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samedi, 28 juin 2014

Ian Pietrovitch : L'homme qui sauva l'Humanité [Nouvelles/SF]

Ian Pietrovitch :

L'homme qui sauva l'Humanité

par Hervé Smagghe

 

 

2020

 

Le monopole commercial des Etats-Unis est source de conflits. L'E.R.E. (États Réunis d'Europe) voit le jour afin de déstabiliser ce monopole. Malheureusement une guerre s'ensuit peu de temps après. Cette guerre n'est pas comme les autres, c'est une guerre sournoise ou les adversaires ne s'affrontent plus sur le terrain, mais à distance par le biais d’ordinateurs qui contrôlent les pas de tirs des missiles des deux belligérants : une guerre meurtrière et destructrice. Aucun des deux camps ne cède et les villes sont détruites une à une. Chaque pays met ses savants à contribution afin de développer l'arme qui mettra un terme aux affrontements et donnera la victoire ainsi qu'un monopole mondial au pays qui la développera.

C'est ainsi qu'est apparu dans les livres d'Histoire, Ian Piétrovitch. Ce jeune russe d'une vingtaine d'années, était à cette époque inconnu de tous, mais révolutionna l'art de la guerre. Alors que les combats faisaient rage, Ian Piétrovitch fit le voyage jusqu'à la capitale de l'E.R.E. : Bonn. Tant bien que mal, il réussit à se faire introduire au bureau d'état major de l'E.R.E.. Il dut longuement insister afin de pouvoir soumettre son projet au chef de l'état major qui, en ces temps belliqueux, était extrêmement débordé.

 - Ecoutez Monsieur... Piétrovitch, c'est bien cela ? Je n'ai que très peu de temps à vous accorder, aussi je vous demande d'être aussi bref que possible. Comme vous pouvez l'imaginer, je suis un homme très occupé et je...

- Général Schroëder, le coupa-t-il dans un allemand parfait, souhaitez-vous gagner cette guerre ?

- Quoi, qu'est ce que... je n'ai décidément pas de temps à perdre avec ce genre de balivernes ! Je vous ordonne de quitter mon bureau sur le champ...  ou je me verrai dans l'obligation de vous faire expulser !

- Général... c'est une simple question !...  Pourquoi ne pas y répondre simplement ?

- Mais voyons, bien sûr que oui, sinon je n'occuperais pas ce poste. Maintenant sortez ou j'appelle mes gardes... " Gardes ! ".

Deux soldats pénétrèrent dans le bureau dans la demi seconde qui suivit.

- Raccompagnez ce jeune homme, je vous prie. »

Avant que les gardes n'aient eu le temps de se saisir de Piétrovitch, celui-ci ouvrit sa serviette et jeta un dossier sur le bureau du général.

- Si vous souhaitez réellement gagner cette guerre, construisez ceci et faites-le monter sur un de vos bombardiers C 17.

Les deux gardes s'étaient déjà saisis du jeune prétentieux quand le général intervint.

-  Lâchez-le ! ordonna-t-il, vous pouvez nous laisser. Merci Messieurs.

- A vos ordres Général, répondirent-ils à l'unisson.

Les soldats saluèrent leur supérieur et refermèrent la porte derrière eux.

- Je vous écoute Monsieur Piétrovitch…

 

2024

 

Toutes les grandes guerres sont longues. Celle qui opposa les Etats-Unis à l'E.R.E. n'y fit pas exception. Le 4 août 2024, les Etats-Unis capitulèrent sans conditions. Seule exception à toutes les guerres, celle-ci fut la plus meurtrière : plus de neuf cent cinquante millions de victimes, des centaines de villes détruites, mais du côté des vainqueurs, les peuples clamèrent haut et fort le nom de leur héros : Ian Piétrovitch. Ce jeune inconnu qui parlait couramment pas moins de dix sept langues, mit au point l'arme qui donna la victoire finale à l'E.R.E., et pilota le C17 qui la transportait au péril de sa vie. Une arme, dont le principe de fonctionnement était simple et cruellement efficace. Seule sa construction était compliquée. Il s'agissait d'un canon qui générait un champ électromagnétique vertical d'une puissance phénoménale, qui provoquait une rupture instantanée et définitive d'électricité, dans un rayon de vingt cinq kilomètres autour de la cible visée. Sans électricité, pas d'ordinateurs, et sans ordinateurs, pas de missiles.

 
3 janvier 2022

 

Ian Piétrovitch soumet son projet au Général Schroëder.


24 juin 2022

 

Un prototype à petite échelle est mis au point.

 
7 juillet 2022

 

L’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl est remise en route pour un test grandeur nature.


8 juillet 2022


Le test est couronné de succès. Non seulement la centrale ne produit plus d'énergie, mais toutes les sources radioactives deviennent instantanément inertes.

 
18 août 2022


Le prototype grandeur nature est mis au point et monté sur un bombardier C17.

 
1er septembre 2022


C'est le tournant de la guerre. Ian Piétrovitch fait un carnage électromagnétique sur l'ancienne ville de New York, déjà partiellement détruite par les missiles de l'E.R.E..

 


4 août 2024

 
Les Etats-Unis capitulent sans conditions faute de pouvoir combattre.

 

5 août 2024

 
L'E.R.E. déclare les Etats-Unis zone morte et un exode massif vers l'Amérique du sud s'ensuit.


Juillet 2026


L'Amérique latine devient le continent le plus pauvre du tiers-monde. L'E.R.E. devient par la même occasion la plus grande puissance mondiale.

 

Dès lors, Ian Piétrovitch était devenu un héros international : l'homme qui avait mis fin à la Grande Guerre. Il avait été décoré de toutes les plus hautes distinctions des différents pays qui composaient l'E.R.E.. Certains points sur Piétrovitch demeuraient cependant mystérieux. Il semblait que ce Ian Piétrovitch n'avait jamais fait de hautes études bien que d'une rare érudition. Il semblait d'ailleurs ne pas vouloir dévoiler la source de son incommensurable savoir. Des recherches furent évidemment faites sur ce mystérieux russe. L'opinion publique réclamait des détails croustillants sur la vie de Ian Piétrovitch, mais la guerre avait détruit la plupart des archives mondiales, aussi les journalistes durent-ils se contenter des bribes d'informations que voulait bien leur fournir Ian Piétrovitch. La seule chose dont il acceptait de parler, était ses projets pour l'avenir, mais rien sur son passé. Ian avait de grands projets dont il parlait à coeur ouvert. Il souhaitait ainsi relancer un domaine délaissé depuis la Grande Guerre : l'astronautique. Il était désireux de s'attaquer au problème majeur de cette discipline : la propulsion. Il souhaitait inventer un nouveau type de propulsion qui permettrait à l'Homme de voyager à travers l'espace, afin de trouver de nouvelles ressources pour la Terre. Car depuis la Grande Guerre, beaucoup de ressources naturelles venaient à manquer, et l'espérance de vie de l'humanité fondait comme neige au soleil. Ce projet fut favorablement accueilli par tous. L'enthousiasme et l'espoir étaient présents dans tous les foyers. Le Président de l'E.R.E. débloqua alors tous les crédits nécessaires à Piétrovitch pour parachever son oeuvre au plus tôt. Que pouvait-on refuser à l'homme qui avait sauvé l'humanité de la guerre ?

 

D'autres faits surprirent les gens à propos de Piétrovitch. L'opinion publique connaissait Ian pour son génie et ce malgré son très jeune âge. Ce n'était pas le seul don que lui avait prodigué la nature. Les savants sont souvent dépeints comme des intellectuels à l'age avancé et qui dédaignent entretenir toute forme d'activité sportive. Ian échappait, une fois de plus, à cette règle. Il était jeune, érudit au plus haut point, mesurait près de deux mètres, pesait facilement cent kilos et pratiquait de façon quasi professionnelle pas moins de sept sports différents. Chaque matin, il s'astreignait à suivre pendant deux heures le programme d'entrainement des astronautes. Pour ne rien cacher, en fait d'astronautes, il ne restait plus grand monde sur les rangs. Tous avaient été recrutés en tant que pilotes de chasse lors de la Grande Guerre et grand nombre d'entre eux avaient péri dans les batailles aériennes. De ce fait, Ian n'eut aucun mal à  s’imposer comme un leader parmi les astronautes. Il en était arrivé à ne dormir que quatre heures par nuit tant son temps lui était précieux. Mais d'aucuns diront qu'il ne se plaignait jamais, toujours d'humeur égale, jamais un mot plus haut que l'autre : il menait à bien son projet.

 

2 août 2027


Le président de l'E.R.E. accorde à Ian Piétrovitch de faire construire un gigantesque complexe scientifique en plein coeur de la zone morte dans le Montana, lieu qui n'a été que faiblement touché lors de la Grande Guerre en raison de sa faible densité de population.

 


15 mai 2035

 
Le plus grand complexe scientifique au monde voit le jour et est opérationnel. Les sommes astronomiques investies sont pour beaucoup dans l'avancement des travaux. LE CENTRE tel qu'il est simplement baptisé par Ian, est une entité presque autonome qui s'étend sur une surface d'environ douze mille hectares. Ian conçoit un système géré par un unique ordinateur central "N.A.O.M.I." (Nanoréseau Autonome Omnipotent Morpho Intelligent) qui fait fonctionner LE CENTRE de façon quasi autarcique. Le Centre ne nécessite la présence que d'une centaine de personnes pour un fonctionnement pleinement opérationnel. Inutile de préciser que NAOMI est conçue par Piétrovitch.

 


27 octobre 2035


Piétrovitch réussit, après seulement quelques mois de recherches, la première fusion à froid. C'est une technique qui permet de fabriquer une énergie qui croît de façon exponentielle avec pour seul élément constitutif de la formule : l'EAU ! Les applications qui en découlent sont déjà si nombreuses, que l'ère du nucléaire est abrogée.

 


22 novembre 2037


La découverte de la fusion à froid permet à Piétrovitch de fabriquer le premier "moteur exponentiel" qui en théorie, permet de passer le cap de la vitesse lumière.

 


17 janvier 2038

 

Le moteur est monté sur une fusée expérimentale dirigée par NAOMI. Cette fusée est baptisée " CONQUETE I ". Tous les télescopes de la planète sont braqués sur la fusée qui réussit le premier voyage à la vitesse lumière d'un engin fabriqué par l'Homme. Le CONQUETE I quitte notre système solaire en moins de dix minutes. Piétrovitch commence alors la construction du CONQUETE II qui sera destiné à emmener l'homme dans l'espace. Il dessine un vaisseau si grand que les dirigeants de l'E.R.E. interviennent en lui demandant de revoir son projet à une plus petite échelle.

- Ian, vous savez combien va coûter la fabrication d'un tel engin ? Nous avons déjà tant investi...

- Oui, mais ne vous ai-je pas déjà beaucoup apporté, monsieur le Président ? J'essaye de donner à l'humanité de nouveaux horizons. Cela nécessite parfois quelques sacrifices, non ?

- J'en conviens Ian, mais il faut être réaliste. En quoi est-ce nécessaire de fabriquer un vaisseau de sept kilomètres de long et deux de large. Les proportions ne vous semblent-elles pas exagérément démesurées ?

- Croyez-moi, cela sera à peine suffisant pour l'usage de ce vaisseau.

- Je ne comprends toujours pas.

- Voyez-vous monsieur le Président, quand le CONQUETE II sera pleinement opérationnel, je partirai à la recherche de nouvelles ressources pour la planète. Et quand j'en aurai trouvé, et croyez-moi ce jour viendra, il faudra être capable de pouvoir stocker et transporter ces ressources jusqu'à la Terre. Croyez-vous qu'un vaisseau plus petit sera capable de transporter suffisamment de ces précieuses ressources pour satisfaire les besoins d'une planète entière ?

- Effectivement, je n'avais pas envisagé les choses de ce point de vue. Bon je tâcherai de convaincre le Congrès de l'E.R.E. du bien fondé de vos travaux et de la nécessité de voter ce nouveau budget aux proportions, pardonnez-moi l'expression : astronomiques.

- Merci monsieur le Président.

- Encore une chose Ian. J'ai appris par le général Schroëder que vous comptiez vous embarquer seul à bord du CONQUETE II. Comment cela ce peut-il ?

- C'est tout aussi simple que le fonctionnement du CENTRE. Je travaille sur l'intégration de NAOMI en tant qu'ordinateur de bord et ce pour plusieurs raisons. Primo, NAOMI est un système qui a fait ses preuves et qui nous fait gagner un temps précieux dans cette course aux étoiles. Deuxio, NAOMI me décharge de nombres de décisions subalternes.

- Êtes-vous entrain de me dire qu'elle est autonome ? Rien que d'appeler cette machine " ELLE ", me fait froid dans le dos. Ne craignez-vous pas un revers de la médaille ?

- Ne me dites pas que vous croyez à ce genre de balivernes, monsieur le Président. Dois-je vous rappeler qu'il s'agit, vous l'avez dit vous-même, d'une machine et de rien d'autre. NAOMI est capable de prendre un certain nombre de décisions qui sont préprogrammées. Elle fait exactement ce qu'on lui dit de faire sauf que l’on n’a pas besoin de le lui dire. Si vous croyez que NAOMI serait capable de se rebeller ou je ne sais qu'elles autres sortes d'inepties, je vous arrête tout de suite : nous ne sommes pas dans une histoire de science-fiction. Je vais vous dire pourquoi je me repose tant sur NAOMI : c'est parce que l'erreur humaine est écartée. Et dans le genre d'entreprise qui est la nôtre, l'erreur humaine est inacceptable. Et si erreur il y avait, elle ne pourrait venir que d'une seule personne : moi et je suis prêt à en assumer les conséquences. Enfin la dernière raison qui me pousse à partir seul, est peut-être la plus évidente : en cas de problèmes ou de défaillances, je serai le seul à périr. Il n'y a rien que je ne demanderai de faire à quelqu'un que je n'aurai auparavant fait moi-même.

- Je reconnais bien là vos immenses qualités humaines Ian. Je crois n'avoir jamais rencontré de personne plus philanthrope que vous en ce bas monde. Au nom des peuples que je représente, je tiens à vous témoigner notre gratitude.

- Je vous remercie monsieur le Président, mais actuellement ce n'est pas de gratitude dont j'ai besoin. Pardonnez-moi d'être aussi terre à terre : j'ai besoin des crédits du Congrès.

 

9 mars 2038


Le budget de construction du CONQUETE II est voté à l'unanimité par le Congrès. Ian Piétrovitch se met au travail. Pendant que NAOMI gère les unités de fabrication du Centre, Piétrovitch se focalise sur le perfectionnement de son moteur exponentiel.



18 juillet 2038

 

Ian invente une nouvelle unité de vitesse : " C.X.  " où " C.  " représente la célérité (vitesse-lumière) et " X  " le coefficient multiplicateur de célérité (équivalence en vitesse-lumière à la mesure de la vitesse du son " MAC X "). La vitesse maximale atteinte par le moteur est " C. 2,3 ". NAOMI travaille à vitesse géométrique. Déjà vingt sept pour-cent de la coque extérieure est construite. Le Congrès est définitivement convaincu d'avoir fait le bon choix en votant le budget quelques mois plus tôt.



05 août 2044


Ian Piétrovitch inaugure à la télévision le CONQUETE II. L'évènement est retransmis partout dans le monde et suivi par plus d'un milliard de personnes. Ian Piétrovitch, contrairement à son habitude, désire faire une déclaration au monde. On trouve aujourd'hui cette déclaration dans tous les livres d'Histoire :

- Citoyens de la planète Terre, je profite de ce moment historique pour m'adresser à vous. Tout d'abord, je tiens à vous remercier de la confiance et des espoirs que vous avez placés en moi. Je prouve en ce jour glorieux mon allégeance à la Terre. Cette petite planète bleue semble briller plus fort aujourd'hui qu'hier. Je crois que nous ne sommes que les locataires de cette merveilleuse planète. Il était donc important de faire un geste pour la sauver de la déchéance dans laquelle l'Homme l'a plongée. C'est en gardant toujours à l'esprit cette vue que j'ai construit ce majestueux " Vaisseau " qui nous ouvre aujourd'hui de nouveaux horizons. Voilà vingt ans jour pour jour que la Grande Guerre a pris fin. Vingt ans, c'est le temps qu'il faut à des parents pour élever leur enfant et le voir quitter le cocon familial. Je me sens un peu comme un père qui aurait élevé son fils. Mais il est temps pour le fils de "voler de ses propres ailes" afin d'assurer un futur meilleur pour sa planète natale. Dans un avenir proche, le CONQUETE II prendra son envol et changera à coup sûr notre avenir à tous. Aujourd'hui, nous possédons l'instrument de notre avenir, demain je ramènerai la renaissance à cette Terre que je chérie tant. Je n'aurai qu'une seule requête à faire aux Hommes : prenez soin de notre belle planète en mon absence.

S'il eut été possible d'entendre le moindre son dans l'espace, on aurait pu entendre la Terre entière applaudir et clamer le nom de Ian Piétrovitch d'une seule voix.



24 décembre 2044


- NAOMI, les systèmes de navigation sont-ils opérationnels ?

- Contrôle propulsion, paré. Contrôle intégrité du vaisseau, paré. Contrôle systèmes de survie, paré. Contrôle systèmes de navigation, paré. Ian, le CONQUETE II est paré pour le décollage.

- Très bien. Alors démarrage du compte à rebours.

- Allumage de la poussée verticale dans 10… 9… 8...

- Bonne chance Ian, déclare le Président.

- 7… 6… 5… 4...

- Merci mais la chance n'y est pour rien. Au revoir et à très bientôt, je vous le promets.

- 3… 2… 1… mise à feu !



30 janvier 2047


Le Président de l'E.R.E. est réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone urgent.

- Monsieur le Président, le télescope HUBBLE VII situé sur l'ancienne station orbitale internationale vient de nous faire parvenir des images de Mercure.

- Le CONQUETE II ?

- Oui, monsieur le Président. Il a été repéré alors qu'il quittait sa vitesse exponentielle il y a tout juste quelques minutes.

- Faites préparer le site d'atterrissage du CENTRE. Il est enfin de retour. C'est un jour mémorable Franck, c'est un jour ME-MO-RABLE !… »

Quelques heures plus tard Franck s'entretient de nouveau avec le Président.

- Alors Franck, le site du CENTRE est-il prêt ?

- Eh bien justement Monsieur, il semblerait qu'il y ait un problème.

- Quel problème, je vous écoute voyons.

- C'est NAOMI.

- Oh non, que ce passe-t-il avec NAOMI ?

- Elle refuse de laisser pénétrer qui que ce soit dans le périmètre du CENTRE. Le satellite MIRAGE 5500 nous confirme qu'elle a armé  tous ses systèmes de défenses.

- Ne peut-on pas les désactiver ?

- Désolé Monsieur, mais personne ne connaît ses systèmes de défense, il ont été conçu par monsieur Piétrovitch.

- Mais enfin que ce passe-t-il ? Un détail lui revint cependant en mémoire, une conversation qu'il avait eue avec Ian quelques années plus tôt : - Dois-je vous rappeler qu'il s'agit, vous l'avez dit vous-même, d'une machine et de rien d'autre NAOMI est capable de prendre un certain nombre de décisions qui sont préprogrammées. Elle fait exactement ce qu'on lui dit de faire sauf que l’on n’a pas besoin de le lui dire. Si vous croyez que NAOMI serait capable de se rebeller ou je ne sais qu'elles autres sortes d'inepties, je vous arrête tout de suite : nous ne sommes pas dans une histoire de science-fiction.


Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose, une chose totalement impossible. Si NAOMI n'était pas autonome, c'est qu'elle ne se rebellait pas. Et si la machine ne se rebellait pas, c'était forcément qu'elle exécutait un ordre venant d'une personne qui elle était autonome : Ian Piétrovitch. Comme le disait Sherlock Holmes : - Lorsque vous écartez toutes les solutions logiques, alors c'est que la solution au problème posé est forcément illogique aussi improbable et étrange soit-elle.

Pourquoi Ian aurait-il activé les défenses du CENTRE ? Le Président commença à paniquer. Il prit soudain conscience de l'immense autonomie de Ian Piétrovitch. Il avait mené à bien son projet dans la plus grande discrétion. Il avait été si discret et en y réfléchissant bien si secret que l'on aurait pu qualifier son autonomie d'autarcie. C'est exactement ce qu'était LE CENTRE : un microcosme capable de se subvenir à lui-même. Mais une question demeurait toujours en suspens et cette question hantait le Président : POURQUOI ? Quel était l'intérêt de cette manoeuvre ? C'était une question à laquelle Ian Piétrovitch allait bientôt devoir répondre.

31 janvier 2047


NAOMI du CENTRE laisse son homologue du CONQUETE II faire atterrir le vaisseau sur le site d'atterrissage du Montana. Les autorités ne parviennent pas à entrer en contact avec Piétrovitch. Le Président émet des doutes quant à la survie de Ian. Un regain d'activité est alors décelé au CENTRE. Les unités de production sont remises en route par NAOMI. Ce qu'elles fabriquent : nul ne le sait.



26 mai 2047


Le contact n'ayant pu être établi avec Ian Piétrovitch, le Congrès s'inquiète de l'autonomie de NAOMI. Le vote qui en résulte est unanime : LE CENTRE ainsi que le CONQUETE II doivent être détruit. L'armée prend alors le relais et déclenche une attaque nucléaire massive sur le Centre. NAOMI se défend mais ne répond pas aux attaques. Un bouclier d'énergie généré par la fusion à froid protège tout le site : les attaques sont un véritable échec. Une attaque électromagnétique d'envergure reste tout aussi infructueuse.


17 juin 2047


C'est la panique. Le monde entier est persuadé de l'échec de Ian Piétrovitch, le héros qui sauva l'humanité de la guerre. NAOMI détourne tous les satellites de communication de la planète et la télévision se met alors à diffuser un message provenant du Centre. Ian Piétrovitch apparaît alors aux yeux de tous et tous ressentent à ce moment précis un immense soulagement : Ian n'était pas mort. Ce dernier s'adresse alors à toutes les nations du monde :

- Citoyens de la planète Terre, je suis de retour. Comme promis, j'apporte le renouveau à cette planète. Je suis Yähnn, fils de Oliarës, souverain incontesté de la planète Erilös. A ce titre, nous revendiquons la propriété de cette planète.


Mais déjà, les portes du CENTRE s'ouvraient pour laisser place à la plus abjecte des invasions. Une armée de vingt cinq mille Erilëens équipés de petits chasseurs à propulsion exponentielle s'envola et commença à attaquer tous les points stratégiques militaires mondiaux.


- Voyez-vous monsieur le Président, quand le CONQUETE II  sera pleinement opérationnel, je partirai à la recherche de nouvelles ressources pour la planète. Et quand j'en aurai trouvé, et croyez-moi ce jour viendra, il faudra être capable de pouvoir stocker et transporter ces ressources jusqu'à la Terre. Croyez-vous qu'un vaisseau plus petit sera capable de transporter suffisamment de ces précieuses ressources pour satisfaire les besoins d'une planète entière ?


Toute résistance était futile. Le Président eu une réaction des plus inattendues. Il se mit à rire et tous pensèrent qu'il avait perdu la raison. Mais ce rire n'avait rien de démentiel, il s'agissait en fait d'un rire pathétique :

- Malgré tout notre savoir, cet hom... non !... cet extra-terrestre !... a réussi à nous refaire le coup du cheval de Troie !…

- Moi, Yähnn, déclare laTerre : terre Erilëenne. Je destitue officiellement tous les gouvernements du monde et déclare Oliarës souverain de cette planète.

Les humains tentèrent alors d'organiser une résistance. Mais comme l'avait si bien dit Ian - ou plutôt Yähnn, devrait-on dire - … nous ne sommes pas dans une histoire de science-fiction et toute résistance fut effectivement futile. L'invasion ne pris que quinze jours.



2 juillet 2047


Capitulation inconditionnelle des Hommes. Ceux-ci sont bannis en Amérique du sud dans des conditions désastreuses. Bientôt, un quart de la population humaine meurt des conditions de vie de sa nouvelle prison. Quatre milliards et demi d'humain stockés dans une si petite surface, les problèmes d'hygiène deviennent massivement mortels. La présence des Erilëens aux frontières de cette gigantesque prison est inutile. Yähnn met au point un champ de force inviolable autour du continent. Les Erilëens peuvent dès lors jouir de la belle planète bleue. C'est ainsi que s'achève l'Histoire de Ian Piétrovitch, le héros qui sauva l'humanité de la guerre.



2 juillet 1947

 

Un vaisseau est aperçu par Monsieur et Madame Dan Wilmot. Ces derniers voient l'engin s'écraser dans un champ voisin. Un fermier nommé Mac Brazel observe une entaille dans le sol longue d'un kilomètre et d'au moins quatre vingt mètres de large, entourée de débris multiples. Les morceaux au sol sont différents de ceux d'un appareil conventionnel. Il  prévient alors le shérif George Wilcox de la ville de Roswell au Nouveau-Mexique. Bientôt les autorités militaires s'en mêlent et font un démenti officiel :

- Contrairement aux rumeurs qui circulent en ville, aucun OVNI ne s'est écrasé la nuit dernière dans le champ de monsieur Brazel. Il ne s'agissait en fait que d'un ballon-sonde de l'armée américaine qui a eu une défaillance mécanique. Aucun incident de ce genre n'est amené à ce reproduire. Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir quand à la sécurité de la population. Nous prenons les choses en main…

- … Moi aussi, pensa Yähnn.

 

 FIN

 

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