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mercredi, 25 juillet 2018

Ant-Man et la Guêpe [Cinéma/Critiques]

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Quand l'humour pèse trop dans la balance

Va y a voir du spoil

Ant-Man avait su crée la surprise avec des enjeux moins ambitieux, mais un excellent cocktail entre comédie et action, gorgé d'effets spéciaux ébouriffants. 

Evidemment, il aurait été idiot de penser que sa suite allait changer son fusil d'épaule. Mais pour autant l'équilibre est-il aussi réussi ?

Malheureusement non.

L'histoire de base est simple : Hank doit acheter un composant pour achever un appareil quantique capable de le propulser dans la dimension où sa femme Janet est semble-t-il toujours prisonnière.

Au moment où le deal semble se résoudre, deux intrigues secondaires vont être brutalement ajoutées.

La première avec Sonny Burch, un trafiquant de technologie qui désire récupérer le labo de Hank Pym pour un mystérieux commanditaire (dont on ne saura rien au final). Ce méchant pour le moins insignifiant ne fait que courir après nos héros pour faire avancer artificiellement l'intrigue.

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La seconde avec le personne de Ava/Ghost, une méchante très relative (donc très intéressante) dont l'histoire et les motivations vont être clairement sacrifiées au profit de l'orientation comique du film (bah oui faudrait pas perdre les enfants). Les films de super héros avec plus d'un méchant fonctionnent rarement sinon jamais, c'est pourtant pas les exemples qui manquent.

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Dommage que le costume aperçu dans la scène post-générique d'Ant-Man ait été modifié pour la suite. Je le trouvais plus esthétique. Il rappelait celui du comics et davantage l'insecte qui lui est associé.

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Michelle Pfeiffer revient sur le devant de la scène depuis quelques années et on ne s'en plaindra pas, bien au contraire.

Après un rôle marquant dans Le Crime de L'Orient-Express, elle sera prochainement la méchante de Maléfique 2, elle qui avait déjà joué avec humour une sorcière maléfique en quête de jeunesse éternelle dans le savoureux Stardust.

Patrick Floersheim étant malheureusement décédé en 2016, Michael Douglas a perdu sa voix française, une voix que j'appréciais énormément (elle était aussi celle de Robin Williams) et qui lui collait à la perfection. Bien que très différente, on se fait doucement à celle de Hervé Jolly, peut-être parce qu'elle nous est familière (VF de Jean-Claude Vandamme, de Clint Eastwood et de William Baldwin).

Mais il y a un autre élément très important du film qui va être réduit à peau de chagrin à cause de cette priorité : la fameuse dimension sub-atomique.

Je savais qu'elle serait très peu exploitée et cela m'allait très bien car je craignais justement à la base que la suite se déroule uniquement en ce lieu. 

Reste que tout était là pour élargir considérablement le background et donner encore plus d'identité à l'univers d'Ant-Man.

La présence de Michelle Pfeiffer est donc de courte durée, au moins a-t-elle un impact conséquent sur le destin de Ghost, ce qui compense un peu. Mais Janet Van Dyne aurait sûrement des choses fascinantes à raconter sur son expérience de survie dans un milieu hors normes aussi beau que menaçant. Son duo avec Hank aurait pu donner lieu à quelques bonnes scènes d'aventures et de comédie et leur âge respectif aurait donné de l'originalité de surcroît au genre super-héroïque.

Et le pire c'est que ses aventures en question ont été conceptualisées :

Janet Pym Concept Arts

Concept arts (bestiaire)

On se console (et on rage) en imaginant les chevauchées surréalistes à dos de tartigrade, les batailles de micro-organismes et les découvertes dignes d'une exploration spatiale qu'un tel environnement aurait pu engendrer.

Au lieu de cela, on a droit à des blagues ringardes (les noms des fourmis, le wazaaa de Luis) ou des éléments de distraction (le coup de téléphone lourdingue lors du récit de Bill Foster) qui abondent jusqu'à s'éterniser (le sérum de vérité).

Comme dans les Gardiens de la Galaxie 2 la nature des gags n'est pas foncièrement mauvaise, c'est leur durée qui les rend indigestes.

Malheureusement les potes braqueurs de Scott reconvertis en hommes d'affaires (une intrigue secondaire dont on se serait encore clairement passé là aussi) vont se faire un devoir de rappeler que le film doit être drôle (enfin en théorie) et que pour chaque minute bien posée il y aura cinq minutes de vannes.

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Attention, Luis, moi aussi je peux être super drôle : Sur ce film, Michael peina beaucoup à me faire rire.

A ce titre Michael Pena (Luis) en fait des caisses et des caisses et on lui doit un paquet de HS qui plombent l'intérêt telles des pages de pub en plein milieu d'un bon programme (dès que ça commence, on a hâte que ça se termine !). Son personnage était clairement mieux employé dans le premier opus, son humour plus maîtrisé et donc plus appréciable.

Il y a donc un moment où quand l'action se repose et que les enjeux dramatiques flottent, on commence à trouver le temps long et à se dire que le combat avec la Guêpe dans la cuisine du restaurant (une dinguerie visuelle !) nous manque cruellement.

Car autant Hope et son père Hank viennent rappeler régulièrement les enjeux et les priorités (parfois ils ne sont même réduits qu'à cela) autant Scott et sa bande se font un malin plaisir de les oublier, ce qui crée véritablement deux camps incarnant chacun une polarité du film.

Personnellement j'ai choisi mon camp : je fais clairement partie des spectateurs qui apprécient l'humour par petites doses bien réparties dans l'action et le drame plutôt que par pelletées pour s'imposer.

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- Et attendez je vais dire un truc, ça va être trop drôle, c'est moi le plus drôle, je suis encore plus drôle que Luis, vous allez voir !

Paul Rudd déploie une énergie monstre sur ce film, il faut lui reconnaître cela, mais c'est parfois au détriment de la narration, comme s'il craignait parfois qu'on ne le remarque plus.

La bonne nouvelle c'est que quand l'action et les effets spéciaux sont de nouveau au rendez-vous, le film nous envoie de grosses baffes avec encore plus de surprises et de folie visuelle que le premier si tant est qu'on a pas vu le trailer, bien entendu.

Le dernier tiers du film réussit donc à nous faire oublier les lourdeurs et les maladresses (Scott mimant Janet, au secours !) grâce à des courses-poursuites endiablées rythmées par des changements de taille bluffants et des disparitions-réapparitions qui laissent sans voix.

Au final se refusant de manière évidente à développer ses deux meilleurs axes narratifs (Ava/Ghost, la dimension/Janet) de peur d'être beaucoup trop sérieux et adulte, le film se vautre dans du remplissage comique bas de gamme en se sauvant de l'échec grâce à son imagerie unique qui vaut le détour à elle seule.

Le film a un autre gros atout : les nouvelles compositions de Christophe Beck qui apportent beaucoup de fraîcheur et de dynamisme.

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Michelle Pfeiffer et Paul Rudd avaient déjà partagé l'affiche d'une comédie romantique dans la veine de 20 ans d'écart.

 

 

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Commentaires

Moi qui ne suis pas très gags prolongés ni même très comédies en général, j'ai trouvé ce film bon, à part une seule scène d'assez mauvais goût. On va dire qu'à défaut d'être un vrai film de super héros, c'est une très bonne comédie d'action avec une BO qui envoie, des scènes originales et des acteurs à l'enthousiasme communicatif. J'y allais pour passer un bon moment spectaculaire et pour rire (comme le laissaient présager les critiques et la promo), donc de ce point de vue j'en ai eu pour mon argent. Les modifications de taille en mettaient plein les yeux, en plus d'être très souvent drôles.
Si le film avait été pensé autrement, j'aurais aimé en voir plus sur Ghost, qui mériterait presque d'avoir son propre film pour développer tout ça.

Écrit par : Elo | mercredi, 25 juillet 2018

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