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lundi, 18 avril 2016

Hardcore Henry [Cinéma/Critiques]

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Un film dont on est le héros ?

Comme beaucoup d'ovnis, de projets novateurs, Hardcore Henry est né sur le net de la passion d'amateurs, de geeks, de fans de cinoche et de jeux vidéo.

Sauf que cette fois, le pari (venu de Russie) est allé tellement loin qu'il est parvenu à franchir la sphère internet et à inonder les salles du monde entier.

Le concept : un film d'action fou furieux entièrement filmé en vue subjective, mis en scène à la manière d'un FPS, sorte de mix déjanté de Call Of Duty et Mirror's Edge.

Sur le papier, ça fait rêver, le trailer lui a achevé de convaincre que c'était une expérience à voir absolument sur grand écran.

Etant donné que ce principe de mise  en scène n'est pas nouveau, mais qu'il m'a conquis plus d'une fois (Projet Blair Witch, Cloverfield), j'étais convaincu du potentiel et même de la réussite. Avec quand même une appréhension : le concept n'allait-il pas s'essouffler, se répéter jusqu'à l'overdose sur une durée d'une heure et demie ?

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Sharlto Copley (Maléfique, District 9) s'est fait plaisir : il incarne une multitude de personnages tous plus délirants les uns que les autres qui vont se succéder pour servir de guides à Henry. Est-ce que ça sauve le film ? Hélas, non ! L'espace est maladroitement exploité. Malgré des déplacements incessants, on a l'impression que le héros tourne en rond, rencontrant sans cesse les mêmes personnages. Le film est produit par Timur bekmambetov (Wanted) qui avait lui-même mis le cinéma russe sur un pied d'égalité avec Hollywood avec son étonnant Nightwatch, mais qui s'est bien compromis depuis notamment avec un écoeurant Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires.

Le premier quart d'heure - l'équivalent d'un tuto de jeu vidéo -  fonctionne à merveille, c'est immersif, c'est rapide, inventif, surprenant, varié, fun, bref, tous les ingrédients sont là pour que ça fonctionne.

Las. Je ne sais pas si c'est d'avoir mangé juste avant la projection, mais passé ce délai, j'ai commencé à avoir la nausée et à trouver que ça commençait à être du grand n'importe quoi, mais dans le mauvais sens du terme. Ca bouge trop trop vite, dans tous les sens, la fluidité, la lisibilité disparaissent au profit d'un chaos cacophonique. C'est gore gratuitement, on déballe quelques nichons pour justifier le prix du billet et le -16 ans et on réalise alors que même si à la base l'histoire ne rimait pas à grand-chose, n'était peut-être qu'un prétexte, une heure et demie d'adrénaline subjective aussi basiquement absorbée tue l'idée dans l'oeuf.

Si j'avais su, je me serais contenté de la bande-annonce...

ou de ce court qui représentait un galop d'essai. Si on excepte la durée qui facilite forcément l'assimilation du procédé, on se rend compte que l'action est incontestablement plus variée et lisible que dans Hardcore Henry (les voyages rapides aléatoires auraient dû être repris, c'était une excellente idée pour renouveler l'action. D'ailleurs ça m'a rappelé le principe de l'une de mes nouvelles : The Map). Et le fait que la vidéo soit illustrée par une bande-son énergique passe beaucoup mieux dans ces conditions pour compenser le silence du héros.

Force m'est pourtant de reconnaître que techniquement c'est bluffant, époustouflant, la chorégraphie a dû nécessiter un boulot monstre. Mais au final pourquoi, si la narration échoue, si l'action tonitruante n'est pas cimentée par des enjeux plus solides qu'un décalque de GTA V sur dernière génération ?

Je regrette presque qu'il n'y ait pas eu quelques QTE pour pouvoir vraiment me sentir immergé. Car l'autre vrai problème, c'est Henry, le héros, qui est censé ne faire qu'un avec le spectateur visiblement. Il ne sait pas ce qui lui arrive, il ne parle pas, les protagonistes s'adressent à lui, mais seulement ça ne suffit pas à nous faire ressentir ce qu'il vit. Il aurait fallu pour cela avoir accès à ses pensées peut-être, ou à une forme plus originale et subtile d'interaction avec le spectateur. En l'état, je n'ai pas pu aller jusqu'à la moitié du film. J'ai subi très tôt, trop tôt l'overdose. Je lis déjà partout que Hardcore Henry va faire des petits. Soit, espérons que le meilleur soit à venir alors, car j'ai eu l'impression d'assister au pire. Je ne pensais pourtant pas être trop vieux pour ces conneries, bien au contraire...

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C'est Kathryn Bigelow avec Strange Days qui avait magistralement initié ce procédé en caméra subjective avec une intro inédite où l'action était vue à travers les yeux d'un gangster au cours d'une intense course-poursuite. Et l'histoire même du film justifiait de surcroît totalement cette manière de filmer et de voir.

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