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samedi, 09 juillet 2016

Basic Instinct 2 [Cinéma/Critiques]

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« Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Sharon Stone donne un sens très personnel à cette citation du film L'Homme qui aimait les Femmes de François Truffaud.

Faire une suite à un film aussi marquant que Basic Instinct relève moins du challenge que du suicide artistique. Succédant à Paul verhoeven, Michael Caton-Jones a pourtant relevé le défi.

Je m'attendais à une relecture paresseuse et maladroite du premier et c'est finalement tout le contraire que j'ai eu. Au vu des nombreuses critiques virulentes que le film a collectionné, j'en suis sûrement l'un des rares défenseurs. Explications.

Le Retour du Pique à Glass

Au début, on s'inquiète et on s'inquiète même beaucoup. Après une introduction qui donne le ton et rappelle les ingrédients inhérents au premier (sexe, drogue et adrénaline), on a rapidement droit à deux face à face, l'un avec la police, l'autre avec un psy, le Dr Glass, successeur de Michael Douglas alias Le Flingueur dont on ignore le sort. Après le flic, le psy, choix plutôt inspiré et qui promet pas mal de complexité dans les interactions. Mais le souci c'est que malgré plusieurs occasions de rappeler le passif de Catherine Tramell (l'interrogatoire, le procès, la consultation), ce qui est arrivé dans le premier film n'est jamais mentionné de près ou de loin et là forcément ça agace et on se dit que le film se tire une balle dans le pied en se présentant comme un simple reboot.

Heureusement, cette impression ne dure pas, car aux moments où l'on ne s'y attend plus, le passif de la romancière au pic à glace est bel et bien placé dans la conversation, mais d'une manière très particulière qui en dit encore plus long sur la psychologie perverse de la blonde.

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Malgré les années passées, Sharon Stone (Sphère) a brillamment réussi à redonner vie à la fascinante Catherine Tramell, renforçant son caractère emblématique, sa toute-puissance, la magnifiant moins par le physique (coiffures d'un goût douteux, maquillage plus important) et la nudité (seins refaits) que par sa capacité exponentielle à provoquer, anticiper, perturber le psychisme masculin et même humain. A commencer par brouiller l'esprit du spectateur dans une suite d'énigmes et de mystères se nourrissant sans cesse des interprétations possibles. A noter que Sharon Stone bénéficie à nouveau du talent de Micky Sébastian pour la doubler.

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Le Dr Michael Glass, nouveau héros manipulé par Catherine Tramell, découvrant les péripéties de son prédécesseur dans un roman de Catherine herself. Je vous laisse deviner qui sera le héros de son prochain livre.

Car plus que les séquences érotiques, qui n'ont pas l'ambition de rivaliser avec celles du premier, mais bien de rappeler que le sexe n'est qu'une des nombreuses armes de Catherine,  le scénario est encore une fois le véritable intérêt, creusant à chaque fois un peu plus la dualité des personnages, à l'instar de celle du Dr Michael Glass, campé par un David Morrissey très intéressant puisque jouant dans un autre registre. Là où Michael Douglas était présenté comme une bombe à retardement, un être humain tentant de contrôler son animalité, bien que troublé, Glass résiste mieux grâce à son éthique professionnelle et sa relation avec Catherine prendra une forme tout à fait différente, moins dans la complicité et la complémentarité que dans l'opposition directe. Mais comme on le devine, Glass sera lui aussi victime de ses faiblesses ainsi que de nombreuses manipulations et faux-semblants.

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David Thewlis (à gauche) incarne un flic à l'opposé de celui joué par Michael Douglas, voyant clair dès le début dans le jeu de Catherine, se jurant de la mettre hors d'état de nuire et tentant de convaincre le Dr Glass de sa dangerosité. 

On suit donc avec un intérêt sans cesse croissant les revirements de l'intrigue, pris au piège nous-mêmes des ambitions ambigües d'un trio qui ne cesse de se mouvoir entre lumière et ténèbres. La conclusion du film loin d'éclaircir les zones d'ombre en remettra une couche et vous fera cogiter à loisir sur la véritable nature des personnages et de leurs agissements. On est paumé, mais on jubile avec l'impression délectable d'avoir fait partie du casting. Pour une suite jugée au mieux médiocre, c'est plus que je ne pouvais en espérer.

 

 

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