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vendredi, 06 avril 2018

Ready Player One [Cinéma/Critiques]

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Un hommage geek puissant

qui se transforme en énorme troll

J'avoue n'avoir guère envie de m'étendre sur ce film tant ce qui m'a déplu a nui au plaisir qu'il m'a procuré (c'est à dire la première partie et la bataille finale en gros).

Pour résumer, ce que je craignais est au final ce qui m'a le plus plu. J'avais peur que ce ne soit qu'un déluge de références geek (années 80 en prime, mais pas que) et vidéoludiques au détriment d'un réel scénario.

Et le fait est qu'heureusement il y a ces séquences dans le monde virtuel car sorti de là, le film se vautre dans tous les poncifs, les maladresses, les raccourcis pour finir sur une fin hollywoodienne qui ne trouve rien d'autre à dire que la réalité est ce qu'il y a de plus réel et qu'il faut se calmer avec le virtuel.

C'est vrai, on le sait, merci, mais je n'ai pas payé 6,50 euros pour voir un spot de 2h20 sur les abus et les dangers du virtuel même si c'est réalisé par Spielberg (ce qui est d'ailleurs encore plus douloureux).

Surtout que le cinéaste sensibilise très bien sur le sujet à plusieurs occasions, de manière simple, mais subtile : dépense excessive d'argent réel pour un jeu pouvant ruiner une vie, une vraie ou la tentation de s'éprendre d'un avatar alors qu'on ne sait même pas qui est derrière).

Oui clairement, je me suis totalement attaché au monde virtuel du film qui m'a transporté avec ses codes, son imagerie extrêmement bien imbriqués pour qui en est suffisamment adepte à la base.

Je n'ai pas vu toutes les références car ça va très vite et ma culture est forcément limitée, mais certaines très connues ont fait leur effet sur moi et une beaucoup moins connue (le glaive de Krull, bordel !!!) m'a donné un gros frisson  car j'ai eu le sentiment, sans doute comme beaucoup avec d'autres clins d'oeil, qu'elle ne semblait s'adresser qu'à moi.

Je dois en conclure que je suis malade, que je dois me faire soigner, que j'ai fait une overdose de virtuel, de culture geek en grande partie à cause de Spielberg lui-même, et que du fait qu'il en a pris conscience ça lui donne le droit (le devoir ?) de me troller moi et un paquet d'autres qu'il a nourri ? Que le virtuel, au départ synonyme d'évasion et de refuge est devenu un moteur pour l'accélération de la destruction de notre société ? Là, c'est déjà plus pertinent, mais où est la subtilité ?

Surtout quand à la fin du film le héros qui est censé être devenu altruiste s'enferme dans sa tour d'ivoire (et sinon les bidonvilles on en fait quoi ?) et pendant qu'il câline sa copine nous assène un : faites une pause ! Comme dirait Huey Lewis : That's The Power of Love ! (rire jaune).

Oui car la morale est tellement lourde et indigeste que la seule chose que le film m'a donné envie de faire c'est de geeker et de revoir Scott Pilgrim au passage (qui lui assumait jusqu'au bout).

Le film se serait terminé en apothéose avec une ultime séquence dans l'Oasis en reprenant la sublime version de Take On Me de ce trailer. Une chanson emblématique des 80's (la préférée du créateur de l'Oasis qui plus est) mais qui symbolise aussi parfaitement l'union du réel et du virtuel illustrée dans son inoubliable clip :

Le problème c'est que Spielberg lui-même ne convainc pas du tout dans tout ce qui se passe dans le réel : ni dans sa narration, ni à travers ses personnages, des summum de caricatures eux-mêmes dénués d'émotions (euh y a des morts, mais pas grave) ou au contraire totalement épris en l'espace de quelques minutes. On se croirait devant une série Disney pour ados, oui c'est de ce niveau. Pour exemple la scène "à suspens" avec la clé c'est pas digne de Spielberg, c'était pas prenant du tout, c'était juste énervant !

Une idée vient en contredire une autre, les personnages vont et viennent, évoluent à la vitesse-lumière avant de tous débarquer pour le final comme dans une pièce de boulevard. Pire que dans un jeu vidéo, en fait.

Que dois-je en conclure ?

Qu'il faut qu'on arrête de rêver, avec ou sans Spielberg ? Que le cinéaste a volontairement sabordé sa maîtrise légendaire du divertissement pour nous annoncer que les enfantillages c'est fini pour lui (et aussi pour nous) ? Qu'à vouloir plaire à tout le monde, à vouloir contenter toutes les facettes de sa personnalité, il a fini par tout mélanger et ruiner son propos ?

Après tout on parle de l'homme qui a remplacé des armes par des torches électriques dans son E.T., qui produit la série des Transformers parce qu'il aimerait les réaliser, mais s'en sait incapable et qui renie Indiana Jones et le Temple Maudit pour sa violence et son côté dark.

Trop tard, ma conclusion est faite.

 

Et dire que j'avais kiffé de revoir Jurassic Park vingt ans après en 3D.

(oui il fallait que je place Jurassic Park dans cette critique, car putain ce film a changé ma vie !)

Y a vraiment plus de justice !

( et oui je suis remonté contre Spielberg !)

 En Lien

À la poursuite de demain

Deux films dont le message sur la fonction de l'imaginaire et le potentiel des jeunes dans notre société est beaucoup mieux amené et donc plus percutant.

Deux scènes extraites des films Tron Legacy et Les Mondes de Ralph qui parlent bien aux gamers.

histoire,nouvelle,anticipation,monde virtuel,jeu vidéo,sf,fantastique

Si vous avez aimé ou pas Ready Player One, peut-être que vous aimerez ou pas ma nouvelle, Criminalité Intensive, qui parle des mêmes choses, mais autrement. 

 

 

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Commentaires

Ah oui, l'amère déception quand notre réalisateur fétiche ne nous a pas embarqué avec lui (pour moi c'était avec Alice au pays des merveilles, au ciné aussi). Peut-être la prochaine fois !

Écrit par : Elo | samedi, 07 avril 2018

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Amère, c'est le mot et fétiche j'espérais justement qu'il le redevienne un peu avec ce film. Oui, peut-être une prochaine ! J'ai toujours retrouvé Spielberg sur l'un de mes centres d'intérêt (les extraterrestres, les dinosaures, la guerre des mondes, Philip K Dick). Pas habitué à être déçu, surtout à ce point, mais je m'en remettrai :-)

Écrit par : Greg Armatory | samedi, 07 avril 2018

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J'ai vu le film hier : j'ai surtout été captée par les images et la musique, super bande son 80's! J'ai eu parfois l'impression d'être en immersion dans les images, et cette fois sans 3D, les cadrages, les mouvements de caméra, tout un ensemble a du y participer, comme la 2ème scène du jeu, il part en arrière et on voit toute la première scène du dessous, fantastique!
Pour les références 80's, vu que c'est vraiment ma "jeunesse" j'ai été servie, jusqu'au T-shirt de Samantha dans le réel, LE t-shirt Joy Division emblème du must de la new wave, c'est le top de la culture underground! Et puis, il y a cette phrase "magique" : anal nathra urvas bethud dorchiel dienve ... La légende Arthurienne est parmi nous, car les fans d'Excalibur de John Boorman se rappellent la formule mythique qui fait apparaître le souffle du Dragon!...
Le personnage de Holliday est intérressant : pas très nerveux le gars, un doux rêveur un petit enfant, je crois que comme le créateur de Tron, il s'est transcendé dans le monde virtuel de l'Oasis, mais cette idée n'est qu'effleurée dans le dialogue (vu en V.O.).
Bref, c'est un beau cocktail de références ce film, et un pur divertissement. Mais pas révolutionnaire dans le propos : les gentils pauvres martyrisés par les tous puissants riches, qui deviennent des héros dans l'Oasis, y découvrent l'amour et leurs forces, au point qu'ils deviendront plus forts et plus riches dans le réel, rien de neuf. Le peuple opprimé crie victoire à la fin, et les méchants puissants sont ridicules, bon ...
Conclusion, le propos aurait pu être que le monde virtuel(ou son propre imaginaire) permet à chacun de se trouver et de se dépasser, que chaque personne peut être artiste/créateur de sa vie, à l'image de Spielberg en somme, avec son âme d'enfant ... Mais bon, ce n'est qu'une interprétation qui n'est pas clairement développée dans ce film ...

Écrit par : Sofy | mardi, 24 avril 2018

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ah je ne connaissais pas la phrase d'Excalibur mais c'est justement le point fort du film c'est d'être une sorte de miroir pour chacun, de nous renvoyer à notre culture à la fois commune et individuelle. Et c'est d'autant plus regrettable qu'il n'utilise pas ou mal cette passion de l'imaginaire en thème principal, il y avait tellement d'idées à exploiter comme de simuler certaines améliorations du monde dans l'oasis pour les réaliser après dans le réel.
Pour un cinéaste à qui l'on doit un pan entier de notre imaginaire, c'est tellement décevant et frustrant de réduire ainsi le propos à : "Le rêve, c'est bien, mais à consommer avec modération"

Pour la scène où il est sous le décor j'ai kiffé car quand tu es gamer c'est un bug normalement qui peut t'arriver dans un jeu vidéo, tu n'es pas censé pouvoir le faire et ça bloque ta partie or là, ça le fait justement avancer, l'idée est géniale du coup !

je te recommande le secret de Terabithia, un autre style, beaucoup plus modeste, mais le propos lui est beaucoup mieux traité au final, c'est percutant.

Écrit par : Greg Armatory | mardi, 24 avril 2018

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