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mardi, 16 décembre 2014

Lucy [Cinéma/Critiques]

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Luc Besson n'utilise que 10 % du potentiel de son histoire. On imagine ce qu'aurait pu donner 100 %.

Alors qu'elle transporte malgré elle une drogue expérimentale et surpuissante pour le compte d'un dangereux mafieux asiatique, la jeune Lucy se voit accidentellement dotée de capacités qui vont rapidement faire d'elle un stade exponentiel de l'évolution humaine.

Enorme succès surprise de cette année, le dernier film de Luc Besson m'a de prime abord séduit pas son sujet et le choix de son interprète avant de rapidement me refroidir lorsque j'ai découvert le trailer annonçant un fourre-tout indigeste, sorte de best-of poussif de toutes les productions Europacorp de ces dernières années, autant dire pas du grand cinéma. Plutôt dommage, étant donné l'ambition initiale.

C'est donc après le buzz planétaire et sans rien en attendre que j'ai visionné l'objet du déli(ce ?). Force est de reconnaître que cet état d'esprit m'a permis d'apprécier l'oeuvre sans doute plus que de raison, mais au moins cela m'a-t-il évité l'écoeurement.

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Pour ceux qui ont vu Her, difficile de ne pas trouver une parenté entre les deux films et les deux personnages incarnés par Scarlett Johansson, malgré leur apparent antagonisme. Après son rôle de Natasha Romanoff alias La Veuve Noire (Iron Man 2, Avengers, Captain America 2), l'actrice campe à nouveau une super héroïne avec un maximum de conviction. Dommage que le scénario bride son interprétation d'un être complexe qui à défaut de ne plus pouvoir s'émouvoir lui-même, aurait pu nous bouleverser davantage dans ses interactions et ses découvertes.

Après une première partie savamment orchestrée qui introduit le personnage de Lucy sous sa forme innocente et vulnérable, le film passe la seconde. Tout en poursuivant son exploration du potentiel humain de manière pertinente à défaut d'être toujours inédite et subtile, l'action commence à devenir assez présente pour finir par remplir l'écran comme dans la crainte de décevoir les inconditionnels des Taxi et des Transporteur.

En effet, bien que l'histoire soit toujours intéressante à suivre et suffisamment surprenante dans sa mise en images, le cinéaste, cédant à la tentation, nous balance course-poursuite cartoonesque à travers la ville et grosse fusillade comme pour se déculpabiliser de refaire enfin un film sérieux à la métaphysique assumée comme il a pu y parvenir avec le mémorable épilogue de Jeanne d'Arc.

Ce temps d'images gaspillé est d'autant plus condamnable que le film est très court à la base (moins d'une heure et demie) et titille mine de rien notre curiosité naturelle sur l'évolution humaine et notre place dans l'univers.  

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Morgan Freeman (Wanted, Oblivion) rencontrera l'incarnation de sa théorie en la personne de Lucy.

Si Malick avec son Tree of Life a péché par excès d'orgueil, avec sa Lucy, Besson, lui, se sous-estime, se sous-exploite et du même coup dévalorise un sujet en or qui nécessitait un peu plus de respect pour atteindre son objectif. On sent le thème constamment cloisonné, réduit au personnage de Lucy éliminant des obstacles humains sur sa route, entre deux couloirs, d'où une sensation d'étouffement. Les dernières séquences heureusement ouvrent littéralement l'espace et redonnent du souffle à l'ensemble.

La fin aurait mérité également un peu plus de soin car elle semble être jetée à la face du spectateur comme pour dire "J'ai fait ce que j'ai pu, démerdez-vous avec tout ça !" Et bien c'est ce qu'on va faire, Luc, sans vouloir t'obéir.

Chacun donc trouvera en Lucy une arnaque pure et simple, une certaine source d'inspiration en dépit d'une évidente frustration ou bien un modèle inédit de blockbuster cérébral encore à l'état d'ébauche. Voire un peu des trois.

lucy

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Mr. Nobody

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00:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lucy

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