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dimanche, 04 janvier 2015

Resident Evil 5 [Jeux Vidéo/Critiques]

Resident-Evil-5_US_Mrated_360.jpgMême si Resident Evil 2 demeure l'un de mes meilleurs souvenirs de jeu vidéo époque Playstation (fini le jeu quasiment mort, exploit enregistré sur VHS s'il vous plaît !) je n'ai fait que suivre de loin l'évolution de cette série phare de Capcom (Dragon's Dogma). Au vu des vidéos et des retours des joueurs, j'ai rapidement compris que l'action et le grand spectacle façon blockbuster avaient largement remplacé le survival digne de ce nom, trahison qui avait suffi à me tenir à l'écart, n'étant pas un fan de survival de surcroît.

Deux paramètres sont venus orienter mon choix de m'impliquer dans cette aventure, loin des remous de sa sortie commerciale, ce qui est déjà en soi un précieux avantage pour apprécier le jeu.

D'une part l'actualité de la 360 étant pour le moins écoeurante (cf 360/PS3 : Les Poubelles des Editeurs] et d'autre part, les mondes ouverts me semblant de plus en plus manquer d'intérêt, je commence donc à me tourner naturellement vers d'anciens jeux jusque-là superbement ignorés,  car en apparence très linéaires et scriptés, ce qui a le don de me rebuter précisément en temps normal.

Sauf que mon récent ressenti sur Dead Space m'ayant rassuré sur ma capacité à apprécier ce genre de jeu et ayant eu un bon feeling sur la démo de Resident Evil 5, je me suis laissé tenter par un petit séjour prolongé en Afrique, encore une fois très mouvementé. (cf Far Cry 2).

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Sheva Alomar, une autochtone qui va s'investir corps et âme dans cette croisade contre Umbrella Corp, responsable encore une fois d'une épouvantable épidémie. Le visuel du personnage est éblouissant comme vous pouvez le constater. Une fois terminé le jeu, on peut l'incarner et même débloquer armes et tenues supplémentaires. Je la verrai assez bien s'opposer à Citra de Far Cry 3. Peut-être une future fanfic ?

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Chris Redfield est le soldat ricain pure souche, mais quand il critique le capitalisme dès les premières minutes du jeu, son capital sympathie, lui, gonfle immédiatement. Il saura convaincre Sheva de l'accompagner pour retrouver Jill, sa partenaire laissée pour morte, malgré l'isolement et les dangers jalonnant leur route.

Autant être direct, je n'ai pas regretté mon choix. Mais n'étant pas à un paradoxe près, j'ai réalisé que le style hollywoodien de ce RE5 m'a séduit autant qu'il m'a dégoûté dans Tomb Raider. Faut dire que La saga de Lara Croft m'est un tout petit peu plus chère que celle de Leon Kennedy and Co. Et puis je l'ai déjà dit plusieurs fois : quand on s'est longtemps fait à l'idée qu'une oeuvre ne nous plairait pas, on baisse sa garde en quelque sorte et on est idéalement très réceptif au contenu tel qu'il est, quelles que soient nos convictions d'origine. Comme quoi aimer un jeu c'est parfois juste une question de timing, j'en veux pour preuve mon expérience sur Lightninig Returns.

RE5 est donc en substance une bonne grosse baffe. Déjà techniquement, il est tout simplement bluffant. Il a tellement bien vieilli que j'ai l'impression de jouer à un jeu qui vient de sortir, ce qui vient renforcer le constat amer qu'il y a quelques années les studios avaient encore une motivation artistique et un respect du public dignes de ce nom. C'est ultra léché que ce soit au niveau des décors, des personnages, de l'animation ou de la mise en scène. Le soin apporté à l'ensemble est incroyable. Mais hélas il y a un prix à payer : un tearing de malade permanent même si on a installé le jeu sur le disque dur de la console. On est obligé de s'y faire, ce qui n'est pas de gaieté de coeur tant il saute aux yeux, mais la qualité de l'aventure est telle qu'on finit par sinon oublier en tout cas ne plus y être aussi sensible. Un vrai exploit !

Et puis il y a le gameplay, redoutable de simplicité et d'efficacité, un parfait équilibre entre exigence (la limite de l'inventaire et sa gestion en temps réel avec les choix cornéliens qui vont avec) et inspiration (les échanges d'items et les actions conjointes avec notre partenaire, l'accès à un magasin de plus en plus enrichi entre les niveaux et ce dès le menu principal afin de mieux préparer sa stratégie, une fois le terrain et les ennemis connus. Il faut bien que le game over serve à quelque chose, non ?). 

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Les marais en bateau, c'est cool. A pied, c'est autre chose...

Ajoutons une liberté et une variété d'interactions insoupçonnées, l'une des plus belles surprises du jeu. Si dans les derniers niveaux le cloisonnement se fait plus ressentir, durant la majeure partie du jeu on passe son temps dans des zones plutôt grandes et ouvertes, ce qui permet de vraiment s'amuser avec le level design, entre les rencontres musclées avec les infectés et des phases de pure exploration (récompensée) avec loot à volonté et répit salvateur avant la réouverture des hostilités. La zone du marais  étant le summum puisque qu'elle permet de se déplacer librement en bateau et de visiter dans l'ordre qu'on veut les différents îlots. Un vrai régal d'autant que la réalisation est toujours à la hauteur. On notera aussi un temple souterrain très réussi, sans être trop tortueux avec des énigmes dignes d'un Tomb Raider (version d'origine).

Sans oublier bien sûr des environnements d'une variété incroyable, se succédant avec une remarquable cohérence. Si vous pensiez comme moi qu'ils se limiteraient à des villages africains remplis de zombies, vous serez heureux d'apprendre que c'est tout le contraire. Les décors sont dune richesse exemplaire, nous faisant profiter d'ambiances immersives que ce soit en extérieur ou en intérieur, faisant la grande force de cet épisode. Ajoutez à cela un scénario assez intrigant même pour un joueur plutôt novice de l'univers et un tandem rapidement attachant et vous obtenez un titre majeur. En résumé on peut dire que RE5 s'apprécie aussi bien en tant que spectateur pour son aspect cinématographique (certaines métamorphoses rappellent furieusement The Thing de Carpenter déjà régurgité dans Dead Space) qu'en tant que gamer pour sa partie purement ludique.

Cela dit, réussite ne veut pas dire perfection. Et malgré cet enthousiasme, il faut avouer que la caméra très proche du personnage et le manque de souplesse des déplacements causent régulièrement des crises de rage surtout quand les ennemis nombreux ou les boss viennent nous titiller au corps à corps. A déplorer aussi l'incapacité du perso à tirer tout en avançant et des QTE récurrents pas toujours bien placés de sorte qu'ils nous obligeront à tomber dans un piège qu'on aurait évité de nous-mêmes ou des cinématiques assez longues qui nous privent de séquences de jeu.

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Pas mal de Boss au programme. Ce géant, sorti de nulle part, est, contrairement aux apparences, sans doute le plus facile à battre.

En fait c'est après le niveau du Temple (qui déjà casse un peu trop le rythme) que le jeu commence à souffrir d'un manque flagrant d'inspiration. Les développeurs semblent avoir tellement donné avant en matière de variété, en parvenant même à nous épargner certains poncifs (actions contextuelles répétitives, cadavres inertes se jetant sur nous) qu'après ça devient le festival de la paresse. Le jeu, se reposant entièrement sur la notion de challenge à l'ancienne, retombe dans un classicisme désolant : ennemis plus nombreux, mieux armés, qui apparaissent aux moments les plus probables, objectifs identiques (Tiens faut remettre le courant ! Tiens faut abaisser deux leviers en même temps !), retours de certains boss, et...cadavres inertes se jetant sur nous !  Bref un recyclage d'idées exploitées plus tôt ou tirées d'autres jeux du même genre qui fait grincer des dents, plombant le plaisir et ruinant un savoir-faire jusque-là irréprochable. La lassitude s'installe et là forcément c'est pas bon signe.

On peut même carrément dire que le dernier tiers apparaît comme la parfaite antithèse du reste. De là à dire que le jeu aurait mérité d'être plus court... Ca me rappelle le syndrome Rage qui de monde ouvert approfondi se terminait bêtement en FPS couloir. Car comble de l'ironie les derniers niveaux ne consistent qu'à shooter les ennemis les plus redoutables réunis comme de vieux potes d'enfance et à récupérer des cartes d'accès pour pouvoir avancer. Oui, on se croirait revenu dans Doom premier du nom, là aussi ! Et les QTE de se multiplier, et le boss de blablater alors qu'il a dix fois le temps d'en finir avec le duo via des combats hyper chorégraphiés à la Matrix (Milla Jovovich, où es-tu ?) et des cinématiques empreintes de l'esprit d'un Metal Gear...

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Wesker, le grand méchant, a vraiment la classe, mais ça lui donne pas le droit de nous imposer des séquences de jeu ridicules comme lorsqu'on joue au chat et à la souris avec lui ! (là pour le coup une cinématique aurait suffi)

Bref ce n'est pas pour sa dernière partie lourdingue et ultra stéréotypée, non plus pour son final qui s'éternise inutilement qu'on se souviendra de Resident Evil 5, mais bien pour tout ce qui précède comme vous l'aurez compris. 

Malgré cette déception en fin de jeu, le constat est finalement très positif surtout pour un titre dont je me fichais royalement dans un passé pas si lointain !

 

 

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Commentaires

C'est vrai que ce jeu reste un très bon actionner, mais c'est dommage qu'il ait perdu sont coté survival. RE6 est plus abouti question rythme et mise en scène, donc saute le pas !

Écrit par : Shiva | mardi, 06 janvier 2015

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Salut merci pour ton com et ton conseil. Justement j'ai trouvé RE6 pour quelques euros hier et j'ai hésité, j'ai peur qu'il y ait encore plus de QTE. Cependant pour le prix, je crois que je vais me laisser tenter, je me sens dans l'humeur !

Écrit par : Greg Armatory | mardi, 06 janvier 2015

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Si tu le prend sur steam, on pourra se faire des parties. Non, y'a des QTE, mais pas trop.

Écrit par : Shiva | mardi, 06 janvier 2015

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dommage je suis sur 360 !

Écrit par : Greg Armatory | mardi, 06 janvier 2015

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