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vendredi, 02 mai 2014

Une rencontre [Cinéma/Critiques]

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Ecrivain à succès fraichement divorcée, sans réelle attache autre que ses trois enfants, Elsa rencontre Pierre, avocat émérite, mari comblé et père de deux enfants.  Réunis par un ami commun lors d'une soirée, ce qui pouvait n'être qu'un échange plaisant, mais sans conséquence va devenir au gré du seul hasard un jeu amoureux à la fois dangereux et excitant, une tentation à retardement, une aventure sur le fil du rasoir.

Des films sur des amours complexes et contrariés, il y en a pléthore. Comment Une Rencontre qui traite une histoire vue et revue peut-il renouveler le thème, lui redonner de l'intérêt ?

Pour ce faire la réalisatrice Lisa Azuelos (qui incarne Anne, la femme de François Cluzet), visiblement très inspirée, a réuni pas moins de trois grandes idées.

La première : jouer en permanence sur la perception des protagonistes et par là même sur celle du spectateur puisque son regard finit par épouser celui de Elsa et Pierre, au point, comme eux, d'être égaré entre fantasmes et réalité. L'immersion est donc très réussie et rappellera des souvenirs à celles et ceux qui ont connu une situation similaire. L'envie d'être avec l'autre se conjugue au féminin et au masculin, quel que soit le contexte et met sur un pied d'égalité la passion du point de vue de chaque sexe car chacun a des raison d'être tenté, mais aussi et surtout d'être raisonnable. Pierre a renoncé aux frivolités, il est heureux avec sa famille et veut le rester. Elsa est disponible, mais elle respecte trop l'idée du couple pour vouloir incarner la maîtresse de service, rôle qu'elle juge dégradant au demeurant.

Deuxième bonne idée : en réduisant la durée du film (moins d'une heure et demie) et en renonçant à filmer de manière conventionnelle, la réalisatrice dynamise énormément la narration et l'émotion. La mise en scène, le montage et la BO sont au diapason, surprenant le spectateur, le déroutant et distillant mine de rien une atmosphère très originale, subtile, délicieusement fantasmagorique. Tout cela sublimé par un angle final lorgnant carrément du côté de la métaphysique. Difficile d'en demander plus.

Troisième bonne idée :  malgré le sérieux de son sujet, le film baigne dans une gaieté très communicative grâce à l'énergie et au charme de Sophie Marceau (Lol) et de François Cluzet (Intouchables) tous deux passionnés et passionnants qui donnent beaucoup de corps et d'esprit à cette fulgurante rencontre. Il faut aussi ajouter en arrière-plan de cette idylle sulfureuse des rapports intergénérationnels pimentés, mais toujours rafraîchissants, que Lisa Azuelos avait déjà largement exploré dans Lol, et qui contribuent à donner une légèreté à l'oeuvre sans pour autant tomber dans l'ironie.

A noter la présence toujours appréciable de Alexandre Astier (Pop Redemption), qui avait déjà partagé l'affiche avec Sophie Marceau dans Lol justement, cette fois dans le rôle d'un ami de François Cluzet qui se veut la voix de la conscience.

Ce qui pouvait donc se présenter à première vue comme une énième version d'un amour adultère pas forcément très original et joyeux se révèle au final un petit bijou plein de vie et de fantaisie qui innove sur le fond et encore plus sur la forme au point de pouvoir prétendre séduire les cinéphiles habituellement allergiques aux romances sur grand écran. Rien que pour ça, Une Rencontre constitue un rendez-vous à ne pas manquer. On a déjà vu moins d'inventivité dans des films qui se voulaient, eux, bourrés d'imagination.

 

 

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