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dimanche, 18 août 2013

Michael Kohlhaas [Cinéma/Critiques]

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Afin de pouvoir payer un droit de passage, Michael Kohlhass, un seigneur sans histoire, laisse deux magnifiques chevaux en gage au baron local. L'état dans lequel il va les retrouver à son retour va être le point d'origine d'une croisade qui va mettre la région à feu et à sang.

Adapté d'un roman emblématique de Heinrich Von Kleist, cette adaptation très épurée d'Arnaud des Pallières va à l'essentiel. Peut-être un peu trop. Si la prestance, l'oeil d'acier et la mèche rebelle de Mads Mikkelsen (le méchant de Casino Royale) font merveille dans le rôle-titre, l'intrigue, elle, est sans réelle surprise. Son issue se devine longtemps à l'avance si bien qu'on subit plus qu'on ne savoure la dernière partie qui ne semble être là que pour amener un dénouement inexorable. Lequel fait tout de même son effet, il est important de le préciser.

Le rythme lent et les plans statiques des personnages et des paysages est un parti pris artistique qui peut servir autant que desservir. En l'occurrence ils vont de pair avec le personnage et son histoire, très terrestres, très ancrés dans une réalité dont l'époque est subtilement évoquée sans jamais prendre le pas sur le fond.

De ce côté, les décors et la lumière naturels nourrissent plutôt bien l'ambition du cinéaste.

Un choix qui, lui, parait plus discutable, est l'emploi fréquent d'ellipses que ce soit d'un point de vue spatial ou temporel, perturbant régulièrement la compréhension du récit, paradoxalement simple au demeurant. Les personnages disparaissent et réapparaissent sans explication et le temps que le spectateur passe à assimiler l'information il ne le passe pas à faire corps avec la narration et la perception du héros d'où une grosse perte en terme d'émotions. Ce qui est regrettable car certaines scènes étaient propices à instaurer une intensité qui manque incontestablement à l'ensemble de l'oeuvre en dépit de son propos. La conversation entre Michael et le dévot (incarné efficacement par Denis Lavant) est sans doute l'une des scènes les plus mémorables, peut-être parce qu'elle renvoie, dans une moindre mesure, au Jeanne d'Arc de Luc Besson dans lequel l'héroïne est confrontée à sa conscience et à ses propres démons.

Les évènements vont resserrer les liens entre Michael et sa fille, Lisbeth.

Certains éléments demeurent délibérément obscurs comme la véritable motivation de Michael à se lancer dans cette croisade ainsi que la manière dont il parvient à rallier le peuple à sa cause.

Le réalisateur filme les corps et les paysages en toute liberté, mais ne fait que suggérer une violence qui autrement aurait été insoutenable. La vision des chevaux blessés et crottés de Michael au début du film suffisant à elle seule à écoeurer le spectateur et faire de lui un partisan immédiat de la cause de ce héros tragique.

La musique elle aussi toute en sobriété est rare et vient souligner par ses motifs répétitifs la lente marche de Michael vers son destin. Les cris stridents et pleins de vie d'un bébé, d'un porcelet et d'un âne venant contrebalancer la mort omniprésente.

Au final Michael Kohlhaas comblera les cinéphiles amateurs de cinéma sobre et charnel. Mads Mikkelsen, qui a appris notre langue sur le tournage, porte véritablement le film sur ses épaules et le film lui-même donne furieusement envie de découvrir davantage cet acteur charismatique (Bonne nouvelle, il incarne Hannibal Lecter dans une série à venir) tout comme il incite vivement à se plonger dans le livre afin d'éclaircir les zones d'ombre et se repaître d'un récit plus dense en terme d'émotions et de rebondissements.

 

 

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