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samedi, 19 avril 2014

PEGI : l'évolution à pas de fourmi ! [Jeux Vidéo/Société]

La nouvelle est tombée il y a quelques jours : notre assemblée nationale a voté un amendement pour reconnaitre officiellement la classification PEGI et ses vertus, seul (faible) rempart entre des jeux vidéos de plus en plus adultes et accessibles dans leur contenu et des joueurs de plus en plus jeunes et tentés d'y poser les yeux (évidemment).

Ce qui n'était jusqu'alors qu'une simple recommandation deviendrait de ce fait obligatoire puisque désormais  sous couvert de la loi ? Les articles me paraissent encore trop flous à ce sujet. Mais c'est pourtant ce qu'il importe de savoir et d'énoncer clairement.

En relisant un article, j'ai compris que le PEGI sera obligatoire dans le sens où la France n'acceptera de vendre des jeux que s'ils sont estampillés PEGI et que le contenu sensible y est clairement affiché. Mais il demeurera visiblement qu'une simple recommandation en ce qui concerne l'âge des joueurs, ce qui est d'une absurdité totale. Pourquoi faire les choses à moitié ? Pourquoi ? Parce qu'on a des années de retard, parce qu'on ne prend pas le taureau par les cornes, on brode, on temporise, on fait dans la symbolique, mais personne n'ose mettre les pieds dans le plat. Le réalisme et la violence des jeux sont en train de monter d'un cran, on astique déjà les casques de réalité virtuelle et pendant ce temps les politiques se félicitent d'avoir assimilé le PEGI. C'est à pleurer, mais pas de rire !

Voici les textes de loi, un grand merci à Shiva pour ses éclaircissements et ses recherches ci-dessous :

L'article du SEll

Amendement N°68

Amendement N°344

Extrait de l'amendement N°68 :

Ainsi, la loi du 17 juin 1998, relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs, a prévu que ces supports fassent l’objet d’une signalétique spécifique. Il était prévu que l’administration fixe les caractéristiques de cette signalétique – ce qui ne s'est pas fait de façon satisfaisante.

Le paragraphe souligné explique bien la raison de ce choix : l'administration avait la possibilité de faire quelque chose mais elle n'en a jamais eu les moyens. Du coup, on laisse le privé endosser le rôle d'un service public... (Shiva)

Autre changement annoncé : une signalétique plus claire et détaillée sur les jaquettes comme en magasins, ce qui ne serait évidemment pas du luxe, les parents étant encore bien trop ignorants à ce sujet.

La signalétique elle-même sera intégralement gérée par les éditeurs de jeux eux-mêmes, ce qui peut paraître peu objectif et risqué. L'assemblée a visiblement misé sur la confiance. Espérons qu'elle sera méritée et pas l'origine de nouveaux débordements qui viendraient saboter cette prise de conscience.

Mais quoi qu'il en soit, il demeure une problématique de taille qu'on ne mentionne nulle part : la sensibilisation et la responsabilisation devant nécessairement accompagner cette volonté de mieux protéger les mineurs. Parce que faire l'apologie d'un système alors que rien ou presque auparavant n'a facilité son assimilation relève de l'hypocrisie.

Le rôle des vendeurs est primordial dans cet enjeu. Pourtant il n'apparaît nulle part dans cette évolution. Si le PEGI est effectivement obligatoire, il apparaît inconcevable que les commerçants les plus laxistes continuent à respecter la signalétique selon leur bon vouloir en dépit de leur indéniable responsabilité à ce niveau. La présence d'un parent aux côtés de l'enfant et son accord ne devrait plus également de ce fait être un argument suffisant pour ignorer la classification.

Et si aucune campagne de sensibilisation digne ce nom à l'échelle nationale via tous les médias disponibles n'est pas mise en place, encore une fois, les intéressés passeront à côté et cette victoire se transformera vite en poudre aux yeux. On garde encore en mémoire le notoirement désastreux spot du PEGI pour se valoriser auprès des familles qui au lieu de décrypter son système et faire reconnaître ses bienfaits, ne faisait que creuser le fossé des générations en caricaturant l'aspect geek et élitiste du jeu vidéo. Ou comment se tirer une balle dans le pied. Plus maladroit, tu meurs !

Oeuvrant personnellement et énergiquement depuis l'année dernière pour une meilleure reconnaissance du PEGI aux yeux de tous (politiques compris) je ne peux que me féliciter de cette avancée. Il serait prétentieux de ma part de penser que j'ai pu y jouer un rôle, mais ayant reçu une réponse positive et encourageante d'un courrier alarmant envoyé à la ministre des Affaires Sociales et de la Santé Marisol Touraine, j'aime à penser que mon initiative a pu nourrir d'une manière ou d'une autre la réflexion et la faire progresser dans le bon sens.

Mais triste consolation quand on constate le décalage entre les besoins réels et les actes. Moi qui avais remis à plus tard un projet de pétition en ligne, il va sans doute falloir remettre ça au goût du jour...

 

Lire mes articles précédents à ce sujet

 

 

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