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lundi, 10 octobre 2016

Les Piliers de La Terre 1 : Ellen [Livres/Critiques]

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Après Le Syndrome Copernic, j'avais encore soif de lecture. Comme je l'avais expliqué la narration ne m'avait pas contenté. Je recherchais quelque chose de plus surprenant, de plus original, de moins prévisible, de moins codé.

Etant actuellement très intéressé par l'univers médiéval, j'ai recherché une oeuvre pouvant me contenter dans le fond comme dans la forme sans être trop alourdie par un style documentaire. Un nom est revenu souvent : Les Piliers de la Terre de Ken Follett. Je savais que c'était une oeuvre de référence, et j'avoue que cela me faisait peur, surtout quand on redécouvre la lecture. Mais décidé avant tout à me faire plaisir et à découvrir j'ai écouté les avis très encourageants.

Bien m'en a pris. ce premier volume m'a totalement comblé au-delà de ce que je pouvais en espérer, la lecture dont je rêvais ni plus ni moins.

Le début déjà est très réussi et c'est vital pour moi que je sois immergé dès les premières pages, je dirais même les premières lignes, dans un univers palpable sans être assommé de descriptions à rallonge. le style est à la fois vivant et économe. le moyen-âge est dépeint de manière très crédible, mais Follett va à l'essentiel et pose son intrigue de manière à immédiatement susciter l'intérêt, la curiosité du lecteur.

Après une ellipse temporelle, on suit Tom le bâtisseur et sa petite famille désespérément à la recherche d'un travail. Les temps sont durs pour tous même pour des artisans de sa trempe. Bien que talentueux et besogneux, les conditions sont rarement au rendez-vous et il passe plus de temps à arpenter les routes qu'à oeuvrer sur tel ou tel bâtiment. La faim et la fatigue deviennent le lot quotidien. Sans compter l'avidité de personnages peu recommandables.

Mais Tom a un rêve qui va alimenter ses espoirs en dépit de nombreuses infortunes et le guider au fil des pages et des années : la construction d'une somptueuse cathédrale comme nulle autre pareille.

Le livre aurait pu se contenter de ce simple postulat et l'exploiter paresseusement, mais ce n'est qu'une simple base, ou plutôt le centre de gravité et c'est là tout le génie et le talent de Follett. 

Différents protagonistes vont se succéder sans lien apparent pour finalement lier leur destin de manière définitive ou provisoire sans que l'on devine jamais vraiment les répercussions que cela aura sur l'existence de chacun.

La force de cette oeuvre est de donner au lecteur la sensation qu'elle s'improvise au rythme où il la découvre, de cultiver l'illusion, de gommer les artifices de l'écriture, de camoufler la technique derrière l'art. Comme lâché dans un petit monde ouvert où tout est possible, on explore l'Angleterre du XIIème siècle, passant d'un héros à un autre avec ses forces et ses faiblesses, ses ambitions, ses épreuves, chaque personnage étant lui-même un véritable monde à lui seul, riche d'une multitude d'expériences et de désirs.

Les connexions sont multiples entre les personnages et les évènements et le plaisir de les découvrir est croissant. On entre rapidement en empathie avec eux, à l'exception d'un seul, et on savoure chaque dilemme, chaque décision avec des conséquences inattendues, bouleversant l'histoire et l'avenir de beaucoup.

A l'instar d'un George R.R. Martin avec son Game Of Thrones, Ken Follett privilégie une forme de littérature absolue, vivante et dynamique, brisant les codes inhérents au genre. Les personnages peuvent apparaître et disparaître à tout moment, même si leur importance est avérée. Et ceux qui paraissaient n'être que des figurants vont soudain devenir des éléments essentiels. En respectant la psychologie de chaque être humain, en exploitant sa complexité, il permet de les faire évoluer constamment, renouvelant leur intérêt et celui de l'histoire.

Car les personnages font et défont réellement l'histoire. Poussés dans leurs retranchements, ils doivent s'adapter ou mourir à une époque où le pouvoir et l'avidité dévorent les hommes, quel que soit leur statut. Un véritable jeu d'échecs à taille humaine se met en place et seuls les esprits les plus malins, dans tous les sens du terme, pourront espérer l'emporter. Mais certaines victoires se paieront cher et certaines défaites décupleront la valeur des enjeux.

Exceptés quelques passages un peu longuets sur les moeurs monacales, l'escapade nocturne d'un personnage et la description d'un bâtiment, le livre se lit avec un régal constant, avec cette satisfaction rare de se dire : "Je ne sais pas ce qui va arriver et je serais forcément surpris."

J'ose espérer que le deuxième tome sera du même niveau car la barre est mise très haut et je sais d'ores et déjà que je ne souhaite pas qu'elle redescende.

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Commentaires

Je l'espère aussi pour toi, parfois les œuvres en plusieurs tomes sont de qualité quand même très inégale. Je ne connais pas l'auteur, donc je ne saurais pas te dire ce qu'il en est pour lui habituellement, mais je te souhaite d'autres bonnes surprises avec le second volet. Je m'y lancerai peut-être prochainement. ;)

Écrit par : Elo | lundi, 10 octobre 2016

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