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vendredi, 23 septembre 2016

True Crime New York [Jeux Vidéo/Critiques]

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Trop en avance sur son temps et pas seulement parce qu'il n'avait pas les moyens de ses ambitions. Cliquez sur la jaquette pour découvrir une vidéo de gameplay.

Le Tron des Open World

Il fallait bien que je finisse par consacrer un article entier à ce jeu à force de le citer en exemple (cf Watch_Dogs et La vie et le Vivant dans les mondes Ouverts).

Le premier True Crime (Los Angeles) avait déjà amorcé un renouveau avec la possibilité d'incarner un flic (plein d'humour de surcroît) et un scénario d'une grande souplesse. Pensez, on pouvait échouer à une mission, l'intrigue principale se poursuivait en prenant en compte cet échec, produisant un axe narratif alternatif, tout en offrant au joueur la possibilité de refaire la dite mission. Oui et c'était en 2003, les amis !

Hélas, GTA monopolisait déjà toute l'attention ou presque et ce sont davantage les défauts de cette nouvelle licence que ses innovations qui ont marqué les joueurs (faut dire qu'en y rejouant la caméra horizontale est tout simplement aberrante !)

Heureusement, le succès a été suffisamment au rendez-vous pour qu'une suite voit le jour. Ca commençait cette fois à New York (dit La Grosse Pomme) comme un GTA, c'est à dire dans un milieu gangster, mais après l'intro, Marcus Reed, le héros, changeait d'orientation et rejoignait les recrues de la police.

Déjà il y avait le souci du détail, puisqu'on était pas immédiatement gradé. On devait d'abord faire ses preuves avec l'uniforme, tout en sachant qu'en cas d'abus de pouvoir reconnu, on pouvait plus tard être rétrogradé, redevenir ce bleu et devoir à nouveau se coltiner des taches ingrates. Et puis progressivement, en explorant une mégalopole intégralement reproduite (plus dans la taille que dans les détails) on découvre l'ampleur du titre laquelle, je ne me lasse pas de le dire, peut encore largement rivaliser avec des jeux récents.

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Et oui chaque discipline de combat inclut plusieurs attaques spéciales !

Car dans True Crime NY, on peut quasiment tout faire en matière d'interaction. Le studio Luxoflux voulait ni plus ni moins faire un jeu qui soit la réunion du meilleur de tous les jeux. On a donc droit à un système de combat au corps à corps très poussé que ce soit en terme d'animations ou de méthodes puisqu'on aura à notre disposition plusieurs styles de combat allant du karaté au combat de rue en passant par le taekwando. Egalement un système de tir développé avec une localisation des tirs et un bullet time s'il vous plait ! L'arsenal est lui aussi très complet que ce soit au corps à corps ou à distance avec des armes aussi variées que le sabre, le taser, le sniper. On pourra tirer en conduisant (avec un bullet time s'il vous plait !) et même balancer des clous sur la route pour crever les pneus des méchants !

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Et oui ! Marcus peut même tirer avec une arme dans chaque main ! Avé un p'tit ralenti c'est encore plus classe !

Ces trois aspects (combat, tir, conduite) possèdent d'ailleurs un petit système d'évolution propre. Loin d'un RPG, certes, mais quand même pour l'époque c'est vraiment appréciable.

Autre détail qui démontre le souci de conserver un certain réalisme, Marcus ne peut pas porter toutes ses armes sur lui, il devra, pour en changer, se rendre à son coffre de voiture où elles sont stockées.

Dans la ville de nombreux objets sont destructibles et c'est encore plus vrai dans les intérieurs certes redondants, mais nombreux (hôtels, pharmacies, épiceries, entrepôts, boites de nuit) et très accessibles contrairement à ce qui s'est fait sur la génération suivante. Au point que tous les meubles sont destructibles et que leurs débris une fois ramassés pourront vous servir d'arme improvisée.

Mais ce n'est pas tout, chaque piéton peut être fouillé pour récupérer des preuves de sa culpabilité qui pourront être déposées à une station de police (ou au central) en échange d'une rémunération ou vendues pour une somme variable de dollars (pas bien !).

Ce qui me permet d'aborder le système de karma. Car si on joue bel et bien un flic, on peut tout à fait choisir les méthodes et l'attitude de Marcus en toutes circonstances. On peut ainsi neutraliser un criminel et le menotter ou bien le trouer comme une passoire. On peut rouler à toute vitesse et écraser joyeusement les passants ou bien respecter un minimum le code de la route (en même temps vu la jouabilité à ce  niveau, on a souvent pas le choix). On peut aussi extorquer les commerçants ou les soudoyer pour obtenir des infos. Il y a même un mini-jeu pour leur soutirer des infos qui nécessite d'alterner correctement les baffes et les intimidations. Bref, vous l'aurez compris on peut jouer les flics intègres ou les flics pourris en permanence ou en alternance, ce qui finalement permet de contenter même les joueurs qui préfèrent incarner des crapules.

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On remarque un effet de route mouillée très réussi surtout pour l'époque. On aurait juste aimé que la conduite soit aussi remarquable car les véhicules ont une fâcheuse tendance à rebondir et à se désintégrer au moindre choc, la première tare entrainant naturellement la seconde !

En tout les cas, plus vous mettez de l'ordre dans un quartier plus le taux de criminalité de celui-ci baissera, passant du rouge à l'orange, puis au jaune pour finir par devenir vert et donc sans danger (ou presque). C'est d'ailleurs là que le bât blesse puisqu'on peut difficilement admettre qu'un seul flic puisse s'acquitter d'une tache aussi ambitieuse que de nettoyer New York dans son intégralité. En outre le jeu perd fatalement de son intérêt (Ca fait un moment que je déteste avoir autant d'influence dans un monde ouvert, comme pouvoir éradiquer une espèce entière, n'est-ce pas Red Dead Redemption ?)

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A droite, un schéma de la carte avec les couleurs indiquant le taux de délinquance pour chaque quartier.

Si on regrette la disparition des axes narratifs alternatifs du scénario qui permettaient d'éviter le game over dans le premier opus, on jubile en découvrant un système d'évènements aléatoire bien plus poussé qui nous fait courir aussi bien après des attentats à la bombe, des braquages, des rixes domestiques, des labos clandestins, des chauffards ou encore des manifs qui tournant mal. Mais encore une fois au lieu de se simplifier la tache, Luxoflux va plus loin en permettant que plusieurs de ces missions secondaires connaissent une issue variable. Vous pouvez tout à fait vous retrouver à poursuivre dans la rue un mari violent ayant fui le domicile suite à votre intervention chez lui. Il y a pourtant un chargement entre l'intérieur et l'extérieur des bâtiments donc chapeau pour la continuité !  (A noter que ce même chargement en revanche vous fera perdre toute arme improvisée acquise au préalable). Et si le criminel décide de monter dans un véhicule pour assurer sa liberté, alors vous devrez vous adapter vous aussi.

Mais vous n'aurez parfois aussi qu'à arborer votre plaque ou bien à tirer un coup de semonce pour que les vilains se rendent.

Voilà quelques exemples de la formidable richesse de ce titre réellement étonnant dans sa diversité et sa crédibilité.

Mais comme je l'ai toujours précisé, toutes ces bonnes idées ne se sont pas faites sans qu'il y ait eu un prix à payer (qu'on accepte ou pas, perso je l'ai vite accepté et je l'accepte encore aujourd'hui). La jouabilité est souvent imprécise, voire calamiteuse (le pilotage) et les bugs d'affichage et de collision sont récurrents de même que les ralentissement, les freeze et les changements soudains de lumière et de météo. Mais c'est comme un jeu Bethesda au final pour ceux qui sont habitués à aller au-delà du (gros) manque de finition. Le plaisir peut être tellement grand qu'on relativise tout ou presque, chaque frustration, chaque grincement de dents apportant dans la foulée son lot de bonnes sensations.

Je n'ose imaginer le plaisir que j'éprouverai à rejouer à ce jeu tel quel dans son contenu s'il bénéficiait "simplement" d'une bonne refonte graphique, d'une stabilité digne de ce nom et d'une jouabilité optimale. Mais même en l'état, si on ne considère donc que le contenu, il s'impose toujours en modèle et de voir qu'aucun jeu ou presque (oui pas même Sleeping Dogs qui s'est construit sur les cendres de feu True Crime 3) n'a poursuivi dans la même voie alors que tout était déjà là. Saints Row 2 est peut-être celui qui s'en rapproche le plus en y réfléchissant. Battlefield Hardline aurait pu vraiment reprendre le flambeau en vue FPS, mais bon ça été loin d'être concluant.

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Il y a d'autres défauts hormis la technique : la difficulté abusive de certaines missions (Meeting Kobi) Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo.

Activision tease actuellement un projet de monde ouvert pour élargir son catalogue et se mettre à la page. Sachant qu'il était l'éditeur des deux True Crime, ce serait vraiment génial s'il en gardait quelques leçons, non ? (On peut rêver !)

 

 

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