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mardi, 13 mai 2014

Hors de Contrôle [Cinéma/Critiques]

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Maintenant, ça va chier !

Policier vétéran de Boston, Thomas Craven (Mel Gibson) assiste impuissant à l'assassinat sauvage de sa fille alors qu'elle profite d'un congé pour venir lui rendre visite. Si la première hypothèse était qu'il était la cible du tueur, Craven réalise au gré de son enquête que sa fille avait récolté de bonnes raisons d'attirer l'attention d'individus peu scrupuleux, jusqu'en haut lieu.

Voilà un thriller policier qui avait tout pour passer inaperçu excepté le come-back de Mel Gibson devant la caméra. On a d'ailleurs été plus d'un à penser que c'était là le seul argument pour aller voir le film malgré la mise en scène de Martin Campbell, responsable de l'un des meilleurs James Bond (sinon le meilleur) comme le rappelle si bien l'affiche.

Et le fait est que Hors de Contrôle nous était présenté comme un énième film avec un Mel Gibson au visage plus buriné, vengeur et de surcroît encore plus autorisé à l'être étant donné l'histoire et son statut de flic dont les spectateurs sont familiers grâce à la saga des Armes Fatales.

Bref, rien ne prédisposait le film à sortir du moule dans lequel il semblait avoir été savamment conçu. Sauf que comme tout film accusé de stéréotype flagrant, si on lui donne la chance de s'innocenter, il peut arriver à nous surprendre surtout si on en attend pas grand-chose. C'est bien le cas ici.

Dans la forme, rien ne le démarque globalement d'un autre film du même genre, si ce n'est une volonté assez évidente de ne pas jouer la carte du spectacle facile. C'est plutôt dans le détail que le film prend toute sa saveur et distille son originalité.

Commençons par dire que Mel Gibson, même s'il a déjà joué des rôles dramatiques similaires, on pense à La Rançon, endosse le rôle à la perfection. Et pas seulement parce qu'il a la mâchoire crispée, l'oeil humide et le coup de poing viril au bon moment. Il en profite pour nuancer davantage son jeu, donnant dans la retenue, ponctuant l'image de silences plus éloquents que les rugissements dont il est coutumier.

En gros, s'il paraît à première vue incarner un héros lambda comme on en a vu des tas, il parvient à lui donner une profondeur et une subtilité qui font qu'on suivra avec d'autant plus d'intérêt son parcours. Les enjeux sont simples, on les comprend vite, il n'y a guère de mystère finalement en tout cas pour le spectateur et paradoxalement c'est cette simplicité affichée, cet aspect épuré dans l'intrigue qui rend l'ensemble singulier. Mais pas que. On sent que l'histoire est loin d'être anodine, que sa résonance politique et sociale sont là pour faire écho à la réalité de notre propre société. Autre qualité manifeste : les personnages secondaires qui loin de se réduire à de simples informateurs, de par leurs actions ou inactions, donnent de l'épaisseur et nourrissent l'aspect dramatique autant que le réalisme. En moins ambitieux, Hors de Contrôle lorgne du côté de The International, sorte de fusion  entre un blockbuster engagé et un documentaire coup de poing dans lequel on serait la petite souris ayant accès à toutes les ramifications d'un vaste complot.

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Ray Winstone incarne le mystérieux Darius Jedburgh, un agent aux intentions douteuses aussi affable qu'inquiétant. Le personnage est tellement intéressant que l'histoire aurait pu être entièrement montrée de son point de vue ce qui aurait constitué un film fort différent, mais tout aussi passionnant si ce n'est plus.

Les scènes d'action sont rares, mais elles ont du coup le mérite d'être justifiées, ce qui n'exclut pas quelques scènes choc, notamment une qui m'a littéralement estomaqué de par sa rapidité et sa violence.

La fin du film, particulièrement originale pour le genre, est la cerise sur le gâteau qui finit de convaincre que Hors de Contrôle est très loin de la bête histoire de Papa Gibson qui veut (encore) faire la peau aux méchants. Retour gagnant donc pour l'acteur et une fois de plus de reconnaître que Martin Campbell est passé maître dans l'art de sublimer tout ce qu'il touche.

Bonus : Martin Campbell, le magicien d'Hollywood

L'occasion était d'ailleurs trop bonne de ne pas rendre un vibrant hommage au cinéaste néo-zélandais (non, il n'est pas mort, mais pourquoi attendre ?) à qui l'on doit aussi Goldeneye, Le Masque de Zorro et La Légende de Zorro (quitte à rater une suite autant que ce soit moi qui le fasse, dixit Martin), Vertical Limit ou encore Sans Frontière et bien sûr Casino Royale (oui ressusciter deux fois James Bond dans une seule carrière, ça force le respect !)

Car s'il y a bien un réalisateur de blockbusters hollywoodiens que je respecte et que j'estime particulièrement c'est bien Martin Campbell. Non content de diversifier sa filmo au maximum en passant allègrement d'un genre à un autre, le bougre s'est fait une spécialité depuis longtemps de ressusciter les genres, les sagas et les acteurs, avec une réussite quasiment égale, le succès publique et critique faisant écho à chaque fois. L'exception étant son dernier film en date, Green Lantern qui souffrait peut-être d'un héros de comics un peu trop fade, certes, mais les bases qui étaient posées étaient suffisamment originales et solides pour envisager un développement. La qualité de Thor, lui aussi mélange de comics et de space opera, est très contestable, mais cela n'a pas empêché le dieu nordique d'être adoubé. Faut croire que Marvel laisse peu de place dans le coeur des spectateurs pour DC Comics hormis les indétrônables Batman et Superman. On verra le sort réservé à Wonder Woman si tant est qu'elle arrive à nous convaincre dans la très attendue confrontation entre les deux mythiques super-héros (oui, je sais ! Batman n'est pas un super héros, mais le plus grand détective du monde !) 

 

 

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