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vendredi, 12 octobre 2012

Signe Charnel [Fanfic Far Cry 3]

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Cette fois, ses dents s’enfoncèrent plus profondément encore dans ses lèvres, perçant la chair sous la pression exercée. Le sang perlant des gerçures de la muqueuse lui coulait lentement dans la bouche, agaçant ses papilles par son goût cuivré. Mais la vraie douleur n’était pas celle qu’il s’infligeait lui-même, du moins pas celle pour laquelle il priait afin de la voir cesser dans l’instant. Sous ses pieds, les braises achevaient de lui carboniser la voûte plantaire, et lui, faisait de son mieux pour retenir ses hurlements. Les larmes qui rigolaient sans un son le long de ses joues gouttaient sur les charbons ardents, se transformant en vapeur avec des sifflements aigus. Quand, face à lui, la prêtresse fit signe de faire cesser l’initiation, Rajatan se décida enfin à perdre connaissance.

Il l’avait fait. Le premier test. Sur son épaule gauche se dessinait déjà une spirale sombre habilement dessinée, l’encre du tatouage rougissant les contours du tracé. Cela représentait une épreuve, la première d’une longue série qui s’achèverait par sa consécration en tant que guerrier rakyat. Depuis sa naissance, depuis qu’il avait vu les ornementations fleurir sur les bras et le torse de son père, Rajatan avait toujours été fasciné pour ces écritures mystérieuses, au sens bien plus profond que celui de simples dessins. C’était un code, une identité. Une part même de l’individu, définissant la personne sans que celle-ci n’ait à prononcer le moindre mot. Elle imposait le respect, ou frappait de terreur le cœur de l’ennemi. Mais plus encore, elle rappelait les marquages des bêtes rôdant dans la forêt. Les seuls vrais seigneurs de l’île, qu’il avait toujours portés en adoration. L’un tout particulièrement : le tigre, et ses rayures si proches des marques ornant à présent son bras.

« Tu as passé le premier rite d’initiation… ; déclara la prêtresse rakyat qui s’avançait vers lui alors que deux des guerriers lui bandaient les pieds à l’aide de feuilles d’aloès ; Tu fais désormais partie des nôtres, tout comme ton père en son temps. Ta route sera longue et difficile : il te faudra suivre le chemin du chasseur et celui du guerrier, être aussi rapide que le vent, aussi silencieux que le serpent qui glisse sans bruit dans l’herbe. Tu vas devoir apprendre à te battre. A tuer. Repose-toi en prévision de ta prochaine épreuve. Alors tu apprendras quelles sont les vraies lois, et qui tu es réellement. ».

Alors que Citra et ses hommes quittait la hutte, Rajatan se remémora les phrases de la chamane. Son père lui avait également dit que tout était écrit, que nul n’échappait à son destin et que seuls les vrais guerriers en apprenaient la signification. Alors, il n’y avait plus de raisons de craindre la douleur ou la mort : on ne pouvait pas y échapper. Seule comptait sa place dans le cycle : proie ou prédateur. Mais sa place, Rajatan la connaissait déjà. Il en avait eu la preuve concrète un jour où la jungle elle-même avait décidé de communiquer avec lui.

Il était inconscient à l’époque. Des dangers, des menaces que recélait la forêt. Il avait suivi le macaque sans la moindre crainte, s’enfonçant dans les buissons après un animal presque aussi grand que lui. Quant le singe avait entreprit de grimper à un arbre, il l’avait regardé faire, assis au milieu des fougères sans porter la moindre attention aux alentours. Et puis le tigre était arrivé. Un vieux mâle, à l’épaisse crinière latérale. Le fauve s’était avancé vers lui, sans un son, alors que le garçonnet fermait les yeux pour se mettre à pleurer en silence. Le prédateur l’avait jaugé de ses yeux couleurs miel, balayant de ses larges moustaches le visage maculé de boue de l’enfant. Sa truffe humide avait lentement caressé son front, reniflant avec force afin de déterminer à quelle créature appartenait ce rejeton des plus inoffensifs. Quant son odorat avait eu la réponse, il avait tourné les talons, repartant au plus profond de la jungle. Tuer cette chose pathétique l’aurait sûrement nourri convenablement, mais alors on lui aurait donné la chasse. A lui, le seigneur de la jungle, comptant bien le rester pour quelques années encore. Bien entendu, Rajatan n’avait pas conscience des réelles motivations qui

animaient le félin, interprétant son comportement anormal à sa manière. La bête l’avait choisie, et son nom l’y prédestinait. Il était Rajatan. L’homme-tigre.

L’eau de la rivière était agréable, chauffée à blanc par les rayons ardents du soleil. Les algues rugueuses lui frôlaient les mollets alors qu’il évoluait au beau milieu du marécage, seul, sur un territoire n’appartenant pas à la tribu. Un coup de feu dans le lointain lui fit relever la tête. Les pirates, à n’en pas douter. Des individus sans scrupules ni morale, qui si considérés comme des hommes rabaisserait plus bas que terre la notion de genre humain. Ils étaient des bêtes, tuant pour des liasses de papier vert ou simplement pour le plaisir. Rajatan lui aussi avait apprécié le fait de leur ôter la vie, à quelques reprises, lui valant plusieurs nouvelles ornementations charnelles, disposées selon sa volonté comme de longues bandes sombres incroyablement détaillées. Il était en bonne voie. Bientôt, il serait devenu un tigre. Comme il l’avait toujours souhaité.

Un remous quasi imperceptible troubla la surface du marigot à un mètre à peine de Rajatan, faisant trembler la dense couverture de lentilles d’eau. La faible profondeur n’était pas un facteur rassurant, dans la mesure où des créatures bien plus dangereuses que de simples poissons vivaient dans ses eaux. Son couteau de plongée en main, le jeune homme fixa la surface du marais, son cœur battant la chamade. Il y en avait un, il en était sûr. Le tout était de ne pas se laisser surprendre. De toujours frapper le premier.

La gueule protubérante du saurien jaillit hors de l’eau sans prévenir, sur la gauche de Rajatan. Surpris, le guerrier bondit sur le côté, évitant l’étau mortel qui se referma en un claquement sonore. L’eau se mit alors à tourbillonner alors que le reptile le contournait, cherchant à le prendre à revers. La seconde fois où l’animal attaqua, Rajatan évita les mâchoires écailleuses pour ensuite les agripper, maintenant la gueule fermée à la seule force de ses bras alors que le crocodile marin entamait sa ronde de la mort. Les centaines de kilos de muscles du reptile tordaient ceux du jeune homme, le noyant à moitié alors que la créature effectuait des tonneaux sur le fond vaseux. A plusieurs reprises, Rajatan sentit son crâne heurter un rocher ou une branche enfouie dans le limon boueux, alors que peu à peu ses poumons se vidaient de l’oxygène qu’ils contenaient. Son arme toujours à la main, il la leva avant de l’enfoncer dans l’épais cuir dorsal du saurien, juste au niveau de l’une des arêtes osseuses. Sous les convulsions du crocodile, Rajatan sentit sa lame déraper sur sa main, lui arrachant un hurlement de douleur transformé en une nuée de bulles.

La large écaille en forme de plaque finit par lâcher, alors que le jeune guerrier émergeait la tête hors de l’eau, lâchant prise. Il sentit la queue puissante du reptile lui heurter violemment la jambe alors que l’animal disparaissait dans les profondeurs du marécage, surpris d’avoir eu affaire à une proie qui n’en était pas une. La vilaine entaille lui zébrant la main saignait abondement mais Rajatan n’y accordait aucune attention : entre ses doigts couverts de vase, l’énorme écaille vert sombre brillait d’une lueur étrange. La même que celle qui ne tarderait pas à s’ajouter à sa collection de tatouages.

« Tu as réussi la dernière épreuve… » concéda Citra alors qu’elle recevait le jeune homme dans sa hutte personnelle, enfumée par les senteurs étouffantes d’encens et de plantes locales occupées à brûler dans des vasques prévues à cet effet. Dans la semi pénombre qui baignait la case en bambou, l’ambiance était on ne peu plus mystique, les quelques flammèches des bougies de graisses éclairant juste assez pour que Rajatan puisse fixer la prêtresse dans les yeux. Elle avait un regard profond. Magnétique. Comparable à celui d’un serpent qui danse tout en hypnotisant sa proie, serpent à qui il fallait ajouter la grâce féline d’une de ces panthères mélanisées qui rôdaient parfois la nuit aux abords du village. Elle avait quelque chose d’envoûtant, qui donnait la chair de poule et faisait brutalement monter la tension. Quant elle effleura de sa main l’épaule de Rajatan, celui-ci ne put s’empêcher de s’imaginer des choses. Autant de scénarios impossibles qui lui coûteraient non seulement sa place dans le clan, mais peut-être aussi sa vie.

« Le temps est venu pour toi de découvrir ton symbole. Celui qui guidera ta vie. L’animal en qui tu trouveras la force, et que tu devras renoncer à tuer si tu veux rester en vie sur le chemin que tu as pris. Laissons les esprits nous dire qui tu es vraiment… ». D’un geste vif, elle attrapa une bourse en cuir dont elle vida le contenu sur sa table de bois sombre. Les os de chauve-souris chutèrent un à un avec un cliquetis quasi mécanique, dessinant quelque chose que Citra semblait être la seule à pouvoir décrypter. Quoi qu’elle puisse y voir, Rajatan connaissait déjà sa réponse. Le tigre. Le seigneur de la jungle. Le seul vrai roi de l’île, qui chasserait les pirates et ramènerait l’équilibre. Lentement, la prêtresse releva la tête, prononçant deux mots tout en regardant le visage de l’homme lui faisant face se décomposer. « Le cerf. ».

« Il a du y avoir une erreur… ». Les sourcils de la chamane se froncèrent. « Les esprits ne commettent pas d’erreur. S’ils t’ont désigné ainsi, alors c’est que le cerf sera ton seul totem. Tu en as l’agilité et la vigueur : soit fier de ce don qu’ils t’ont accordé… ». « Mais… ». « Renies-tu la pensée des anciens ? La voix même de la jungle ? Tu souhaitais si ardemment le tigre que les esprits ont voulu te mettre en garde. Le tigre n’est accordé qu’aux hommes capables de tout sacrifier pour sauver les leurs et ainsi accorder la paix et l’harmonie. Ta fougue et ton impatience n’étaient pas compatibles avec ce destin. Vis heureux ainsi, et suis les règles qui t’on été enseignées… ». Les dents serrées, Rajatan quitta la hutte de la chef de tribu, son sang bouillant dans ses veines. Les esprits s’étaient moqués de lui. Ils l’avaient désigné comme un cerf. Une simple proie…

C’était un test. Cela faisait partie des épreuves, il en était sûr. L’ultime rite de passage, veillant à prouver leur valeur à ceux suffisamment malins pour interpréter les dires des anciens. Tapi dans l’herbe, Rajatan fixait le cerf occupé à brouter à cinq mètres à peine de lui, inconscient de sa présence. N’étais-ce pas une énième preuve qu’il était bien destiné à être un tigre, que d’avoir réussi à s’approcher aussi près de l’animal sans l’avertir ? A moins que l’animal-totem ne craigne plus le porteur de son signe… Mais dans ce cas ; pensa Rajatan ; pourquoi le tigre m’a… Fatigué de réfléchir, le jeune guerrier banda son arc et tira. Un coup parfait. Le cervidé tomba au sol sans un son, le crâne percé d’une flèche : tué net. A lors qu’il s’approchait du cadavre encore chaud de l’animal, Rajatan soupira longuement. Il avait tué pour rien sans raison. Les esprits n’aimaient pas cela. C’était pour ça qu’on lui avait interdit de tuer le crocodile et tant d’autres créatures. Pour ne pas devenir comme les sous hommes qui revendiquaient la propriété de l’île.

Mais là, tout était différent. C’était leur volonté. Leur message. Citra n’en était pas consciente, elle n’avait pas vu le tigre. N’avait pas compris ce que ses actes avaient voulu signifier. Abandonnant la carcasse aux charognards, Rajatan repartit en direction du village, le cœur léger. Maintenant que son animal totem était mort, un autre lui serait accordé. Le tigre bien entendu. Pas une proie comme l’avait été le cerf. Et peu importaient les règles clamant que ceux qui tuaient leur animal-signe périraient par ces mêmes créatures. Rajatan le savait : jamais aucun cerf ne serait assez fort pour venir à bout d’un tigre, à moins d’être un cerf particulier. Pas comme les autres.


 

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Commentaires

J'ai adoré la chute de celle ci :)

Écrit par : tate langdon | samedi, 13 octobre 2012

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oui moi aussi surtout quand on connaît le destin du personnage !

Écrit par : Greg Armatory | samedi, 13 octobre 2012

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