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samedi, 26 janvier 2013

La Faute de Merlin [Fanfics/Kaamelott]

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Lien vers le Prologue

 

1. La Faute de Merlin

 

La main rugueuse du chevalier épousa maladroitement les courbes voluptueuses du corps nu s’offrant à lui. Le fait est qu’elle était plus habituée au contact de l’épée qu’à celui d’une femme. Dame Ygerne ne parut pas s’en incommoder le moins du monde. Au contraire, ces gémissements incitèrent son époux, le Duc de Gorlet, à poursuivre son impudique exploration.
Le feu qui animait les deux corps s’éteignit bien après celui des chandelles tamisant l'intérieur de la tente. Dame Ygerne s’endormit, comblée par un désir que son mari ne lui avait plus procuré depuis bien longtemps.

Quelques jours plus tôt...

Les armées jointes de Uther Pendragon, Roi de Bretagne et de son fidèle ami Gorlet, Duc de Cornouailles, affrontaient les Saxons sous une pluie diluvienne. La bataille faisait rage autant que la tempête.
Le Duc de Gorlet mena sa monture jusqu’à celle de son Roi :
- Uther, c’est une impression où on se fait laminer ?
Comme animé d’un feu sauvage, le Seigneur de Guerre répondit :
- Tu sens cette odeur, Gorlet ?
- Ouais, ça pue la mort et la retraite anticipée !
Uther, le regard fou, tranchant têtes et membres :
- Je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde !
- Mais il attend quoi ton enchanteur pour intervenir ? Qu’on soit tous débités en tranches ?
D’une voix qui n’autorisait aucun refus, Uther hurla à plusieurs reprises le nom de son meilleur conseiller. Quelques instants plus tard, Merlin apparut dans un léger nuage de brume entre les deux cavaliers. Ses longs cheveux et sa barbe ne dépareillaient pas avec sa robe de mage couleur ébène. Son large col évoquait les ailes d’un corbeau, tandis que son bâton s’enjolivait d’une tête de loup sculptée.
Uther, en rien surpris par sa soudaine apparition, s’adressa à lui :
- Merlin, fais-moi le plaisir de faire le ménage !
Merlin, en rien surpris par sa soudaine requête, lui répondit :
- La magie faut pas l’utiliser à tord et à travers. Y a des conséquences.
- La conséquence directe si tu l’utilises pas c’est qu’on va tous y passer !
Merlin prit le temps d’observer le champ de bataille et mesura l’étendue de la débâcle à venir.
Il comprit que sans sa magie les troupes des deux seigneurs n’avaient pas la moindre chance face à la barbarie saxonne.
Uther esquissa un sourire. Il savait d’ores et déjà qu’il avait réussi à convaincre le mage. Merlin poussa un long soupir, puis se concentra. Il avait repéré un groupe d’une centaine de soldats alliés suffisamment isolé pour que son plan fonctionne de manière optimale. Levant les mains au ciel, il invoqua un sort de rage qu’il projeta sur le détachement préalablement choisi. La boule de lumière auréola les hommes en armure durant quelques secondes. Les effets du sortilège ne tardèrent pas à se faire ressentir. Les Saxons virent avec stupeur une masse de soldats ennemis transpercer littéralement leurs lignes de défense, divisant leurs forces en deux groupes distincts. Profitant de cette aubaine, Uther, au comble de l’extase, lança ses troupes sur le flanc gauche, tandis que Gorlet fit de même sur l’autre flanc. Totalement débordée par ce soudain revirement, l’armée saxonne fut incapable de faire face à la tactique ravageuse des deux seigneurs bretons. La débâcle s’organisa progressivement au grand désarroi de l’envahisseur.
A quelque distance de là, bien dissimulé derrière un arbre, l’archer banda son arc, ajusta soigneusement sa cible et décocha son trait. Deux soldats se livrant un duel sans merci ne remarquèrent pas la flèche filer entre leurs deux épées entrechoquées. Elle poursuivit sa trajectoire courbe avant d’atteindre sa cible de plein fouet. Uther fut arraché de sa selle et percuta violemment le sol. Merlin se précipita pour lui porter secours. Lorsqu’il posa la main sur l’épaule de son Roi, celui-ci se releva en jurant avant de le repousser rageusement. Une flèche dans le creux de l’épaule, il remonta aussitôt à cheval. Gorlet voulut s’enquérir de son état, mais Uther ne l’écoutait pas. Le visage hurlant et ensanglanté, il éperonna sa monture et la lança à bride abattue vers l’orée de la forêt. A mi-chemin, il vit une silhouette suspecte se détacher d’un arbre. Son regard se posa instantanément sur l’arc qu’elle tenait à la main.
Le soldat saxon venait de remporter le duel sans merci. Il se disposait à achever son ennemi ; il écrasa son pied sur son plastron, leva son épée et fut fauché dans son élan par le destrier caparaçonné d’Uther Pendragon. L’archer tenta bien de fuir, mais il ne put esquiver la lame tournoyante lancée furieusement par son poursuivant. Uther descendit de selle et s’approcha du corps sans vie. Prenant une pose victorieuse, il poussa un hurlement déchirant. Ce cri seul suffit à suspendre la bataille. Comme un seul homme, Bretons et Saxons se tournèrent vers le guerrier triomphant. S’il restait encore un semblant d’espoir à l’armée déjà en déroute, celui-ci fut soufflé comme la flamme d’une bougie à la vue du Roi brandissant la tête du Maître-Archer saxon comme un vulgaire trophée de chasse. Pris de panique, les envahisseurs battirent en retraite tant bien que mal, poursuivis par une centaine de bretons encore enragés.
Uther jubilait encore lorsqu’il planta la tête sur la pique ornant le caparaçon de son cheval. Ceci fait, il chercha son épée du regard. Il la retrouva profondément fichée dans un rocher. D’une seule main, il l’extirpa sans la moindre peine et la remit au fourreau.

En fin d'après-midi, les armées bretonnes rentrèrent victorieuses au camp fourmillant déjà d'une activité fébrile. Loin d'être inactive, Dame Ygerne s'affairait auprès des blessés, leur prodiguant les premiers soins avec une ferveur peu commune pour une femme de son rang. Les soldats meurtris par la violence des combats arrivaient par dizaines sur des brancards de fortune et parfois même à dos d'homme. Toute à sa tâche, la Duchesse de Cornouailles ignorait stoïquement l'odeur de charnier se dégageant de l'amoncellement de soldats qui n'avaient pu être sauvés. Elle donna l'ordre de brûler les corps avant qu'ils n'attirent des charognards de toutes sortes. Son regard fut attiré par l'arrivée de Merlin, soutenant Uther visiblement blessé au cours de la bataille. Elle se tourna alors vers Jeanne, sa nouvelle servante :
- Prenez ma place, le Roi a besoin de soins.
Assurée de sa relève, la femme du Duc se précipita vers la tente de commandement. Celle-ci, tout comme celle du Duc, avait été dressée sur une petite colline surplombant le camp. Seuls des personnages de haut rang avaient accès à ce privilège.
A l'intérieur, elle trouva Merlin en train d'extirper une flèche de l'épaule du souverain. Lorsqu'il y parvint enfin, le sang gicla de la blessure ainsi ouverte. Un grand cri de douleur résonna à travers tout le camp. Dame Ygerne se hâta de comprimer la plaie. La douleur d'Uther disparut comme par magie lorsque son regard croisa fortuitement celui de sa bienfaitrice.
- Merlin, prend congé. Je suis entre de bonnes mains.
- Mais Sire, je n'ai même pas encore...
L'enchanteur s'interrompit de lui-même à la vue de l'expression sans appel de son Roi. Sans demander son reste, il quitta la tente.
Perplexe, la Duchesse se concentra sur sa besogne.
- Vous savez, Sire, je pense que Merlin sera sans doute plus apte à vous soigner que moi.
D'une voix étrangement enjôleuse, Uther répondit :
- Aucune chance !
Le souverain attrapa brusquement le poignet de Ygerne et attira la jeune femme tout contre lui avant de l'embrasser sans ambages. Après quelques vains efforts, elle le repoussa et lui administra une gifle des plus cinglantes.
Loin d'en souffrir, Uther partit d'un grand éclat de rire ce qui ne manqua pas de terrifier Dame Ygerne :
- Mais qu'est-ce qui vous prend ? Vous avez perdu la tête, ma parole !
- Non, pas la tête, mais du temps, beaucoup trop de temps. Et je compte bien le rattraper.
Uther se leva et fit mine de s'approcher à nouveau de Ygerne toujours sur la défensive. Elle pointa un index sur lui et déclara avec autorité :
- NON, ne faites pas ça. Vous êtes le Roi, et vous connaissez la loi mieux que personne : "Quiconque convoite la femme d'un chevalier, le chevalier devra tuer".
A ces mots, le souverain se figea net et son regard s'illumina comme sous l'effet d'une vive inspiration. Ce dernier détail n'échappa point à la femme du Duc. Terrifiée et honteuse à l'idée d'avoir fait naître malgré elle  les prémices d'une terrible tragédie, elle s'enfuit hors de la tente.

Au cours de la soirée, Uther convoqua expressément Merlin. Craignant que la blessure du Roi ne se soit aggravée, l'enchanteur rejoignit hâtivement la tente de commandement. Lorsqu'il arriva, il découvrit avec stupeur Uther faisant les cent pas.
- Merlin, j'ai besoin de toi.
- Vous êtes sûr ? ironisa l'intéressé. Parce que quand vous m'avez viré de votre tente, c'est pas vraiment l'impression que j'avais !
Uther s'immobilisa avant de fixer gravement Merlin du regard :
- Tu vas me préparer un poison. Mais attention, je veux un truc foudroyant.
- Et pour quoi faire si je puis me permettre ?
- Ca, ce n'est pas ton problème.
- Dans la mesure où l'on parle de tuer quelqu'un, je pense que ça me concerne un minimum.
Le Roi agrippa fermement Merlin par les épaules :
- C'est Ygerne. Il me la faut.
Ebranlé par cet aveu, Merlin se fit un devoir de prendre le temps de la réflexion avant de rétorquer :
- Vous voulez empoisonner Gorlet, votre frère d'armes ? Et en plus, faire de moi votre complice ? Les filtres d'amour, j'ai accepté. Le sort d'amnésie, passe encore. Mais là, vous allez trop loin ! Je suis enchanteur moi, je tiens pas la boutique des petits meurtres entre amis.
Uther ne sembla pas le moins du monde affecté par cette réponse. Il haussa simplement les épaules :
- Très bien. Puisque tu ne souhaites pas m'aider, je connais quelques assassins qui se feront un plaisir de se salir les mains pour leur Roi.
Merlin ne s'avoua pas vaincu pour autant :
- Mais c'est votre ami ! Ca fait des années que vous combattez côte à côte. Vous pouvez quand même pas vous en débarrasser comme du premier pécore venu. Et tout ça pour quoi au juste ? Accrocher un trophée de plus à votre tableau de chasse ?
- Tu fais tes choix, Merlin. Je fais les miens. Ce n'est plus ton problème maintenant. Tu peux disposer.
Uther tourna immédiatement le dos à son conseiller. Merlin n'en revenait pas. Il savait le Roi peu intègre, mais de là à tuer son meilleur ami pour une banale histoire de coeur, cela relevait de la folie pure. Sans compter qu'un tel acte entraînerait fatalement une guerre civile ainsi que la mort de nombreux innocents. Et s'il y avait bien quelque chose que Merlin n'avait jamais pris à la légère, c'était bien :
- La préservation de la vie sous toutes ses formes, ça c'est mon problème.
Toujours de dos, le souverain esquissa un sourire victorieux qui s'élargit lorsque l'enchanteur affirma :
- Alors, vous allez l'avoir Dame Ygerne. Mais personne ne mourra. On va faire les choses à ma manière...

L'aube venue, le camp en pleine effervescence raisonnait des clameurs des soldats sur le départ. La veille, ils avaient remporté une bataille déterminante. Mais la victoire ne se ferait qu'au prix du sang de tous les envahisseurs.
D'un pas alerte, le Duc de Cornouailles se dirigea vers la tente de commandement. A sa vue, les deux gardes flanquant l'entrée écartèrent mécaniquement leur hallebarde.
- Les hommes sont prêts, Uther. Ils n'attendent plus que t...
Gorlet se figea net lorsqu'il découvrit le Roi alité, plus proche du chemin de la tombe que de celui de la guerre. Merlin lui appliquait soigneusement un onguent sur l'épaule. Sans même tourner la tête, il s'adressa au visiteur :
- Il ira nulle part dans son état.
- Mais... je pensais que cette blessure de flèche était déjà de l'histoire ancienne.
- Ouais, sauf que la flèche en question était empoisonnée. Et pas qu'un peu. J'y ai passé toute la nuit. Cette saloperie se répand aussi vite que les Saxons en Bretagne.
Uther tenta alors de se lever :
- Justement, il est grand temps d'y mettre un terme !
Merlin le rattrapa à temps, lui épargnant de s'effondrer de tout son long. Il le força à s'allonger à nouveau.
- Vous voyez bien ! Qu'est-ce que je vous disais ?
Fébrile, Uther fit signe à Gorlet d'approcher :
- Ca me coûte de le dire, mais Merlin a raison.
Empoignant son ami, il ajouta avec cérémonie :
- Tu conduiras les hommes. Tu pourchasseras les Saxons. Et tu massacreras ces chiens jusqu'au dernier.
L'ampleur de la tâche fit hésiter le Duc.
- Mais tes hommes...
Uther saisit son épée et la plaqua contre le torse de Gorlet.
-  Avec ça, mes hommes te suivront jusqu'en enfer.
Le Duc de Cornouailles prit alors la pleine mesure de sa nouvelle responsabilité.
- Je ne te décevrai pas, Uther.
Il tourna les talons et quitta la tente d'un pas résolu. Il grimpa sur sa monture et avança jusqu'au centre du camp. Le discours qu'il prononça capta instantanément l'attention de tous les soldats :
- Ces chiens de Saxons nous privent de la présence de notre Roi. Il gît actuellement sur sa couche, terrassé par une flèche empoisonnée. Allons-nous laisser cet acte impuni ? Allons-nous laisser ces bâtards rentrer tranquillement chez eux pour mieux revenir piétiner nos terres et massacrer notre peuple ?
D'une seule voix, les hommes signifièrent leur dévouement. Comme pour affirmer sa nouvelle autorité, le chef de guerre sortit la lame d'Uther de son fourreau et la brandissant haut vers le ciel, il clama de toutes ses forces :
- La chasse aux Saxons est ouverte !
Cette fois, hommes et femmes de tout rang se joignirent à la liesse générale.
Dans la tente de commandement, Uther se réjouit : le plan de Merlin fonctionnait à merveille.

La patience de Merlin à concevoir le breuvage n'avait d'égale que l'impatience de Uther à le boire. Le Roi, faisant les cent pas, était au comble de l'exaspération :
- Alors, Merlin ! Ca vient, cette potion ? Je te rappelle que Gorlet peut revenir à tout moment ! Et vu comment je l'ai motivé, ça va pas traîner avec les Saxons !
De l'autre côté de la tenture ornée d'un dragon rouge, la voix de l'enchanteur se fit entendre :
- Une potion de polymorphie, c'est quand même un peu plus compliqué à préparer qu'une confiture à la châtaigne, je vous signale ! Ces choses-là, ça prend du temps, que vous le vouliez ou non.
Merlin écarta la tenture et apparut devant Uther, une fiole à la main.
- Bon, là, en l'occurrence, j'ai fini. Mais dans l'absolu, ça aurait pu être beaucoup plus long que ça.
Exaspéré, Uther arracha la potion des mains de Merlin, la porta à ses lèvres et arrêta son geste au dernier moment :
- Au fait, j'en prends combien ?
Merlin haussa les épaules et répondit sur le ton de l'évidence :
- Bah, une goutte. Je vais quand même pas vous faire boire toute la fiole. A moins que vous vouliez rester transformé pendant trois semaines.
Uther arbora une moue de dégoût :
- Aucune chance !
Lorsque Merlin regarda le Roi absorber la dose prescrite, il préféra penser aux nombreux innocents qu'il sauvait ainsi plutôt qu'à l'ignoble duperie dont il était l'instigateur.

La nuit venait de tomber sur le camp, et dans sa tente, Dame Ygerne brossait ses longs cheveux une dernière fois avant d'aller se coucher. Elle eut un soubresaut en reconnaissant la silhouette de son mari dans son miroir.
- Vous êtes déjà rentré de campagne ?
Elle allait se retourner lorsque les mains du Duc se posèrent sur ses épaules et commencèrent à la masser sensuellement.
- "Déjà" ? Moi, ça m'a semblé une éternité.
Troublée, la jeune femme tourna la tête :
- Vous m'inquiétez. Je n'ai pas entendu l'armée revenir.
Le massage se fit plus langoureux.
- N'ayez crainte. La victoire est acquise. Je n'ai fait que prendre un peu d'avance sur les troupes.
Le visage de Gorlet apparut dans le miroir.
- Il me tardait de retrouver la chaleur de vos bras.
Le malaise de Ygerne ne fit que s'accroître. Elle songea que les combats avaient dû être d'une indicible violence pour que son époux lui manifestât une telle tendresse. Elle ne le reconnaissait pas. Cependant, cet élan était d'autant plus appréciable qu'il était devenu rare au fil du temps. Elle se laissa embrasser.

La main rugueuse du chevalier épousa maladroitement les courbes voluptueuses du corps nu s’offrant à lui. Le fait est qu’elle était plus habituée au contact de l’épée qu’à celui d’une femme. Dame Ygerne ne parut pas s’en incommoder le moins du monde. Au contraire,  ces gémissements incitèrent "son époux, le Duc de Gorlet", à poursuivre son impudique exploration.
Le feu qui animait les deux corps s’éteignit bien après celui des chandelles tamisant l'intérieur de la tente. Dame Ygerne s’endormit, comblée par un désir que son mari ne lui avait plus procuré depuis bien longtemps.

Après un copieux petit-déjeuner, Uther s'éclipsa discrètement de la tente de Ygerne pour regagner la sienne, toujours sous les traits de Gorlet. Profitant d'un relâchement de la surveillance, il se hâta, mais la vue des deux gardes postés à l'entrée de sa propre tente l'arrêta dans son projet.
Après une nuit de sommeil agitée, Merlin sortit de la tente de commandement, les traits tirés. La vision de Uther caché à demi derrière des tonneaux eut le don de le réveiller complètement. Comprenant la situation, l'enchanteur s'adressa maladroitement aux gardes :
- Euh…Le Roi veut que vous alliez surveiller… le stock de flèches.
- Bah, pourquoi ?
Décontenancé, Merlin improvisa un argument sur le tard. Il mouilla son index avant de le pointer vers le ciel :
- Ca va bientôt pleuvoir. Si j'étais vous, je me dépêcherais.
Les deux gardes se dévisagèrent perplexes. Voyant cela, Merlin ajouta avec irritation :
- Vous préférez peut-être que le Roi vous le demande lui-même ?
Cette fois, les deux sentinelles ne se firent pas prier et filèrent à l'autre bout du camp.
Ce stratagème payant permit à Uther de regagner sa tente sans éveiller le moindre soupçon. Il était temps car les effets de la potion ne tardèrent pas à s'estomper. En quelques secondes, Uther reprit sa véritable apparence.
- Je vous demande pas si ça a bien fonctionné ! ironisa Merlin.
Uther lui donna une joyeuse bourrade :
- A merveille, Merlin. A merveille. J'ai passé une nuit inoublia...
Un grand vacarme se fit entendre au dehors, annonçant le retour triomphal du Duc de Gorlet. L'attroupement eut vite fait d'attirer l'attention de Dame Ygerne qui se précipita à l'extérieur. Elle fut stupéfaite en voyant son époux revenir vers elle à la tête de l'armée.
- Je vous le dis tout net : les Saxons sont pas près de refoutre un pied en Bretagne.
A ces mots, le Duc exhiba fièrement la tête du chef saxon avant de la jeter aux pieds de sa femme. Le trophée roula rapidement sur le sol avant d'être arrêté par un pied botté. Uther éclata d'un rire tonitruant :
- Ca tombe bien, mon ami, ta femme me confiait à l'instant combien ta présence lui manquait.
Ygerne se tourna vivement vers Uther en le foudroyant du regard. Elle comprit à cet instant qu'elle avait été la victime d'une ignoble duperie. Pour autant, elle ne regrettait en rien cette nuit inoubliable passée dans les bras du Roi.  Sans mot dire, elle regarda son époux descendre de selle et s'agenouiller respectueusement devant le souverain pour lui rendre son épée. Uther se saisit de l'arme et tout en la remettant au fourreau, se délecta du visage rougissant de Dame Ygerne. Il était maintenant convaincu qu'elle tairait à jamais cette folle nuit d'amour volée.

Posté à côté de la tente de commandement, Merlin était consterné par l'aplomb et l'audace avec lesquels Uther dupait son meilleur ami tout en rendant sa femme complice de son crime. Un immense sentiment de culpabilité l'envahit. Il avait l’intime conviction d’avoir permis à la perfidie de Uther de s’exprimer pleinement. L’enchanteur sursauta lorsqu'une femme aux longs cheveux roux vêtue d'une toge blanche apparut à ses côtés. Le caractère éthéré de son aspect la rendait sublime. Cela trahissait néanmoins sa nature céleste.
- Ah ça c'est sûr, vous pouvez être fier de vous ! lança-t-elle d'un ton qui se voulait réprobateur, mais qui était surtout enfantin.
- Mais vous êtes qui, vous ? Je vous ai rien demandé !
- Je suis celle qui a été désignée pour réparer vos bêtises, figurez-vous. Ce sont les dieux qui m'envoient, alors un peu de respect !
- Des bêtises, vous rigolez, j'espère ! Je viens juste d'éviter une guerre. Alors j'estime que je mérite plutôt des remerciements.
- Evitez une guerre ? Ah, bah oui, ça c'est sûr, seulement vous venez juste d'en déclencher une autre.
Merlin la dévisagea, hébété. Elle reprit de plus belle :
- Parce que figurez-vous qu'un fils illégitime est déjà en route et que quand Uther l'apprendra, il n'hésitera pas à entrer en guerre contre le Duc pour récupérer ce prétendant au trône !
- Un fils ? De mieux en mieux ! Mais d'où vous sortez ça ?
- Ca vous regarde pas. Par contre, ce qui vous regarde, c'est cet enfant qui va naître. Vous allez vous assurer que ni le Roi, ni le Duc n'apprennent son existence et vous allez veiller sur lui comme si c'était le vôtre.
- Non, mais vous êtes cintrée ! J'ai mieux à faire que de m'occuper d'un mioche !
- C'est pas négociable. Vous avez commis une faute, à vous de l'assumer.
- Et si je veux pas ?
- Cet enfant n'est pas comme les autres. Il a un destin hors du commun et vous en êtes responsable. Vous voulez vraiment vous attirer la foudre des dieux ?
Merlin poussa un long soupir en observant la préparation des festivités. Lui qui avait toujours recommandé un usage modéré de la magie avait fini par dépasser les limites qu'il avait toujours imposées au Roi. "La magie faut pas l’utiliser à tord et à travers. Y a des conséquences". Le sort était décidément bien cruel.
Les yeux toujours rivés sur la foule en liesse, il répondit avec résignation :
- D'accord, j'accepte. Mais par contre, faudra quand même me donner un coup de main.
- Vous inquiétez pas, je garderai un oeil sur vous.
Merlin se tourna ensuite vers la Dame du Lac :
- Mais au fait, vous êtes qui, vous ?

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La suite dans l'Episode 2 : Le Loup, le Renard et la Belette

 

 

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Commentaires

Pas mal comme histoire. Bien dans le ton de la serie :)

Écrit par : sirava | samedi, 05 janvier 2013

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J'ai raté un truc ou le prologue se trouve après le chapitre 1 ?
Jolie plume BTW...

Écrit par : Sim | samedi, 05 janvier 2013

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Merci pour vos commentaires. @Sim : Le prologue se situe bien longtemps après le début du premier épisode. Cela fait partie des surprises que nous vous réservions ! Pour info, le premier épisode de la série que vous venez de lire, sera publié en trois parties. Les 2 autres parties de cet épisode 1 viendront dans le courant du mois de janvier. Merci de vos encouragement et à très bientôt pour la suite.

Écrit par : Hervé | samedi, 05 janvier 2013

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Bravo !
Fort bien écrit, tu m'as offert un bon moment !
Continue, c'est tout bon ! :)

Écrit par : Thierry | samedi, 05 janvier 2013

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Content que cela vous plaise et merci de vos réactions. A bientôt pour la suite !

Écrit par : Greg Armatory | samedi, 05 janvier 2013

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Par le titre de ton chapitre on devine que le sortilège envoyer par ce Merlin plus conforme à la légende classique ne sera pas sans conséquence (celui-ci ou celui qui suivra du moins).

Comme pour le prologue ton écriture est vraiment agréable et j'ai pris le même plaisir à le lire que si je lisais un bon livre, ce qui est rare même pour une très bonne fanfiction, c'est dire ce que je pense de la qualité de ton écriture.

Pour ce qui est du fond, je n'ai vraiment rien a redire. La vision que tu as du Merlin de cette époque se rapproche de celle que je me fais et cela me donne encore plus envie d'être au jour de la publication de la suite. Et quel brio dans la description de combats.

Écrit par : Flammeche | mercredi, 09 janvier 2013

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Merci beaucoup je ne sais pas à qui tu t'adressais en particulier mais vu qu'on est deux à écrire on est deux à être concernés. Cela dit, ton pseudo me dit quelque chose, on ne se serait pas rencontré sur un forum auparavant ? (Skyrim ou Ecrivain en Herbe peut-être) Effectivement ce n'est pas le sort du début qui va être la cause du bouleversement. Mais je n'en dirais pas plus. En tout cas très touché par ton retour. On a beaucoup bossé pour tout équilibrer et ça fait plaisir de lire un avis comme le tien. C'est un bon salaire ! Lol En espérant que la suite te plaira tout autant. A bientôt !

Écrit par : Greg Armatory | mercredi, 09 janvier 2013

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Oui en effet on c'est déjà croisé sur 'On en a gros' dans la section 'scenarii'
En tout cas bravo pour ce travail à deux et mes commentaires s'adressent aussi bien à l'un qu'à l'autre étant donné que je ne sais pas qui a fait quoi, mais le résultat est pour le moment à la hauteur de mes attentes... et je peux me montrer très exigeante.

Écrit par : Flammeche | jeudi, 10 janvier 2013

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Ok je vois : j'avais publié une ou deux fics sur On en a gros et toi aussi probablement car il me semble avoir apprécié ton travail, ce n'est pas toi qui avais imaginé la nuit de noces de Léodagan et Dame Séli par hasard ? Oui j'imagine combien on peut être exigeant d'une histoire comme celle-ci (surtout quand on est fan actif) et c'est d'autant plus satisfaisant de savoir qu'on a atteint notre objectif. Nous sommes nous-mêmes assez exigeants vis à vis de notre travail et j'avoue qu'écrire ainsi à quatre mains nous évite de nombreuses facilités ce qui ne nous empêchera pas de faire des erreurs bien sûr, mais deux regards différents permettent de vraiment optimiser la forme et le fond. Merci de tes réactions et en attendant les prochaines, bon séjour sur d'Art & d'Amour !

Écrit par : Greg Armatory | jeudi, 10 janvier 2013

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Je passais régulièrement sur votre blog pour voir où en était cette fanfiction et je me suis rendu compte seulement aujourd'hui qu'en fait vous éditiez le premier chapitre plutôt que de créer un nouvel article ^^.

Et bien je ne sais que dire pour changer. J'aime toujours autant l'histoire et votre manière d'écrire, c'est vraiment très très agréable de lire une fanfiction de ce niveau.

Par contre je pensais que la punition de Merlin serait plus sévère et qu'elle toucherait à la puissance de ces pouvoir car entre Votre Merlin et celui d'Astier il y a tout de même un gouffre d'efficacité.

Mais je gage que vous n'avez pas négligé d'expliquer la décrépitude à venir des pouvoirs de Merlin, sur ce point je vous fait une totale confiance.

A bientôt, je ne manquerais pas de passer lire la suite de cette histoire qui me plait de plus en plus à chaque lecture.

PS : "Une potion de polymorphie, c'est quand même un peu plus compliqué à préparer qu'une confiture à la châtaigne, je vous signale !" J'ai adoré la référence ^^

Écrit par : Flammeche | mercredi, 13 février 2013

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Salut merci de ta fidélité et de ton commentaire, aussi précieux l'un que l'autre. Ta remarque est pertinente en ce qui concerne les pouvoirs de Merlin. Il aurait très bien pu les perdre ainsi. Nous avons choisi une explication plus inattendue et personnelle. J'espère que tu apprécieras quand même. En tout cas merci de ta confiance. L'épisode 2 est fini, mais nous devons faire encore des ajustements. Nous l'aurions sans doute publier plus tôt si les retours avaient été plus nombreux. A bientôt !

Écrit par : Greg Armatory | jeudi, 14 février 2013

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bravo pour ton travail

Écrit par : greg | mercredi, 10 avril 2013

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merci à toi j'essaie de faire au mieux

Écrit par : Greg Armatory | mercredi, 10 avril 2013

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