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vendredi, 16 mai 2014

Voter pour Résister [Société]

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Dans le film Fight Club, Tyler Durden (Brad Pitt) l'énonce très clairement : on a pas eu notre guerre. Est-ce pour autant la seule raison qui explique l'inéluctable dérive de notre génération vers une apathie, un désespoir dont nous sommes devenus esclaves consciemment ou non ?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, mais le fait est que la guerre peut prendre bien des formes en soi dans la société qui est la nôtre. Les armes aussi d'ailleurs. Chacun de nous est un soldat, un résistant, un collabo ou un citoyen qui plonge la tête dans le sable en attendant que la tempête passe, qui ramasse les miettes où elles tombent.

Et si notre guerre était d'en finir avec la dictature du capitalisme et par extension avec la politique d'aujourd'hui ?

Nous convaincre que nous ne sommes pas en guerre, qu'aucune lutte digne de ce nom ne mérite qu'on monte au créneau est sans doute le piège dans lequel on peut facilement tomber. Nous méritons une meilleure société tout comme nous devons aussi la mériter. Nous sommes le peuple, la démocratie c'est nous, de qui d'autre le changement peut-il venir ? 

Ce qui m'amène naturellement au vote. Le vote c'est l'expression même du choix, du libre-arbitre, l'acte diplomatique par excellence. C'est un privilège durement acquis, faut-il le rappeler ? Et bien oui. Mais concrètement est-ce que le vote aujourd'hui reflète toujours ces valeurs que je viens d'énumérer ? Entre le nombre croissant d'abstentionnistes, le vote contestataire, le vote blanc. Oui, le vote blanc a une valeur, même si tout est fait pour ne pas la reconnaître, un constat qui à lui seul remet directement en question cette fameuse démocratie.

Parce que que voit-on de plus en plus et qui est le parfait symptôme d'une politique fantoche : si aucun parti ne nous satisfait, ce qui concerne probablement une majorité de citoyens, que se passe-t-il, qu'avons nous comme possibilités ?

- L'abstention. Quand on est blasé et qu'on ne réfléchit pas trop aux conséquences, c'est une solution qui parait concevable. Sauf qu'en faisant cela, on se prive ni plus ni moins de participer au changement de la politique et de la société. Quand on voit dans quel état sont l'une et l'autre, ne pas voter est un acte de moins en moins défendable. S'abstenir ce n'est pas se retirer de l'équation, c'est sacrifier son pouvoir personnel, sa responsabilité. C'est encourager le pourrissement. Mieux vaut encore se déplacer et voter blanc. Un nombre important d'abstentionnistes indique que les citoyens sont désespérés, paumés, ils ne croient plus, ils se soumettent bon gré mal gré au futur résultat. Un nombre important de votes blancs montrent que les citoyens s'intéressent à l'avenir de la société, mais contestent l'éventail de choix qui leur est imposé. C'est implicite, mais c'est important de le rappeler au regard de ceux qui nous dirigent.

- Le vote contestataire que j'appelle vote par dépit ou par désespoir. On vote non pas pour un parti, mais contre un parti, on choisit de deux maux le moindre. Mais ce faisant on sabote complètement notre pouvoir de décision et la valeur du vote. On a probablement tous fait ça une fois, à un deuxième tour. J'ai le choix entre un salaud ou un connard. Qui vais-je soutenir ? Le problème c'est que c'est forcément un enfoiré qui va passer et on le sait bien. Dans ce cas là, où est le droit du citoyen, où est le choix ? Pour le coup, le vote blanc en tant que suffrage parait s'imposer de lui-même.

- Le vote blanc : bah, oui, il devrait faire partie intégrante du système de vote, parce qu'il dit de manière éloquente : je ne suis d'accord avec aucun des partis qui me sont proposés ou de manière plus brute de pomme : non, mais vous rigolez, je vais pas voter pour ces bâtards !!!  Si le citoyen pouvait exprimer ainsi son mécontentement de manière officielle, une profonde remise en question serait dès lors inévitable. Et c'est sûrement pour cette raison que le vote blanc ne gagne pas le statut qu'il mérite et qu'il a fini par donner naissance à un parti à lui seul : le parti du vote blanc. Imaginez si le vote blanc comptait comme une voix et que la majorité des citoyens votaient blancs ! Il faudrait alors créer une vraie alternative. Peut-être créer un parti de toutes pièces, mais pas à partir de la sphère politique classique qui ne fait plus ses preuves depuis longtemps, mais à partir d'un mouvement citoyen. Rendre le pouvoir au peuple. La vraie démocratie.

Revenons à la réalité, le vote blanc ne compte pas pour une voix. Au mieux il sera bientôt dissocié du vote nul. Par contre, un parti politique né d'un mouvement citoyen, d'une ferme volonté de proposer une alternative à une politique corrompue et faussement démocratique, de replacer le citoyen au coeur des choses, un tel parti existe déjà.

Oui, ce parti existe déjà et il se présente aux européennes. Vous l'ignorez peut-être et vous ouvrez de grand yeux emplis d'incrédulité, de suspicion. C'est tout à fait normal. Mais c'est en cela qu'écrire cet article est pour moi un devoir civique. Alors plutôt que vous en vantez les mérites, les vertus, je vous encourage vivement à le découvrir en détails, pour que, quel que soit votre décision le 25 mai, vous agissiez en connaissance de cause. Changer notre société c'est notre guerre à nous. Donner sa chance à un nouveau parti n'est peut-être pas une finalité, la solution définitive, mais c'est assurément une étape vers l'objectif ultime : une société à visage humain. Tous les soldats d'une guerre participent à la victoire, qu'ils y survivent ou non n'y change rien. Nous ne verrons peut-être pas la société idéale de notre vivant, mais de savoir que nous pouvons participer à sa création d'une manière ou d'une autre, à notre niveau, est en soi déjà une victoire, non ?

 

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