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mercredi, 27 juin 2018

World War Z [Cinéma/critiques]

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Que ce soit en jeux vidéo, en séries ou en films, on peut dire que les Zombies sont devenus LA poule aux oeufs d'or. Les amateurs s'en lèchent sans doute les doigts, les autres essaieront de passer au travers de cette manne financière avec plus ou moins de succès.

Il reste que le zombie est un puissant vecteur émotionnel et thématique. Spectaculaire ?

C'est la direction prise par ce World War Z en nous proposant des séquences fortes où les zombies apparaissent extraordinairement rapides, kamikazes, parfaite incarnation de l'avidité qui les caractérise.

World War Z commence d'ailleurs très bien avec une manière subtile d'introduire les morts-vivants au milieu d'un bouchon en plein centre-ville d'une mégalopole. On les repère fugitivement du coin de l'oeil, un visage suspect, un membre qui se tord étrangement à travers un pare-brise, comme une menace latente camouflée au milieu de ses futures victimes (tel un terroriste plastiqué ?) toute prête à exploser. La tension est très réussie et augure du meilleur pour la suite.

Sauf que c'est sans doute le meilleur moment du film, le plus maîtrisé.

Car après World War Z se résume à cela :

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En famille : Salut, je suis Brad Pitt, c'est moi le héros du film.

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Au boulot : Salut, je suis Brad Pitt, c'est moi le héros du film.

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En vacances en Ecosse : Salut, je suis Brad Pitt, c'est moi le héros du film.

il y a bien quelques scènes pour tenter de nous montrer le personnage de Brad Pitt sous un jour plus vulnérable (le chantage pour rester sur le bateau, sa blessure dans l'avion, le contrôle d'identité dans le labo), mais en regard de toutes les épreuves qu'il traverse avec un confort et une assurance de plus en plus risibles, c'est hélas bien trop peu pour équilibrer.

Et surtout le fait que la narration tourne autour de lui uniquement saute tellement aux yeux, que les originalités du scénario (et il y en a pourtant) sont plombées une par une. L'un des meilleurs exemples est sans doute son arrivée au mur de Jérusalem (l'une de ces originalités, justement). A peine lui (nous) a-t-on montré les lieux que les zombies décident de sauter le mur pour une raison évidente, mais que seul Brad Pitt réalise, évidemment !

Un moment de tension complètement raté du coup. Heureusement que la mise en scène choc des Zombies en action fait grave le taf, mais ça ne suffira jamais à corriger les énormes tares du film qui ne feront que se répéter jusqu'à la fin.

La présence de l'acteur devient un running gag permanent puisque sa présence seule suffit à déclencher des rebondissements en chaîne. C'est très bien pour le rythme (on ne voit pas passer les 2 heures), mais c'est très mauvais pour la crédibilité.

Car dès qu'un autre personnage est censé cohabiter avec lui et partager les solutions, il est systématiquement mis hors service, parfois de manière sidérante (le scientifique), Brad redevant en moins de temps qu'il ne faut pour le dire le seul véritable héros légitime qui passera donc son temps à agir de manière héroïque parce que...c'est écrit dans le scénario.

Oui le problème c'est que son personnage est tellement peu approfondi, nuancé et expressif qu'il est très vite réduit à une figure, un avatar dans un jeu vidéo où les niveaux de difficulté se succèdent pour se terminer en apothéose (le labo !).

Comble de l'ironie, au moment de faire quelque chose de très simple, à la portée du premier venu (se baisser pour passer devant un zombie et éviter d'être vu) Brad sèchera méchamment et quand on lui montrera l'exemple, il s'exécutera de manière très maladroite.

En tant que comédie, World War Z aurait pu se hisser à des sommets du genre, au premier degré il est un parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire au cinéma.

On lui préférera autrement La Guerre des Mondes de Spielberg avec Tom Cruise pour le traitement très réussi du personnage central et même Je Suis une Légende avec Will Smith, Warm Bodies pour sa relecture du film de Zombies aussi délicieusement décalée que pertinente et enfin Contagion pour sa maîtrise de la tension et du film choral malgré un casting de stars qui aurait pu détruire l'intention.

Bard Pitt est la seule star de World War Z et là où cela aurait pu être une excellente idée pour immerger complètement le spectateur, cela dessert entièrement le film tant son étiquette VIP semble diriger les évènements et les personnages autour de lui. Un beau gâchis.

Le pire dans tout ça ? Le film a tellement cartonné (merci le marketing) que c'est devenu le plus grand succès mondial de Brad Pitt et qu'une suite est en préparation. Ce n'est pas comme si l'acteur nous avait bluffé bien avant dans Seven, Fight Club ou Snatch !

Oui triste, très triste !

 

 

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