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mardi, 02 octobre 2012

Le Chat et La souris [Fanfic Far Cry 3]

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La panthère fit un nouvel aller retour dans sa cage à peine assez grande pour elle, ses omoplates dansant l’une face à l’autre à chacun de ses pas. Les babines découvertes et en sang, elle se retint de feuler, ses crocs ébréchés lui entaillant les gencives. Les heures passées à essayer vainement de ronger les barreaux rouillés de sa prison s’étaient avérées aussi futiles que douloureuses, et elle avait à présent abandonné tout espoir de fuite. Elle qui trois jours plus tôt chassait au beau milieu de la jungle, reine incontestée d’un territoire d’une cinquantaine de kilomètres carrés se retrouvait à gouverner une geôle miteuse à peine assez spacieuse pour lui permettre de s’allonger. A tourner sans but dans sa cage, Darkness commençait lentement à devenir folle, la nervosité l’empêchant de rester immobile. Et il y avait cette créature qui la fixait. De l’autre côté. Il sentait le sang et la poudre. Il sentait la mort.

Les côtes lui saillaient davantage depuis sa capture : elle avait faim. Elle avait bien conscience du plan de Charogne, comme elle avait décidé de l’appeler. Il voulait la briser. Comme les autres prisonniers des cages voisines. Mais elle ne cèderait pas. Elle resterait sauvage, féroce. Elle le resterait dans un but unique : être à même de l’égorger elle-même quant il commettrait l’erreur de desceller le lourd cadenas la maintenant enfermée.

Charogne cessa de l’observer quelques secondes, alors que l’un de ses semblables déverrouillait l’écoutille supérieure de la cage. Darkness fixa le point d’ouverture, prête à bondir. Hélas, il s’avérait trop petit pour qu’elle puisse ne serais-ce qu’y passer la tête. Pas moyen de s’évader par là. Pas moyen de sortir. En revanche, il était possible d’entrer. C’est ce que prouva la petite masse informe qui s’écrasa sous le nez de la panthère, avant de pousser un petit couinement terrifié. Immédiatement, l’échine de Darkness se courba. La vue d’une proie la conditionnait, l’instinct lui insufflait les pulsions prédatrices inhérentes à sa race. Faim. Tuer. Manger.

Le macaque juvénile siffla alors que le fauve le faisait rouler d’un coup de patte. Bien qu’il n’en ait jamais vu auparavant, sa mémoire génétique savait qu’il s’agissait d’un ennemi. D’un danger. Nouveau coup de patte, le rapprochant du museau du félin mélanisé. Ce dernier avait pris soin de ne pas sortir les griffes, de sorte à garder son jouet en vie. Un jeu cruel, du chat et de la souris. Des pulsions contraires menaient une guerre sans merci dans son cerveau affaibli par les privations alors qu’elle continuer à s’amuser avec cet être qui ne lui ressemblait en rien. Pourtant, il y avait en lui des traits lui rappelant ses propres petits, perdus à peine un mois plus tôt à cause d’une averse trop violente. L’instinct maternel était puissant chez elle, et ce qu’il en restait ferait peut-être la différence entre un dîner et une nouvelle progéniture.

Amusé de voir la panthère jouer ainsi avec sa proie, Vaas s’approcha au plus prêt de la cage, à un demi-mètre à peine du fauve. Celui-ci avait enserré le bébé singe entre ses pattes avant et ne bougeait plus, replié sur lui-même. Que faisait-il ? Etait-il en train de manger ? Ou bien de montrer de la compassion pour une chose qui appartenait à un autre monde ? Le grondement rauque de l’ours prisonnier de la cage voisine lui fit relever la tête. « Ta gueule, toi… » lâcha-t-il à l’intention du plantigrade aux griffes rehaussées d’embouts métalliques. Il se tairait bien assez tôt, quant ce soir il lui ferait affronter dans l’arène un tigre ou un autres ursidé fraichement capturé. Ou peut-être même cette panthère, si elle se montrait trop maternelle…

« Hé, Boss ! ». Agacé, Vaas se retourna, passant une main le long de la longue strie qui marquait sa chair à la hauteur du sourcil. Un des nombreux tics dont il souffrait sans même sans rendre compte, même si celui-ci était bénin comparé à d’autres. « Quoi ? ». « Voyt dit que ses hommes en patrouille

sur la côte ont repéré un bateau. Il veut qu’on les ‘réceptionne’ une fois qu’ils seront sur la plage. On attend tes ordres... ». Voyt. On en revenait toujours à lui. Ce type avait beau fournir armes et munitions, sans compter les véhicules, il n’était pas de leur monde. Il vivait dans sa petite maison en briques, sirotant ses cocktails en empochant les liasses, sans avoir jamais mis le nez dans les bois. Il ne savait pas ce qu’était la crasse de la jungle, la puissance qu’elle accordait à ceux qui daignaient y vivre. S’il y avait bien une connerie que sa sœur lui avait appris et qui s’était révélée vraie, c’était que la jungle rend ses protégés plus forts. Plus puissants. Plus fous également.

« On attend que le bateau accoste et on voit comment ça se passe. ; reprit Vaas en faisant danser la lame de son poignard sur ses phalanges ; Normalement, comme d’habitude. Ces cabrones vont sûrement faire un petit tour sur la plage, s’envoyer une cuite et c’est là qu’on les réceptionnera. ». Il marqua une petite pause, imitant silencieusement le bruit d’un coup de feu avant de reprendre. « Ensuite, on les amène dans la cabane du flanc est et on voit ce qu’on peut en tirer. ». L’un de ses hommes, le visage masqué par un chèche, parut hésiter. « Heu Boss… Et Voyt ? ». D’un geste vif, Montenegro tira son 9mm hors de son étui, le braquant sur la tête de son subalterne avant de presser la détente.

Un cliquetis mécanique retentit, suivi du bruit, mat, de la chute de l’homme visé. Alors que Vaas rangeait son arme, l’un de ses pirates se pencha sur celui tombé au sol. « Il est mort, Boss… C… Comment ? ». Mort de peur. Tant mieux. Les minables n’ont pas leur place dans la jungle. « Jamais vu une fiotte pareille… ; rumina l’iroquois ; Balancez moi ce connard aux bestioles, mais pas à celles qui combattront ce soir. Faut qu’elles restent agressives. ». « Lesquelles ? » se risqua un autre homme, à l’épais foulard rouge. « Qu’est-ce que j’en ai à foutre ?; s’empourpre Vaas ; Les tigres, tiens. Et ferme la si tu veux pas être le prochain. ».

L’homme en question s’exécuta sans un mot, traînant le cadavre à bout de bras jusqu’aux enclos. « Pour répondre à notre ami qui vient de nous quitter, Voyt, on l’envoie se faire foutre. Ce connard se prend pour le roi des Rooks, mais c’est surtout le roi des enfoirés. Ma réponse sera donc la suivante : on attrape ces abrutis de touristes à la con, on les questionne un peu voire qui sont les plus friqués et on les garde pour une rançon. Les autres, on les envoie à Hoydker et il en fera ce qu’il veut. ». « Tu veux dire qu’on va lui mentir, Boss ?; lança un des pirates ; Mais Voyt… ». « C’est qui ton Boss ?; hurla Vaas en se redressant ; Moi ou ce connard d’allemand de mes deux ? Réponds ! ». Mais avant que l’intéressé n’ait le temps de prononcer le moindre mot, la lame de la machette lui avait déjà traversé la gorge. « Occupez vous de lui… ; grogna Vaas en regagnant ses quartiers ; Jorge, Ustillo… Préparez vous à partir dans vingt minutes. ». Bouillant de rage, le chef des pirates tâcha de se calmer en se disant qu’au moins, en ce jour, les bêtes de son zoo personnel seraient bien nourries.

La chaleur du sous-bois prenait à la gorge mais Vaas s’y était habitué au fil des années. L’air chargé d’humidité rafraichissait autant qu’il asséchait mais la déshydratation était loin d’être le cadet de ses soucis. La jungle était dangereuse, et malgré la sûreté relative de ce chemin qu’ils empruntaient souvent, ils n’étaient jamais à l’abri d’une embuscade de rakyats ou d’un animal en maraude. C’est pour cela que le molosse était là, tirant un peu plus fort sur sa laisse chaque fois qu’il percevait une nouvelle odeur. Il leur restait encore dix minutes de marche jusqu’au bar de la côte, là où semblaient s’être regroupés les touristes. Les gérants ne poseraient pas de questions ou alors ce seraient leurs dernières. Après tout, ils avaient l’habitude.

Brusquement, le chien se mit à s’exciter, aboyant avec force en direction des fourrés. Sans attendre, Vaas dégaina et tira plusieurs fois en l’air, jusqu’à entendre le bruit caractéristique du chargeur vidé de ses projectiles. Pourtant, le calme ne revint pas, le chien continuant de gronder furieusement. Un sourire se dessina alors sur le visage torturé de l’iroquois. Ce n’étaient pas des rakyats : ils auraient déjà lancé l’assaut depuis longtemps. Ce n’était pas non plus une bête, sans quoi elle aurait pris peur. Ou plutôt si, c’en était une. Une bête très particulière. Dont l’odeur lui titillait à présent les narines.

« Ohééé… Ma biche… Montre-toi… ». Pas de réponse. « Allez, je sais que t’es là… Tu pues à trois kilomètres… ». Cette fois-ci, la machette d’argent taillé se ficha dans le sol, entre les jambes de Vaas. Alors que le pitbull entrait dans une rage folle, un être dépenaillé émergea des buissons. La barbe drue couvrant ses joues était constellée de débris végétaux, tout comme sa veste anciennement bleue maculée de sang séché. Seul son torse restait impeccablement nettoyé, propre, épilé. Le chevreuil qui y trônait paraissait le fixer de ses yeux de chair, surplombant les quatre lettres écrites à l’encre noire. Buck.

« T’es sur mon territoire… ; grogna le sauvage ; Qu’est-ce que tu fous-là ? ». Le sourire de Vaas s’élargit. « Alors, ma gazelle, comment ça va ? Tu as apprécié mon petit cadeau ? Merci de m’avoir rendu mon émissaire en un seul morceau en tous cas… ». Buck se mit alors à ricaner. « L’était trop tendre de toutes façons… Et ouais j’ai apprécié ton cadeau. Mais c’est pas pour autant que je vais te laisser traîner dans le coin. On avait un accord. Le coin Est est à moi. C’est mon terrain de chasse. ». « Ok.Ok. ; fit Vaas ; Mais peut-être que tu devrais m’écouter avant, ma biche. J’ai un petit plan dans lequel tu pourrais jouer un rôle de choix. ».

« Je marche. » lâcha Buck en se passant un bras contre les lèvres, chassant la substance poisseuse qui les recouvrait jusque là. « Génial, hermano. Donc t’as compris ? Je vais t’en offrir un gracieusement et en échange, tu me promets de la garder vivant pendant un petit temps. ». « Vivant d’accord. En un seul morceau, je ne peux pas te le garantir… » sourit le sauvage alors que lui et Vaas échangeaient une poignée de main. « J’attends mon invité avec impatience… » lâcha-t-il en disparaissant dans les fourrés avec l’agilité d’un fauve. « C’est ça, ma gazelle… » répondit Vaas en reprenant sa route, le molosse tenu par Jorge retrouvant enfin son calme.

Cela avait été facile. Trop presque. Ils étaient pratiquement tous complètement saouls quant ils les avaient trouvés, et il avait suffi de les transporter jusqu’à la cabane où ils avaient été fourrés dans des cages en bambou en attendant les ordres. Observant ses nouveaux prisonniers ivres morts sous le halo blafard de la lune, le regard de Vaas s’arrêta sur un individu en particulier. Un jeune homme, mal rasé, qui semblait trouver encore la force de garder une paupière ouverte. « T’es… T’es qui toi… » souffla-t-il difficilement. « Moi ?; fit mine de s’étonner Vaas ; Mais je suis toi… Et toi, tu es moi… ». Le garçon haussa un sourcil, son cerveau embrumé par l’alcool coordonnant ses gestes avec difficulté. « Hmmm ? ». L’iroquois se mit à sourire. « Quel est ton nom, hermano ? ». Le jeune homme parut pris d’un éclat de rire soudain. « Ja…Jason… Je ». Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase, le contenu de son estomac lui remontant le long de la gorge pour finir sur ses genoux. Observant son prisonnier s’endormir couvert de son propre vomi, Vaas ne put s’empêcher de lâcher. « Jason, mon pote… je crois que tu me plais. ».

« Lesquels on garde ? » demanda Ustillo, occupé à planter son couteau dans le bois de la table sur laquelle il était assis. « Les filles ; précisa son chef ; plus un ou deux mecs. ». « Au hasard ? ». « Non. Prenez les deux au T-shirt bleu, plus celui habillé en rose. Celui-là, traînez le dans le bois, et Buck le réceptionnera. Ce connard est sûrement en train de nous observer. ». « Le reste, c’est pour Hoydker ? ». Vaas hocha la tête, avant de se reprendre. « Laissez celui qui s’est gerbé dessus dans sa cage. Je m’en occuperais moi-même. ».

Le dénommé Jason dormait toujours quant l’iroquois revint l’observer. Il avait lu quelque chose dans ses yeux. Quelque chose qui allait l’aider, lui. Sans un bruit, Vaas fit sauter le loquet de la cage en bambou sans réveiller le jeune homme occupé à ronfler. Il s’enfuirait. Il chercherait à sauver ses amis. C’était certain. Et surtout, il survivrait. Vaas le savait, dans un certain sens il lui ressemblait. Il serait son arme. S’il échappait à ses hommes et aux prédateurs, il tomberait sur Citra. Alors elle l’entraînerait comme elle avait entraîné son frère. Ce Jason allait régler ses problèmes : Buck, Hoydker… Autant de connards qu’il lui faudrait combattre pour espérer rester en vie et sauver ceux qu’il aimait.

Il serait son rat de laboratoire, et l’île serait le labyrinthe. Un labyrinthe truffé de pièges mortels, où seul Vaas tirerait les ficelles. Le tout serait de rester dans son rôle. De ne pas tomber le masque. Il faudrait que le garçon en vienne à le haïr, à souhaiter sa mort. Ses hommes seraient remplaçables et il pourrait concéder certaines pertes. Si Jason survivait, il ferait le ménage sur l’île, qui finirait enfin par lui revenir. C’était un plan de dingue, un pari un peu fou. Un jeu du chat et de la souris grandeur nature.

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Commentaires

pas mal, ça explique pas mal de chose...

Écrit par : lecroset | jeudi, 06 décembre 2012

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Carrement j'ai tout lu et j'ai bien aimé ! :) c'était sympa de le lire. Comme le com precedent sa expliquerait de truc mais des le debut que Jason et ces amis sont venus par parachutes et non par bateau ^^ bref en tout cas sa serait bien de voir une suite :D Merci

Écrit par : Lina | mercredi, 10 avril 2013

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merci de ton commentaire, content que tu aies aimé, la suite c'est le jeu en fait !

Écrit par : Greg Armatory | jeudi, 11 avril 2013

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