côté de la place. Il avait réussi à leur tracer la route. Mais à quel prix. Dusk fut le premier à passer derrière lui, ce qui était compréhensible.

Lorsque tous les autres l'eurent rejoint, Texas ne respirait plus. Et pourtant son visage rayonnait. Comme s'il mesurait pleinement ce qu'il avait accompli.

Dusk prit son holoplaque.

- Je te jure qu'on se souviendra de toi ! Je te le promets.

 

 La mort de Texas laissa planer un silence de mort sur le groupe déjà peu enclin à converser. Seul Fawkes s'autorisait à chantonner de temps en temps, ce que tout le monde appréciait finalement sans l'avouer :

 

«C'est qui qui tourne pas rond ?

C'est l'Enclave !

 C'est qui qui va manger du plomb ?

C'est l'Enclave !

C'est qui qui va lui refaire le portrait ?

C'est nous, la Confrérie de l'Acier !

 

Dusk secouait régulièrement la tête, caressant l'holoplaque du défunt. Johnny l'observait. Il avait de la peine pour lui.

Il serra les poings. L'Enclave allait payer au centuple les pertes subies. Il pouvait le lire sur chaque visage.

- D'après le plan, dit Artemis, on ne devrait plus être loin.

Il n'avait pas plus tôt dit cela que Dusk repérait deux soldats de l'Enclave encadrant l'entrée d'une simple tente.

L'escouade se mit rapidement à couvert pour aviser de sa future stratégie.

- Le mieux serait de ne pas déclencher l'alerte, commença Cross. On ignore combien ils sont là-dedans !

- Dans une tente, y a pas beaucoup de place ! observa Fawkes.

- Cette tente est une vitrine pour ne pas attirer l'attention, expliqua Artemis. Le véritable accès est souterrain.

Fawkes se tordit le cou pour semble-t-il examiner le bas de son dos.

- Laisse tomber, dit Johnny en s'amusant du quiproquo.

Kodiak poussa un grognement pour annoncer qu'il allait parler :

- Je propose qu'on les contourne. Moi et...tiens, Johnny !

Les deux hommes s'apprêtaient à quitter leur poste quand Fawkes jeta quelque chose sur le sol. C'était une armure de l'Enclave.

- C'est celle de Bones ! Elle pourrait permettre à l'un de vous d'entrer incognito, non ?

Johnny le gratifia de son sourire charmeur :

- Alors, toi, tu m'étonneras toujours !

Puis il se passa une main sur le menton en dévisageant le super mutant :

- En y réfléchissant bien, on pourrait même y entrer à deux !

 

Quelques instants plus tard, un soldat de l'Enclave accompagné d'un super mutant s'approchait de l'entrée de la tente.

Les gardes ne parurent pas trop étonnés de cette visite. Mais ils manifestèrent une certaine nervosité en voyant que le mutant était assez vivace.

- Ne vous inquiétez pas, fit le soldat, je lui ai injecté un tranquillisant. Il ne fera aucune vague.

- Tu n'es pas au courant ? On ne prend plus de spécimens. Apparemment, il y a un souci au niveau du comportement des hybrides. On a reçu l'ordre de contrôler d'abord ceux-là avant de refaire des expériences de mutation.

Johnny allait répondre quelque chose lorsque l'autre garde lui demanda :

- Je reconnais pas ta voix. Tu serais pas...

- Bones, termina le mercenaire. Je suis Bones. Mes deux partenaires se sont faits liquidés à l'avant-poste. J'en ai réchappé de justesse. Heureusement, je reviens pas les mains vides.

- C'est con, dit le premier garde, mais Bones a eu la langue arrachée pendant son interrogatoire. Il y a une semaine.

Johnny caressa le 44 planqué dans son dos. Il se mit à rire.

- C'est vrai que c'est très con !

Les deux gardes pointèrent leur fusil à plasma, mais avant d'avoir pu faire feu, ils recevaient chacun deux balles dans le crâne.

- Merci Dusk, fit Johnny sans se retourner.

 

Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les sept à l'intérieur de la tente. Artemis avait dit vrai. Une porte métallique permettait d'accéder à un souterrain. Seulement elle ne s'ouvrait que par un terminal. Qui réclamait un code bien spécifique.

- Merde ! gronda Kodiak. Ca commence à bien faire ces conneries !

Il s'empara de la gatling laser de Fawkes.

- Je vais vous faire une serrure, moi !

Cross l'arrêta à temps.

- T'es malade, Kodiak ! Si tu fais ça, on peut dire adieu à la discrétion.

Kodiak la défia du regard :

- On est pas venu faire de la dentelle, que je sache !

- Moins on se fera repérer, mieux ce sera. A partir de maintenant, nous n'avons plus aucun indice sur ce qui nous attend. A part que les scientifiques de l'Enclave ont donné naissance à une espèce contre-nature qu'ils maîtrisent plus ou moins bien. C'est pas le moment de perdre les pédales. Ok ?

Kodiak souffla un grand coup et rendit son arme à Fawkes.

- Désolé, Cross.

- Bon sang !

Artemis en avait profité pour s'installer devant le terminal. Et visiblement, les choses ne se présentaient pas très bien.

- Il ne me reste plus qu'une seule chance, après ça l'ordinateur se verrouille définitivement. J'ai le choix entre trois mots.

- Lesquels ? demanda une recrue du nom de Manfred.

- Adversité, horizon ou déficience.

Tout le monde se mit à réfléchir sur le choix le plus logique.

- Adversité, dit Johnny. Ca symbolise leur lutte contre vous, contre la Confrérie.

- Je dirais plutôt horizon, dit Cross. L'horizon c'est le futur et c'est justement ce qu'ils pensent fabriquer en ce moment.

- Choisis déficience, déclara l'autre recrue prénommée Salt avec une surprenante assurance.

- Pourquoi, interrogea Artemis. Les autres ont de bons arguments. Quel est le tien ?

- J'ai obtenu la note maximale aux tests de logique et de psychologie.

Artemis sourit.

- C'est un très bon argument.

Il attendit une approbation de Cross avant d'appuyer sur une touche du clavier.

- Va pour déficience !

Un chuintement métallique les figea tous sur place. Artemis se recula de peur que le terminal ne soit piégé. La porte coulissa et ils distinguèrent une volée de marches.

Tandis qu'ils descendaient dans les profondeurs, Salt se rapprocha d'artemis :

- Je t'ai menti. Je suis passé de justesse aux tests. Le vrai argument c'est que j'ai toujours eu du bol aux devinettes. Mais avoue que ça ne t'aurait pas convaincu !

 

Chapitre 6 : L'Arme Parfaite

 

Ca y était. Ils venaient de plonger dans la gueule du loup, dans l'antre de la folie.

Ils cheminèrent dans un réseau de galeries, suivant les conduits principaux.

- Ils nous mèneront à coup sûr aux laboratoires, expliqua Artemis.

Toujours revêtu de l'armure de l'Enclave, qu'il trouvait très inconfortable, Johnny Behemoth ouvrait la marche, Fawkes était en queue de peloton. La lumière éclairait le tunnel par intermittence, comme si le réseau électrique avait subi un disfonctionnement.

- On dirait que l'Enclave a pas payé sa facture, plaisanta le mercenaire.

Ils passèrent devant plusieurs portes verrouillées dont l'accès leur était interdit. Même pas de terminal à proximité. La base ne leur livrerait pas tous ses mystères.

En même temps,  ils n'étaient pas venus faire un état des lieux.

- Ca s'élargit, annonça Johnny.

Aussitôt les mains se resserrèrent sur les armes.

- Merde !

Johnny venait de se baisser. Il avait buté dans un objet mou.

Manfred, qui était derrière lui, s'alarma :

 - Qu'est-ce qu...

Une rafale couvrit le reste de sa phrase et la recrue tomba sur ses équipiers, le casque perforé. Son visage n'était plus qu'une infâme bouillie.

- Non !

Dusk se baissa et pointa son fusil. En deux coups, il détruisit la tourelle Mark VI vissée au plafond et qu'aucun d'eux n'avait su repérer dans la pénombre.

- Il est mort, dit Artemis.

Salt se sentit soudain très seul :

- Si c'est un bizutage, il est vraiment de très mauvais goût !

Evidemment, personne ne rit. Les pertes se montaient à trois. Trois bleus. Trois initiés. Mais il fallait poursuivre, coûte que coûte.

- Regardez, dit Johnny. J'ai marché sur un corps.

Ils se baissèrent pour l'examiner.

- C'est un soldat de l'Enclave.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Kodiak caressa l'armure qui présentait des griffures et un trou béant au niveau de la poitrine.

- On dirait qu'il est tombé sur un écorcheur. Mais regardez la taille des blessures. Un spécimen comme ça, ça n'existe pas. Le bougre s'est fait littéralement décapsulé.

Les soldats se dévisagèrent.

- Je crois qu'on a une petite idée de la tournure des évènements, dit Cross. Un mélange d'écorcheur et de super mutant, ça ne pouvait pas donner un rataupe. On a affaire à une super espèce comme on n'en a jamais vu. Une arme parfaite.

- Et en totale liberté, ajouta froidement Kodiak.

- Ce n'est peut-être qu'un accident isolé, espéra Salt, peu enclin à se mesurer à un super écorcheur.

Johnny se redressa, le magnum au poing :

- Quelque chose me dit qu'on va rapidement le savoir.

Un chuintement métallique résonna dans leur dos et ils assistèrent impuissants à la fermeture du tunnel par une porte blindée. Sitôt après, une voix de femme enregistrée annonça avec le plus grand calme :

- Danger sécurité niveau 4 ! Fermeture des accès principaux ! Tout le personnel est invité à quitter la base en empruntant les sorties d'urgence. Je répète : danger sécurité niveau 4...

- Y a combien de niveaux ? s'inquiéta Salt.

- En principe, y en a cinq, répondit Cross.

- Et qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?

Kodiak regarda l'initié avec un sourire de prédateur :

- Boum !

- De mieux en mieux ! ajouta l'initié. Dire que j'étais content de venir.

- Ouais, mais si on s'en sort, bonjour les honneurs, déclara Johnny.

Dusk ne partageait pas son point de vue :

- Raconte ça à Texas !

Cross sentit que c'était le bon moment pour ressouder l'équipe :

- Allez les gars, c'est pas l'heure de chômer ! On a pas encore nettoyé l'endroit. On doit s'assurer qu'ils ne pourront pas poursuivre leurs travaux ! Qui sont déjà bien trop avancés, fit-elle remarquer.

La galerie s'était suffisamment élargie pour qu'ils avancent sous forme de  trois binômes : Johnny/Dusk, Cross/Kodiak et Artemis/Salt. Fawkes fermait toujours la marche, sa gatling prête à œuvrer.

Ils avaient l'impression de marcher depuis des jours. Ils trouvèrent d'autres cadavres : soldats, officiers, scientifiques, parfois dans des postures qui laissaient deviner une fin violente et particulièrement soudaine. L'un des officiers était assis à une table. Il tenait encore un verre à la main, à la hauteur de ses lèvres, la moitié supérieure de sa tête reposant sur ses genoux.

- L'arroseur arrosé, observa Johnny.

De la fumée commença à s'engouffrer dans le tunnel au moment où ils descendirent une autre volée de marches.

- J'ai l'impression de m'enfoncer dans les entrailles de l'Enfer, avoua Salt.

- Alors préparons-nous au comité d'accueil ! renchérit Johnny.

La fumée s'épaissit, leur masquant à leur plus grand soulagement d'autres carnages qui avaient laissé sur les parois des éclaboussures peu ragoûtantes. Ils entrèrent dans une salle faisant office de vestiaire pour les scientifiques. Des corps mutilés jonchaient le sol. Les murs avaient été perforés par endroits, preuve qu'un combat terrible avait fait rage.

Kodiak n'en pouvait plus d'attendre une inévitable confrontation :

- Mais bon sang, qu'elles s'amènent ces pourritures sans nom !

Un grondement épouvantable répondit à son appel. Johnny sentit une présence avant qu'une force terrible ne le soulève dans les airs !

- Où est-il ? Je ne le vois pas ! cria Fawkes.

Johnny retomba violemment au sol, se félicitant d'avoir conservé l'armure de l'Enclave. Sans cela, il aura déjà rejoint le paradis des mercenaires.

Un cri retentit. Artemis tomba à son tour.

Kodiak se mit à faire de grands moulinets avec sa masse.

- Mais montre-toi, bordel de merde !

Puis ce fut Fawkes qui fit les frais d'une nouvelle attaque du prédateur qui pour l'heure demeurait toujours invisible.

- Je le tiens, hurla-t-il. Abattez-le !

Le mutant pissait le sang. Il avait lâché sa gatling laser.

Cross et Dusk firent feu de concert. Et c'est alors qu'ils virent les contours de leur ennemi se dessiner fugitivement. Il portait un camouflage optique. Tel un caméléon.

- Qu'est-ce que c'est que ce délire ?

Le monstre délaissa Fawkes et fit mine de s'intéresser aux autres. Salt évita de justesse une décapitation. Dusk tira une balle en espérant atteindre le crâne de la bête. Kodiak n'attendit pas le résultat et sa masse décrivit un magnifique arc de cercle. Le choc expédia le prédateur contre les casiers du vestiaire qu'il écrasa sous son poids formidable. Terrifiés, ils l'entendirent se relever d'un coup qui aurait assommé un behemoth. Furieux, Kodiak s'élança. La bête le repoussa d'un coup de griffe avant de prendre une balle de 44 entre les yeux.

Le monstre s'écroula face contre terre et apparut enfin aux yeux de tous. Son allure générale évoquait bien celle d'un écorcheur, à la différence qu'il était plus grand que n'importe lequel d'entre eux, plus massif et que ses griffes et ses cornes étaient encore plus démesurées. Et il était aussi vert que Fawkes.

Cross ne pouvait détacher ses yeux du cadavre qu'elle s'attendait à voir bondir à tout instant :

- Mon dieu, mais qu'est-ce qui leur a pris de donner naissance à un truc pareil !

- Une déficience mentale ! supposa Salt. Je comprends mieux le code d'entrée, maintenant.

On s'assura que la bête était belle et bien morte, puis on s'occupa des blessés.

Artemis était assez mal en point tout comme Fawkes. Ils nécessitaient tous deux des soins importants. Johnny s'en sortait mieux. Mais son bras droit le faisait souffrir plus qu'il ne l'eut souhaité.

- Et combien y a-t-il de ces charmantes créatures ? s'enquit Fawkes en grimaçant tandis que Cross appliquait un pansement sur sa poitrine déchirée.

Salt ramassa un imprimé taché de sang. En le déchiffrant, son visage devint blanc comme un linge :

- Une trentaine !

Kodiak s'assit sur un banc en secouant la tête :

- Je savais que cette mission sentait pas bon !

La voix précédente annonça :

- Alerte niveau 5. Danger maximum. Toutes les issues vont être verrouillées dans quelques instants. La phase d'auto-destruction sera enclenchée dans vingt minutes.

Personne n'osa faire de commentaire. Mais l'espoir commençait à se faire aussi rare qu'un sourire sur un fangeux.

Ils allaient se remettre en route quand une voix étouffée se fit entendre :

- Sortez-moi de là, je vous en supplie !

Les membres de l'escouade se retournèrent comme un seul homme. L'un des casiers sur lesquels le monstre s'était écrasé venait de parler. Couvert par ses équipiers, Fawkes s'en approcha et toqua à la porte :

- Y a quelqu'un dans la boite ?

Il souleva le casier et d'une simple secousse il ouvrit la porte et libéra son contenu. Un scientifique de l'enclave en combinaison dégringola de sa cachette improvisée. En tombant nez à nez avec le cadavre du super écorcheur il poussa un hurlement.

- Il est mort, l'informa placidement Kodiak en le soulevant d'une main. Son regard n'eut alors rien à envier à la gatling laser de Fawkes :

- Et tu vas bientôt l'imiter, salopard !

Cross s'avança, la mâchoire serrée :

- Ca vous a pas suffi de trafiquer les mutants et les écorcheurs, il a fallu aussi que vous fassiez joujou avec les cerveaux de nos gars !

Le survivant s'affola :

- Pitié, je vous dirai tout ce que je sais !

- Combien vous avez de prisonniers, poursuivit Cross, combien de nos hommes croupissent dans cette base ?

Kodiak secoua le scientifique qui peinait à trouver ses mots :

- Réponds, enfoiré ! Combien ?

- Un, un seul ! Je vous jure que c'est vrai. Mais il n'est pas ici en ce moment. Il est...

- Mort, acheva Dusk. Il s'appelait Bones. Et c'est moi qui l'ai tué.

Il colla le canon de son fusil sur le front ruisselant de sueur du chercheur :

- T'as voulu jouer à Dieu. Mais c'est l'Enfer que tu vas connaître.

- Ca suffit ! intima Cross. Nous ne le tuerons pas. Les infos qu'il détient sur l'Enclave valent plus que son cadavre. C'est l'intérêt de la Confrérie qui prime sur toute autre considération. L'Aînée Lyons en personne voudra l'interroger. Ne le privez pas de ce plaisir.

Cross était un soldat aguerri doublé d'une femme intelligente. Elle connaissait suffisamment ses hommes et en particulier Kodiak pour savoir qu'en mentionnant le nom de leur leader, elle parviendrait sans peine à restaurer le calme et la raison dans les esprits.

Tandis que Kodiak libérait leur prisonnier, Cross le fusilla du regard :

- Ne te crois pas sauvé pour autant. Tu regretteras bientôt la compagnie des supers écorcheurs lorsque nous t'exposerons dans la Citadelle à la vue de tous.

L'intéressé déglutit lentement, puis il dit :

- Si vous m'emmenez avec vous, je dois récupérer des archives dans mon bureau. C'est par ici.

- Il recula vers l'issue qu'ils avaient emprunté pour venir. Son bas-ventre explosa, aspergeant les soldats les plus proches de morceaux d'intestins. Quelque chose remonta en un éclair jusqu'au sommet de son crâne, sectionnant son buste sur toute sa hauteur. Le super écorcheur quitta son camouflage intégral. Il lécha sa main toute poisseuse de sang et enjamba sa victime avec un mouvement presque félin. Ses petits yeux jaunes jetaient des lueurs diaboliques.

Johnny lui fit sauter la main d'un tir bien ajusté et les autres se chargèrent de lui amputer les jambes avant qu'il puisse bondir sur eux. Lorsque son corps s'abattit sur le sol, il respirait encore. Kodiak appuya alors une botte sur sa nuque et laissa tomber sa massue sur son crâne hybride :

- Avec nous, ton espèce ne fera pas de vieux os !

 

Ils reprirent leur progression, attentifs au moindre bruit suspect, à la limite de la paranoïa.

Cross était en tête du cortège, suivait Dusk, Salt soutenant Artemis, Johnny épaulant Fawkes et Kodiak fermant la marche, armé de la gatling laser du mutant.

Artemis déchiffrait le reste du document trouvé par l'initié :

- Ils mentionnent plusieurs fois le stealth boy que nous savons tous être un gadget très pratique pour bénéficier d'une furtivité limitée. Il semble que ses composants entrent dans la structure cellulaire du super écorcheur. Pour notre plus grand malheur.

- Une arme vraiment parfaite, nota Cross. Y a-t-il d'autres surprises au menu ?

Artemis poursuivit sa lecture avant de secouer la tête :

- S'il y en a, elles ne sont pas indiquées ici.

Ils entendirent une autre porte se fermer derrière eux. L'avenir devenait de plus en plus incertain pour l'Opération Coup de Poing.

Ils finirent par atteindre le labo principal où les attendait un spectacle des plus macabres.

D'autres scientifiques gisaient ça et là, dans d'écoeurants tas d'entrailles. Un nombre important de soldats avaient aussi trouvé la mort emportant avec eux quelques prédateurs. Mais en faisant les comptes, il restait assurément des créatures en nombre suffisant pour inquiéter les membres de la Confrérie de l'acier.

- Faut buter les saloperies qui restent et trouver un moyen de se casser d'ici rapidement !

Cross jaugea Kodiak avec un sourire.

- Je n'aurais pas mieux dit !

Ils examinèrent les installations.

Les gigantesques containers en verre brisés par leurs occupants témoignaient de la sortie prématurée des créatures hybrides. Et de l'échec du projet. Enfin, d'un certain point de vue. Car le moins que l'on pouvait dire, c'était que les créatures étaient parfaitement viables.

Des corps de super mutants et d'écorcheurs maintenus dans une sorte d'état végétatif attendaient sagement de servir de cobayes pour de futures expériences.

La gatling laser détruisit ce destin programmé par l'Enclave.

Artemis, accompagné de Salt, compulsait toutes les données auxquels il pouvait avoir accès via les terminaux et les formulaires abandonnés. Il désigna un cercle sur le sol au centre de la salle et un autre visible sur la voûte éloignée.

- Apparemment, ça doit s'ouvrir des deux côtés.

- Auto-destruction dans dix minutes ! annonça la voix enregistrée.

Salt et Artemis s'associèrent joyeusement pour trouver le code d'accès.

- Les voilà !

Pas moins de sept supers écorcheurs jaillirent dans le labo. Ils se tenaient légèrement voûtés comme de simples écorcheurs, mais leur teint verdâtre et leur gabarit rappelait inévitablement l'autre espèce à laquelle ils étaient affiliés.

- Feu à volonté ! ordonna Cross pour la plus grande satisfaction de tous.

Salt et Artemis redoublèrent d'efforts pour déloquer la commande du sas d'urgence.

Kodiak pulvérisa deux créatures. Dusk en abattit deux aussi. Affaibli, Fawkes regardait alentours afin de détecter une menace moins évidente. Johnny, quant à lui, faisait parler avec une égale efficacité son calibre 12 et son magnum 44.

Finalement, c'était les super écorcheurs qui allaient payer la facture de leurs créateurs. Il ne resta bientôt plus que des cadavres troués comme des passoires.

Kodiak cracha au sol :

- La génétique, je la nique !

Quelque chose lui tomba dessus sans crier gare. Il chuta sur le ventre et impuissant, sentit des griffes meurtrières creuser un tunnel dans son armure !

- Merde ! Débarrassez-moi de lui !

Son agresseur était camouflé. Ses équipiers tirèrent au jugé.

- Il y en a d'autres ! hurla Fawkes en empoignant la massue de Kodiak d'une main ferme.

Johnny se tint près de lui et fit feu avec son canon scié, terrassant un prédateur à bout portant.

Dusk repéra des empreintes faites dans une flaque de sang. Il vida un chargeur sur la créature qui pensait être totalement invisible.

- Où en sont les comptes ? interrogea Kodiak. Combien nous en reste-t-il à zigouiller ?

- S'il y en a bien une trentaine, répondit Cross, il doit nous en rester une dizaine.

Ils profitèrent de l'accalmie pour recharger. Cross rejoignit Salt et Artemis.

- Qu'est-ce que ça donne de votre côté ?

En guise de réponse, une ouverture se dessina dans le sol et un vertiptère en émergea.

- Ca se présente mieux ! dit Johnny.

Fawkes lui dédia un sourire complice.

- Ca me rappelle des souvenirs !

- Tu m'étonnes, fit le mercenaire qui comprenait parfaitement l'allusion.

(cf Johnny Behemoth contre Dr Nuke)

- Par contre mauvaise nouvelle, annonça Artemis. On a verrouillé l'ouverture automatique du plafond. Et la commande manuelle est défectueuse. Quelqu'un va devoir rester en bas pour l'activer manuellement et la laisser ouverte.

Implicitement, cela signifiait qu'il fallait faire un sacrifice.

- Je m'en charge, dit Fawkes dont le pansement était imbibé de sang. Montez dans l'appareil.

- Qu'est-ce que tu racontes ? s'exlama Johnny. Tu es le seul à savoir piloter l'un de ces engins !

Fawkes sourit :

- Tu sais très bien que ce n'est pas vrai, Johnny.

- Auto-destruction dans cinq minutes !

- Bon décidez-vous ! grogna Kodiak tandis que Salt et Artemis grimpaient déjà à bord de l'appareil. Tout va péter dans cinq minutes, y compris les saloperies qui sont encore à l'intérieur cette base ! On a plus qu'à mettre les voiles, maintenant !

Il fit parler la gatling.

- Grouillez, hurla-t-il. Voilà les derniers qui pointent leur museau !

Dusk et lui reculèrent en direction du vertiptère tout en couvrant leur retraite. Cinq autres super écorcheurs venaient de pénétrer dans la salle par différents accès.

Cross entraîna Johnny avec elle.

- Fawkes sait ce qu'il fait !

Le mercenaire prit la place du pilote non sans ressentir un profond dégoût.

- Je peux pas le laisser comme ça !

Dusk et Kodiak montèrent à leur tour dans l'appareil qui commença à s'élever.

Il restait deux écorcheurs encore assez vifs pour menacer Fawkes. Le mutant actionna l'ouverture de la voûte. Le ciel étoilé de la nuit apparut. Il leva son pouce en direction de Johnny et lui adressa un dernier sourire qui en disait long.

Puis il leva la massue de Kodiak au-dessus de sa tête :

- Venez, mes mignons, c'est tonton Fawkes qui régale !

Les deux super écorcheurs se ruèrent sur lui.

Johnny ne vit pas la suite des évènements. Et ce fut sûrement mieux ainsi.

Le vertiptère s'éloigna de la base et ils étaient hors de portée lorsque la destruction s'enclencha. Dans un sourd grondement ils aperçurent une boule de feu s'épanouir dans le ciel tel un soleil impromptu.

Johnny sentit son cœur s'alourdir d'un poids terrible.

- Adieu Fawkes !

La main de Cross se posa sur son épaule :

- Il aura sa place dans les archives de la Confrérie. Je vous le garantis.

Evidemment, c'était un piètre réconfort pour le mercenaire. Il venait de perdre un précieux allié et un ami de valeur, des denrées plutôt rares en ces temps si sombres, en ces Terres si Désolées.

 

 

 

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