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mercredi, 08 janvier 2014

Compliance [Cinéma/Critiques]

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La gérante d'un fast-food apprend que l'une de ses employées a volé de l'argent à une cliente. Le policier,  étant dans l'incapacité de se déplacer, va faire de la gérante sa subordonnée afin qu'elle trouve l'argent par tous les moyens, par la seule entremise du téléphone et de l'autorité.

Quelque part entre Phone Game et Trust, Compliance est un huis-clos, basé sur des faits réels, pour le moins dérangeant. Si au départ la situation semble simple : l'employée est soit innocente soit coupable, la problématique va progressivement se déplacer sur la nature et la justification des humiliations qu'elle subit en lien direct avec une révélation faite assez tôt dans le film. Révélation qui, si elle avait été montrée beaucoup plus tard sous forme de chute, aurait sans nul doute modifier l'impact et le ressenti général. Mais plutôt que sur l'effet spectaculaire d'un thriller le réalisateur a choisi de se concentrer sur les mécanismes et instincts de la nature humaine dans une situation extrêmement inhabituelle où les repères sont faussés et où ne subsiste plus que les réflexes primitifs. Autant dire pas les meilleurs.

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Comme dans Phone Game, une simple voix va suffire à semer le désordre dans plusieurs vies. Sauf qu'ici, la menace est plus subtile puisqu'elle se nourrit des failles de chacun.

Le film entier repose donc sur la psychologie des personnages, la notion de libre-arbitre et de soumission à l'autorité. Le spectateur est forcément impliqué dans les questionnements, les doutes, les limites que soulève la procédure, ce qui fait évidemment tout l'intérêt et la force du film.

Il serait tout de même bon de savoir jusqu'où le drame (car c'en est bel et bien un) a été, car les deux scènes les plus dérangeantes le sont moins par la perversité qui s'en dégage que par la crédibilité qu'on peut leur accorder. On a beau savoir les personnages fragiles, faibles, on peine énormément à accepter qu'une telle limite puisse être dépassée dans le contexte qui nous est présenté. Surtout en ce qui concerne l'employée dont on ne comprend pas tout à coup cette absence totale de refus au pire moment. Il aurait fallu des détails supplémentaires sur sa personnalité, sa vie pour pouvoir l'expliquer. En l'état, c'est le talon d'Achille du film car cela passe pour des actes un peu trop gratuits et sensationnalistes.

Mais d'apprendre que cela s'est réellement passé dans ces conditions n'en serait, il faut l'avouer, que plus révoltant et éloquent sur la condition humaine qui a maintes fois prouvé, il est vrai, sa capacité à produire des schémas comportementaux aberrants.

Excepté donc ce chapitre sensible, le film fonctionne parfaitement et interroge clairement notre conscience en dénonçant cette forme de résignation animale dont l'être humain apprend un peu trop vite à faire un réflexe de survie.


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