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jeudi, 13 novembre 2014

Maléfique [Cinéma/Critiques]

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A l'instar d'Hollywood, l'empire Disney serait-il lui aussi frappé du virus qui gangrène l'industrie du cinéma américain depuis la dernière décennie, une sorte d'Ebola de la créativité ? C'est la question qu'on peut se poser étant donné la tendance que semble avoir pris le studio en réadaptant son propre catalogue sous forme de versions live. Cela avait commencé avec Les 101 Dalmatiens qui avaient d'ailleurs connu une suite.

La première partie nous rassure heureusement quant à l'intention de Disney et on comprend que plutôt de nous servir un décalque de sa Belle au Bois Dormant, le film entreprend de nous narrer les origines de Maléfique, la méchante sorcière du fameux conte de Charles Perrault avec tout ce que cela sous-entend de drames et de rebondissements. De ce point de vue, c'est d'ailleurs plutôt bien pensé et le lien entre ce que l'on sait et les diverses révélations se fait assez naturellement. Sauf qu'un détail de taille casse immédiatement la cohérence désirée.

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Le bestiaire est riche et comblera les amateurs de créatures fantastiques, toutefois certaines, comme celles-ci dessus, dénotent quelque peu, semblant plus s'apparenter à un film d'animation pour maternels. On dira qu'il en faut pour tout le monde ! 

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L'aspect féerique est très présent, le film bénéficie d'une palette de couleurs en conséquence.

On nous présente Maléfique comme une jeune fée bienfaitrice (pourquoi si isolée dans ce cas ?) en totale harmonie avec la Lande et ses habitants qui va, pour une raison bien spécifique, se métamorphoser en une sorcière vengeresse toute vêtue de noir aux pouvoirs inquiétants. Très bien, mais dans ce cas, comment justifier que dès le départ, alors qu'elle connait une période d'insouciance et d'innocence, elle porte déjà le nom de Maléfique et deux cornes dignes d'un démon ? A croire que le scénariste a bêtement intégré ces éléments iconiques dès le début de peur que les plus jeunes spectateurs se sentent égarés. Encore une fois on a cette impression que le public visé est large, mais que la sensibilité des plus jeunes est majoritairement sollicitée au mépris d'un travail de narration en accord avec l'ambition affichée.

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Le visuel du film a fait l'objet d'un soin particulier, en attestent certains plans très graphiques tout au long de l'histoire. Ici Maléfique affiche sa pesante solitude adoptant la posture d'une gargouille figée pour l'éternité. Classe !

Si Maléfique est le complément évident de La Belle au Bois Dormant, il reste qu'il est difficile de ne pas le comparer à Blanche-Neige et le Chasseur sorti il y a encore peu. Adaptation d'un conte par Disney, contexte similaire (une méchante liée à un roi et dotée de pouvoirs magiques, une femme jeune et belle qui incarne sa rivale) même volonté de proposer un univers merveilleux en valorisant un aspect Fantasy, Stéphane adoptant carrément la rôle du chasseur le temps d'une scène où il doit remplir une bien ingrate besogne. On évitera de tomber dans le bête "c'est qui le meilleur ?" pour simplement dire que Maléfique est clairement destinée aux plus jeunes car tout a été fait dans ce sens. L'émotion est du coup assez superficielle.

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Mais pourquoi est-elle si méchante ? Paradoxale, sa méchanceté présumée est très vite abandonnée au profit d'un instinct maternel et d'une tendresse croissante envers la Princesse Aurore. Le personnage souffre d'un tempérament un peu trop binaire.

Si Angelina Jolie (Wanted, Salt) endosse sans problème le costume de Maléfique (le mimétisme physique est bluffant), elle déçoit quelque peu dans sa prestation, surjouant ou au contraire peinant à émouvoir, ce qui de mon point de vue a toujours constitué sa principale lacune. A ce titre, elle a tout à envier à Michelle Pfeiffer qui pleure et sait faire pleurer comme personne.

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Sharlto Copley (District 9) incarne le très versatile Roi Stéphane et en profite pour enrichir son répertoire au sein des mondes imaginaires.

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Sam Riley (Dark World) est Diaval, le serviteur de Maléfique, à l'origine simple corbeau. Sa capacité de pouvoir apparaître sous forme humaine est l'une des innovations apportées par le film sans que cela ait de réel impact sur l'histoire.

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On retrouve bien évidemment les trois malicieuses marraines-fées faisant office de nourrices dont l'aspect est un savant mélange de prises de vue réelles et d'effets spéciaux. La tête des actrices a semble-t-il été combiné aux corps d'enfants, le résultat est très réussi. La fée blonde est incarnée par Juno temple (The Dark Knight Rises) dont le visage poupin s'adapte très bien au personnage. 

Et puis le sentiment de ne pas avoir affaire à un bête copié/collé du dessin animé original s'estompe progressivement puisqu'on est fatalement amené à revoir les mêmes scènes emblématiques dont le caractère résolument candide alimente ici une niaiserie difficile à supporter sur le long terme. Heureusement, la dernière partie redonne pas mal d'intérêt lorsqu'on comprend que le sort invoqué par maléfique se retourne contre elle et qu'on voit son lien privilégié avec Aurore malmené par sa découverte. Si l'inévitable prophétie est respectée, Disney prend une liberté surprenante et même culottée avec le matériau original (le baiser, le dragon et le dénouement) offrant une interprétation radicalement différente des précédentes versions.

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La scène clé qu'on attend tous forcément ! Après nous avoir enchanté dans Super 8 Elle Fanning (Grande soeur de Dakota) incarne carrément une Princesse, un rôle à priori taillé sur mesure, dommage que son interprétation se résume un peu trop à sourire. A noter que lorsqu'elle est bébé, Aurore est incarnée par Vivienne Jolie-Pitt, la fille de qui vous savez. Une fois grande, autant dire qu'elle devrait pas être une mocheté (dixit Maléfique).

Pour conclure, une version vraiment nouvelle de l'illustre conte, moderne voire féministe pourrai-t-on presque dire. Ceux qui s'attendent à une simple version live de La Belle au Bois Dormant de Disney en seront pour leurs frais. On reprochera surtout que le personnage de Maléfique soit aussi facilement édulcoré - évolution  trop simpliste - et que le jeu des acteurs principaux soit si limité, alors que le personnage de Maléfique est réellement intéressant et que sa relation avec Aurore avait tout pour nous bouleverser. Je ne suis pas un fervent défenseur des remakes, mais j'avoue que je ne dirais pas non pour une version plus sombre et adulte. Etant donné la propension d'Hollywood à produire des remakes à vitesse grand V, je serais sans doute exaucé plus tôt que je ne le pense.

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Si vous avez été frustré de voir les créatures de Banche-Neige et le Chasseur peu exploitées, vous devriez apprécié Maléfique, elle sont très présentes en toutes circonstances et actives dès le début. Mais à l'instar de Blanche-Neige et le Chasseur, le combat final se fera sans elles.

 A voir également :

Blanche-Neige et le chasseur

Stardust, le mystère de l'étoileRaiponceWillow

 

 

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