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mercredi, 12 mars 2014

Dallas Buyers Club [Cinéma/Critiques]

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Accro à l'argent, au sexe, à l'alcool et à la drogue. Irascible, vulgaire et homophobe, Ron Woodroof n'a franchement rien d'un héros. Le jour où il apprend qu'il est séropositif, sa volonté de refuser une mort programmée dans 30 jours va progressivement l'amener à combattre la maladie, à fournir une aide médicale adaptée et à dénoncer les aberrations du lobby pharmaceutique.

Si Matthew McConaughey s'était déjà illustré dans des rôles sérieux et émouvants comme dans Le Droit de Tuer, Amistad et Contact, il est connu aussi et peut-être surtout pour ses prestations dans des comédies romantiques légères voire superflues qui avaient tendance à le sous-employer voire à le décrédibiliser. On craignait de le voir condamné à jouer les playboys de service et même de finir par disparaître du grand écran (qui a dit Gerard Butler ?)

Mais conscient qu'il vaut certainement mieux que cette carrière en dents de scie (ça tombe bien, moi aussi !) il fait un come-back remarqué dans La Défense Lincoln. S'il avait déjà joué le défenseur des causes perdues dans Le Droit de Tuer et Amistad, dans ce film il ajoutait pourtant une corde à son arc grâce à une intrigue originale et un rôle plutôt à contre-emploi en incarnant un avocat prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins. Depuis il y a eu d'autres films, comme Mud et Killer Joe, des oeuvres dramatiques, viscérales ou son jeu se nuance encore davantage, où il s'autorise enfin la noirceur.

En endossant le premier rôle de Dallas Buyers Club, Matthew fait plus que livrer une performance physique proche de celle de Christian Bale dans The Machinist, il se dévoile comme jamais.

Loin de son image propre de héros musclé, viril et séducteur, il se montre avant tout pathétique et détestable, une sorte de débris humain résigné dans son auto-destruction. Et c'est pourtant sa mort annoncée qui va le réanimer et lui redonner malgré lui l'envie de vivre autrement.

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 Sur sa route il va croiser Rayon, un transsexuel atteint comme lui du Sida et avec lequel va naître contre toute attente une complicité salvatrice pour les deux hommes.

C'est le très polyvalent Jared Leto (acteur dans Requiem for a Dream, Lord of War et Mr Nobody et chanteur/leader du groupe 30 seconds to Mars) qui prête ses traits et sa grâce innée à ce personnage immédiatement attachant et crédible. S'il a déjà joué par deux fois des rôles mémorables de toxicos, il est à nouveau très loin de se limiter à cela. Si Jared n'avait plus besoin de prouver son talent d'acteur, il profite lui aussi de ce film pour mettre la barre encore plus haut. Car lui aussi se donne corps et âme comme jamais et la performance conjuguée des deux comédiens nous vaut un duo savoureux aussi drôle que bouleversant. Autant dire que l'un comme l'autre n'a pas volé son Oscar.

A noter que c'est l'occasion pour Matthew de retrouver Steve Zahn, son comparse de Sahara, dans le rôle d'un ami flic et Jennifer Garner (Men, Women and Children), sa partenaire de Hanté par ses ex, en infirmière rebelle.

Passionnant, instructif, révoltant, amusant, déchirant, le film jongle parfaitement entre les thèmes et les émotions. Il n'oublie pas non plus d'immerger au mieux le spectateur dans le quotidien difficile et imprévisible des malades du Sida en montrant l'intolérance et la  misère sexuelle inhérentes à la maladie surtout à cette époque et en simulant efficacement par un mixage son les crises imminentes de Ron.

Auréolé par trois Oscars (ceux précités plus celui des meilleurs maquillages), l'histoire vraie de Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée revient avec bonheur sur grand écran. Maintenant que vous connaissez toutes les bonnes raisons d'aller le voir, vous n'avez plus aucune excuse.

 

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