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jeudi, 08 novembre 2012

L'Odyssée de Mercedes [Fanfic Dragon's Dogma]


 

L’issue de son combat contre Julien lui laissait un goût amer dans la bouche. Elle dévisagea l’Insurgé. Sa présence et sa compassion ne faisaient qu’accentuer son sentiment de faiblesse. Elle le laissa quitter les lieux sans rien dire et baissa la tête, la rapière vierge de sang tremblant dans sa main d’habitude si ferme.

Mercedes porta ses grands yeux bleus vers l’océan, donnant l’illusion fugitive qu’ils en étaient le reflet fidèle. Elle avait promis à l’Insurgé de revenir à Gransys. Elle en avait fait le serment. Mais elle devait d’abord retrouver son assurance perdue. L’Insurgé avait eu sa Rédemption, à elle, désormais, d’obtenir la sienne.
- C’est de la folie, Capitaine. Le Kraken va tous nous emporter !
Le regard de la guerrière se durcit.
- Il ne le fera pas. J’ai quelque chose à lui offrir.
- Votre vie ? hasarda le soldat.
Les mâchoires de la femme se crispèrent. Ses sourcils fondirent sur ses paupières comme deux oiseaux de proie :
- Mieux que cela !

Le navire quitta la côte avec à son bord sept hommes aguerris et bien sûr Mercedes, libérée de ses obligations envers le Duc avec plus ou moins son consentement. Quand elle reviendrait, son blason serait redoré comme jamais et l’Insurgé lui-même envierait ses exploits au point de la solliciter dans ses plus dangereuses quêtes. Mais d’ici là, l’Insurgé aurait peut-être changé de visage. Qu’importait. Elle comptait bien forger son propre destin et s’il lui fallait plusieurs années pour cela, elle était prête pour ce sacrifice. Comme elle aimait se le dire « Je ne suis pas un Pion, mais j’ai aussi mes failles ». Des failles qu’elle se faisait fort de corriger rapidement. Se reposer sur ses lauriers ne l’intéressait pas. Alors quand l’humiliation pointait le bout de son nez, le défi et la motivation n’en étaient que plus grands pour elle.
Le gréement grinçait sous le vent et la brise maritime charriait dans l’air des relents d’algues et de poisson frais. L’eau scintillait sous le soleil à son zénith et les cris des mouettes venaient comme saluer le départ triomphal du bâtiment. En d’autres circonstances, le voyage eut été appréciable à plus d’un titre. Les soldats s’improvisaient marins, vaquant de ci de là, mais gardant toujours en tête leur périlleux objectif. Aussi évasive et déterminée qu’avait pu être leur Capitaine, les sept hommes de bord lui avaient juré fidélité jusqu’à la mort. Mercedes était un leader né. Sa beauté ensorcelante n’était pour rien dans cet état de fait. Elle savait inspirer la foi quand elle l’avait elle-même. Et en ce jour où elle partait en croisade, rien ne semblait pouvoir lui résister. Pas même le légendaire et si redouté Kraken, la malédiction s’étendant sur les mers depuis si longtemps. Pouvait-elle y mettre un terme, elle, une simple femme, même pas une Insurgée ? En vérité, elle savait que non. Mais elle pensait avoir les moyens d’apaiser son courroux suffisamment longtemps pour atteindre sa destination. C’était tout ce qui lui fallait. Du temps. Postée à l’avant du navire « La Rédemption », elle faisait figure de déesse, de sculpture vivante, semblant ne faire qu’un avec la proue du bateau.
Le rivage derrière eux était encore en vue lorsque la vigie se manifesta :
- Mouvement droit devant, Capitaine !
- C’est le Kraken ! lâcha un soldat près d’elle.
- Je sais.
Son calme olympien tranchait avec la nervosité de ses hommes qui ne savaient à quoi s’attendre.
- Vous ne voulez toujours pas nous dire ce que vous comptez faire ?
Mercedes fixait l’horizon avec intensité.
- Vous croyez en moi, Sir George ?
L’intéressé dégaina sa lame.
- Bien sûr.
- Alors vous n’avez pas besoin de savoir.
Les mouettes qui avaient accompagné le navire se dispersèrent brusquement. Les eaux rougirent, signe caractéristique de la présence du monstre.
- Bouchez-vous les oreilles ! rugit-elle.
Elle s’empara d’un havresac duquel elle sortit une sorte de happeau dans lequel elle souffla. Une étrange mélodie raisonna, très familière aux aventuriers sillonnant les plaines du nord de Gransys. D’aucun avait succombé suite à l’écoute de cette voix douce et envoûtante, de ce chant maudit.
- Des Harpies ! s’étonna Sir George tout en plaquant ses mains sur ses tympans.
Mercedes portait, quant à elle, une Boucle d’Impatience, lui épargnant de sombrer dans un sommeil nocif pour la santé. Le Kraken étendait son ombre écarlate de toutes parts, menaçant le navire et son équipage. Impassible à l’imminence du péril, Mercedes continuait de souffler dans son instrument dont l’origine et la nature exacte étaient secrètement gardées. Le monstre darda plusieurs tentacules herculéens, menaçant de briser le voilier comme un jouet d’enfant. Mais au moment même où son œil titanesque et maléfique émergeait lui-même des eaux ensanglantées, Mercedes se colla contre la proue, comme pour le défier, et brandit face à lui sa seconde arme : une glande de Cocatrix ! Elle la jeta sur l’œil grand ouvert, qui se referma rapidement, mais pas assez pour éviter le sort de pétrification de faire son œuvre. Le Kraken était omnipotent, à plus d’un titre, on pouvait le considérait comme un dieu. Mais ce pouvoir venait en grande partie de sa vision. Mercedes avait obtenu cette information après un périple mémorable qui pourrait constituer à lui seul un roman. L’entité paralysée, les eaux redevenaient fréquentables. Pour combien de temps, cela, elle l’ignorait. Il était donc plus sage d’estimer que ce serait de courte durée. Il ne fallut pas longtemps à l’équipage pour comprendre la stratégie. Passé l’effet de surprise, les sept soldats reprirent leurs esprits, leur poste et leur cohésion (à peu près dans cet ordre) et « La Rédemption » fendit les flots ténébreux, laissant derrière elle le Kraken prisonnier d’une gangue de pierre à la résistance inconnue.

A bon nombre de kilomètres de là, sur la plage du village de Cassardis, un pêcheur glissa d’un embarcadère. Emporté par une lame et voyant qu’il n’avait plus pied, il crut sa dernière heure arrivée. Quelle ne fut pas sa joie de constater que le Kraken ne se manifestait pas. Quelqu’un avait-il fini par en avoir raison ? L’Insurgé ? Le Dragon, peut-être ? Ou bien avait-il décidé de lui-même d’aller hanter d’autres lieux ? Trop heureux de sa chance, l’homme se mit à crier et à gesticuler, attirant rapidement un groupe de villageois.
- Le Kraken est parti ! Il est parti ! Nous sommes libres !
Les badauds, incrédules, attendirent de voir le bougre finir en charpie avant de se jeter à leur tour dans l’eau avec force clameurs de joie et éclaboussures. Un miracle inespéré pour Cassardis encore sous le choc des méfaits du Dragon.

En regardant ses hommes à leur insu, Mercedes comprit qu’elle avait gagné un peu plus leur confiance. Ce ne serait pas de trop. Car le plus dur restait peut-être à faire. Qui sait ce que l’océan allait leur réserver comme surprises ? Des surprises de taille, à n’en pas douter. L’aventure qui s’annonçait était grisante et le danger tout autant. C’était à cela qu’on reconnaissait un héros et une héroïne, non ? Mercedes en était convaincue. Et c’est avec un grand sourire, presque un rire, qu’elle ordonna :
- Toutes voiles dehors !

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