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dimanche, 09 novembre 2014

Wanted [Jeux Vidéo]

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Durant une bonne partie de l'aventure, Wesley porte la tenue stylée de Cross alias The Killer, son père, jouable également. Invisible dans le film, cette tenue est bel et bien présente dans les comics.

Sorti presqu'un an après le film Wanted, son adaptation vidéo-ludique faisait alors figure d'exception et promettait un traitement plus approfondi que la quasi-totalité des adaptations de film qu'on sait être de simples opérations marketing très mal déguisées, véritables crachats lancés à la figure des cinéphiles.

Ici, le résultat est hélas en grande partie décevant et inégal. Non dans le traitement de l'univers, qui de ce point de vue est très fidèle et efficace, mais dans sa diversité et dans sa richesse.

On comprend rapidement que le jeu ne possède que quelques mécaniques basiques (et vieillottes) qu'il se contente de recycler à l'infini. On mitraille des hordes d'assassins embusqués dans des décors excessivement déserts et confinés, la liberté de l'exploration se résumant à fouiller les divers recoins de chaque zone afin de dénicher des bonus aussi anecdotiques que des illustrations et des concept arts, bien moins attractifs et fournis que ceux d'un Captain America - Super Soldier par exemple. Heureusement les décors en question - qui varieront très peu - bénéficient de textures et d'éclairages soignés. Le level design étant, quant à lui, pour le moins sommaire. On affrontera régulièrement via un QTE peu inspiré des tueurs à l'armes blanche qui viendront se jeter sur nous en hurlant. Ajoutez à cela quelques phases à la mitrailleuse ou au sniper, des séquences scriptées au ralenti et on a fait le tour de l'éventail. On ne comprend pas pourquoi les développeurs ne se sont pas plus inspirés du film en ajoutant par exemple des scènes de course-poursuite en voiture ou à pied parmi une foule dense où l'usage des balles incurvées, pour atteindre les ennemis sans blesser un seul civil, aurait été des plus justifiés. Vraiment navrant, puisqu'on réalise combien le jeu avait un potentiel suffisant pour constituer un vrai renouveau du genre s'il avait bénéficié de moyens et d'idées juste un peu plus plus poussés. On remarque cependant une sorte d'empreint au film, la scène de la fusillade dans l'avion en perdition renvoyant à celle du déraillement du train.

Le rythme soutenu de l'action cache mal la répétitivité du jeu. A ce titre sa très courte durée de vie (quelques heures) est paradoxalement une bonne chose. Le gameplay est simpliste au possible, on tire, on se met à couvert, mais cela ne l'empêche pourtant pas de manquer cruellement de souplesse et de rapidité, à l'inverse d'un Splinter Cell Blacklist ou d'un Watch Dogs. Notre personnage se déplace avec une rigidité souvent handicapante contrebalancée par des animations de bonne facture dans l'ensemble, ennemis compris. L'IA se révèlera très inégale, tantôt létale, tantôt apathique, restant sur ses positions, mais n'hésitant pas à vous déloger à coups de grenade ou de tirs de snipers retranchés à distance. Certains ennemis se révèleront très résistants à vos balles et c'est avec surprise qu'on se retrouve sans munitions et contraint de rebrousser chemin dans le niveau afin de récupérer quelques chargeurs. Il faut aussi signaler la présence de bugs assez violents (freeze des personnages, le nôtre compris, chrono qui défile jusqu'à zéro alors que la mission est achevée depuis un moment) qui ne sont rares que grâce à la durée dérisoire du soft.

L'intérêt est donc très limité surtout si on dissocie le jeu du film duquel il est issu. Car effectivement, sur l'aspect du fan-service et du respect du background connu, là le studio a fait du bon boulot qu'il convient de saluer puisque c'est l'un des points forts du titre qui n'en compte véritablement que deux. Faisant suite directement au long-métrage, le jeu nous permet d'incarner Wesley Gibson alors en croisade contre la Confrérie des Assassins de Paris, ce qui nous vaudra des dialogues en français d'une poésie et d'une diversité remarquables ("Fils de p...! Je vais t'arracher la b...!"). Passé cette surprise, on apprécie la voix-off (VO) du héros qui comme dans le film nous gratifie de quelques réflexions et répliques à l'humour cinglant. La trame est également assez intéressante puisqu'elle prolonge celle du film tout en éclairant des zones d'ombres sur le passé de Wesley, de son père et même de sa mère, se soldant par une chute surprenante. C'est suffisamment rare pour être souligné d'autant que la majorité des jeux AAA ne parviennent jamais à nous passionner autant malgré leurs prétentions en la matière (cf Assassin's Creed IV et Watchdogs). L'occasion de retrouver d'autres personnages familiers comme Sloan (Morgan Freeman) ou Pekwarsky (Terence Stamp). Au final ce scénario inédit prolonge très efficacement l'expérience offerte par le film et tous les fans sauront apprécier la chose à sa juste valeur indépendamment des nombreuses tares du jeu.

L'autre réussite est l'emploi des fameuses balles incurvées, iconiques du film. Heureusement, car sans cela, il n'y avait plus rien ou presque à sauver. Visuellement, c'est très réussi et carrément jouissif lorsqu'on parvient à déclencher le ralenti associé qui n'est pas automatique. Sur 360, il faudra presser LT pour viser, puis appuyer sur RB qui sert à choisir la trajectoire avant de relâcher simultanément les deux boutons une fois la trajectoire choisie. Si le ralenti en question n'est pas du même acabit que celui d'un Sniper Elite, suivre la trajectoire de sa balle jusqu'à un ennemi qui se croyait intouchable procure un sentiment de puissance qui vaut presque à lui seul de s'intéresser au jeu d'autant qu'on ne s'en lasse jamais. Une fois bien maîtrisée la technique, on se fera donc un devoir de se lancer des défis, en se positionnant en conséquence quitte à reculer dans le niveau, afin de réaliser des tirs hallucinants qui nous laisseront béats d'admiration. Chaque boss tué augmentera notre quantité maximale d'adrénaline laquelle nous permettra de faire appel à d'autres pouvoirs comme enclencher un ralenti pour shooter à loisir tout en passant d'un couvert à un autre ou la tempête de shrapnel qui libère plusieurs balles pour un résultat explosif. Une fois bien assimilé les diverses possibilités, on finit quand même par bien s'amuser en expérimentant diverses combinaisons.

En guise de bonus, on a droit à la BO du film signée Danny Elfman qui contribue donc énormément à nous replonger dans l'ambiance et à divers codes binaires (à trouver dans le jeu ou dans le DVD du film) qui permettent de débloquer de nouveaux personnages jouables et des modes de jeux. Et si le coeur vous en dit, vous pouvez bien sur terminer le jeu avec la difficulté maximale.

 

 

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